‹ Traite elementaire des machines (volume 2)Chapitre 15 sur 46 · ABSOLUE · texte numérisé non relu

ABSOLUE

La résistance surmontée à chaque instant par un moteur animé, n’est déterminée et mesurable, que lorsque cette résistance est en dehors du moteur. Dans ce cas, le moteur exerce sur le point résistant une pression équivalente à celle d’un poids. L’homme qui marche, chargé ou non chargé, exerce deux espèces de pressions, les unes sur le terrain, les autres sur lui-même; ces dernières sont inconnues; d’ou il suit qu’il n’y a aucune mesure absolue de l’action journalière de l’homme en marche, cL elle diffère essentiellement des actions journalières dans lesquelles on ne considère que la pression exercée sur un objet extérieur.

De quelque nature que soient les actions journalières, elles ne sont comparables entre elles que lorsqu’elles produisent le même degré de fatigue, et lorsque les moteurs animés peuvent, sans nuire à leur constitution physique, soutenir le travail journalier qui est l'objet de la comparaison.

De l'action journalière de l’homme qui transporte des fardeaux sur une brouette ou autres petits eharriots.

fit]. Pascal est, dit-on, l’inventeur de la brouette : cette Machine est, tomme on sait, une caisse plus longue que large, attachée à un brancard dont les bras sont plus alongcsd'un côte de la caisse que de l’autre. L’extrémité la mohis alongée porte les tourillons de l’essieu d’une petite roue. Le fardeau est sur la caisse, et l’homme chargé de le transporter saisit les bras de la brouette à i 5 décimètres à peu près de distance de l’essieu. Le poids total de la brouette est moyennement de 3 o kilogrammes, et pour le transport des terres, on la charge ordinairement de 70 kilogrammes environ. Vouban , dont le nom rappelle l’époque des plus grandes constructions en terres, a observé qu’un homme, dans son travail journalier, peut faire 5 oo voyages , en parcourant ù chaque voyage la distance de aq mètres, avec la brouette chargée de 70 kilogrammes. Pour comparer cet effet à celui qu’on obtient des porteurs sur crochets, nous estimerons l’action journalière de ceux-ci par le produit du poids transporté et de la distance à laquelle on transporte. Ainsi on a, pour l'effet utile des colporteurs en un jour (art. 67), 44 kilogrammes X 20 kilomètres, et pour celui du manœuvre à la brouette, 70 kilogrammes X i 4,5 kilomètres. Ces deux effets utiles (note, art. 5 q) sont dans le rapport de 880 à toi 5 ; ainsi, en n’ayant égard qu’au poids des masses transportées, la brouette, comme moyen de transport, est préférable aux crochets, mais il est à remarquer que le volume des masses augmente la difficulté du transport, et il est probable que les colporteurs ont plus fetigué que les brouettiers.

M. Coulomb a trouvé qu’en soutenant la brouette chargée, au moyen d’un peson fixé au même point où les hommes tiennent les bras, on supportait un poids de 18 à so kilogrammes, et il a encore trouvé que la force nécessaire pour pousser la brouette chargée, sur un terrain sec et uni, était de 3 à 3 kilogrammes. Ce poids mesure l’effort continu de l’homme qui pousse la brouette; multipliant cet effort par l’espace i 4 kilomètres qu’il parcourt en 5 oo voyages, on a de 28 à 42 grandes unités dynamiques pour la mesure des efforts qui produisent l’effet utile journalier.

60. Dans les travaux des mines, on se sert quelquefois de traîneaux qui glissent sur un sol assez inégal et ordinairement argileux : ceux que M. Gucniveau a observés étaient traînés par un seul homme, et chargés de 90 kilogrammes de houille; le trajet était de 390 mètres; le manœuvre

faisait a4 voyages dans la journée, et revenait avec Je traîneau vide. Ce qui donne, pour l’ellèt utile en un jour, 90 kilogrammes transportés à 6960 mètres, ou 6a6 kilogrammes transportés à 1 kilomètre, effet moindre que celui qu’on obtient des colporteurs, et qui a été estimé article précédent, 880.

Les petits eharriots (continue M. Guenivcau) dont on se sert dans les mines métalliques sont portés sur quatre roues très petites, et traînés par des hommes distribués sur toute 1a longueur du chemin, à une distance d’environ 100 mètres. Le charriot roule sur des planches, et l’eflèt journalier de chaque homme est de 900 à 1000 kilogrammes transportés à 1 kilomètre. Lorsqu’il y a des inégalités sur le sol des galeries supposées d’ailleurs horizontales, cet ellèl se réduit à 600 kilogrammes transportés à lu même distance. (Essai sur tes Machine}, p. 271.)

Des hommes agissant sur des poulies.

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