‹ Traite elementaire des machinesChapitre 41 sur 46 · HÉRISSON · texte numérisé non relu

HÉRISSON

DUnaitre du moyeu , au Billeu. . . .

1 aux extrémitét. . .

' hongueur de chacune des six griffes. . Epaiaseur.

Coude des manivelles. . . . :

Poignée.

CH.tINE à grain< ou <

Hauteur du grtia^ 7 compris It tige eC Ift queue

Diamètre dn grain,

Si

Distance des graiu. . . . ,

Des effets dynamiques du chapelet vertical.

38, On lit dans la Notice jointe i cette description, que le chapelet Orties! , dont on vient de donner les diniensions, étant mu par quatre hommes , il élevait par heure aooo pieds cubes (68,55 mètres cubes ) d'eau à la hauteur de i6 pieds i( 5,3 mètres); ce qui revient à élever 363,3i5 mètres cubes d’eau A la hauteur d’un mètre. D’où il suit que chaque homme élèverait en i heure 90,88 mètres cubes d'eau à la hauteur d’un mè^l D’apres, les <d>servations que nous avons rapportées dans les arti-' des précédens,et eu comparant ce dernier résultat à la ibree journalière de l’homme {yoyex le résumé pa^ 5i )-, on peut croire que l'auteur de la Ifbtice a été induit en erreur. En supposant qu’à chaque tour de manivelle, il se développe i,4 mètre de chaîne sur le hérisson, et qiie la manivelle lasse a5 révolutions par minute, ce qui est assez d’aceord avec l’ez-périence, la Vitesse de chaque grain par minute est de 35 mètres.

3p. M. Perronnet rapporte une expérience qu’il a hiite sur un chapelet vertical , lorsqu’on a construit le pont d’Orléans (^voyee ses oeuvres, p. 19); il dit' avoir observé que douze hommes,divisés en trois relais élevaient en a4 heures, à la hauteur de i5 pieds (4,87 mètres), 5oo pieds cubes (17,14 mètres cubes) d’eau ; mais il pense qu’on ne peut obtenir cette quantité d’eau que par un travail extraordinaire, et il propose de la réduire .d’un ’ sixième. D’après cette réduction , le produit -dn travail journalier de l’homme serait exprimé par 189 {mètres cubes d'eau, 'élevés à la hauteur

D£S MACHINES. 4a3

d’un mètre), nombre qui parait encore trop considérable d’après les expériences sur la force de l'homme appliquée à des Machines de cette espèce.- M. Perronnet ayant aussi employé, des vis d'Ârchimède pour la' construction du même pont, il a observé qüe deux hommes élevaient en une heure, à 3 pieds ; ( i,i37 mètres), 34® pieds cubes (i8,5i mètres cubes). D'après cette observation , le produit de la vis en dix heures serait exprimé par aïo; ce qui porterait le travail journalier de l’homme à io3 unités dynamiques. On a vu (page i88) que le produit de la vis d’Archimède par journée d'homme travaillant dix heures, 'a été dans une première expérience 8a, et dans une seconde 93 ; le produit moyen est de 91.

On est souvent <lans la nécessité de substituer au chafielet vertical k> chapelet incliné dont nous allons donner la description, soit pour éviter la construction d’un |>ontde service, ou pour transmettre aux manivelles de ce dentier chapelet, le mouvement de l'arbre d’une roue qui reçoit directement l’action d’un moteur tel que l’eau.

, Du chapelet incliné. . - ' '

4o. La partie principale du chapelet incHbé est une buse composée de trois madriers assemblés carrément, et formant une boîte dont le fond est un plan incUné ; une cfaame sans fin roule sur deux lanternes placées aux' deux extrémités de la base , et des palettes fixées aux jhaînons bbrigent l’eau à s’élever dans la buse. Les palettes; qui ont la forme de paralléKpipèdes rectangles, glissent en s’appuyant sur je plan incliné de la buse, de manière que la plus grande face de chaque palette soit perpendiculaire à • ce plan- incliné. Lorsque la chaîne est tirée par les griffes dé la lanterne, dans la direction de la buse,' deux palettes consécutives comprennent un volume d’eau qui est terminé par un plan faorizontal ; d’on il suit que cé volume est doutant plus grand 'que le chapeTet est pins inclinée La bau- ^ teur H, à laquelle doit s’élever l’eau, et la longueur L de la buse étant don- * H /' *• - ”

nées, est le sinus delà plus petite inclinaison qif on puisse donnerai! cha-,

hauteur H étant donnée , on peut diminuer l’indinaison du chapelet en augmentant sa longueur L, mais alors qb augmente le nombre <les palettes dont la distance ne varie pas; et comm^ on peut perdre en force, par le frottement de cex palettes sur le fond incUné de la buse, plus qu’on ne gagne par la diminution d’inclinaison du chapelet, la longueur' du chapelet a une limite qn’on ne peut déterminer que par l'expériencer-

Expériences sur les effets djrrtamiques des fdH^peiets indùtés.

