‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 39 sur 119 · variété : Fièvre cérébrale · texte numérisé non relu

variété : Fièvre cérébrale

Causes : Dans Y invasion et Y accroissement ; Affections cérébrales très-prononcées telles que idées confuses, céphalalgie vive, délire, stupeur ; pouls irrégulier; anomalies de la respiration, de la sensibilité et de la chaleur.

Dans Y état : Surdité; visage rouge, gonflé; aphonie; signes de la congestion au cerveau, tels que paralysie, hémiplégie, roideurs tétaniques, convulsions, coma ou carus qui tue le malade le 7-e ou 8.e jour, épanchement séreux ou séro-sanguin dans une des parties de l’organe cérébral.

Traitement. Vomitifs comme dérivatifs ainsi que les sinapismes aux pieds, les vésicatoires volans aux jambes, aux cuisses, les topiques froids sur la tête après l'avoir rasée , les excitans et slimulans * à l’intérieur, pour s’opposer à l’épanchement dans le cerveau. Mais lorsqu’il existe paralysie, mani-

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Testée par l’abolition des fonctions des organes des sens et de l’entendement, effet d'une affection comateuse profonde, on emploie la teinture de cantharides sur la tête comme rubéfiant, une calotte d emplâtre vésicatoire pour repomper le fluide épanché. Le muriate de mercure doux à l’intérieur ou en frictions, est trop malheureusement un moyen infructueux. Sur tout point de saignée, quoique l’état de fausse pléthore du visage paraisse l’exiger.

5.e variété : Fièvre suda/oire, vulgairement suette des Anglais et di s Picards.

Elle a régné plusieurs fois épidémiquement en Picardie, où elle a fait, comme le typhus contagieux dont il sera parlé plus tard , tant de ravages, qu’on leur a donné à tous deux, improprement, le nom de peste , eu égard h la grande mortalité qui les accompagnait.

D’après la description qu’en ont donnée Bacon, Benedictus , et particulièrement Sydenham , les principaux phénomènes que la suette présente sont ceux de la lièvre muqueuse continue, joints à des symptômes d’ataxie.

Symptômes : Le i.er jour, sueur subite et excessive; prostration extrême; chaleur intense, trèsgrande; soif vive; anxiétés; agitations; délire; loquacité; propension invincible au sommeil ; grande • frayeur; syncope; palpitations.

Jl est fâcheux que les médecins qui l’ont traitée, à Amiens et autres lieux, ne nous en aient laissé

aucune description ; nous apprenons seulement , par le registre de l'ancien collège de médecine de cette ville, qu’il y a existé, en différens temps, et dans ses environs, des maladies contagieuses contre lesquelles on a pris des moyens propres à eu arrêter la propagation; tels que l'établissement d'un lazaret, et la nomination d'un médecin et d’un chirurgien des pestiférés qu’on avait relégués dans l’isle Saint- Germain, et auxquels il était défendu d’entrer en ville tant que la prétendue peste existerait.

Les séances du même collège ne donnent aucun renseignement sur la nature, la cause et le traitement de ces maladies.

Quoiqu’il en soit, dans la crainte que la suclte ne se fasse voir dans quelques cantons de notre département, je vais en tracer les principaux caractères, qui sont : fièvre continue, avec redoublement violent le soir; langue blanche et humide; toux; chaleur intérieure; soif très - ardente ; quelquefois délire, assoupissement; prostration des forces; palpitations de cœur; pouls inégal et fréquent; respiration difficile; douleurs à la tête et aux membres; pouls différant peu, comme dans la fièvre muqueuse, de l’état naturel; peau quelquefois couverte d’un exanthème miliaire ou pétéchial; mais lo principal phénomène est une sueur excessive qui épuise le malade et le fait promptement succomber : elle doit être regardée, non cominie essentielle, mais comme svmptôma-

Terminaison par mie mort subite ou par un

prompt retour à la santé.

