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Le conseil général, puis les Chambres, la décidèrent en faveur du nord par diverses considérations, dont la plus puissante était la plus grande facilité d'un embranchement sur Aix, ville importante par elle-même, et destinée d'ailleurs à devenir un jour la téte de la ligne directe de Toulon à l'Italie.
Cependant les deux tracés, ayant atteint la chaîne de l'Estaque, se retrouvaient en conflit devant un commun obstacle, qu'à une époque moins avancée de Fart on eût considéré comme insurmontable : il s'agissait de traverser la montagne de la Nerihe, haute de *2i0 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les deux projets et tous ceux que suscita cette difficulté étaient d'accord qu'on ne pouvait la vaincre qu'au moyen d'un souterrain.
Mais les opinions se divisaient sur la hauteur à laquelle il serait ouvert.
M. Talabot proposait de percer la fterthe à 55 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui plaçait la voie à 187 mètres au-dessous du point culminant du terrain supérieur, et donnait lieu à un tunnel de 4,600 mètres de longueur. On fut d'abord effrayé des difficultés, des dépenses et de l'incertitude d'un pareil travail; mais les autres propositions échouèrent toutes devant des objections plus graves encore.
On avait songé à élever le souterrain à 140 mètres, ce qui lui laissait encore une longueur de 1,500 mètres; mais il n'aurait pu être atteint qu'au moyen de deux plans inclinés prolongés sur les deux versants et franchis à l'aide de machines fixes ou de machines de renfort dont l'usage eût été onéreux à l'exploitation. D'ailleurs, à cette hauteur, le tracé à travers l'Estaque eût été très-tourmenté H l'ensemble du travail eût rencontré plus d'obstacles que le souterrain entier de i,000 mètres.
Tout en restant à la hauteur de 55 mètres, on aurait pu diminuer de 500 mètres la longueur du souterrain à l'aide d'une pente de 7 millimètres. Cetlo faible abréviation ne compensant pas les inconvénients d'une inclinaison plus que double de celle des autres parties du chemin, on y renonça.
Enlin, en donnant au souterrain une inclinaison de 3 millimètres on aurait pu relever de 15 mètres sa côle de sortie. Mais,
outre que celte rampe, dans une si longue voie souterraine, pouvait n'ôtre pas sans inconvénients, on n'abrégeait le trajet intérieur que de 400 mèlres, et le chemin devait, dans ce système, suivre une direction qui l'allongeait de 7,700 mèlres.
Le projet de M. Talabot prévalut donc sur ce point encore. Voté en 4813, exécuté depuis sous la direction de cet ingénieur, le chemin d'Avignon à Marseille est, depuis 1847, livré à la circulation tel que nous «lions le décrire.
Le départ se fait en aval de la ville d'Avignon, selon une courbe de 4,000 mèlres de rayon et avec une rampe de 3 millièmes par mètre sur 4,200 mèlres de longueur.
Le chemin traverse la Durance sur un grand viaduc de vingt cl une arches en anse de panier de 20 mètres d'ouverture chacune. Sa longueur totale est de 533 mèlres; sa hauteur de 9 mèlres audessus de l'étiage. Après quoi, jusqu'à Tarascon, rien de remarquable, les pépies étant toujours de 2OUB,5 au plus et les rayons des courbes de 4,000 mètres au moins.
C'est à Tarascon que se fait l'embranchement de jonction avec le chemin du Gard. A cet effet, un pont a été jeté sur le Rhône, et l'embranchement, passant à Reaueaîre, va rejoindre le chemin du Gard un peu au delà de cette ville.
De Tarascon à Arles, le terrain et le tracé sont encore moins accidentés que d'Avignon à Tarascon. Les penles n'y sont plus que de 4 millième, et, tandis que, précédemment, le remblai atteignait 0 mètres de hauteur en quelques points, comme au viaduc de la Durance, tandis qu'on y rencontrait quelques tranchées assez notables, telles que celles de la Roque, on ne trouve ici qu'un remblai cOntinu haut de 5 mètres au plus, mais le plus souvent de 2 ou 3 mètres. Enfin on n'y compte que deux courbes de 2,000 mètres de rayon chacune.
La station d'Arles est d'une grande importance. C'est là qu'est établi l'atelier central d'entretien et de réparation de tout le matériel.
