‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 32 sur 210 · AMÉRIQUE MÉRIDIONALE · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE MÉRIDIONALE

Les chemins de fer sont très-loin sans doute d'avoir acquis les mêmes développements dans l'Amérique méridionale que dans l'Amérique septentrionale. Il ne faudrait pas croire toutefois que les gouvernements de l'Amérique méridionale en aient entièrement méconnu l'utilité. Ils ont fait au contraire et font encore de grands efforts pour en déterminer l'établissement. Presque tous les che-

mins commencés, partant des ports de mer, se dirigent vers l'intérieur. Un jour certainement ils iront porter la civilisation jusque dans l'intérieur du pays. Si jusqu'à présent les travaux de construction de ces chemins n'ont marché que lentement* cela tient surtout au défaut de capitaux de la part des gouvernements et au peu de consistance des Compagnies qui les ont entrepris.

Mouveiie-Crenade. — C'est le 28 janvier 4855 que le chemin de fer de Panama, traversant la Nouvelle-Grenade, a été livré à la circulation. Le trajet de l'isthme, qui, dam» l'origine, avait demandé jusqu'à dix-sept jours, et que, par les moyens ordinaires, on était parvenu à réduire aux fatigues de trois journées, s'opère aujourd'hui en six heures.

Avant rétablissement du chemin de fer, tout le trafic entre l'Angleterre et les porls du Pacifique s'opérait par le cap Horn, et le trajet de la Grande-Bretagne à la plupart de ces ports exigeait environ quatre mois. Aujourd'hui ce môme trajet s'effectue au travers du Mexique en moins d'un mois.

Le chemin de Panama enfin a réduit la durée du voyage de Londres à l'île de Vancouver de six mois à quarante jours, et de Newcastle à San-Francisco de quatre mois à vingt-sept jours.

Les dividendes, pendant les quatre premières années d'exploitation de ce chemin, ont atteint 12 pour 100 du capital engagé, et, l'année dernière, ils ont encore augmenté. Ils ne proviennent pas seulement des receltes du chemin, mais aussi des revenus de 262,000 acre» de terre et de l'île de Manzanilla (650 acres) cédés à la Compagnie en toute propriété.

«nyam anglaise. — La Guyane anglaise, d'après lès documents statistiques de l'administration supérieure, exploitait, à la fin de l'année 1858, 54 kilomètres de chemins de fer.

Rréwii. — Le gouvernement brésilien encourage les entreprises de chemins de fer. Il garantit aux Compagnies un intérêt qui n'est pas moindre de 7 pour 100 (5 pour 100 garantis par le gouvernement, et 2 pour 100 par la province), leur concède une partie des terrains nécessaires à l'établissement du chemin, leur permet l'introduction en franchise du matériel fixe et roulant, ainsi que des approvisionnements, leur assure la propriété des mines

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sur une largeur de 52 kilomètres à droite et à gauche do la ligne, les garantit conlre toute concurrence dans le même rayon. Il conserve le droit de rachat après trente années d'exploitation, eu payant aux actionnaires une somme dont l'intérêt serait représenté par le produit maximum annuel de cinq années choisies parmi les sept dernières.

Les différentes lignes concédées et en construction, en marchant du Nord au Midi, sont les suivantes : 1° chemin de Pernambuco a Àgua-Preta, ville de l'intérieur (125 kilomètres); 2° du port dr Bahia à Souazeiro, sur la rivière San-Krancisco (125 kilomètres); 5° du porl de Rio-Janeiro à la vallée de Parahiba, chemin de don Pedro II (520 kilomètres); 4° du port de Estrclla à Petropolis; 5° du port de Santos à Jundihay, ville de l'intérieur, par Saint-Paul (142 kilomètres). La longueur totale des chemins concédés est ainsi d'environ 700 kilomètres.

Le chemin de Pernambuco à Agua-Preta a pour but de desservir de grandes exploitations de coton et de sucre. La Compagnie a la faculté de le continuer jusqu'à un certain point de la rivière San -Francisco, situé au delà des cataractes et en amont duquel cette rivière est navigable jusqu'à 1,000 kilomètres vers l'intérieur du pays. *

Une première section de Pernambuco à Villa da Cabo, longue de 29 kilomètres, a été livrée à l'exploitation le 0 février 1858; l'entrepreneur ayant résilié son traité, les travaux ont clé interrompus. Les nouveaux entrepreneurs, MM. Waring frères, ont livré la "seconde section de Villa da Cabo à Escada (52 kilomètres) le 2 décembre 1860 ; la troisième sera probablement terminée en juin 1801, et. la ligne entière en décembre de la même année.

Le chemin de Bahia à Souazeiro, ville qui se trouve sur la rive droite de la rivière San-Francisco, est ouvert sur une longueur de 19 kilomètres seulement, à partir de Bahia. L'entrepreneur doit l'avoir terminé en 1863.

11 a pour objet d'ouvrir un débouché aux grandes cultures de coton et de tabac.

Le chemin de Bio- Janeiro à la vallée de Parahiba (chemin de don Pedro II) est destiné à augmenter la production de la vallée de Parahiba, riche en café. La première section, longue ^le 75kilomè-

très, commencée en 1855, est seule terminée. On est arrêté à l'extrémité de cette section parles énormes diflicultés que présente la section suivante.