Traitement. Quoique le célèbre Cullen conseille, dans le commencement, la saignée, il faut bien s’en garder, eu égard aux symptômes adynamiques toujours très-prononcés et qui suivent de près quelques symptômes inflammatoires : la femme d’un droguiste d’Amiens fut, il y a trois ans, et en peu de temps, victime de cette dangereuse pratique.

Les sudorifiques, aussi conseillés, me paraissent plus nuisibles qu’utiles ; car en activant les vaisseaux exbalans, ils contribuent, par épuisement, à l’anéantissement des forces vitales et accélèrent la perle du malade.

N’ayant point encore eu l’occasion de voir cette maladie, je 11e puis exposer qu’un traitement qui me paraît le plus conforme aux symptômes décrits par les auteurs. 11 me semble qu’une diète sévère, des boissons rafraîchissantes, de légères couvertures de lit, doivent être mises en usage. Si dans le principe la prostration n’est pas trèsgramle ; vomitif. Daus le cas contraire ; toniques tels que la sauge, la camomille, le quinquina; stimulans; nervins ; irritans ( l’éther sulfurique, l’acétate d’ammoniaque ou esprit de mindérérus étant nuisibles, dans le cas de diarrhée, il faut les remplacer par le musc et l’opium, à petite dose, comme diaphoniques ) ; bains chauds; frictions J . vésicatoires ou sinapismes sur le ventre; demi-lavemens avec opium et amidon. Des Ioniques et des cordiaux conviendraient infiniment mieux que la

saignée et les sudorifiques qui, proposés jusqu’ici, n’ont malheureusement été que trop préjudiciables.

Fièvre Muc.oso - Adynamo - Ataxique, appelée Typhus contagieux, vulgairement maladie des camps, des prisons, des hôpitaux , des vaisseaux.

Elle appartient particulièrement a l’automne sous l’influence du vent sud, notamment dans les lieux bas et humides.

Caractères .- Réunion des symptômes muqueux, adynamiques et ataxiques ; émanations des malades très-dangereuses qui attaquent d’abord le système muqueux et consécutivement le nerveux.

La contagion de ces émanations est plus active en hiver qu’en été, et dans les pays septentrionaux que dans les méridionaux, par rapport à la chaleur artificielle et à la réunion d’un grand nombre d individus.

Le typhus contagieux diffère de la peste en ce qu’il présente rarement des exanthèmes critiques (et ils sont toujours de nature différente), qu’il peut être puissamment modifié par les localités, la constitution atmosphérique, le tempérament, le régime , et qu'il a une marche régulière et des jours critiques.

Causes : Cette fièvre, on 11e saurait plus dangereuse, est produite ou par contact immédiat ou

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respiration de l’air saturé de miasmes (i), à une distance plus ou moins grande du malade; constitution molle et faible; toutes les causes débilitantes. Les pelils enfans résistent à une contagion qui exerce ses ravages autour d’eux : j’en ai vu prendre, sans inconvénient, le sein d’une mère presqu’expirante.

Symptômes. A Y invasion; Frisson sui\i d’une ardeur à laquelle la force du pouls 11e répond pas ; vicissitudes de froid et de chaud; stupeur semblable à l’ivresse ; éternuement ; violent mal de tête ; vertiges; augmentation de chaleur la nuit; embarras gastrique; état catarrhal des yeux, des fosses nasales, de la bouche, des bronches chez presque tous les malades; et quand l’excitation de la membrane muqueuse du tube intestinal est très-prononcée, il y a complication de vers et de vomissemens bilieux. Si le miasme porte son action sur les yeux, les poumons, il produit, par excitation, l’ophtalmie , le catarrhe pulmonaire.

Dans Y accroissement et Y état ; tous les symptômes les plus fâcheux de l’adynamie et de l’ataxie réunis; ordinairement un exanthème poyrpré et pétéchial de la vessie ; pouls battant 100 a i5o fois par minute ; oppression ; anxiété , soupirs et gémissemens; délire; adynamie la plus intense.