Peu après ces ateliers, le chemin traverse divers canaux et fossés sur le grand viaduc d'Arles, composé de trente et une arches en anse iU panier de 21 mètres d'ouverture chacune. Ce bel ouvrage
CHKMIN IMIGiNO.* A MARSEILLE. 205
d'art présente une longueur totale di? 769 mètres; mais sa hauteur maxima n'est que de 8 mètres. Au delà, le tracé présente, à la suite d'une courbe de 1,500 mètres de rayon, un alignement droit de 35 kilomètres environ. Il passe ainsi à Raphèle, à Saint-Martinla-Crau, à Enlressen, à Constantine, quelquefois en faible tranchée, mais le plus souvent en remblai peu élevé, on même au niveau du sol. C'est seulement entre Constantine et Saint-Chamas ■ que, rencontrant les croupes des chaînes qui viennent mourir près de l'étang de Berre et y forment une succession continuelle de rochers et de ravins, il présente, en plan, une sfrie de courbes, la plupart de 1,000 mètres de rayon, mais parmi lesquelles il s'en trouve une de 800 mètres dans une assez forte tranchée, et, en profil, des alternances sans cesse répétées de remblais et de tranchées, dont, au reste, le cube ne s'élève guère au-dessus de 50,000 mètres.
Quant aux pentes, elles ne dépassent pas 3 millimètres. *
Après Saint-Chamas, on remarque une courbe, dite de Versailles, de 900 mètres de rayon; une autre de 1,000 mètres lui succède, et c'est dans celle-ci que se trouve compris le viaduc de Saint-Chamas. Ce viaduc est jeté sur un ravin de 3K5 mètres de largeur et d'une profondeur maxima de 22 mètres.
11 est formé de quarante-neuf arches eu ogive de 0 mètres d'ouverture chacune, ou plutôt de vingt-quatre arches et demie en plein cintre de 12 mètres, entrelacées de telle sorte qu'une pile de l'une se trouve dans l'axe de l'autre et que la clef de la seconde forme la partie supérieure d'un évidemeni dans le tympan de lu première.
Ce genre de construction tout à l'ait nouveau ne manque ni de solidité, ni d élégance, ni d'originalité.
Alors se continue, sur les bords de l'étang de Bcrrc, la succession des remblais et déblais à travers ravins et ruchers, sur une longueur de 0 kilomètres, et, ii la suite de courbes successives de 1,000 mètres et au delà, elle se poursuit jusqu'à 5 kilomètres de Saint-Chamas. Puis le chemin redevient rectiligne et se tient presque au niveau du sol, sur une longueur de 7 kilomètres, jusqu'au delà de la station de Berre. Vers ce point, à Brani, on trouve une courbe de 870 mètres de rayon, de 1,516 mètres de développe-
TB.VCÊ DKS CHEMINS IlK FER.
ment; puis une autre à Rognac, d'une longueur de 2,472 mètres, mais de 1,000 mètres de rayon.
On se dirige ensuite en ligne droite sur le Baoù, où se trouve un viaduc de 75 mèlres de longueur et de 0 mètres de hauteur seulement, composé de sept arches inégales dont la plus grande a 12 mètres d'ouverture.
Ici reparaissent les courbes de \ ,000 mètres environ ; l'importance des terrassements augmente, et une rampe de 3 millimètres sur 8 kilomètres conduit au viaduc de la Cariière, qui, d'une longueur totale de 65' mètres seulement, est formé de sept arches en ogive de 7 mètres d'ouverture chacune, construites dans le même système à peu près que celles du viaduc de Saint-Chamas.
De là enfin, par une rampe de 2 millimètres par mètre sur 1,000 mètres, on arrive à la tète nord du souterrain de la Nerthe.
La longueur de ce souterrain est de 4,620 mètres, sa hauteur sous clef est de 8 mètres. 11 se trouve en rampe de 2 millimètres sur la moitié de sa longueur, en pente de 1 millimètre sur l'autre moitié. Il a été déblayé à l'aide de vingt-quatre puits espacés moyennement de 200 mètres, et dont le plus grand a \ 80 mètres de profondeur.
Les difficultés de ce percement et son prix de revient par inèlre ont été à peu près les mêmes que pour le souterrain de Blairv sur la ligne de Paris à Lyon : nous renvoyons donc pour plus de détails à la description de ce dernier chemin.
A la sortie de la Nerthe le tracé présente, en plan, plusieurs courbes consécutives de 1,000 mètres de rayon et une de 850, et, sur le profil, une suite de ravins, dont le plus grand a 17 mètres de profondeur, et que l'on franchit au moyen : 1° de deux viaducs, l'un de cinq arches ogivales ordinaires de 8 mètres, l'autre de sept arches en plein cintre aussi de 8 mètres d'ouverture ; 2* d'un remblai avec mur de soutènement de 00 mètres de long, indépend animent des remblais ordinaires.
On arrive ainsi à la station de FEstaque, d'où l'on sort par une courbe de 1,000 mètres, puis, dans le cours d'un alignement droit de 5 kilomètres, on passe à Séon, où l'on trouve un petit souterrain de 460 mètres seulement, et l'on continue jusqu'à Sainf-