* 4t> M. Perronnet (page i8 de son grand ouvrage) a fait usage d'un chapelet incliné qui élevait en une heure 1998 pieds cubea d’eau, à la hauteur de la pieds, ou >3976 pieds cubes d’eau , à la hauteur de 1 pied.

L’eau d’une rivière frappait les ailes d’une roue à aubes , et le mouvetnent de l’arbre de cette roue était cotnimuiiqué à la manivelle du cliapelet. Chaque aube de la roue avait 4 pieds ; de largeur, et plongeait dans l’eau d'un pied j, en sorte que la surface de la partie de l’aube qui pjpbgeait dans l'eau était de 5,6 pieds carrés. La vitesse du courant, qui était de 9 pieds par seconde, était due à une chute d’environ i,35 pied; d’où il suit que la force appliquée pendant une seconde à une aube a pour esp^pasion ( art. ia8 et i49i cbap. I") 9 pieds x (5,6 pieds carrés) x(i,35 pied), ou 68 pieds cubes d’eau , tombant de la hauteur de i pied; et comme la force transmise par l’arbre de la roue n’est estimée que le tiers (art. 17a , cliap. 1”, page i36).de la force motrice appliquée à l’aube, elle a pour expression a3 pieds cubes d’eau élevés en i seconde à i pied, ou 81600 pieds cubes d’eau élevés en 1 heure à i pied. Ce rapport du produit de la Machine A la force qui. lui est appliquée est donc .égal à celui de 33976 à 81600, ou environ de 39 à J 00. .

. On fait encore mention , dans l’ouvrage de M. Perronnet, de deux autres chapelets inclinés, mus par des chevaux , dont le produit, comparé à la force motrice,' a été beaucoup plus grand. D’après les observations rap- |K>rtées par cet ingénieur, ils élevaien(, en a4 heures, 1 17730 pieds cubes d’eau à la hauteur de '1 5 pieds, 'ou 1765800 pieds cubes d’eau à la hauteur d’un pied. Ces chapelets étaient nous par 36 chevaux distribués en plusieurs relais; or on suppose que la force de ces chevaux est équivalente à celle de 7 -4- 36 ou. aSx manœuvres; d’où il suit que la force journalière de rhoqirae appliqué au chapelet incliné, est dans cette hypothèse de 7007 pieds cubes d’eau élevés à un pied, ou à peu près de 80 unités dynamiques, chacune dé mille Kilogrammes -élevés à un mètre. On a estimé cette forée, lorsqu’elfo-als» appliquée A la manivelle d’un treuil, d'environ ir6anîtétgiaretHes. (ffoyex art. 71, chap. I", page 5i. ) ■

Description du chapelet incliné ( pl. 9, chap.' III ).

4a. Après avoir fiiit les projections horizontale et verticale du chapelet entier, il faut supposer qu’on a divisé ce dessin en deux parties (fig. la. aa) et ( fig. ih, ib), dont l’une est relative à la tête du chapelet et l’autre ’à la queue; on a réuni sur une seule planche ( 9, chap. III ) ces deux parties qui , quoique séparées , doivent être considérées comme tenant aux mêmes plans de projections.

De la tête du chapelet ( fig. ta , aa ).

La buse ABCD se coude en BD, et l’eau arrivée à la hauteur des points B et D s’écoule par le déversoir BDEF (fig. aa).

■ Pour soutenir la chaîne sans fin, lorsqu’elle nest pas tendue, on fixe,

au-dessus de la buse et parallèlement à cette buse, une coulisse KGIH ( fig. aa); la coulisse et la buse sont unies entres elles par une suite de pièces de bois jumelles telles que MNM'W, traversées par une troisième pièce de bois dont on voit le tenon en O ; la coulisse est posée sur ces traverses.