(1) Le miasme le plus actif agit violemment sur le système nerveux, et tue promptement sans permettre aucune réaction des organes.

Quelquefois cette maladie, qui n’est pas essentielle , vulgairement appelée peste quand elle règne épidémiquement, se termine heureusement le 1 4-°, 2 1 .e ou 4o.e jour par la santé, souvent sans crises, rarement par sueur, hémorrhagie nasale, expectoration; mais le plus souvent par la mort du i4.e au 2i.e, précédée de métastase, de convulsions, d'hémorrhagies, de parotides symptomatiques , de gangrène , de paralysie , de suppuration interne.

Il ne faut pas croire que la marche des maladies soit aussi régulière que le prétendent certains auteurs. Que d’irrégularités! que de modifications les constitutions individuelles , les tempéramens , î’élal atmosphérique, les professions, le régime ou manière de vivre , les affections vives de l’âme n’y apportent elles pas! Dans les climats chauds elle se prolonge rarement au de là dé 8 à 10 jours. L’ouverture des corps offre des inflammations des poumons , du cerveau et spécialement :de l estomac et des intestins qui sont quelquefois ulcérés.

Traitement combiné des fièvres adynamique et ataxique , peu couvrir le malade pour-ne point occasionner de sueurs colliquatives ; renouveler souvent l’air de la chambre.

Quoique les sangsues , la saignée même , soient conseillées chez les sujets pléthoriques , j’avoue que je n’ai encore rencontré aucun cas où elles aient été nécessaires. Ce n est point par système ni par opinion brownienne que je m’élève contre

Épidémies

les atfusions de sang qui développent promptement 1 étatadynamique. Les accidcns consécutifs de cette pratique me l’ont toujours fait condamner dans notre département où, je le répète, la constitution atmosphérique est le plus fréquemment froide et humide. Au contraire, l’émétique dans le principe vu qu’il y a toujours ici saburres des premières voies , m’a toujours paru propre à diminuer l’état catarrhal , la céphalalgie et les vertiges. D’ailleurs, les vomitifs agissent comme diaphoré tiques; en provoquant une transpiration plus abondante, ils modèrent 1 intensité des symptômes.

Comme les purgatifs provoquent la diarrhée , en supprimant la transpiration, ils sont dangereux dans l’accroissement de la maladie. En conséquence , la constipation doit être combattue par des lavemens ; mais si l’embarras gastrique est trèsprononcé, un purgatif salin, après le vomitif, est très utile.

Après l’émétique, la médecine doit être expectante , les boissons doivent être délayantes et légèrement acidulées , quand elles n’excitent pas trop la toux.

Chez un jeune homme de 18 ans, j’ai employé avec avantage, dans le cas d exaltation du système vasculaire, les affusions, les lotions et les bains d’eau froide, vers le soir, dans 1 instant de la plus grande exacerbation ( les affusions froides sont dangereuses au n.° et iS.*' jour, quand il n’y a pas une grande chaleur ). Alors la peau qui était sèche , aride et brûlante s’est relâchée, et une sueur abon-

danle, quelquefois répétée, a facilité une heureuse terminaison qui eut lieu dans le 3.1' septénaire.

Les vins et toute espèce d’alimens sont préjudiciables quand il y a complication avec péripneumonie ou une péritonite ; vésicatoire ou sinapisme sur la partie la plus voisiue du siène de l’inflammation : la saignée, les vomitifs seraient dangereuses ; alors boissons adoucissantes. Les affusions d’eau froide seraient utiles, s'il y avait phlcgmasie des organes cérébraux.

