‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 184 sur 210 · REMBLAIS SIR TERRAINS COMPRESSIBLES · texte numérisé non relu

REMBLAIS SIR TERRAINS COMPRESSIBLES

d'élever de grands remblais par couches pilonées ou même simplement au moyen de tombereaux sans pilonage : ces grands remblais, si ce n'est dans certains cas particuliers, se font en masse sur loute la hauteur à la fois, c 'est-à-dire qu'une petite portion de remblai, voisine de la tranchée, étant achevée sur toute la hauteur, on la continue en déposant des terres à l'extrémité jusqu'à la crête. Ce n'est qu'en procédant de cette manière que l'on peut employer le chemin de fer au transport des terres ; fa pose de la voie se fait alors sur le remblai au fur et à mesure de son avancement, et les wagons de terrassement viennent se décharger à l'extrémité de la voie, qui est aussi celle du remblai.

Il n'est ici question que de remblais qui, étant d'une grande hauteur, sont aussi d'une certaine longueur; car, lorsque la terre n'est portée en remblai qu'à une petite distance, il est souvent plus économique de se servir, pour les terrassements, de tombereaux que de wagons. Les remblais exécutés au tombereau sont d'ailleurs plus divisés et sujets à de moins grands tassements que ceux exécutés avec des wagons. Il ne faut pas oublier, d'un autre côté, que l'emploi des tombereaux devient souvent impossible dans certains terrains après de grandes pluies, tandis que le service des wagons ne souffre aucune interruption.

Quand les remblais sont conduits avec précipitation et par masses d'une grande hauteur au-dessus et autour des ouvrages d'art, il arrive fréquemment que les maçonneries se fendent ou se gauchissent. Ils doivent donc être faits dans ce cas avec beaucoup de précaution, cire montés en même temps des deux colés des voûtes en maçonnerie, et étendus uniformément sur ces voûtes par couches pilonnées d'environ 2λ centimètres d'épaisseur.

Remblais mut terrains» comprcMlblest — Lorsque de grands remblais reposent sur des terrains compressibles, il est nécessaire d'employer des précautions analogues pour ne pas écraser le terrain ni le rompre en chargeant tout d'un coup certains points d'une masse excessive.

Il convient aussi, lorsque ces terrains compressibles sont composés de couches inclinées qui peuvent glisser les unes sur les autres, de commeucer le remblai en descendant les terres dans le

fond de la vallée au moyen de tombereaux, au lieu de le monter immédiatement à hauteur, au sortir de la tranchée, avec les wagons. Mais ces précautions ne suffisent pas toujours pour empêcher l'affaissement du sol, lorsque le remblai est parvenu à une certaine hauteur. Un des moyens les plus simples de prévenir cet affaissement autant que possible est d'élargir la base du remblai, de manière à diminuer la pression sur l'unité de surface autant que la compressibilité du sol l'exige. Les grands remblais, malgré cette précaution, pénètrent encore à une assez grande profondeur dans le sol. Ainsi, au chemin de Mulhouse, le grand remblai de la Meance près Provins, cubant 500,000 mètres cubes, et haut de 15 mètres au maximum, a pénétré de 5 mètres dans le sol. Le cube enfoui est d'environ 200,000 mètres cubes, soit 2/5 mètres environ du cube total.

Lorsque le terrain, aux abords des remblais, est couvert de constructions ou qu'il est très-précieux, ce procédé serait trop dispendieux. On peut rendre le terrain incompressible en le desséchant (remblais sur le chemin de Munich à Augsbourg1), ou encore on diminue le poids du remblai en le composant de matériaux légers cl qui laissent entre eux des vides (remblais aux abords du pont de Cubzac). Le dessèchement du sol s'opère au moyen de rigoles, pierrées, aqueducs, puits absorbants, etc., etc.

Au chemin de BlesmesàGray, on a desséché avantageusement le sous-sol, au moyen de tuyaux de drainage établis sous le remblai perpendiculairement à son axe. Ces tuyaux, plus ou moins espacés, suivant la nature du terrain, débouchaient tous dans un grand collecteur placé en dehors de la base du remblai et emmenant les eaux à une distance plus ou moins grande de cette base.

Remblai mur terrain gii»»ant« — Au chemin de fer de Versailles (rive gauche), l'ingénieur en chef, M. Bergcron, a arrêté le glissement d une couche de glaise sur laquelle était placé un grand remblai (u'g. 07) par un procédé fort ingénieux que nous allons décrire.

Les eaux d'inliltration et de sources qui remplissaient une couche de sable et de gravier, au-dessus d'un banc très-épais d'argile plas-

1 Voir page 221 ln description des travaux de ce chemin.

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