L’arbre en fer LL de la lanterne roule sur deux coussinets en cuivre abcd (fig. aa) fixés aux pièces de bois inclinées PQRS ( fig.' ta), PQ (■fig. aa); ces pièces de bois sont assemblées à tenons et à mortaises sur une autre ^ièce efghklmn (fig. aa), efgkt&k (fig. la), et une moise opqr • (fig. aa) la fixe sur la paroi verticale de la buse. Chaque coussinet en cuivre aîc^/ (fig. aa) glisse dans une rainure, pour éloigner ou rapprochée les axes de rotation des deux lanternes; ce mouvement de Tun des axes a pour objet d’augmenter ou de diminuer à volonté la tension de la chaîne.

Les figures 3a, 4a, 5a (dans l’angle inférieur à droite, du cadre de la pl. 9),sont les plan, élévation et profil du coussinet en cuivre de l’arbre de la lanterne ; U ( fig. 4<*’) est l’ouverture dans laquelle le tourillon de l’arbre «le la lanterne tourne; cette pièce de cuivre est taillée en dents, et on la fixe sur la pièce de bois PQRS (fig. ia)'au moyen d’une tringle en fer ou en cuivre, percée de trous t,t, t' (fig. la), d’une ouverture assez grande pour qne deux dents de la pièce de cuivre puissent s’y loger. Cette tringle tourne autour d’un boulon «; lorsqu’elle est 00 place, et que rextréinitég est en elle est traversée par un second bonlon a ; des clavettes, qui passent à travers les têtes des boulons a, fixent les pivots de 1 arbre de la lanterne. ‘ 1 '

De la queue du chqpelet ( fig. ib , ).

43. L’extrémité de la bu»c se projette(%. i^,a^)en ABCD; GKIH(6g. aA) est la projection de l’extrémité de la coulisse; mm'n'/i ûg. a^, est la projection de deux piècesde bois jumelles qui unissent la buse et l'extrémité de la coulisse; deux autres piècw de bois jumelles MNM N , assemblées aux parois verticales de la buse, ..supportent l’arbre L' de la seconde lanterne. Chacune de ces pièces de buis est entaillée suivant la figure dans la-

quelle se loge la pièce de métal, sur laquelle l’arbre de la lanterne roule, lorsque la lanterne est en place , on assemble une pièce de bois PQ (fig. \b , aA), à tenons et mortaises, sur les jumelles MNM'N', /nwn'/i', et sur la coulisse GKIH, et l’on fixe’la pièce de métal dans laquelle l’arbre tourne, par deux petites planchettes ^ui remplissent l’intervalle

compiis entre cette pièce de métal et Textrémité du tenon de la pièce de bois PQ. •

La bgure est une coupe faite sur la ligne XY ( fig. ai ) ; efgh est la section droite de la buse, et e'f’g'h' cellé de la conlisse./Ay'A’ est la plus grande face de la palette; T est le proBl d’un chaînon.

La figure l\b (^détail d'un chaînon) fait voircomroeht la palette pi est traversée par le cbainon rq. Deux chaînons consécutifs s’assemblent à tenon et mortaise, et roulent autour des boulons de fer st, s't' ; ces boulons traversent le tenon et la mortaise; et afin que le bois qui forme le cbainon ne soit pas détérioré par le frottement du boulon , otf le gartût de tôle de fer.

De la Machine à curer (de Venise ) ( pl. 6, cliap. UI). ^

Une poutre verücal^^Jt^( pl, C , Cg. i ^ est armée à sa partie inférieure d’une ferrure plate , servant de pelle destinée à être enfoncée dans le terrain.) à la profondeur de i5 i 18 décimètres. A la jonction de la ^utre et de la pelle est un axe horizontal en fer D , autour duquel toumç ime caisse ou cuillère EDF, destinée à ramasser les matières qu'on, veut extraire du fond- d’uiw-port ou d’un caiial. Cette caisse est uu.segnicnt de cylindre qui tourne autour de l’axe de rotation Di -elle est ouverte vers le côté DF; apres sa rotation autnur de l^xe fixe. D,, lès points F et C sont ré^is>.et la pelltf BC la ferme assez exactement pour que Içs ipatièi^ dont elle est remplie n’en sortent pas. ' ^ '

Pour curer, on enfonce verticalement la poutre AD et la pelle BG, cri tenant la Cuillère ouverte; lorsqu’elle e«t suffisamment enfoncée, on ferme ^ la cuillère, on ia soulève au-dessus du niveau de l’eau j un bateau Vlart se placer au-dessous de la cuillère, et reçoit les matières dont cette cuillère est chaînée'.

