La dysenterie adynamique
8.° Le catarrhe guttural gangréneux , vulgairement esquinancie ou mal de gorge gangréneux.
Fièvre Muqueuse Adynamique , 'vulgairement pituiteuse putride.
Cette fièvre est presque toujours vermineuse. Caractères : Excitation plus ou moins vive de la
membrane muqueuse des voies digestives et du système lymphatique , compliquée de symptômes adynamiques.
Causes : Air mal sain ; saison froide et humide 5 alimens de mauvaise nature ; miasmes putrides émanés des végétaux et des animaux.
Symptômes. Dans la i.erc Période : Frissons vagues le soir, entremêlés de chaleur; dégoût de nourriture ; faiblesse ; lassitude ; jambes chancelantes; tristesse; langue couverte d'un enduit blanchâtre; pouls faible; peau moite.
Dans la a.p Période ou accroissement qui a lieu le 4-c jour, le malade ne peut rester debout; affaissement ; douleur vive de tête ; altération ; nausées, vomissement de matières muqueuses, quelquefois bilieuses; membres comme brisés; prostration ; saignement de nez ou flux de ventre ; très-souvent complication de vers ; quelquefois éruption miliaire. Cette éruption dite millet n’est jamais essentielle, elle est le produit d'un principe nuisible formé dans l’intérieur par un concours de causes inconnues, et poussé au dehors (1).
( 1 ) Des petites vésicules d’abord rouges, ensuite blanches ou transparentes , semblables à des grains de millet ou millot, précédées de fièvre, d’une sueur aigre et de picotement à la peau, et tombant en écailles le 3.e ou 4.* jour , caractérisent l’éruption miliaire. Dans les maladies aFnè's, elle est souvent produite par l’abus des excitans dits sudorifiques et autres éohauffa'ns. Le millet n’est pas contagieux comme quelques uns le prétendent.Dans la fièvre muqueuse,
2x8 Épidémies
Dans la 5.° période ou état , environ le G ou 7*° jour : léger délire, sommeil interrompu , voix faible. Du 9 au 1 4 , langue et dents couvertes d’un enduit noirâtre; peau sèche et d’une chaleur piquante; diarrhée croissante, et lorsqu’elle est peu considérable, pétéchies (1) ; 'vergetures; faiblesse excessive ; soubresauts des tendons; mouvemens convulsifs ; mort.
Dans la 4.° période ou décroissement , lorsqu’une heureuse terminaison s’annonce du n.eau i4.R : suppression ou diminution des déjections; stupeur; surdité; petite toux avec expectoration muqueuse ; sueurs ou urines critiques, retour à la santé.
Traitement. La médecine expectante est ici dangereuse. S'il y a saburre gastrique , l'émétique
le millet est de courte durée et se reproduit plusieurs fois : son pronostic est fâcheux quand il est accompagné prématurément d’une sueur excessive , que les urines sont limpides et qn il y a stupeur avec mouveinens convulsifs.
( 1 ) Les pétéchies ou taches jaunes, rouges , pourprées , violettes, noires; les vergetures ou raies d un rouge foncé , noires , étendues , sont des exanthèmes toujours symptomatiques, ou accidentels, qui se manifestent ensemble ou séparément dans le cours des fièvres muqueuses , bilieuses avec symptômes d’adynamie et d’ataxie, et se l’ontvoir aussi dans la petite-vérole, la rougeole et la scarlatine malignes. Ces éruptions ti influent en rien sur la marche de la maladie qu’elles accompagnent. On ne peut lirer de leur aspect aucun pronostic certain , comme dans les essentielles ou idiopathiques.