Dans X accroissement et l 'état, du 7.® au i4-e, les symptômes adyuamiques et ataxiques ou nerveux prédominant , les toniques , les antispasmodiques ou nervins, le camphre , le musc , l’acétate d’ammoniaque, ne sont utiles que quand la chaleur fébrile est diminuée et que les tremblemcns, les soubresauts des tendons , les convulsions et autres accidens sont très -prononcés. Les sinapismes, les vésicatoires aux jambes, sans enlever l’épiderme ( ceux à la nuque augmentent le délire et rendent le coucher très -douloureux ) , les frictions avec flanelle imbibée de liqueur alcoolique, le petit lait avec vin blanc sùnl également utiles dans cette circonstance. Lorsque l’acétate d’ammoniaque, donné pour entretenir la transpiration, produit la diarrhée, il faut 1 abandonner, ainsi que les acides minéraux dont l’effet est le même. Point de vin pur tant que la soif est vive.

Si la déglutition est impossible, lavemens avec les substances prises en boissons.

Contre 1 hémorrhagie nasale passive, injections

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acides ou alumineuses. Les hémorrhagies passives, les pétéchies, exigent les acides minéraux , le vin, les affusions d’eau froide, le quinquina, les lavemens avec vinaigre.

Pendant la maladie : couverture légère, changement de linge, grande propreté et faire souvent laver les membres et le visage ; renouveler l’air fréquemment; arroser le plancher avec du vinaigre, des liqueurs camphrées ; éviter les vives commotions de l’âme. La matière visqueuse qui couvre la langue et les dents, s’enlève avec un couteau, après l’avoir coagulée à l’aide d’un peu d’acide fort. Un morceau de flanelle imbibé de vinaigre ou d’eau salée produira le même effet. Les ulcères de la bouche se traitent avec une solution d’alun dans l'eau , des gargarismes stimulans.

Dans le cas de diarrhée abondante, avec sén cheresse à la peau, La modérer par des boissons aromatiques , et appliquer sur le ventre des sinapismes ou flanelles imbibées d’une infusion aromatique ; un bain chaud, en rétablissant la transpiration, peut la faire cesser; si eljç a lieu dans le commencement de la maladie, un vomitif est avantageux en produisant un mouvement anti-péristaltique, et boissons adoucissantes, s’il y a chaleur à la peau ; demi lavemens avec une forte décoction de graine de lin, et un demi gros de laudanum liquide; vin généreux, quand il n’y a pas de chaleur, On emploie aussi la magnésie calcinée, 1 opium uni à quelques grains de rhubarbe ou d ipécacuanha.

Quand les sueurs colliquatives existent, ou prescrit l’eau de riz édulcorée avec sirop de groseilles , et on ajoute quelques gouttes d'acide sulfurique.

L’opium convient ici comme sédatif nerveux et excitant musculaire.

S’il y a gangrène au coccix : cérat avec quinquina, onguent de styrax, lotion avec décoction de quinquina camphrée.

Lorsqu’il y a engorgement des glandes parotides, on en favorise la maturation par des cataplasmes émolliens animés d’un peu de safran et d’onguent supuratif, même d’onguent vésicant ; lorsque la fluctuation se fait sentir, 011 applique dessus des débris de pierre à cautère retenus par un emplâtre fénétré de dyachylon gommé, quelques jours après on enlève l’eschare avec le bistouri et 011 panse avec le basilicum.

Dans le cas de complication de cardialgie caractérisée par un vomissement bilieux ou muqueux avec douleur excessive à l’ orifice supérieur de l’estomac: application d’un vésicatoire sur l’épigastre; vin de quinquina ; frictions avec eau de-vie camphrée sur les extrémités et le long de la colonne vertébrale.

Quand il y a catalepsie, moxa à l’épigastre pour réveiller l’excitabilité nerveuse.

Les embarras de la tête , de la poitrine , se combattent par les pédiluves irritans plus avantageusement que par un vésicatoire appliqué dans les environs de la partie affectée , surtout si l’adynamie est très prononcée.

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On prévient les rechutes par l'usage du quinquina, du quassia, de l’angusture, de la gentiane, d’écorces d’oranges infusés dans du vin.