La machine à curer est mue par des hommes placés sur le pont d’uri bateau XY ( fig. i ) ; elle remplît deux objets, l’un d'enfoncer et de soulever la poutre terminée en 'pelle, l’aufee d’ouvrir et de fermer la cuillère. On produit le premier effet au moyen d’tm grand levierGH,qui tourne sur un axe fixe », et dont chaque branche a fi mètres \ de longueur. A l’extrémité H de ce levier est attachée la poutre HBC, qui tourne sur un axe horizontal II ; à l’autre extrémité G est un écrou I>M , supporté par deux tourillons projetés en N f fig. i et fig. b, b'), dont les points d'appui sont sur le levier. Une vis Kl (fig. i ) traverse l’écrou LM; l'extrémité inféneure de cette vis passe dans un collet mobile sur deux tourillons N', qui sont parallèles à ceux de l’écrou, et dont les pdlnls d'appui sont fixés au pont. XY. Une boule se visse sor l’extrémité de l'axe de la vis , et empêche cette vis de sortir du collet mobile. .Un levier horizontal traverse la vis IN' en K , et les hommes appliqués à ce levier haussent et baissent la ]>elle BC.

On fait tourner la cuillère sur son axe D, an moyen d’un levier DO de à 6 mètres de longueur. A l’extrémité de ce levier est une poulie O, dans laquelle passe une corde qui est attachée en Pau grand levier GH, et qui s’enveloppe sur le cylindre d^sin cabestan ST, placé sur le pont XY. Ce grand lewier étant fixe, et la corde POP' étant tirée de la poulie O ^rs le cabestan , il est évident que la aiillère doit se fermer. Pour l’ouvrir, on attache à uu crochet E, placé à l’extrémité de la cuillère, un^poulie mou- .. fiée, dont la chape R est fixée en Q au grand levier. La corde de ccUc poulie inouflée, en s*envelopj>ant sur le cylindre du cai^stan ST, ouvre la cuillère ; elle est dirigée dans son mouvement par des poulies ou roideaux de renvoi a, b, c. ^ "

Aux quatre coins du ponton, on place des pieux u u'^ dont les extrémités sont ferrées, et qu’on enfonce au inoyèh de t^ell^s V danaJuat^rrain un peu amolli par les eaux. Ces pieux fixent le ponloû' Sir lequel les lipmraeÉ sont placés pour mettre In machine en jeu (Voy . ^ ciyr et^e pl. fi.)sA Les fig. rt et a représentent sur-une échelle plus grande, Tassemblagg de l’extrémité de la grande v» dans son collet mobile. Les fig. A et A' fout ^ voir les tourillons de l’éorou du grand levier, et la vis qui traverse l'écrou.

4a8 TRAITÉ

t\5. Dans un rapport fait à l'Institut sur cette Machine, par M. de Prony ( en juillet 1 796) , on lit que cette Machine, assez en usage dans les ports <le Venise, et décrite |iar M. Liumberg , est manœuvréc par cinq hommes; qu’elle enlève soixante pieds cubes de matière en cinq minutes, à une élévation de quatorze k quinze pieds; on suppose que le poids d'un pied cube est de 1 ao à 1 aS livres. Comme ce poids diminue dans l’eau de 70 livres, fl s’ensuit, d’après M. Liumberg, que la Machine enlève en cinq minutes 60 pieds cubes de matière, pesant ensemble 60 x 5o livres, ou un poids de i5oo kilogrammes, à une élévation de 4,7 mètres, oir>enfin un poids de 7o5o kilogrammes à un mètre de hauteur en 5'. D'après cette hypothèse, cinq hommes élèveraient en une heure ta x 7o5o kilogram* mes à I mètre de hauteur, ou 84600 kilogrammes à t mètre de hauteur. Si l’on admet que les cinq hommes travaillent sis heures par jour, ils élc< vcraicut en un jour de travail 807600 kilogrammes à i mètre de hauteur; donc chaque homme élèverait en un jour environ loi mètres cubes d’eau un mètre de hauteur ; ce nombre diffère peu de celui qui mesure (art. 7 1 , chap. T') la force journalière d’un homme employé à porter du bois ou do la houille. I..es manœuvres sont. attachés aux travaux huit k neuf heures de la journée; mais il faut considérer qu’il y a une partie de ce temps employée à changer le bateau de place, et que cette opération fatigue beaucoup moins les hommes que les manœuvrer de la Machine.

' De la Machin* à receper les pieux, de U. dm Cessart ( pl. 7, chap. Ill ).

