‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 30 sur 210 · CHEMINS AIX ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

CHEMINS AIX ÉTATS-UNIS

de Saint-Paul à Vancouver ; l'autre vers le parallèle de FieKon à San-Pedro.

La proportion des chemins à double voie aux chemins à simple voie n'était, aux États-Unis, en 1854, que de 7 p. 100. Au 1er janvier 4858 elle avait atteint 16 p. 100.

Comment le gouvernement des États-Unis a-t-il pu créer le vaste réseau de chemins de fer qui sillonne toutes les parties de cette immense agglomération de territoire sans surcharger ses budgets, sans contracter de dettes? Cela est bien simple à expliquer et tient à la nature du pays, dit le Journal des Actionnaires*. Au lieu de subvention pécuniaire, le gouvernement donne aux Compagnies des subventions territoriales. L'ouverture des voies de communication ferrées appelle les populations, provoque le travail, fait naître et développe la production ; les terres qui étaient incultes donnent en abondance le riz, le blé, le chanvre, le coton ; elles avaient une valeur de 2 dollars à peine (10 fr.); elles se vendent aujourd'hui couramment 12 et 16 dollars (60 et 80 fr.). C'est ainsi que l'État de rillinois a pu créer, en très-peu de temps, 690 milles dè chemins de fer, et que la Compagnie concessionnaire a pu distribuer à ses actionnaires quatre fois la valeur du capital versé, et leur conserver à perpétuité le privilège de l'exploitation.

Nous ne terminerons pas cet article sur les chemins de fer aux États-Unis, sans dire aussi un mot des plank-roads, système de chemins en bois formés de madriers posés à plat sur des longrines, et qui présente aux États-Unis, où le bois abonde, de tels avantages, qu'il ne tardera peut-être pas à remplacer la plus grande partie des voies de communication rurales faites en empierrement.

(Test dans le haut Canada, en 1835, que le plank-road fut employé la première fois à titre d'expérience : on se contenta de poser des planches de 4 mètres sur des traverses, sans aucun principe de construction ; l'expérience ayant donné des résultats plus satisfaisants que l'on ne s'y attendait, tant sous le rapport de la facilité de transport que sous celui du faible prix d'entretien, on construisit, en 1857, la route de Salina à Central Square, sous la direction de M. Geddes et de M. Saint-Alvord, qui ont le plus contri-

1 Journal de» Actionnaire* du 3 janvier 1857.

bué au développement du système des plank-roads dans le Canada.

Après les troubles de 1858, les routes en bois devinrent, sous la direction de M. Hamilton, président de la chambre des travaux, un des perfectionnements à l'ordre du jour, et elles furent alors importées, avec le plus grand succès, d'abord dans le haut Canada, et ensuite dans le bas Canada .

Mais c'est surtout dans l'État de New- York que ce système a fait le plus de progrès : depuis quatre années seulement que les plankroads y étaient employés, en 1850, on en comptait dans cet État 5,570 kilomètres; ils ont été exécutés au prix moyen de 6,186 fr. le kilomètre. A la même époque, il n'en existait encore que 700 kilomètres dans le Canada.

Aujourd'hui on construit de ces chemins dans tous les États de l'Union.

On peut dire que les chemins en bois en Amérique paraissent destinées à alimenter les chemins de fer et les canaux, et qu'ils ne leur sont pas inférieurs dans leurs usages particuliers.

Les chemins en bois rendent de grands services à la population agricole pour les communications avec les villes : ils offrent au fermier l'avantage d'avoir une route en bon état où il peut se servir de son matériel roulant pour transporter en toute saison les produits de sa ferme au marché voisin, et ils ont aussi avec les chemins de fer, et même à un plus haut degré, une telle influence sur les propriétés, qu'ils les font augmenter considérablement de valeur.

Les chemins en bois ne durent guère au delà de huit années.

Canada. — Le Canada ne possédait, en 1847, qu'un seul chemin de fer de 55 kilomètres environ; en 1855, on y comptait treize lignes, sur lesquelles, au mois de juin, 1/270 kilomètres étaient achevés1. Eu 1858, d'après les documents statistiques publiés par le ministère, la longueur des chemins exploités avait atteint 2, 450 kilomètres, et 700 autres étaient en construction.

Mexique. — Le chemin de Tehuantepec, en construction depuis les derniers mois de Tannée 1858, est un redressement de celui de Panama. 11 aura 120 kilomètres de longueur, et fera suite à une navigation fluviale de 160 kilomètres. Il présente, pour les rapports de

* Annuaire des Chemint de fer, de Chaix.

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