La péripneumonie
Fièvre Angioténique ou Inflammatoire.
Caractère : Inflammation ou exaltation des propriétés vitales de tout le système sanguin, produite par irritation interne.
Causes : Jeunesse ; constitution pléthorique de tout âge; tempérament sanguin; printemps; lem-
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péralure sèche ( qui épaissit le sang ); lieux élevés et au nord; passage subit du chaud au froid, et par suite, refoulement des forces vitales et du sang vers le centre ; abus des vins généreux, des liqueurs fortes et d’alimens succulens; suppression d’un flux sanguin habituel. Dans les pays chauds, elle ne se montre que chez les personnes venant des régions tempérées; le stade inflammatoire est court et bientôt remplacé par les signes du typhus.
Elle n'est, pour l’ordinaire, épidémique que chez les hommes robustes.
Symptômes. Lorsqu'elle est simple, invasion subite par lassitude; vertiges; douleurs par-tout le corps; frissons spontanés et courts, suivis d’une chaleur douce au toucher; exacerbation (i) peu marquée le soir; langue blanche, d’un rouge vif sur les bords; goût douceâtre; soif très -forte; pouls plein, dur et fréquent, battant 90 à i3o fois par minute; peau rouge, chaude, halilueuse, yeux enflammés, brillans, ne pouvant supporter la lumière; éblouissemens ; vision de corps rouges OU étincelans; mal de tête obtus; somnolence ou délire ; engourdissement des membres.
Les symptômes des inflammations essentielles sont plus intenses le jour que la nuit, par rapport à l’excitation des rayons solaires sur les organes souffrans.
(1) EtTet de I irritation plus forte et momentanée d’un viscère.
EN PARTICULIER. I 5g
Terminaison. Celte fièvre dure de 24 heures à t4 jours, et se termine presque toujours heureusement par hémorrhagie nasale ou intestinale ; mollesse du pouls ; sueurs abondantes; urine avec sédiment blanc ; quelquefois phlegmon, abcès , éruption. cutanée ; et rarement par déjections alviucs.
L’issue est douteuse, si la fièvre continue pendant plusieurs jours avec stupeur, délire et autres caractères d’adynamie et d’ataxie; la mort est certaine s’il survient carphologie, soubresauts des tendons, déjections involontaires, hoquet.
L’ouverture des cadavres offre un épanchement dans le crâne et des lésions locales.
Traitement. Eloignement de toutes les causes irritantes, physiques et morales; diète sèvère ; boissons délayantes, mucilagineuses, rafraîchissantes ; lavemens ; bains tièdes. Dans le cas de suppression d’un flux sanguin habituel, d’une congestion sanguine intérieure, lorsque le pouls est vif, tendu , fort et violent , la face animée , l’œil rouge, la respiration difficile, l’urine sanguinolente; la saignée ( dont il ne faut point abuser, crainte d’adynamie ), les sangsues, les ventouses, comme moyens dérivatifs, sont nécessaires. La saignée, dans ce cas, modère, comme dit Chilien, la violence de la réaction de nos organes.
Il faut avoir soin de surveiller les diverses tendances aux crises, écarter ce qui pourrait les troubler, et aider la nature s'il en est besoin.
Dans le cas de céphalalgie excessive, malgré
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«K PIDEMI F. S
une première saignée , on applique des sangsues a chaque tempe; mieux, des compresses imbibées d eau froide cl d’éther sur ces parties et sur le front.
S il y a embarras gastrique, émétique en lavage.
Dans le cas de constipation ; potions et lavemens laxatifs.
Contre la soif et pour faciliter la perspiration, boissons délayantes tièdes et acidulées avec le suc de citron et la crème de tartre; le nitre à doses petites et souvent répétées.
Pour modérer l’excès de la chaleur, boissons et lotions d’eau fraîche.
Dans celle maladie, les sudorifiques, les purgatifs violens et tous les excitans doivent être proscrits, vu qu’ils produisent l’oppression de poitrine, le délire, la stupeur. Lorsque ces accidens se manifestent, vésicatoires à la nuque, au thorax et aux membres, ou sinapismes comme dérivatifs.
L’insomnie ne doit pas être combattue par l’opium.
Aucune nourriture solide et animale.
Moyens hygiéniques : Air frais et souvent renouvelé; lit légèrement couvert.
Convalescence. Nourritures légères; exercice doux à l’air libre, soit à cheval, soit en voilure; usage modéré du vin ; toniques amers.
De lu Pleurésie.
Caractère : Douleur aiguë dans un côté du thorax produite par l'inflammation de la plèvre, membrane séreuse rpii tapisse les parois thorachiques , enveloppe les poumons et autres parties contenues dans la poitrine. La plèvre n’est jamais enflammée sans les poumons; mais ceux-ci peuvent l'être sans cette membrane.
Causes : Air froid; forte constitution; tempérament pléthorique; boissons froides prises en sueur; colère; suppression de la respiration, d’une hémorrhagie habituelle; rétropulsion d’une éruption cutanée.