■ 46. Après avoir consolidé, par l’enfoncement des pilots, un terrain sur lequel on doit fonder un ouvrage hydraulique, et après avoir mis-ce terrain de niveau, on remplit l'intervalle qui sépare les pilots par une maçonnerie à chaux et sahle, qui affleure la base des tenons que l’on forme sur la tête de chaque pilot. Un cliâssis en bois, qu’on nomme grillage, et dont les pièces qui le composent s’assemblent à mortaises dans les tenons des pilots , repose sur la première couche de maçonnerie ; enfln , on continue à élever la maçonnerie sur le grillage. Telle est la première méthode et la plus ancieane de fonder les ouvrages hydrauliques;' mais il est un' autre moyen plus' économique de fonder ces ouvrages, qu’on' emploie actuellement avec le plus grand succès ; ce moyen consiste dyis l’usage des cuûxons. ÎjC caisson est un ponton ou grand bateau plat, dont le fond horizontal est composé de poutres jointives; les parois verticales

Sont formées par des châssis ou panneaux de madriers bien assemblés et calfatés, qui se détachent du fond après la construction de la maçonnerie.

Le fond du caisson repose, ou, comme le grillage, sur une couche horizontale de maçonnerie , ou sur les têtes des pilots; dans ce dernier cas, il est indispensable de couper ces pilots , et de mettre toutes les sections dans un seul et même plan horizontal.

Cette o|)ération ne présente aucune difficulté lorsque les pilots sont hors de l’eau; mais si la fondation d’un ouvrage hydraulique commence à une certaine profondeur, soit dans un fleuve ou dans la mer, il faut rrceper les pilots dans l’eau; c'est alors que le recepage s’opère au moyen de la Machine que nous allons décrire.

47. La Machine à receper les pieux a pour objet de donner à une scie horizontale trois raouvemens : par le premier, la scie descend au-dessous «lu niveau de l’eau, de manière que la lame de la scie soit toujours horizontale; le second mouvement est rectiligne alternutif; le troisième est rectiligne continu, dans une direction perpendiculaire à celle du second. L’effet de ce troisième mouvement est d’obliger la scie à s’avancer progressivement contre le pieu à mesure qu’on le recèpe.

48. La Machine entière est supportée par un échafaud en bois OPO P' (pl. 7, fig. I et a); cet échafaud est au-dessus du niveau des eaux; H est mobile, et on le transporte au-dessus des pieux qu’il s’agit de receper; on le maintient dans une position horizontale, à l’aide des points d’appui qu’on prend sur les pieux.

Deux plates-formes CD, EF (fig. 1), l’une supérieure, ràtiire inférieure, sont liées entre elles par quatre tringles G , H , 1, K. ; la première CD glisse à roulettes sur l'échafaud OPO P'; on y place les hommes employés à mouvoir la scie. I.a seconde plate-forme EF porte la scie et les leviers qui la font mouvoir; elle s’abaisse au-dessous dn niveau des eaux, au moyen de cjuatre crics S, T, U, V ( fig. a), qui ont pour crémaillères les tringles G, H, I, K (fig. I ). Les figures 4 et 5 font voir toutes les parties qui . composent l’un des crics.

I/appareil, composé des quatre crics et de leurs crémaillères,' a pour objet de donner à la scie le premier des trois mouvemens désignés par l’article précédent. Un châssis vertical en fer àbcefd ( fig. i ), qqi se-pro- » jette en XY (fig. 3), est destiné â lui donner le second mouvement; les branches^a, eje (fig. i) de ce châssis, sont fixes entre elles; et il en est de même des branches XZ, YZ (fig. a), dont l’angle ne varie pas ; mais afin que le châssis entier puisse tourner autour des deux. axes horizontaux Z clf, les

430 • traité

angles a et b varient. On a fait dans l’épaisseur branches XZ, YZ,*des ouvertures dans lesquelles passent les tiges oe, qu> sOnt traversées par des chevilles qu’on peut fixer à difiérentes hauteurs. Le ch&ssis étant rnis en luonvement par des homtnes appliqués à des bras de leviers hori- , zontaux, qui passent à travers les ouvertures X et Y, les branches XZ, YZ glissent sur les chevilles des tiges ae et bc. La tige fd est terminée par line fente d, qui reçoit le boulon d’uii va et vient triangulaire gdh; ce va et vient, qui se meut dans une rainure XY (fig. a), tY (Rg. 3) communique à la scie un mouvement en ligne droite. L’explication de la figure 3 fera comprendre le mécanisme par lequel cette transmission de mouvement se fait. ^

11 est à remarquer, i“ que cette figure 3 est une protection faite parallèlement au |)lan de la figure a ; a” que l’échelle de la figure 3 est trois fois plus grande que celle de la figure a j 3* que les droites rectangulaires XY, /i/Y, (( (fig. a), et les droites u, «(fig. 3), sont les traces des mêmes plans verticaux.