EN PARTICULIER. 2ig
donné avec prudence peut êlre utile; mais si les symptômes adynamiques sont très prononcés dans le principe , il faut l’employer h petite dose plutôt comme tonique que comme débilitant. Il faut aussi employer avec précaution les toniques tels que la sauge, la camomille, le quinquina, et surtout les nervins ou stimulans tels que le camphre, les huiles volatils , le musc et encore plus l’éther sulfurique, l’acétate d ammoniaque (toutes substances dont les propriétés excitantes doivent êlre calculées selon l’état de la maladie et les forces de l’individu ); car combien d’accidens n’occasionne pas tous les jours une trop vive excitation de nos organes ! Le mieux momentané qui résulte de ces moyens trop vantés, est comparable à une vive lumière que l’on obtient en soufflant brusquement sur un charbon prêt à s’éteindre , et dont l’éclat éphémère s’évanouit aussitôt.
Lorsqu’il y a diarrhée considérable, 1 union du musc à de petites doses d’opium provoquant la transpiration , est préférable à l’éther et à l'acétate o ammoniaque, lorsque ce mélange ne sèche point la langue et qu’il n’augmente pas le délire. Dans le cas contraire, il convient de prescrire les bains
chauds, les frictions avec de 1 eau de savon, un vésicatoire, un sinapisme sur le ventre, les demi- Javemens avec opium et amidon , ou un quart de lavement avec une forte décoction de quinquina et un peu d’opium; et pour boisson, l’infusion de sumac édulcoré avec le sirop d écorce d’orange.
ÉriDÉiVTÏES
Toutes les fois que les déjections sont noires ei fétides, j’emploie très-utilement par cuillerée, d heure en heure , hors des redoublemens , une potion composée d’eau de melisse, de fleurs d'oranger, de sirop d’absinthe, de chaque une once, d’une demi once d’eau de canellc , d’un gros d'extrait de quinquina et d’un demi gros d’esprit de nitre dulcifié. Les vermifuges tels que la décoction de coralline, de semen - contra , sont utiles dans cette maladie presque toujours vermineuse. On frotte le ventre avec un mélange d'huile de ricin , d’extrait d’absinthe et de thériaque , où l’on ajoute de la teinture d aloës , lorsqu'il y a constipation.
S’il survient hémorrhagie nasale : injection avec décoction de historié ou de tourmentille ou de noix de gale, animée avec de 1 alun ou un peu de sulfate de zinc ; tampons imbibés de ces décoctions ; intérieurement, eau de riz acidulée avec l’eau de rabel ou l’élixir vilriolique de Myntsicht. L’acide sulfurique occasionne la diarrhée.
Contre les accidens nerveux tels qu'un délire furieux , les infusions de valériane , d’angélique , de serpentaire de virginie, d’arnica monlana , etc., sont bien préférables aux sangsues qui, en débilitant, ne font , comme nous le voyons trop souvent, qu’abréger les jours du malade.
Dans le cas de grande prostration : frictions sur les diverses parties du corps avec de la flanelle imbibée d’eau-de vie camphrée ou deau de lavande ; vésicatoires volans.
On panse les eschares gangréneuses avec l’alcool et le cérat camphrés, ou le baume d’arcéus.
Si la langue n'est pas sèche, de temps en temps une cuillerée de vin de Bordeaux ou de Roussillon , même un peu de bouillon de bœuf dégraissé.
Dans la convalescence, d’abord alimens de facile digestion ( en petite quantité pour éviter la diarrhée qui produirait rechute ), tels que bouillon de bœuf, lail-de poule aromatisé avec canelle, infusion vineuse de quinquina, de gentiane, d’absinthe.
Fif.vrf, Muqueuse Nerveuse ou Ataxique ou
Typhoïde, vulgairement pituiteuse maligne.
Caractères : Complication de la fièvre muqueuse avec des symptômes ataxiques. Sa plus grande force est dans les mois d’octobre et novembre.
Elle a de la ressemblance avec la fièvre lente nerveuse.
Causes ; Tempérament lymphatico - nerveux ; chagrins; fatigues; abus de l’acte vénérien; lieux; bas et humides; prisons; hôpitaux; vaisseaux; habitations mal aérées, et toutes les causes débilitantes.