Prophylactique. Souvent changer les draps du lit, propreté très-grande, ne point s’asseoir sur le lit du malade, tenir sous le nez une petite éponge imbibée de vinaigre ou dune liqueur camphrée , ablutions d’eau froide, fumigations avec gaz acide nitreux ( en versant de l’acide sulfurique sur du nitrate de potasse ) ou avec gaz acide muriatique oxigéné ( que l’on obtient en jellant de l’acide sulfurique sur du sel commun et du manganèse humectés avec de l’eau).

Variété de la fièvre mucoso - adynamo ataxique :

La Peste.

D’après les recherches infructueuses que j’ai laites dans les archives de l’hôtel de ville et dans celles du département pour obtenir quelques notions sur la nature , les symptômes et le traitement des prétendues pestes qui, suivant la tradition, ont, à dix - huit reprises ( dans l’espace de trois cens ans depuis i 346 jusqu en i65q), dépeuplé la ville d’Amiens , je suis porté a croire quelles n’ont jamais réellement existé. Ces maladies regardées comme pestilentielles furent le fruit d nne terreur panique accréditée anciennement par dés écrivains crédules, tout-à-fait étrangers à la médecine, et que des modernes se sont plus à répéter sans examen et sans réflexion. Ces épidémies, dont on a grossi prodigieusement les désastres , n étaient

sans clonie que de? fièvres adynamo-alaxiques) ou typhus des médecins militaires) caractérisées principalement par un violent mal de tête, une stupeur semblable à celle de l’ivresse et une éruption pourprée; ou des fièvres bilieuses -putrides et malignes, occasionnées par une mauvaise nourriture, des privations en tout genre, et tous les maux inséparables des guerres fréquentes qui, dans ces temps de dcujl , n’ont que trop souvent dévasté notre pays.

Caractères de la peste : réunion des symptômes muqueux, adynamiques et ataxiques, ordinairement avec bubons, pétéchies et charbons.

Causes : Son berceau est la basse Egypte. Les eaux du Nil, sous une température chaude et humide , fermentant avec des substances terreuses et organiques , il en résulte des principes ternaires , quaternaires dont la nature septique est aussi inconnue que celle de nos miasmes contagieux. Le virus pestilentiel affecte d'abord le système nerveux et ensuite les ganglions lymphatiques.

l a peste a été apportée en Europe de l'Asie et de l’Afrique. Cette maladie provient toujours d’émanations des individus qui en sont atteints. Les miasmes peuvent , d’une part, se propager par les vents , et de l’autre , être transportés par des substances poreuses qui en seraient’ imprégnées telles que plumes, chanvre, poils, laine, colon, etc.; ils se conservent très -long -temps lorsque les objets qui les renferment sont enfouis et a l’abri de l’a:r

2/j. o Épidémies

et de J’humidilé. Les corps lisses tels que métaux ,

verres , fayence, etc. ne présentent pas le même danger. On a observé que le virus pe^ ’lentiel peut être décomposé par un froid intense, une longue combustion, l'exposition à l’air libre, les acides et sur-tout le vinaigre.

La peste attaque plus particulièrement les jeunes gens , sur-tout ceux d’un tempérament lymphatique , en tous temps , en tous lieux , cq toutes saisons, et sous toutes les températures. A son arrivée, elle fait disparaître toutes les lièvres régnantes, tandis que la rougeole, la petite vérole, prennent la teinte de la constitution médicale existante sporadiquement ou épidémiquemcnt.

Symptômes. Ceux au plus haut degré des fièvres ataxiques , compliqués pour l’ordinaire , séparément ou à la fois,

i .° De bubons ( i ) ou tumeurs inflammatoires , sur tout aux aines, aux aiselles, avec ou sans état fébrile, dont la marche est très -prompte ou trèslente -,

2.0 D'anthrax ou tumeurs charbonneuses dans les parties charnues non couvei'tes de poils telles que les joues, le cou, la poitrine, le dos, les membres ; précédées d’une douleur locale très -vive, suivies d’une pustule ou vésicule donnant une

( i ) L’apparition des exanthèmes tels que bubons , charbons, pustules, toujours plus ou moins critiques, n est pas essentielle pour caractériser la peste.

sérosité roussâtre cl dont le fond est noir, trèsétendu en largeur et profondeur, et circonscrit par un cercle rouge et enflammé.