Explication de la figure 3, tracée sur le plan horizontal mené par la ,

. droite EF ( fig. a ).

49. La plato-forme EFEF (fig. 3} est un châssis composé de tringles de fci^ elle est unie à la plate-forme supérieure par les quatre tringles G, H,

I, IL; ou fait rouler sur la plate-forme EFEF le chariot qui porte la scie.

Ce chariot à roulettes r , «,*1/’, est composé du porte-scie rqsrq'i, de

deux rainures //, û", de deux leviers qomn, q'o'm'n', et d'une double cré- Qtaillère ' * * ' .• **

X» branche ss' du porte-ecie gUsse dans la rainure Iss't; les branches nuo, n'tio! des leviers se meuvent dans d^s collete m, m, fttés à la glissoire a'b\ Les angles moq ét u'o'q', des branches mo, oq mo et o'q ne varient pas ; ces v brandies sont réunies par des boulons qui glissent dans des rainures J'\' fixées à la plate-forme. Les branches oq , o'q sont terminées' chacune par un creux iUinulaire dont la forme est déterminée. Ces creux dirigent « le mouvement des boulons q et q placés à la jonction des branches sq, qr, et s'q\ q’r du porte-scie. Pour construire les courbes qui terminent les » creux P et />’, il faut observer, 1® que les points q, q\ considérés comme les extrémités des branches sq, sq' du porte-scie, doivent se mouvoir suivant la droite qq' parallèle à la scie rr; a“que ces mêmes points, considérés comme les extrémités des branches oq, o’q’, décrivent des cercles horizontaux, dont les centres sont eu o et o’. ^

Soient / et x les limites de la course du point s dans la rainure et s le point à égale distance de ces limites; la ligne milieu de la branche étant d’une longueur constante, elle conserve son parallélisme, et sa dernière position est /x' parallèle et égale à sq. I.a droite ox' est la plus grande longueur de la droite oq qui joint le centre fixe o et l’extrémité q de la branche iy;d’où il suit que deux points partant du point x' décriront, d’un mouvement absolu et uniforme , l’un la droite x'x' égale et parallèle à /x , l’autre l’arc de cercle x'x" qui mesure l’angle des deux droites o>.', oX"- Ayant donc divisé cet arc de cercle et la droite XT, dans le même nombre de parties égales, et joignant les points de division correspondans |Kir des droites, on mènera par le point q d'autres droites égales et parallèles aux premières; la courbe qui passera par les extrémités de ces droites sera (page 37 1, cLap. II) la courbe décrite d’un mouvement relatif parle point q sur le plan horizontal de la branche oq. On tracera une autre courbe parallèle à celle-ci, et qui en sera distante d’une quantité égale au nivon du disrpie circulaire qui termine la branche sq; cette dernière courbe sera le contour intérieur du creux annulaire/^ ou p.

La double crémaillère oga'g' (lig. 3) engrène avec deux roues dentées >, dont les axes de rotation se prolongent au-dessus de la plate-forme supérieure. La tringle »'(fig. 1 ) est la projection de l'un de ces axes;on y applique un levier horizontal, et les hommes, à l’aide de ce levier, font avancer vers le pieu le chariot qni porte la scie.

Sur le milieu du côté supérieur EF.(fig. 3) de la plate-forme EFEF, est une pince à deux branches ^ et 4> *pù sert à' fixer cette plate-forme contre le pieu. Ces brauclies tournent sur des pivots fixés ii la plate-forme, et chacune d’elles porte un axe de rotation qui se projette (fig. a et 3) en f, 4'. On applique à ces axes des leviers à clef te', x' (fig. a), dont on réunit les extrémités par une corde x'x'. .

*■ * Ore jeu de la Machin».

^ 5y^On a vu, par la description de la Machine, qu’il y a deux <3rstèmes de leviers,, l’un situé dans le plan vertical (fig. i), Rnitreliorizontal, re- présenté figure 3. Après avoir fixé les deux plalcs-formes horizontalement et dans une position convenabl» par mppflff aux pieux, le fravaiî des hommes appliqués à la Machine consfste i* A donner ati premier systemè de leviers un itiouvement qui se tiansmet au second système, d’où résulte le inouvenient rectiligne alternatif de la scie contre le pieu; a” a faire

43a , TRAITÉ

tourner les tringles fixées aux axes des roues dentées qui engrenent avec la crémaillère du chariot. Ce mouvement circulaire continu se change en un mouvement rectiligne continu, qui est transmis au chariot, à la scie et aux leviers qui la font mouvoir; d'où résulte une pression continuelle de la scie contre le pieu.

