‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 18 sur 210 · CHEMINS EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

CHEMINS EN ANGLETERRE

la vitesse habituelle des communications. En 1852, deux ans seulement après l'ouverture du chemin de Liverpool à Manchester, on |>osa la première pierre du chemin de Londres à Birmingham, et déjà en 1854 M. Peel, chef du ministère anglais, terminait un discours au meeting de Tamvort par ces paroles remarquables : « Hàtons-nous, messieurs, hâtons-nous; il est indispensable d'établir d'un bout à l'autre de ce royaume des communications à la vapeur, si la Grande-Bretagne veut maintenir dans le monde son rang et sa supériorité. »

Il ne faut pas croire cependant que la conversion fut générale. Si le succès de ce chemin créa de nombreux partisans de la locomotion par la vapeur et donna immédiatement naissance à de nouvelles lignes plus importantes, les propriétaires de canaux, les fermiers des routes ordinaires et beaucoup d'hommes fermant leurs yeux à la lumière, nièrent encore pendant un certain temps jusqu'à l'évidence. Le parlement anglais même se montra hostile aux chemins de fer. Croirait-on que ce fut en 1842 seulement que le duc de Wellington, fortement impressionné par le terrible accident arrivé en sa présence à son collègue, M. Huskisson, tué par une locomotive, se décida à voyager sur un chemin de fer, et en 1845 que la reine Victoria osa tenter ce nouveau mode de transport ?

Bientôt, après le chemin de Liverpool à Manchester, on entreprit celui de Bristol, et l'Angleterre fut en peu d'années sillonnée de chemins de fer, comme on le voit à 1" inspection de la carte ci-jointe. On distingue, au milieu de ces lignes qui se croisent dans tous les sens, la grande artère qui s'étend du sud au uord entre Brighton et Edimbourg, en passant par Londres, Birmingham, York et Newcastle. Sur cette ligne mère s'embranche, à l'ouest, l'important chemin de Birmingham à Liverpool, auquel viennent se souder les chemins de Londres à Manchester et de Liverpool à Lancastre. Plusieurs lignes transversales relient la mer du Nord à l'Océan : l'une, dans le nord de l'Angleterre, de Sunderland à Carlisle, passant par Newcastlc; l'autre, traversant les riches contrées du centre, dellull à Manchester et Liverpool par Leeds ; une troisième enfin, non moins importante, établie entre Douvres* et Bristol et passant par Londres et Balh. Un chemin spécial, celui dit Nort Eustern-Bnii-

ti'oy, dessert les contrées de l'est.. Des groupes spéciaux, de petite longueur, transportent aux grandes lignes ou aux voies navigables les produits des mines de Northumberland, du Stafforshire, du pays do Galles et des Cornouailles.

En Ecosse, où la configuration du sol se prête difficilement à rétablissement des chemins de fer, nous ne remarquons qu'une seule ligne importante : celle d'Édimbourg à Glascow, et quelques pelits chemins de fer employés pour le service des mines.

L'Irlande, où les mêmes difficultés d'exécution ne se rencontrent pas, n'est cependant pas beaucoup plus riche en chemins de fer.

Aucune pensée d'ensemble n'a présidé en Angleterre à la détermination du tracé des railways; mais l'industrie y est si florissante sur presque tous les points du royaume, et le goût de la spéculation y est si développé, que bientôt il ne s'y trouvera pas une localité de quelque importance qui n'ait son chemin de fer. La longueur des chemins exploités dans ce pays au 50 juin 1859 était de 15,7G2 kilomètres, ce qui représente, en n'ayant égard qu'à la valeur d émission, l'énorme capital de 7,000,840,000 francs, et ce capital, si l'on construit tous les chemins projetés et autorisés, atteindra bientôt 9 milliards.

C'est au 50 juin 1859 que s'arrêtent les documents officiels publiés au moment où nous écrivons (fin janvier 18G1).

A cette époque, les 15,702 kilomètres exploités se répartissaient de la manière suivante entre les trois grandes divisions de la Grande-Bretagne :

Angleterre et pays de Galles. . . . 11,612 kilom.

Ecosse 2,205

Irlande 1,947

Total*. . . . 15,702 kilom.

L'accroissement du réseau avait été, de la fin de juin 1858 à la fin de juin 1859, pour :

1/ Angleterre et le pays de Galles, de. . 518 kilom.

L'Ecosse, de 94

L'Irlande, de. . 150

La.Grande-Bretagne, de 702 kilom.

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