RECONSTRUCTION DES TALUS ÉBOULÉS
RreonMtruction de» talus éboulé* dann 1rs tranchée*. — Quelquefois, lorsqu'on a négligé d'assainir les talus ou quand les travaux d'assainissement n'ont pas été exécutés convenablement, des portions de talus plus ou moins considérables s'éboulent, et il faut le reconstruire. On suit pour cela différentes méthodes dont nous allons chercher à donner une idée nette.
Kig. ».
La ligure 59 représente une première méthode employée sur le chemin de Londres à Birmingham.
Les lignes courbes de la coupe et m m du plan représentent la surface d'éboulemenl. En avant de ces lignes on trouve le talus re-
construit. Le mur est en pierres sèches pour en soutenir le pied laisser couler les eaux; les éperons en pierres sèches E E livrent pas sage aux eaux et divisent le talus en niasses indépendantes K K, composées de bonnes terres pilonées et maintenues en place par le frottement.
M. deSazillv, dans son Mémoire sur les travaux d'assainissement et de consolidation de talus, prescrit, en cas d'éboulement, d'enlever toutes les terres en mouvement. Il n'admet aucune exception à cette règle. S'il fallait réellement enlever toujours ainsi les terres éboulées, les travaux de consolidation deviendraient, dans certains cas, énormes et excessivement coûteux ; mais, ainsi que l'observe avec justesse M. Bruère, cette opération, dans la plupart des circonstances, n'est nullement nécessaire. Il ne faut enlever la totalité des terres éboulées, dit M. Bruère, dans les notes qu'il a bien voulu nous fournir, que si l'éboulement est peu considérable; on reconstruit alors le talus comme l'indique la figure 60, qui reproduit un
Fig. 00.
travail exécuté à la tranchée de Briel sur le chemin de Mulhouse, le fond des glacis se trouvant au-dessus du fond de la tranehée, ou comme le montre la figure (il , si le fond du glacis est en contre-bas du sol de la tranchée'.
Fig. 61.
Si la largeur de l'éboulement est considérable, et si la pente in-
' Voir pajrc '207 la descripliou «les travaux de a» chemin
RECONSTRUCTION f)ES T\LUS ÉMULÉS. 459
férieurc des glacis a une pente moindre que O^ÎO par mètre, il devient inutile d'enlever toutes les terres éboulées.
Les figures 62 et 65 représentent le talus reconstruit dans deux cas différents. Le premier est celui où, la masse des terres éboulées n'étant pas considérable et la pente du glacis étant faible, il n'est
Fig. 62.
pas nécessaire de soutenir les terres éboulées. Le second est celui où, au contraire, les terres éboulées se trouvant en grandes masses et reposant sur un glacis incliné, il faut les appuyer contre un massif inébranlable.
Fig. 65.
On donne à ce massif A BCD une épaisseur plus ou moins grande, suivant que la pression est plus ou moins forte, et on a soin de ménager un écoulement aux eaux qui pourraient pénétrer dans la masse éboulée. Il est inutile aussi de mettre de distance en distance la pierrée en arrière du massif A BCD en communication avec le fossé qui longe le chemin de fer à l'aide de pierrées transversales qui traversent le massif A BCD.
Nous avons parlé d'accidents qui étaient survenus à la tranchée de Soultz et qui'avaient nécessité la reconstruction -de certaines parties des talus. La note suivante, emprunté à un rapport de M. Goschlcr, ingénieur principal au cbemin de fer de l'Est, qui a lui-même fait exécuter cette reconstruction, indique les moyens employés pour rétablir le talus.
« C'est au commencement de septembre 1854 que la tranchée dite d'assèchement établie en amont de la tranchée de Soultz a été terminée.
« A ce moment-là, il n'y avait d'éboulemcnt bien sérieux que celui au piquet 104, à l'entrée de la tranchée vers Wissembourg; la tranchée était à profondeur et à largeur dans cette partie-là.
« Cet éboulement consistait en un massif de 50 mètres de longueur, détaché sur 15 mètres environ de largeur, glissant sur un banc de glaise ayant une pente de O^IH par mètre.
« Comme on comptait sur les effets de la tranchée d'assèchement et qu'on espérait voir s'arrêter les mouvements de ce massif, on s'est contenté de combler la fissure produite en pilonant des terres avec soin.
« On établit aussi en amont et parallèlement à la fissure une banquette en revers d'eau destinée à détourner les eaux pluviales qui auraient pu s'introduire dans les terres disloquées du massif en mouvement et reproduire le glissement. On continuait toujours à mettre la tranchée à fond suivant le profil modifié, quand, après une série de jours de pluie, le massif s'est remis en mouvement et glissa jusque dans la tranchée; le mode suivi pour arrêter cet éboulement a été de remanier le massif par zones transversales de
Kig. fti.
5 à 8 mètres de longueur, en rétablissant l'horizontalité du banc de glaise par banquettes de 2 mètres de largeur (lig. 04); ces banquettes étaient à peu près parallèles à la fissure, avaient une légère pente opposée à celle du banc de glaise, aboutissant à une rigole empierrée pour rendre les enux à d'autres rigoles normales à la tranchée et communiquant avec le fossé du chemin de 1er.
« La glaise extraile di s bnnquelles a été enlevée et mise en dépôt;