Quatre hommes snfiBsent pour mettre cette Machine en jeu; un cinquième , plus intelligent et plus attentif, ne tourne les roues dentées , qui engrènent avec la crémaillère du chariot, que de la quantité nécessaire pour que la pression de la scie contre les pilots soit à peu près constante.

Le poids de la Machine, de l’échafaud mobile sur lequel on la place, de ' cinq ouvriers pour la manoeuvrer, est d’environ 6000 kilogrammes; on estime le recepage moyen , de 1 8 pieux en un jour de travail. I.A Machine , suivant le devis de l'auteur, devait coûter aaoo francs, et contenir mille kilogrammes de fer, 3a kilogrammes de cuivre.

De la petite Machine à receper les pieux (pl. 8 , chap. III).

Si. Lorsqu’on ne doit receper des pilots qu’à une petite profondeur au-dessous du niveau des eaux , de deux mètres par exemple , on se sert avec avantage de la scie représentée planche 8 , chap. III, fig. Si et Sa. On forme on plancher CD en prenant les pieux pour points d’appui ; on pose sur ce plancher deux pièces de bois AB, A'B' (fig. Si), A et A' (fig. Sa), terminées par une surface cylindrique horizontale. Le support de la scie est composé de deux parties, l'une horizontale et l’autre verticale; la partie horizontale EE'FF' (fig. Si), FF (fig. Sa), glisse sur les pièces de Ixiis A et A', et par cette raison on peut l’appeler la glissoire; la partie verticale GHG'H' (fig. Sa), HH' (fig. Si) porte la scie HH'. Ce porte-scie vertical est formé de pièces de' bois et de triangles de fer boulonnés à vis sur le bois; il se meut en même temps que la glissoire. On fait mouvoir le système de ces deux assemblages , l’un horizontal, l’autre vertical, par des hommes posés sur le plancher, et appliqués à des leviers borizontanx mm, »»'/»' (fig. St), M et M’ (fig. Sa). Ces leviers sont soutenus par un assemblage de pièces en ietmlAHm, m'tk'fi'lm' (fig. Si), MLKP, M’L’K'P' (fig. Sa). Les mêmes hommès donnent à la scie deux mouvemens, l’un de , va et vient, l’autre de translation; d'où résulte une pression continuelle des dents de la sde contre le pilot.

On a employé cette scie pour la construction du pont de fËcole militaire,'dirigé par M. Lamandé. *

' ■ - • • ' Du frottement et de sa mesure. , '

$1. Les frottemens sont la cause principale de la détérioration des Ma- . chines en mouvement, et les constructeurs mécaniciens ont fait tous leurs eObrts pour en diminuer autant que possible les pernicieux effets. Cependant il y a un grand nombre de circonstances où le frottement est de la plus grande utilité. Les clous, les chevilles, les écrous ne consolident les assemblages que par leur adhérence aux diverses parties qui composent le système. L’enroulement d’une corde ou d’un câble autour d’un cylindre immobile produit un frottement considérable, au moyen duquel on modère la descente des fardeaux considérables le long d’un plan incliné. Tout le monde connaît l’usage des freins pour modérer l’action du vent sur les ailes d’un moulin , pour diminuer la vitesse des voitures chargées, lorsque la pente du chemin est trop rapide. L’effet des encliquetages de M.^Dobo, pour empêcher la rétrogradation d’une roue ou d’une cremaillèréi (Bulletin de la Société d’Enoouragement, année i8i5,. page la, pl. ii8), dépend essentiellement du frottepient (voyez grt. 19, page4o6). * -*■ i

Ia mesure des frottemens a été l’objet d’un travail important de Coulomb (*). Les résultats des expériences de ce savant sont consignés dans un mémoire couronné par l’Académie royale des Sciences , en 1781; les articles suivans sont extraits de ce mémoire.

53. Tous les corps, quelque polis qu’on les suppose, sont couverts d’éminenoes et de cavités, de manière que quand on frotte deux corps l’un contre l’autre , les pointes du premier s’engagent dans les cavités du second , et que de là résulte une difficulté à les séparer, en traînant seulement l’un sur l’autre.