Symptômes : Frissons vagues, suivis d'horripilations irrégulières; douleur fixe à la tête, accompagnée de vertiges; mal aise à l’estomac ; dégoût; envies de vomir; peu de soif; langue glutineuse, blanchâtre; bouche insipide; douleurs rhumatis-
Épidémies males; ptyalisme ou salivation abondante et continuelle sans procurer de soulagement; lésion de la sensibilité, de la motilité cl de la caloricité. Pendant les cinq ou six premiers jours, le malade ne parait pas aussi attaqué qu’il l’est réellement.
Celte lièvre est d’autant plus dangereuse que les symptômes nerveux qui la constituent, sont plus graves. Tels sont l'état convulsif des muscles de la face cl des membres, la langue tremblante, quelquefois un délire violent ; la respiration difficile , courte, slertoreuse; les déjections involontaires; des sueurs excessives ( vers le 9.e, io.e et ï 2e), communément froides, visqueuses aux extrémités; le hoquet provoqué par les boissons qui sont aussitôt rejetées; les défaillances quand le malade sc met sur son séant ; la perte de la voix ; les yeux ternes, chassieux, convulsifs ou fixes; la bouche béante; une diarrhée fatigante; les urines limpides; le pouls petit, faible, intermittent : tous ces accidcns sont des présages d’une fâcheuse terminaison.
M. D... d’Amiens, âgé de trente-deux ans, nouvellement marié, d’un tempérament lynvphaliconerveux, mort en novembre 1817, au 12.8 jour de cette maladie, est une preuve de ce que je viens de dire. Dans l’après-midi du 1 1, il eut un fort paroxysme qui se termina, dans la nuit, par une sueur abondante, colliquative qui, tout-h coup, dons la matinée du 13, fut accompagnée de convulsions des muscles de la face et des membres,
dans lesquelles le malade succomba , malgré les moyens usités en pareil cas.
J’observerai que la lièvre muqueuse ataxique est très -insidieuse, et que quelques symptômes favorables, isolés, ne doivent pas en imposer et faire émettre un pronostic qui, un instant après, peut tourner à la honte du médecin.
Elle se termine favorablement du \\.c au 20.® jour par une diarrhée critique ou une sueur modérée de toute la surface du corps.
Traitement. Dans le principe le tartre autimonié de potasse comme vomitif, qui dissipe quelquefois tout-à coup les symptômes d’ataxie, et ensuite en lavage comme diaphorétique, rend souvent la maladie bénigne , lorsqu’on a soin d’éviter les vives commotions de l'âme qui pourraient 1 aggraver. Au commencement la diète doit être rigoureuse; mais dans le cours de la maladie, pour conserver les forces, il faut, selon le besoin, permettre le bouillon de poulet , des gelées de fruits ou de viandes, et du vin généreux. Pour boisson ordinaire, le petit lait, tantôt au vin, tantôt sinapisé.
Lorsque les symptômes nerveux persistent : vésicatoires; sinapismes comme révulsifs; nervins ou antispasmodiques tels que les infusions alternatives de valériane, de serpentaire de virginie, d'arnica, d’impéraloire : et quand les accidens sont graves le camphre, les huiles volatiles, le musc conviennent. Le quinquina est très-utile dans le cas d intermittence.
Les aspersions cl affusions d’eau froide au commencement de la maladie, dans la force des paroxysmes ( ce qu’indiquent la rougeur de la face, une soif ardente et l’insomnie ), produisent quelquefois d’heureux effets.
I/insomnie , le délire ne doivent pas être combattus par les opiacés, comme quelques-uns le conseillent; les applications d’eau froide, des compresses imbibées d’éther, sont bien préférables.
Le quinquina ne doit pas être employé quand la langue est sèche et la peau brûlante et aride.
Le froid des jambes demande des cataplasmes stimulans à la plante des pieds.
La complication d’adynamie exige les acides minéraux, sur-tout le muriatique dans de l’eau vineuse ou une infusion de quinquina ou de racine de coloinbo.
