La gale ou le psora des grecs ou le scabies des latins
Ces maladies contagieuses essentielles, se terminant toujours par un produit semblable à leurs causes , présentent des altérations plus ou moins fortes de la peau, et se transmettent ou s’inoculent
ÉPIDÉMIES ordinairement une seule fois dans le cours de la vie ( à l’exception de la gale ), par contact de virus d’une nature propre et inaltérable, qui se conservent au même degré d’énergie pendant trèslong - temps , et qui ont une marche que l’air et les causes extérieures ne peuvent arrêter quelquefois. Aucun de ces (Virus n’est volatil; l'air est leur véhicule. Il n’y a que la rougeole qui, au moment de la desquamation, offre une espèce de pollen ou poussière pouvant voltiger à quelques pouces du malade.
La rougeole, la petite vérole attaquent le plus ordinairement les enfans. Ces éruptions sont chez eux moins violentes que dans l adolescence. Flics se compliquent de la constitution médicale régnante, telles que la muqueuse ou catarrheuse, la bilieuse ou gastrique, l'inflammatoire ou angioténique. Elles présentent, chez les indigens, par rapport à la malpropreté, à leur état d’asthénie, ou par suite d'un traitement incendiaire, des symptômes d’adynamie et d’ataxie.
Outre le principe contagieux, il faut encore des causes prédisposantes pour que la maladie puisse se développer. En effet, ne voit-on pas la rougeole régner dans les campagnes, sans attaquer les villes voisines et vice versci ?
Les maladies contagieuses avec symptômes fébriles, comme la variole, la rougeole, etc., pour régner épidémiquement , ont besoin d une disposition particulière de l’air, disposition qu’on n’a pû jusqu’ici apprécier.
EK GENERAT,.
Sydenham, Booerrliave et autres ont remarqué que dans le cours des épidémies de rougeole, de petite vérole, les fièvres continues sporadiques ou intercurrentes ont des symptômes communs avec les fièvres exanthématiques.
§11. Des principes contagieux accidentels .
On ne connaît pas la nature des principes contagieux accidentels ou miasmes. Ils n’ont aucune qualité sensible , et on sait pertinemment que les corps qui exhalent l'odeur la plus désagréable 11C sont pas mal-faisans.
Dans les maladies, les matières excrémentitielles de la transpiration cutanée, de la perspiration pulmonaire, les exanthèmes, les urines , les selles, les crachats et le pus se chargent de principes contagieux plus actifs a leur sortie du corps que quand ils y sont retenus. Ces miasmes, répandus dans une plus ou moins grande étendue de terrain’, à des époques inconnues , indéterminées , donnent naissance
A la fièvre
nuicoso- adynamique , vulgairement muqueuse ou pituiteuse putride; niucoso-ataxique , vulgairement muqueuse ou pituiteuse maligne ; variété : la suetle.
\mucoso-adynamo-ataxiqueon typhus;
variété : la peste.
\gasfro - adynamique , vulgairement | bilieuse putride;
EPIDEMIES
| gastro - ataxique, vulgairement bi- ! lieuse maligne ;
1 gastro adynamo- ataxique ou typhus ictérodes , vulgairement fièvre jaune ;
A la dysenterie adynamie/ue ;
Au catarrhe guttural gangréneux , vulgairement esquinancic gangréneuse ou mal de gorge gangréneux.
L’infection duc aux miasmes provenant de corps attaqués des maladies dites contagieuses accidentelles, sc fait, dans le cas où l'air est vicié par la respiration, la transpiration, les déjections dune réunion de malades, ou par quelques foyers de corps en putréfaction, se fait, dis -je, .par tout le système absorbant cutané, pulmonaire et intestinal. Ces miasmes ne décomposent pas les humeurs, comme on l’a prétendu long -temps; mais, énervant les propriétés vitales de tous les systèmes organiques, ils produisent les affections les plus fâcheuses, et convertissent souvent les maladies sporadiques , même les plus simples, en de trèsdangereuses , lorsque l'air n’est pas fréquemment renouvelé dans les lieux encombrés de malades.
Ces miasmes ont leur source dans le corps animal ; l’air n'a qu’une influence indirecte sur leur production qui n'est particulière, ni à ses intempéries, ni aux diverses saisons. Les principes de la peste, de la suette, de la fièvre jaune et des typhus contagieux, ne se combinent qu'à la longue et ne
produisent
EN GENERAI-.
produisent des épidémies que comme périodiquement et à des intervalles plus ou moins rapprochés.
Il en est de même, chez nous, des affections catarrhales, des fièvres d'accès, des fièvres gastroadynamiques, de la petite vérole, de la rougeole, qui régnent souvenlépidémiquement, d'une manière périodique, quoique la constitution de l’air et l’état des lieux que nous accusons, n’ayent éprouvé aucun changement sensible. Quelquefois ces maladies sont intermittentes, malgré l’existence des mêmes causes d’insalubrité, souvent dépendantes de graves erreurs contre l'hygiène publique.
Les médecins des épidémies ont observé depuis très - longtemps ( malgré l’assertion du docteur Broussais qui, tout novissime , prétend éclairer leur ignorance sur ce point ), qu’il arrive que ces émanations produisent quelquefois des maladies différentes, suivant la constitution des individus exposés à leur infection, telles qu’un embarras gastrique chez 1 un , une fièvre muqueuse ou bilieuse adynamique chez l’autre, et chez un troisième un flux dysentérique.
