CHEMINS EN SUÈDE
Vu
M. Col li gnon, inspecteur général des ponts et chaussées, si connu par ses écrits sur la navigation et par les beaux travaux qu' il a exécutés sur le canal de la Marne au Rhin, ainsi que sur le chemin de fer de Paris à Strasbourg.
Une partie importante des chemins de SaintrPétersbourg à Varsovie, de Saint-Pétersbourg à Kœnigsberg et de Moscou à Nijni- Novogorod (frontière d'Asie) est déjà livrée à l'exploitation. Ces trois lignes seront entièrement terminées à la lin de 4861 . Celle de Moscou à la mer Noire est moins avancée.
Les chemins russes exerceront non -seulement une immense influence sur le commerce intérieur de la Russie, ils permettront encore l'exportation à l'étranger de 50 à 60 millions d'hectolitres de blé, excédant annuel de la production sur la consommation, qui, faute de voies de communication, ne peuvent être portés à l'extérieur.
On pouvait craindre que la rigueur du climat en Russie fût un obstacle au succès des chemins de Ter. Elle sera, au contraire, un des éléments les plus décisifs de ce succès. Le froid n'entrave jamais la marche des trains, comme on est disposé à le croire : la neige n'a interrompu la circulation, en moyenne, qu'un jour tous les ans sur le chemin de Saint-Pétersbourg à Moscou. Par contre, les voies navigables sont gelées pendant six mois dans le Nord, et, pendant cette période, le chemin de fer aura le monopole de tous les transports, facilités d'ailleurs par le trainage pour les relations latérales. -
Su*4e. — Les renseignements qui suivent sur les chemins suédois nous ont été transmis avec une extrême obligeance par M. Mtttbis, ancien élève de l'École centrale, ingénieur au service du gouvernement suédois.
C'est en 1848 seulement que l'on songea pour la première fois à construire des chemins de fer en Suède. Le comte A. E. de Rosen, lieutenant-colonel au corps des mécaniciens de la flotte, demanda, \e premier, la concession d'un chemin de fer qui devait mettre en communication les lacs Malare et Hjelmare avec le grand lac Wessern. Cette ligne était longue de 150 kilomètres. Une Compagnie an^lo-suédoise, par les soins de M. de Rosen, se constitua sous la dénomination de Compagnie royale du chemin de fer d'Orebro, Arboga, Huit.
La Diète suédoise accorda à cette Compagnie de grands privilèges pour faciliter l'exécution de celte entreprise et en assurer le succès, et garantit un intérêt de 4 p. 100 pendant quinze ans sur le capital de 6,500,000 fr., jugé nécessaire pour la construction du chemin, à la charge pour la Compagnie de commencer les travaux en 1849, et de livrer la ligne à l'exploitation trois ans après.
La Compagnie n'ayant pàs rempli ses engagements, la concession lui fut retirée.
En 1852 une nouvelle Compagnie anglo-suédoise se constitua sous la même dénomination que la première, et obtint de nouveau la concession du chemin d'Orebro à Huit, avec cette différence que la garantie de 4 p. 100 devait être maintenue pendant quarante ans, et qu'après cette période la ligne appartiendrait à 1 État sans indemnité. Les travaux devaient être commencés avant la (in de 1852 et terminés en décembre 1855; mais bientôt le président de cette Compagnie, après avoir mis en exploitation la section d'Arboga à Orego, seulement longue de 71 kilomètres, annonça qu'elle était dans l'impossibilité de continuer la ligne jusqu'au lac Wessern.
Renonçant au concours des Compagnies, dont on avait tant de raisons d'être peu satisfait en Suède, le gouvernement suédois résolut, en 1854, de construire les chemins de fer aux frais du Trésor. Le roi Oscar soumit alors aux états généraux un projet de loi ayant pour objet rétablissement d'un réseau par l'État. L'établissement d'une ligne de Stockholm à Gothembourg et à Malmo fut voté et immédiatement commencé.
M. Nils Erickson, colonel au corps des mécaniciens, fut nommé directeur de la construction de tous les chemins de fer avec les pouvoirs les plus étendus. C'est à cet ingénieur que l'on devait déjà les magnifiques écluses de Frolhatten et plusieurs travaux remarquables. Fils d'un pauvre fermier, Erickson a commencé par être simple ouvrier maçon. Anobli par le roi Oscar, il a été nommé baron par le roi Charles XV. C'est le frère du colonel Erickson qui a inventé la machine calorique essayée dans ces derniers temps.
La longueur des chemins décrétés par l'État en Suède eôt de 992 kilomètres, se divisant de la manière suivante :
Chemins exécutés par l'État :
Chemins exécutés la Compagnie :