Symptômes essentiels de la pleurésie simple : douleur de côté très-pongitive ou lancinante dans l’inspiration, augmentée par une toux sèche, continuelle; impossibilité de se coucher sur le point douloureux; respiration libre quand on foule les viscères abdominaux vers la poitrine; lièvre; pouls plein , dur et accéléré.
Terminaison, ou par résolution du 4-e au ô.e jour, ou par les sueurs , flux hémorrhoïdal ; urines abondantes, sédimenteuses ; crachats bilieux, sauguinolens et bientôt blancs , avec soulagement du 7-e au 14.® jour.
Traitement. La résolution est facilitée par les délayans et les légers diaphoniques ( si la fièvre
i Ca Épidémies
n’est point forte ), et par des fomentations ou cataplasmes émolliens sur le point douloureux. Les légers diurétiques facilitent les urines; les lavemens émolliens ou les doux laxatifs, les déjections alvines, les bécliiques adoucissans favorisent l’expectoration. On prévient la suppuration par des saignées à grandes ouvertures , répétées dans le principe, lorsque les forces le permettent; si le pouls est faible, sangsues sur le point douloureux ou ventouses scarifiées. Quand il y a épanchement; opération dite empième. Dans le cas de suppression de régies, de flux hémorrhoïdal ; sangsues à l’anus ou à la vulve.
Les irritans ou révulsifs sont nuisibles dans les inflammations qui produisent quelquefois la prostration, effet de la sympathie ou de l’oppression des forces organiques.
De la Péripneumonie.
Caractère : Douleur obtuse dans la poitrine ou dans un de ses côtés; gêne de la respiration, augmentant dans la position horizontale ou le coucher sur la partie affectée, produite par l’inflammation des capillaires pulmonaires qui, eu égard à leur extrême irritabilité et sensiblité. sont plus faciles à s’enflammer que les bronches et les troncs des gros vaisseaux.
Causes : Les mêmes que celles de la pleurésie;
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jeunesse j force; hiver et printemps (cependant on Ja voit en été et en automne, par suite d’un passage subit du chaud au froid ); efforts pour parler, chanter ou pour jouer d’un instrument à vent ; exercice violent; lésions extérieures; suppression de la transpiration, d’un flux habituel; rétropulsion d’une éruption cutanée, delà goutte, du rhumatisme.
Symptômes : toux d’abord scchc , qui n’augmente point par la pression extérieure, mais bien dans l'acte de l’inspiration; sécheresse de la peau; pouls dur, plein, fort, fréquent dans le principe, ensuite faible, mou, irrégulier; excrétion muqueuse avec stries de sang; respiration très- gênée, surtout lorsqu’on presse l’abdomen ; impossibilité de se coucher sur le côté qui n’est point aflcclé ; anxiétés; oppressions. Ces symptômes vont toujours croissant jusqu’au 7.0 et 8.e jour.
Terminaison par résolution du i.er au ?..c septénaire, ou par crises, telles que saignement de nez; crachats faciles, épais, d’un blanc jaunâtre; diarrhée bilieuse; urines sédimenteuses ; hémorrhagies; sueurs; éruption : par engorgement du sang dans le parenchyme des poumons.
Le délire; une grande difficulté de respirer, produite par une exsudation purulente et aqueuse dans la ca'Aite de la poitrine, ou par une collection de pus dans différens points des poumons; 1 expectoration d une matière noire ; la cessation
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subite de la douleur, avec altération de la face; 1 extinction et l’irrégularité du pouls ; une hémorrhagie passive; la suppuration; la carnification et la gangrène, sont tous cas mortels.
Traitement ; Si l’inflammation est grande; saignée (1), répétée scion les forces, ou sangsues; diète ; boissons adoucissantes et rafraîchissantes ; vomitif, s’il survient embarras gastrique ; vapeurs émollientes inspirées; vésicatoires sur la douleur; juleps ou loochs pectoraux qui facilitent les crachats; laxatifs pour entretenir la liberté du ventre. Si la crise se fait par les selles; lavemens adoucissans : par les urines, diurétiques doux : s’il y a épanchement; opération de l’empième.
Si la fièvre devient rémittente; quinquina.
Dans le cours de la maladie, point de nourriture animale ni liqueurs fermentées et spiritueuses. On soutiendra les forces avec une décoction de gruau, d’orge mondé, des panades, des fruits cuits. Il faut éviter le froid dans la convalescence, crainte de rechute. Les opiacés, sous forme de julep, ne sont utiles que lorsque la toux, purement nerveuse, entretient la douleur et l’agypnie ou insomnie.
(1) Extrêmement nuisible dans la péripneumonie putride où il faut associer les pectoraux aux toniques, aux sliinulans et aux irrilans. Cette complication de la pneumonie peut être l’efïet d’une irritation très-vive qui , dans le principe, n’ayant pas été combattue par la 'saignée, a été suivie de l’adynamie.
Même régime que dans la pleurésie.
