TRAVAUX DE CONSOLIDATION. - RÉSÏ MÉ
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à travers un sol dans lequel leur écoulement est facile et continu et peut se faire sans pression; mais il en est tout autrement lorsque leur écoulement est arrêté, ou même seulement difficile, et ne peut se faire que sotts une pression plus on moins forte.
Alors elles s'accumulent, pénètrent plus ou moins la masse du sol, le détrempent, et produisent des éboulements.
Les plans de glissement ne préexistent pas dans les masses éboulées; ils se forment par l'effet de T infiltration lente entre deux couches argileuses des eaux privées d'un écoulement suffisamment facile.
2" Les éboulements ne sont pas toujours la conséquence de glissements; ils proviennent souvent aussi de l'action des agents atmosphériques sur les couches mises ù nu.
3° Un terrain donné pourra tenir sous un talus d'autant plus roide que son assèchement sera plus parfait, que les eaux qui le pénètrent dans la saison pluvieuse auront un écoulement plus facile; mais, dans chaque circonstance particulière, il y a une inclinaison de talus qui ne peut pas être dépassée sans danger.
Toutes les fois qu'une Irancliée est ouverte dans un terrain peu consistant et plus ou moins détrempé, on rompt les conditions d'équilihre sous lesquelles la masse se tenait eu repos.
Pour rétablir cet équilibre, il faut à la fois assurer le libre écoulement des eaux qui détrempent la masse du talus, et donner à ce talus une inclinaison en rapport avec la nature du terrain et son degré plus ou moins complet d'assèchement, ou bien compenser l'insuffisance d'inclinaison du talus par l'établissement d une masse résistante assez considérable pour faire équilibre à l'excédant de poussée du talus.
Il résulte de là que :
Le premier système, celui des murs de soutènement, ou des revêtements en pierre, devient extrêmement onéreux lorsqu'il n'est pas combiné avec un système rationnel d'assèchement capable de diminuer dans une forte proportion la poussée des terres.
Le troisième système, celui des assèchements directs avec écoulement libre à la partie inférieure, produit à la fuis un plus libre écoulement des eaux intérieures, et l'assèchement à peu près complet des parties de la masse coupées par les drains, les pierrées, les
éperons, ou recouvertes par un filtre; mais il ne réussit qu'à la condition de donner aux talus une inclinaison telle, que la masse inté- ■ Heure puisse prendre un équilibre stable sous la double influence de l'écoulement plus libre des eaux qui l'imprègnent et de la résistance de la portion de la masse complètement asséchée par des drains et pierrées qui la coupent, ainsi que de la résistance de ces pierrées elles-mêmes : cette portion de la masse consolidée remplit alors le même office qu'un mur de soutènement.
Le deuxième système, celui des grandes pierrées parallèles à la tranchée, peut aussi remplir le double office de faciliter l'écoulement des eaux qui imprègnent la masse intérieure, et de consolider le prisme compris entre la pierrée et le talus de la tranchée; mais il exige toujours un adoucissement convenable du talus; il est d'une exécution plus difficile que les autres, et offre plus de chances d'obstruction intérieure. Alors les eaux s'accumulent dans la pierrée, pénètrent par pression dans la masse extérieure et provoquent alors un éboulement infaillible.
Nous serions par conséquent peu disposé à employer les fossés en amont, et nous ferions usage des autres procédés isolément ou en les combinant ensemble, suivant les circonstances. Quel quesoit, du reste, le procédé employé, il est essentiel de ne pas attendre que le terrain se soit déplacé pour en faire usage, et même de l appliquer , autant que cela peut se faire, au fur et à mesure que Von découvre des surfaces de talus d une certaine étendue.
Les mêmes principes s'appliquent à la consolidation des remblais et des sous-sols sur lesquels les remblais reposent; il faut toujours assurer le libre écoulement des eaux, et augmenter dans une proportion convenable la résistance à la poussée ou à la simple pression des terres.
I/art du bon ingénieur est de discerner dans chaque cas les meilleures dispositions de détail à adopter d'après les circonstances dans lesquelles il se trouve et les matériaux dont il dispose. Nous ne saurions lui prescrire des règles absolues.
Les principes généraux, du reste, ne suffisent pas pour exécuter économiquement de bons travaux de consolidation ; il faut encore une certaine expérience de ce genre de travaux.