REMBLAI SUR TERRAIN GLISSANT. 4CÔ
tique, rendaient le sous-sol glissant el compressible. Malgré un grand nombre de tentatives, il avait été impossible de terminer le remblai projeté, et la traversée du Val-Fleury s'est faite à l'aide de deux estacades en charpente reliant les deux culées du viaduc au flanc du coteau. Apres sept années d'usage, les estacades n'offrant plus assez de sécurité pour le passage des trains du chemin de 1er
Kig.
il a fallu revenir au projet définitif et employer des moyens convenables pour rendre le sous-sol résistant. Ce but a été atteint par deux pierrées parallèles à l'axe du chemin, espacées de 10 mètres, régnant sur toute la base du remblai, et creusées verticalement au moyen de blindages et d'élrésillonnements jusqu'à 12 ou 15 mètres de profondeur. Ces deux pierrées étaient reliées entre elles par des pierrées transversales. En quelques points, la couche d'argile plastique avait plus de 8 mètres d'épaisseur.
4(i(i TRAVAUX DE TERRASSEMENT ET TRAVAUX D'ART.
Les eaux se sont écoulées, par de petits aqueducs établis au fond et le long de toutes les tranchées, jusque dans un puisard général creuse* profondément dans la craie absorbante, où elles ont disparu.
Les pierrées ont produit un resserrement dans la couche aquifère au-dessus du banc d'argile, et tout le massif, de 10 mètres d'épaisseur, compris entre les tranchées parallèles, s'est trouvé complètement asséché, et a agi comme mur de soutènement pour contenir le glissement du terrain supérieur.
C'est au moyen de ce procédé que les estacades du Val-Fleury ont pu être remplacées par le remblai définitif, très-élevé, sur lequel passe aujourd'hui le chemin de fer de l'Ouest.
Remblai» glaiseux. — Sur le môme chemin, près la station de Sèvres, un remblai en argile, exécuté par un temps humide, tendait sans cesse à s'écraser. Malgré le soin qu'on avait pris de piloner les couches de glaise, des affaissements brusques avaient eu lieu fréquemment, et plusieurs fois il avait fallu déplacer l'axe du chemin de fer. On a employé alors avec succès, dit M. Bergeron, des boulons en fer traversant tout le remblai à 2 mètres environ audessous de la voie de fer, et terminés à leurs extrémités par des plateaux en bois de chêne, contre lesquels venaient s'appuyer les terres glissantes. Ces boulons faisaient alors l'effet des boulons en fer que l'on pose dans les édifices pour relier deux murs verticaux qui tendent à s'écarter. Cependant, après plusieurs années, ce remblai boulonné a encore éprouvé des glissements à sa partie inférieure, et l'on y a définitivement remédié, d'un côté, par une pierrée semblable à celle du viaduc du val Fleury, et, de l'autre, par une ligne de pieux et planches jointifs enfoncés, au moyen de la sonnette, tout le long de la base de la portion glissante du remblai, comme l'indique la figure 68.
L'emploi des plateaux boulonnés nous paraît coûteux et peu efficace dans le cas d'un mauvais terrain. Celui des planches en amont du remblai semble aussi devoir difficilement s'opposer au glissement de grandes masses de terrain.
Les remblais composés de terres glaiseuses, lors môme qu'ils reposent sur des terrains incompressibles, sont sujets à s'affaisser ou à s'ébouler. Il faut, pour les contenir, bien dessécher la glaise et la