5.° De pétéchies , taches au cou, à la poitrine, aux membres abdominaux, d’abord rouges, puis noires et passant quelquefois à l’état d’anthrax.

Terminaison. Cette maladie dure depuis quelques heures jusqu’à deux septénaires. Quand la mort a lieu dans les premières heures, on 11e voit ni bulions, ni anthrax, ni pétéchies. La terminaison s’opère ordinairement par résolution des affections éruptives , quelquefois par suppuration ; mais la gangrène , la délitescence , la métastase sont touj ours très-redoutables.

l a rémission ou la mort arrivent le plus souvent du 5e au 6e jour. 11 y a rarement guérison. Le virus pestilentiel est quelquefois si actif qu’il éteint subitement les forces de la vie avant que la réaction n’ait pu susciter la fièvre. Les personnes les plus fortes et les plus faibles sout plus maltraitées que celles d'une force moyenne.

Traitement :

PrésenuitiJ , interdire toute communication ; désinfecter les objets en les plongeant dans le vinaigre ou en les exposant à l’action des fumigations sulfureuses, nitriques ou muriatiques oxigénées.

Curatif, s’il y a embarras gastrique, vomitif ; adynamie, pétéchies, acides minéraux, camphre, vin , quinquina et autres toniques , envelopper le malade de linges imbibés de vinaigre ; ataxie,

iG

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excilans, stimulans, irrilans ; favoriser la maturation et suppuration des bubons ; faciliter la cliule des tumeurs charbonneuses par des cataplasmes chauds et rubéfians ; scarifier et exciter les parties gaudrenées.

I’Yevre Gastro - Adynamique , vulgairement bilieuse - putride.

Caractères : Réunion des symptômes de la fièvre continue gastrique avec ceux de la fièvre adynamique.

Symptômes : Dans les quatre premiers jours, violent mal de tête, douleur et tension de la région épigastrique, chaleur piquante de la peau, nausées, vomissement d’une matière verdâtre, soif ardente. Après cette époque , la prostration des forces a lieu , les joues sont d’un rouge livide , les yeux mornes cl larmoyans, les lèvres, les gencives et la langue se couvrent d’un enduit noirâtre , la chaleur du corps est moins vive, le pouls irrégulier et très-faible. La débilité va en augmentant même à l’extrême quand il survient une hémorrhagie nasale : alors le malade reste couché sur le dos; il y a somnolence, rêvasserie continuelle, déjections fétides très - abondantes et de couleur verdâtre ou brunâtre. Les parotides sont un symptôme très-fâcheux.

Traitement. Les vomitifs , dans le principe , sont

EN PARTICULIER. llfi

préférables *aux purgatifs. L'expérience prouve journellement que la crainte du docteur Broussais sur l’effet adynamique de l’émétique dans la fièvre gaslro-adynamo-entero-ataxique n'est point fondée. Malheur au malade dont le médecin, trompé par la fréquence du pouls , la chaleur vive de la peau , fait tirer du sang ! La saignée est ici on ne saurait plus dangereuse. C’est à tort que le docteur Broussais prétend que la saignée ménage les forces du malade , abrège la durée de la lièvre , rend les symptômes d’adynamie et d’ataxie beaucoup plus rares et diminue sur -tout la mortalité. Les phlébolomes , daus les épidémies , ne nous prouvent que trop souvent le contraire.

