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CHEMINS EN RUSSIE ET POLOGNE

l'Europe. Les chemins de fer, dans ce pays, sont appelés à rendre de grands services et à un brillant avenir financier. C'est surtout à l'imperfection de ses voies de communication qu'il faut attribuer sa décadence malgré son immense richesse en produits agricoles et minéraux. Les chemins de fer établis, il redeviendra ce qu'il fut jadis, l'un des États les plus prospères de l'Europe.

Qui ne gémirait de voir un pays aussi beau que l'Espagne, un pays habité par une population si intelligente, dépenser ses forces en débats politiques stériles? La construction des chemins de fer, en donnant une autre direction à son activité, mettra lin à ces débats, et sera probablement pour l'Espagne l'origine d'une transformation morale et intellectuelle tout autant que matérielle.

Portugal. — Le Portugal est pauvre en chemins de fer. C'est seulement à partir de l'année 1852, époque de la création d'un ministère des travaux publics dans ce pays, que l'on commença à s'occuper de l'exécution de ces nouvelles voies de communication.

Les seuls chemins en exploitation aujourd'hui sont le chemin de Lisbonne à Santarem (86 kilomètres)^ et le chemin de Barreiro à Vendas, section du chemin du Sud.

En septembre 4859, M. de Salamanca a obtenu la concession des voies ferrées de Santarem à Badajoz et à Porto. La première doit être livrée à la circulation dans un délai de trois ans, et la seconde dans un délai de cinq ans, à dater du commencement des travaux. Il est question de prolonger la ligne du Sud vers Evora et Beja. Le petit chemin de fer de Lisbonne à Cintra, enfin, est aussi commencé. — Les lignes concédées à M. de Salamanca ont 480 kilomètres de longueur.

On ne cite en Portugal que M. Fuentès parmi les hommes politiques qui se sont occupés de la construction des chenjjns de fer.

RuMie et Pologne raMe. — La Russie, si pauvre encore en chemins de fer, a joui cependant d'un des premiers chemins à locomotives construits en Europe, celui de Saint-Pétersbourg à Tsarkoeselo. C'est M. le chevalier de Gerstner, ingénieur autrichien, auteur du plus ancien chemin de fer construit en Allemagne, celui de Budveis

à Linz, qui a rédigé le projet de cette ligne de 27 kilomètres seulement, et qui l'a construite.

L'empereur Nicolas comprit bientôt que le rôle que les chemins de fer étaient appelés à jouer dans un grand empire était bien plus élevé que celui que remplissait le chemin de Tsarkoeselo, et il conçu!, dès 1840, le projet d'un réseau qui devait établir un lien entre les points les plus éloignés de ses possessions européennes, faciliter l'action du pouvoir central, et exercer une puissante influence civilisatrice sur le pays.

Mais les contrées à parcourir étaient pauvres 1 et mal peuplées; et les ressources du gouvernement n'étaient pas assèz considérables pour suffire à l'œuvre. Il fallait donc offrir à l'intérêt privé des avanlages qui assurassent son concours dans l'exécution des travaux. A cet effet, l'empereur, non content de garantir aux actionnaires un intérêt annuel de 4 pour 100 et de leur accorder gratuitement tous les terrains traversés faisant partie de ses domaines, a mis, sans aucune condition, à leur pleine disposition tous les bois et matériaux nécessaires à la construction des railways, tout en accordant la libre importation des rails et des machines locomotives, mesure qui, du reste, était conforme aux dispositions patriotiques des maîtres de forges et des industriels de l'empire.

Entraînés par l'exemple de l'empereur, les seigneurs ont voulu concourir à l'exécution d'une œuvre de laquelle la Russie attend de si grands résultats : non contents de l'abandon gratuit de tous les terrains nécessaires à l'établissement du railway, ils ont mis une grande partie de leurs serfs à la disposition des Compagnies jusqu'à l'entier achèvement des travaux.

Mais il n'était pas donné à Nicolas d'accomplir la grande œuvre qu'il avait conçue. Le chemin de fer de Saint-Pétersbourg à Moscou, long de 650 kilomètres, et celui de Varsovie à Cracovie, long de 400 kilomètres, ont été les seuls entièrement établis sous son règne. Le chemin de Saint-Pétersbourg à Varsovie a été commencé. C'est à son successeur Alexandre II qu'appartiendra l'honneur de ' compléter le réseau des chemins russes.

Nous ne douions pas que, secondé par son ministre des travaux

1 Extrait de l'ouvrage de M. Lobet

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