Toutes ces maladies, transmissibles par contact médiat ou par l’air, a quelque distance de l’objet infecté , ne sont pas essentielles ; elles ne sont que l’effet de la diminution de la vitalité, de l’asthénie susceptible de se joindre a toutes les maladies. Différentes des contagieuses essentielles , elles perdent insensiblement leur degré d’énergie. C’est
Ïi4 épidémies
sur - toul dans les temps humides , chauds oit froids, où les corps sont plus disposés à l’absorption, que les miasmes d’un corps malade se corn muniquent à un autre , y occasionnent la même maladie avec ses symlômes et accidens. Les épidémies qu'ils produisent naissent en été, s’aggravent en automne, et s’éteignent ordinairement en hiver, sur tout lorsqu’il est sec.
Les régions les plus sujettes à la peste sont celles où règne une chaleur excessive et où la constitution atmosphérique reste long-temps dans le même état, sans que l’air soit renouvelé ou purifié par des vents alternatifs, comme dans les pays septentrionaux.
Les miasmes agissent directement sur la vitalité de nos organes ; ils portent particulièrement leur action sur les individus très-faibles et sur les plus forts. Les faibles périssent par défaut de réaction des organes contre l’impression des miasmes, et les forts par une trop vive réaction qui épuise le principe de la vie. Ceux d’une constitution moyenne sont les plus propres à résister aux miasmes. Les enfans qui échappent à leur infection, le doivent à une vitalité suffisante pour repousser l’ennemi. Les vieillards n’en sont point atteints, parce que l’irritabilité et la sensibilité bien diminuées , les rendent moins propres à recevoir l’impression des miasmes. Toul ceci appuie la proposition générale, que la disposition à l’infection est relative à la constitution individuelle, etc.
E St GÉNÉRAL. I I 5
La distance pour la non-contagion est inconnue ou inappréciable , eu égard à la susceptibilité individuelle.
L’atmosphère, les localités n’altèrent pas les caractères identiques des maladies contagieuses, mais elles en favorisent le développement et la propagation, selon la disposition des individus. Par exemple, on a remarqué, aux armées, que les typhus ( provenant des miasmes qui agissent particulièrement sur le système nerveux), se développaient plus souvent dans une saison humide -froide, que dans un temps constamment sec et chaud; on a aussi remarqué que la constitution australe ou estivale ne les rend pas plus contagieux, et que la boréale n’en retarde pas la marche. Souvent le froid rend le typhus plus dangereux pour les malades , parce que les miasmes ne peuvent s’éloigner du foyer d infection, vu que l'atmosphère ne contient pas le calorique nécessaire pour leur transport. Quoique la sphère d’activité des miasmes ne paraisse pas s'étendre au de là de plusieurs pas du malade, cependant, attachés à des corps qui les ont touchés, ils peuvent être portes au loin , sans éprouver d altération dans leurs effets toujours désastreux.
Les émanations des amphithéâtres, des voiries, des cimetières, sont moins dangereuses que celles des corps vivans , par le défaut de calorique qui donne au virus et aux miasmes de l’activité. Elles ne produisent souvent que de simples embarras gastriques , des fièvres adynamiques ou ataxiques
simples qui ne sont jamais contagieuses, comme le typhus des camps, etc. Plusieurs observations prouvent même que le cadavre d'un pestiféré refroidi cesse d'être conlagieux et que les miasmes pestilentiels semblent se reléguer ou se concentrer entièrement dans les linges ou autres étoffes imprégnées de sueur. Si ces observations trouvaient encore des incrédules , on pourrait les convaincre en leur disant que des médecins ont été assez courageux pour descendre dans des caveaux où l’on avait entassé des cadavres de pestiférés , et qu’ils ont eu le bonheur d’échapper aux dangers d’une expérience que l’amour seul de l’humanité peut excuser. D'après cela qu’avait - ou à craindre , à Amiens, de l’établissement du nouveau cimetière de la Madeleine , où des fouilles profondes et plusieurs fois répétées ont d’ailleurs démontré qu’on n’y avait point enterré lors des prétendues pestes qui n’étaient sans doute que des fièvres mucosoadynamo - ataxiques ou muqueuses putrides malignes ?
Le miasme pestilentiel peut se conserver sans altération pendant 20 , 25 an§ et plus dans des fourrures, des étoffes de soie, de coton, de lin, de chanvre, n’ayant aucune communication avec l’air extérieur; mais vient-il à s’échapper tout àcoup de sa captivité , il peut produire les plus grands malheurs. On a observé que ce miasme , le plus destructeur de l’espèce humaine , exposé à un courant d’air libre, est bientôt décomposé;
E IV C É ÿ K R A T,. I I 7
et, qu'cn perdant insensiblement sa dangereuse propriété , il s'anéantit.
TROISIÈME SEC T I O N
Durée des Epidémies générales.
Quoique le climat, la localité, la constitution de la saison ou de 1 année , l’âge , le sexe, la nature de la maladie, paraissent influer beaucoup sur la durée des épidémies , cependant il arrive souvent que ces circonstances n’y font rien , et que le froid le plus rigoureux, loin de faire cesser, connue c'est dans l’ordre des choses, les maladies contagieuses, leur donne plus d’activité. Kn effet, n’a-t-on pas vu la petite- vérole plus meurtrière en hiver qu’en été ? Donc , leur durée dépend moins des causes extérieures que de la nature et de la force des principes déléléres qui ont donné naissance aux maladies épidémiques. On a vu une épidémie pestilentielle, telle que la suette, durer seize mois sans être subordonnée à aucune saison , ni aux climats.
Les épidémies subsistent des années , malgré 1 anomalie des saisons, jusqu'à ce que la constitution stationnaire ( d où dépend le retour périodique, annuel, indépendant des circonstances extérieures) cesse et ôte a 1 épidémie la faculté de se reproduire.