Quoique la cardile ( inflammation du cœur), la péricardite ( inflammation du péricarde ), la diaphragmante ( inflammation du diaphragme ) puissent être reflet sympathique de la pleurésie, de la péripneumonie, je m’abstiendrai de parler de ces maladies en particulier, pour éviter des longueurs; je dirai seulement que leur traitement diffère peu de celui des maladies d’où elles peuvent naître par corrélation.
§ III
Epidémies générales par une température chaude
et sèche.
Celle constitution provoque l’irritation des organes de la digestion et produit, dans les pays élevés,
i .° Le choléra morbus ;
2° La fièvre gastrique continue simple, vulgairement bilieuse ;
5.° La fièvre gastrique angioténique , vulgairement lièvre ardente, lorsque la sécheresse et la chaleur sont très-intenses;
Dans les lieux bas et humides ,
4-° La lièvre gastro-muqueuse rémittente, vulgairement fièvre d’automne.
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Le Ciioléiu-Morbus, vulgairement trousse galant, passion cholérique.
Caractère : Evacuations fréquentes et violentes de matières bilieuses par haut et par bas avec tranchées douloureuses.
Causes : Chaleurs de l’été qui augmentent la séci’élion delà bile sans la rendre plus acrimonieuse, comme on le prétend j transpiration arrêtée 5 fruits verts ; substances âcres.
Symptômes : Mal aise; douleur, distension de l’estomac ; coliques violentes; ensuite vomissemens et selles de matières bilieuses pures, sans mélange de sang ou de mucus; chaleur; soif; pouls fréquent, faible et ondulant.
Celte maladie, quand elle n'est pas violente, dure 24 à 48 heures, et les accidens cessent graduellement. Quand elle marche avec beaucoup de force, il y a abattement, respiration courte et précipitée, crampes dans les jambes, extrémités froides, hoquet, pouls irrégulier, mort, souvent au bout de 24 heures.
Traitement. Boissons délayantes; morceaux de flanelle imbibés d’une décoction de têtes de pavots avec un quart d’eau-de-vie camphrée et appliqués sur l’épigastre ; bouteille d’eau chaude aux pieds. Quand les délayans ont nettoyé 1 estomac; quarante gouttes de leiulure d’opium dans une
en particulier. 167
poiîon anti-émétique de quatre onces, par cuillerée de demi-heure en demi-heure. Quand les extrémités sont froides ; potions antispasmodiques musquées ; toniques.
Quand il existe trop d'irritation à l’estomac; lavemens opiacés, bains chauds. L opium et le carn* phre , au creux de l’estomac , arrêtent souvent le vomissement.
Dans la convalescence , n user que d’alimcns légers , nourrissans ; toniques; eaux ferrugineuses ; éviter le froid.
Fièvre Gastrique, vulgairement bilieuse.
Caractère : Irritation plus intense que dans la muqueuse, portée sur l’estomac, le duodénum cl les organes secréteurs de la bile et du suc pancréatique,
Causes : Tempérament bilieux; température chaude et sèche ; ardeur du soleil ; alimens de difficile digestion ; abus des liqueurs alcooliques ; exercice forcé; veilles prolongées; tristesse; séjour dans les camps et prisons.
Caractères essentiels des fièvres gastriques : frissons entre les épaules, puis tremblement et chaleur; céphalalgie ou mal de tête léger, souvent violent; douleur à l’épigastre; amertume de la bouche; enduit jaune de la langue; paroxysmes ou recloublemens.
ï CS ÉPIDÉMIES
Symptômes de la continue simple :
i .ve Période. Dans l’invasion : frissons ; tremblemens- chaleur piquante et sèche de la peau; perle cl appétit ; nausées ; vomissemens de matière jaune ou verdâtre; bouche amère; langue rouge et sèche; soif ardente; céphalalgie sus-orbitaire, quelquefois avec délire dans le paroxysme ; pendant le jour ou le soir, un ou deux paroxysmes dits redoublemens, se répondant en tierces ou doubletierces, différant kles accès par le défaut du froid; quelquefois constipation ou diarrhée.
2. e Période. Le o.e ou 4-e jour, rémission et sueur le matin ; langue brune et sèche dans son milieu; peau sèche, rude, souvent jaune; insomnie et agitations augmentées; légères hémorrhagies nasales.
3. e Période. Ordinairement elle se termine heureusement Je 7.e, 14.0 ou 2i.e jour, par vomissemens spontanés, déjections de matière bilieuse, sueurs abondantes, urine avec sédiment briqueté ; et, dans certains cas, par une hémorrhagie nasale, très salutaire quand il y a complication phrénélique.
Quelquefois les exanthèmes (1) non contagieux
(1) On appelle exanthèmes les pustules, boutons ou taches qui paraissent à la surface de la peau et des membranes muqueuses, par suite de l’abord d’un principe morbifique ou humeur sui gencris qui est poussée ou paraît être poussée de l’intérieur du corps à la périphérie.