(•) Coulomb (Charles-Augustin), Iknlmanl-eoloDe] an eorps royal du génie, ne à Angouléme le 14 juin lySô. Il a écrit, en 177$, le Mémoire sur le travail joamalier de l'hoasa^ m 1779 son ouvrage sur des Machines simples, cmakÉ^laot le résultat de ses expfie^èo&’ SUT le rroUemenL U fut élu membre de l’Académie royaK'des Sciences en 1781. Il^i|vichia.

1* Ilbysique d*un inttrument nouveau connu sons le nom de torsioit. A’ l’aide

de cet ’uistrumeot, il a déterminé par expérience les lois de la distribution^^ l’électricité i " , la surfaae des corps, et du magnétisme t l’Intérieur. Il' é TNMtlfM nlganle' aimantée, ^ chaufTée k 7oodegfjs, perdait son magnétisme. Il est mort k Paris le ai aoAt i8o€; il a été ^ remplacés l’Académie paAjtongolficr, l’inventeur des aérostats et du bélier hydréuliqtfe , né à Annonay en 1740, et mort CD 1810. * ‘ .

On distingue deux sortes de frottemens, l’un de gUssenient et l’autre de rotation ; le premier se manifeste entre deux corps qui glissent l’un sur l’autre sans tourner; il est beaucoup plus sensible que le second. Une roue ' de voiture qui tourne sur le terrain , y éprouve un frottement de seconde espèce, beaucoup moindre que celui qu’elle éprouverait en marchant sans tourner. Quelquefois les deux sortes de frottemens se combinent ensemble, et il en résulte un frottement mixte, lequel a lieu lorsqu’il y a tout à la fois glissement et rotation dans les corps qui se frottent ; tel est le frottement de l’essieu qui se meut sans tourner, sur le moyeu qui tourne ; tel est aussi le frottement des dents ou des cames décrites dans le second chapitre de cet ouvrage.

Expériences sur le frottement de glissement (pl. i, cbap: III ).

54- L’appareil pour faire ces expériences consiste en' une table trèssolide , dont chaque pilier montant est soutenu par des jambes de force.

Le madrier ccdd', dd' ( plan et élévation, fig. a, fig. b, pl. i , chap. III ) qui forme la table, a 3 pouces d’épaisseur, 8 pieds dë longueur, et a pieds de largeur. Sur cette table, on a posé deux pièces de bois de chêne, AB, Â’B', de I a pieds de longueur et de huit pouces de grosseur ; ces deux pièces de bois sont posées suivant la longueur de la table, et à 3 pouces de distance l’une de l'autre. A l’une des extrémités BD' (fig. d) des pièces de bois, l’on a placé dans le vide qui les sépare , une poulie H de bois de gayac d'un pied de diamètre et du poids de i4 livres; cette poulie tourne sur un axe de chêne vert de lo lignes de diamètre ; une corde , attachée à un traîneau qui glisse sur un madrier, passe sur une poulie, et supporte un plateau P ( fig. b ) chargé de poids , qui peut descendre dans un puits de 4 pieds de profondeur, creusé au-dessous de la poulie. A l'autre extrémité AA' ( fig. a ) des pièces de bois, l’on a placé à angle droit un petit treuil horizontal. On a fortement attaché sur les deux pièces de bois un madrier de chêne aa'bV de 8 pieds de longueur, 1 6 pouces de largeur et 3 pouces d’épaisseur; son plan supérieur avait été dressé arec beaucoup de soin.

On a fait successivement glisser sur ee madrier plusieurs trtdneaux dont voici la construction : ABCD, n“ i (au-dessous de la fig. a), est un madrier de 1 8 pouces de largeur, variable en longueur. Sous ce madrier, on a cloué des deux côtés deux petits liteaux hCmtri, BDn/»', en sorte que le traioeau posé sur le madrier donnant est retenu des deux côtés par ces li-

teaux avec un jeu de a ou 3 lignes, pour qu’il suive sans etre gêné la direction du madrier. • ’ -V

Lorsqu’on veut diminuer les surfaces de contact, on cloue sous le traîneau des règles de différentes largeurs, dont on arrondit les extrémités pour y placer les clous, a6n qu’ils ne portent pas contre le madrier dormant. Des deux crochets n«> a ( au-dessous de la fig. a ), fixés aux deux extrémités du traîneau , l’un sert k attacher la corde qui passe sur la poulie H, et fiBrte le plateau P; à l’autre est attachée une corde qui enveloppe le treuil et sert à rappeler le traîneau du côté AA'.

Du frottement de glissement d'un corps dans le passage du repos au ' mouvement.

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