‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 100 sur 119 · MALADES · texte numérisé non relu

MALADES

Les personnes .chargées du traitement des maladies contagieuses doivent mettre tout en œuvre, sinon pour les arrêter dans leur cours, du moins pour en atténuer les symptômes graves et en diminuer les accideus. .

prophylactiques. 5ig

Dans ce cas, on conseille de commencer par soustraire le malade à l’influence des causes actives de la maladie, et, pour parvenir plus efficacement à anéantir ou à diminuer les circonstances extérieures nuisibles , il convient :

i.° De mettre les malades dans un appartement bien aéré , sans rideaux aux lits ; d’y renouveler souvent l’air, sur tout au lever du soleil, en agitant les portes et les fenêtres, et faire percer, au besoin, des trous aux murs, sur-tout dans les campagnes ; d’y exercer une ventillation continuelle par le feu; de rafraîchir l’air et de l’humecler par des arroscmens d’eau (i); de couvrir le plancher de branches d’arbres qui ont la propriété de pomper les miasmes, et de fournir en échange des gaz bienfaisans ;

L’eau agitée, souvent renouvelée et répandue dans les appartenons, est recommandée par les anciens comme purifiant l’air. La qualité de /«5trale qu'ils lui donnent et le mot ablution ne permettent aucun doute à cet égard;

(i) Priesley prouve , par des expériences concluantes, qu’avec de l'agitation tout air délétère est absorbé et corrigé ' par l’air commun : « Cela , dit-il, m’a toujours réussi sous si quelqu’espèce d’air que je l’aie employé, tel que l'air in- » fecté par la respiration ou la putréfaction, les vapeurs » du charbon allumé, ou celles des métaux que l’on calcine ;

*> 1 air des lieux où on a peint avec du blanc de céruse et de l'huile , etc. »

5^0 P UO PHYLACTIQUES.

L eau mise dans des vases doit être souvent renouvelée, parce que quand elle en est saturée de miasmes reporte dans l’atmosphère ce quelle a soutiré -,

L’eau contenant en dissolution de la chaux, ou autre substance alcaline, est employée avec succès pour laver les murs des appartenions ;

2.0 De ne point coucher les malades sur des matelas de laine, ni de lit de plumes, mais bien sur des paillettes d’avoine , ayant soin de les changer quand elles sont mouillées ; par ce moyen on empêche, autant que possible, des points gangréneux ; il faut aussi ne pas les assommer de couvertures de laine, et agiter souvent les draps pour renouveler l’air du lit ;

5.° Dans le principe, de ne- point leur donner de vin, ni eau-de-vie , ni bouillon fortifiant, parce que les toniques exaspèrent, à cette époque, les symptômes fébriles j les évacuansj lorsque l’embarras gastrique intestinal existe, comme cela arrive le plus souvent, sont préférables, pour ne pas dire indispensables ;

Mais , lorsque les symptômes d’inflammation sont très prononcés , la saignée est nécessaire chez les sujets jeunes, forts et d’un tempérament sanguin ;

4-° De maintenir les malades dans la plus grande propreté, de leur laver souvent les membres avec de l’eau tiède vinaigrée, et, dans la grande prostration, avec de 1 eau-de-vie camphrée ou de 1 eau à la glace dans certaines circonstances, et de les changer souvent de linge 5

5.° De faire de fréquentes fumigations autour des malades ; au lieu de celles avec le gaz acide muriatique oxigéné qui excite trop le système pulmonaire et qui est, par conséquent, nuisible dans les affections de poitrine, et au lieu du gaz sulfureux obtenu par la combustion du soufre seul , et qui est suffocant, on doit préférer le gaz nilro-sulfureux qui se dégage d’un mélange de nitre et de souffre que l’on projette sur un feu vif, ou celui de trois parties de nitre, deux de tartrite de potasse, et une de fleur de soufre • le gaz nitreux que l’on obtient avec partie égale de nitre et d’acide sulfurique, déposé dans un vase de terre placé sur du sable chaud , est préférable au mélange dont je viens de parler, parce que le gaz qui en jaillit est plus compatible avec nos poumons.

Çes vapeurs sont bien supérieures à celles des plantes aromatiques qui, au lieu de décomposer les gaz morbifiques , ne font qu’en masquer l’odeur ;

f).° Dans les dysenteries putrides , il faut avoir soin de faire porter au loin les déjections alvincs et, mieux encore, les faire enterrer, parce que leurs émanations sont très-contagieuses ; c’est aussi pour cela qu’il est recommandé de ne point s’asseoir sur les privés où vont les dysentériques ;

7-° La fréquentation des malades, par des personnes inutiles à leur service, doit être expressément défendue, parce que ces inutiles sont les colporteurs imprudens de la contagion qui, quelque^

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fois, les épargne et fait souvent d'innocentes victimes; les animaux domestiques, sur -tout ceux il longs poils, où les miasmes peuvent se loger, doivent être éloignés de la chambre des malades ;

8.° Les morts, dans les maladies contagieuses, doivent être enlevés le plutôt possible de leur chambre, sur tout lorsque la putréfaction est déclarée ; il faut les envelopper le mieux possible avec une toile très-serrée , et les déposer dans une bière très-close; leur entrée dans les églises doit être interdite; l’inhumation , en prenant toutefois les précautions que dicte la prudence pour consta'er la réalité de la mort, doit être prompte; la fosse doit avoir sept pieds de profondeur ; pour plus de sûreté, il conviendrait d ’y jelter de la chaux ;

g.° 1 /appariement de ceux qui ont succombé doit être blanchi it la chaux; leurs lits, leurs vêtemens et, en général, tous les effets dont ils ont fait usage, étant susceptibles de recevoir et de conserver pendant un certain temps les miasmes contagieux, seront soigneusement lavés, exposés à l’air, et ensuite désinfectés au moyen de fumigations sulfureuses, et l'on brûlera ceux de peu de valeur ;

Pour purifier un appartement infecté, on y met, après l’avoir bien fermé, sur un réchaud allumé , un vase de terre ou de grés contenant trois onces de muriate de soude ou sel commun , deux gros d’oxide noir de manganèse, puis on verse dessus, en une seule fois, deux onces d acide sulfurique

ou huile de vitriol du. commerce , et on se retire de suite 5 mais lorsque l'appartement est habité, on met, dans un grand flacon, quatre onces d'acide muriatique ou esprit de sel , deux gros d’oxide noir de manganèse, demi-gros d’acide nitrique ou eau forte ; on ferme aussitôt le flacon avec son bouchon de cristal , pour l’ouvrir de temps eu temps et toutes les fois qu’il est nécessaire de détruire quelques miasmes putrides répandus dans l'air.

Tels sont, en peu de mots, les principaux moyens et les plus efficaces que l’hygiène fournit. Je prie le lecteur de me pardonner mon laconisme dans un sujet aussi important ; mais les bornes de cet ouvrage pe me permettent pas de donner plus d’extension à des objets traités d'ailleurs, ex professa, par nos maîtres.

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