Si les selles étaient trop abondantes, la thériaque , la décoction blanche , la canelle en poudre très-fine, avec un peu de vin, seraient indiquées.
Quelquefois le- 9-e ou io.c jour, lorsque le malade a été tenu très chaudement dans son lit , une éruption miliaire apparaît. Quelle soit due a cette cause ou à une autre, il serait très -imprudent de l’arrêter, principalement si tout annonce que c'est un effort de la nature.
Des aphlhes apparaissent-ils a la bouche : gargarismes avec miel rosat ou oximel et teinture de myrrhe , ou infusion de roses avec du miel et du borax.
EN PARTfCüI. 1ER. 225
Les sueurs, suivies d’un grand abattement, demandent l’usage d’une infusion de quinquina, avec six ou dix gouttes d’élixir vitriolique de Mynsicht
La gêne d’avaler ou de respirer tienLelle à la présence de flegmes visqueux, le sirop d'ipécacuanha, ou l’oximel scillitique, les évacue.
Dans les pays froids ou tempérés , il arrive que cette maladie se complique avec une phlegmasie plus ou moins forte de la poitrine; alors les sangsues, ou une ventouse scariliée, seraient préférables à la saignée.
A la fin de la maladie, s’il survient un commencement de manie ou aliénation mentale , il faut prescrire des toniques, un régime sain et nourrissant, tenir le malade dans le calme, éviter tout ce qui est capable d’exciter des évacuations, et conseiller un exercice en voilure.
Quand l’appétit se rétablit , ce qui est d’un heureux augure, il faut permettre de légers potages, des compotes de fruits. S’il y a toux sèche avec chaleur dans la poitrine , boissons mucilagineuses.
On combat la constipation avec les lavemens éinolliens, un ou deux minoratifs; car les forts purgatifs seraient nuisibles en arrêtant le mouvement critique qui doit se faire par les sueurs et par les urines. Les vermifuges se prescrivent dans le cas de vers.
Comme il convient d’éviter le froid et l’humidité, il faut faire du feu dans la chambre, ayant soin d ouvrir les fenetres de temps en temps pour
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renouveler l’air. Les gilets de flanelle sur la peau hâtent souvent la guérison. La convalescence étant longue et pénible, les toniques, les fortilians concourent promptement au parfait l’établissement.
Souvent la fièvre muqueuse ataxique et épidémique présente trois variétés : la fièvre lente nerveuse , la fièvre cérébrale et la fièvre sudatoire.
i.ve variété : Fièvre lente nerveuse.
Causes pié dis posante s : Tempérament lymphatique nerveux, chagrins.
Causes efficientes : Oppression des forces vitales due à une congestion saburrale muqueuse des premières voies, et k une diminution des propriétés vitales du système nerveux.
Symptômes. Dans Y invasion : langueur, apathie, tristesse, anxiétés sans cause, pusillanimité, rêves sinistres.
Dans Y accroissement et l'état : Pouls irrégulier, faillie , tantôt fréquent, tantôt lent; respiration lente ; soupirs ; spasme précordial ; chaleur anomale; convulsions; fonctions intellectuelles intactes ou altérées; point de côté simulant la péripneumonie; diarrhée. Dans le cas de terminaison fâcheuse : réponses dures et brèves-, yeux ternes, chassieux, larmoyans; urine limpide; face tirée; prostration sans évacuation abondante; convulsions subites; pouls intermittent; extrémités froides; sueur froide; roideur tétanique; paralysie locale ou générale ; mort inattendue au second septénaire.
Quand la maladie se termine heureusement , elle dure quatre septénaires et plus.
Traitement : Vomitif dans le principe, s’il y a sahurre de l’estomac j plus tard nuisible par rapport à la débilité qui exige des toniques amers, des aromatiques, de la limonade vineuse, des fortilians tels que les vins de Bordeaux, de Malaga; nourriture légère et restaurante; frictions sèches aromatiques ; s'il y a spasmes , les antispasmodiques; vésicatoires, sinapismes comme révulsifs, dans le cas de somnolence.