Après le vomissement, s'il y a constipation, eau de tamarins ou eau mieillée avec crème de tartre , ou sel de glauber, en ayant soin de ne pas provoquer une forte diarrhée qui affaiblirait : j’ai remarqué que les acides minéraux produisaient des diarrhées funestes. Si, sans provocation, elles existent? il faut appliquer des sinapismes aux pieds et sur le bas-ventre comme rubéfians , pour occasionner une révulsion. Dans le cas de vive chaleur, les plaies des vésicatoires deviennent gangréneuses ; et les toniques, les excitons tels que le musc, le camphre aggravent les accidens de l’adynamie. Le petit-lait vineux, l’eau vineuse, les vins vieux et blancs tels que ceux du Rhin , de la Moselle , de Chablis, de Pouîlli . dans le cas de faiblesse et d abattement extrêmes, conviennent mieux que

les forts excitans et stimulans qui ne font que réveiller momentanément les forces vitales qu’ils épuisent bientôt.

Dans la convalescence , un régime nourrissant avec réserve, vin généreux et les toniques. Les purgatifs sont ici nuisibles ; cependant quelques grains de rhubarbe s’ordonnent, la langue étant saburrale. Si la constipation a lieu, il faut la combattre par des lavemens, des compotes de pommes , de pruneaux. Quand des sueurs abondantes épuisent, infusion de petite sauge, quinquina en extrait ou en substance uni au 1er. Contre l’œdémalie des pieds, des jambes et autres parties du corps , lorsque les viscères abdominaux ne sont point lésés, frictions avec de la flanelle chaude exposée à la vapeur du benjoin ou imbibée d’eaude-vie camphrée, bandage compressif.

Fièvre Gastro- Ataxique, vulgairement bilieuse

maligne.

Caractères : Ceux de la fièvre gastrique joints à la lésion de la sensibilité , de la motilité et de la caloricité.

Symptômes. Cette fièvre attaque, dans une épidémie , ceux d’un tempérament nerveux , ou énervés par les plaisirs , ou épuisés par des veilles , des travaux d esprit , ou mus par une forte passion.

Son invasion est tantôt brusque; alors frisson qui

'en PARTICULIER. 245

dure souvent plus d'une heure et qui se répète, terreur, anxiétés, délire furieux, exacerbation des symptômes le soir, rémission le malin: tantôt lente; dans ce cas, elle s'annonce par une tristesse profonde, des larmes involontaires , avec grande prostration ou abattement, tremblement des membres, frissons entremêlés de chaleur, douleurs violentes à la tète et aux lombes, bouche amère et pâteuse, somnolence, dégoût des alimens, oppressions à l’épigaitre , nausées , vomissement spontané , poids très faible , souvent constipation, quelquefois sueurs visqueuses-abondantes-non critiques , stupeur, surdité, tintemens d’oreille, hémorrhagies nasalesintestinale - urinaire , terminaison malheureuse du i4-e au 2i.c, complication de symptômes dadyuamie.

Traitement. Je n’ai point encore rencontré aucun cas qui m’ait fait naître l’idée d’employer la saignée ou les sangsues , et j ai toujours observé que les médecins qui croient, par ce moyen , combattre la complication d’une prétendue irritation vasculaire qui , réellement , n’est qu’une anomalie du système nerveux, commettent de grandes fautes en 1 employant sur des sujets regardés comme pléthoriques. La chaleur et la réaction de nos organes, contre la cause efficiente de la maladie, doivent être combattues par les boissons acidulées, nitrées, mucilagineuses et émulsives.

L’émétique est ici autant avantageux comme stimulant que comme évacuant. Malgré ce moyen,

si la constipation a lieu et que le ventre soit douloureux et tendu, lavemens émolliens , sels neutres à pelile dose dans de l’eau rnieillée.

Si la faiblesse se prononce fortement, les vins généreux, les infusions aromatiques, les éthers, le camphre, l’acétate d’ammoniaque, sont mieux employés que le quinquina, faible ressource dans les pyrexies nerveuses. Ces moyens, pour calmer les désordres du cerveau, doivent être secondés par les vésicatoires volans cl les sinapismes comme rubéfians pour ne pas épuiser les forces du malade par la suppuration, et pour ne point avoir, par la suite, des eschares gangréneuses.

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