Le chemin du port de Estrella à Pclropolis part du port de Estrella, placé sur la baie de Rio-Janeiro, et se termine au pied de la montagne sur laquelle se trouve Petropolis, à environ 1 kilomètres de cette ville. Il est exploité depuis cinq ans. Sa longueur est de 00 kilomètres environ.

Le chemin de Santos à Yundahy enfin, bien que concédé en 1 857, est à peine commencé.

Paraguay. — Le Paraguay n'est pas resté aussi étranger aux progrès de la civilisation qu'on pourrait le supposer. Comme les pays voisins, il est entré dans la voie des améliorations.

Les chemins de grande communication y sont à la vérité peu nombreux et mauvais; mais M. Lopez, successeur du docteur Francia, s'occupe de les améliorer. Il a décidé l'exécution du chemin de fer de Villa-Rica, dont la première section est terminée et la seconde fort avancée.

Pérou. — Le Pérou ne possède encore que deux chemins de fer; Je petit chemin qui réunit le port de Callao à la ville de Lima, et le chemin du port d'Arica à la ville de Tacna.

Le chemin d'Arica à Tacna a 04 kilomètres de longueur. C'est par celte voie que sont transportés toutes les laines, ainsi qu'une quantité considérable d'étain et de café, apportés du centre de la Bolivie à dos de lamas.

Ce chemin a été construit par une Compagnie anglaise avec une garantie de 5 5/4 pour 100 accordée par le gouvernement. .

De nouvelles lignes sont à l'étude. Nous extrayons le passage suivant d une lettre qui nous a été écrite par M. Schreiner, l'un des ingénieurs du gouvernement péruvien :

« 20 mars 1800. — J'ai été commissionné par le gouvernement pour faire l'étude d'un chemin de fer de Yca à Pisco, le meilleur port de mer du Pérou (80 kilomètres de longueur), et voilà deux mois que j'arpente dans tous les sens un désert de sable brûlant '^our y trouver un passage sur un terrain solide, c'est-à-dire sans * sable mouvant. Mon plan de direction est terminé ; la ligne sera

CHEMINS Al' CHILI.

parfaitement praticable. Sur le rapport que j'en ai fait, le maréchal de Castille, président, a décidé que le gouvernement avancera la moitié des fonds nécessaires pour cette construction ; l'a Compagnie d'Yca avancera Vautre moitié.

« C'est bien dommage qu'il soit impossible d'établir une voie de communication facile entre l'intérieur du pays et le littoral. Les Cordillères des Andes ne se percent pas comme les Alpes. L'intérieur est d'une fertilité et d'une richesse incroyables et ne peut exporter ses produits. »

Chili. — Le gouvernement chilien comme le gouvernement brésilien accorde aux Compagnies concessionnaires de chemins de fer jtes garanties d'intérêt, des franchises de droit, et leur livre gratuitement une partie des terrains.

Dès 1 849 ce gouvernement autorisait une Compagnie à construire le chemin du port de Caldera à Copiapo, ayant pour principal objet le transport du produit des mines; en 1852, ce chemin, long de <S1 kilomètres, était livré au public. Les produits ont rapidement augmenté, car, de 1,077,000 francs qu'ils étaient en 1852, ils se sopt élevés, en 1858, à 3,660,000 francs, et les revenus sont aujourd'hui de 16 pour 100 du capital engage. 11 a été prolongé au delà.de Copiapo jusqu'au cœur des mines d'argent, à 38 kilo mètres de Copiapo, en sorte que la distance totale de Caldera aux mines est de 119 kilomètres.

Le chemin du port de Yalparaiso à San-Yago a été commencé il y a déjà plusieurs années. On y a dépensé des sommes considérables, il n'est pas encore terminé.

De San-Yago on étudie un chemin qui doit s'étendre du Nord au Midi sur une longueur de plus de 600 kilomètres. Ce chemin traverserait l'un des pays les plus riches du monde.

Un chemin a été concédé aussi dans la province de Coquimbo.' (Je chemin doit partir de la Cttesta de Peralta^ et s'étendra jus- •qu'à la ville de la Serena, avec embranchements vers tous les principaux centres d'exploitation des mines. De la Serena le chemin sera prolongé jusqu'au port de Coquimbo, et de Coquimbo vers les fonderies de cuivre delà Compagnie de la Mexican andsouth american Company à Herraduro et Tongoy. La traction sur ce chemin

Diqitize<

M înSTOUU: ET STATISTIQUE DES CHEMINS DE FER.

se l« rail d'abord avec des chevaux, la Compagnie étant autorisée à employer plus lard de» locomotives.

Le gouvernement chilien a accorde encore une autre concession ayant pour objet la continuation du railway de PabeUon à Chamacillo, ouvert en lévrier 1859.

tf:t»c dv Bur nos- \?rv». — On ne trouve dans l'État de Buenos- \\res qu'une seule ligne exploitée, celle dite chemin Occidental, (le chemin de petite longueur est terminé depuis deux aus; il donne de beaux revenus.

. Line autre li«me de Buenos-Ayres à San-Fernando, par Belgreno cl > .]] m.Iio, longue de 24 kilomètres, a été concédée en 1856. Les travaux ont langui pendant longtemps, mais ils sont poussés^

aujourd'hui avec activité.

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