‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 40 sur 119 · VT · texte numérisé non relu

VT

Fièvre Gastro-Adynamo-Ataxique, ou Typhus Ictérodes, vulgairement ji'evre jaune d'Amérique.

Caractères : Teinte jaune de la peau, symptômes bilieux, adynamiques et ataxiques. Elle est le dernier et le plus redoutable degré de la fièvre rémittente bilieuse.

Causes ' 1 Principes délétères d’une nature inconnue, attaquant toujours, dans les lieux bas, humides et marécageux ( sous une température chaude, au moins de ° du thermomètre de Réaumur), des individus d’une forte constitution, d’un tempérament bilieux, encombrés dans un espace*' resserré. Celle affreuse fièvre, qui tire sou

ori°inc (les contrées de la zone torride, des Indes

occidentales, n’y règne épide'miqucment qu'à diverses époques et sous l'influence de certaines circonstances du climat, sans qu’on ait pu jusqu’ici découvrir la cause de sa périodicité.

Symptômes : Très-variés , différant de la fièvre gastro-adynamique d’Europe par sa très -grande intensité au début. Sa marche est très-rapide, en raison de la chaleur du pays.

A X invasion : l assitude générale, courbature, assoupissement , quelquefois stupeur.

i.re Période. Vive douleur de tête ( sur-tout sus -orbitaire ), du dos, des membres; chaleur et frissons alternatifs; peau sèche et brûlante avec taches rouges ou violettes; conjonctive rouge ou jaune; pouls irrégulier ou naturel; quelquefois évanouissement, surdité. ( Ces derniers symptômes sont très dangereux. )

o.é Période. Douleurs déchirantes de l’estomac ; vomissement d’une bile verte ou noire, très-corrosive; constipation ou diarrhée noirâtre.

5.° Période. Abattement des forces vitales; agitation, force, délire; pouls déprimé; déjections et vomissemens noirs colliquatifs; jaunisse générale; hémorrhagies passives; souvent rétention d’urine; diminution progressive du pouls; douleurs vives des testicules; et enfin la gangrène qui annonce une mort prochaine.

Cette maladie est contagieuse seulemeyt dans

EPIDEMIES

certaines circonstances qui tiennent à l'influence des climats et à la température.

Durée ; 24 heures à i5 jours, quelquefois avec Imbons ou pétéchies, ou éruption miliaire, ou parotides.

Traitement. Moyens hygiéniques : aération, fumigations acides dans le principe. Si l’irritation est violente, boissons délayantes acidulées, demi-lavemens émolliens; bains froids ou lièdes suivant la force du malade. La saignée, l’émétique et les purgatifs sont nuisibles.

Lorsque l’adynamie existe, emploi des toniques. S’il y a des symptômes nerveux, vies antispasmodiques, les rubéfians, les frictions avec substances aromatiques sont indiquées.

Dysenterie Adynamique.

Caractères : Union des symptômes dysentériques et adynamiques.

Causes. Séjour des prisons, des camps et des vaisseaux, où régnent des (lèvres muqueuses ou bilieuses adynamiques.

C’est par l’altération de l'air autour des privés, des malades, qu’elle se propage, et non par un virus spécifique.

Symptômes : Ceux de la dysenterie produite par des lieux bas et humides, des variations de l’atmosphère, une mauvaise nourriture, compliqués

en PARTICULIER. 249

des symptômes des fièvres adynamiques tels que langue sèche, brune ou noire; peau aride, âpre, mordieante, écailleuse et sale; météorisme du ventre; yeux ternes et caves; aplithes; visage pâle; membres froids; abattement général des forces; pétéchies; excrémens très fétides; délire; hoquet; convulsions. Quand elle est modérée , elle dure long temps et disparaît peu â peu lorsqu une douce chaleur se répand sur toute la surface du corps; alors la fièvre, la soit et les tranchées cessent en même temps que les selles reprennent leurs couleur et consistance ordinaires.

Traitement : Vomitif dans le principe; infusion de camomille, eau de riz vineuse ou édulcorée avec sirop de groseille , de limons , si le malade est très altéré : quinquina en infusion associé avec la serpentaire de virginie , ou avec lacétate de potasse; diascordium; décoction blanche. Quand il n’y a point de soif, de temps en temps une cuillerée de vin généreux pur ou composé; juleps camphrés ; vésicatoires volans crainte de gangrène ; quart de lavement avec décoction de quinquina, à laquelle on ajoute du camphre, de lopium.

Dans tout le cours de la maladie, bouillon ou crème de riz légère et bien sucrée ; peu d'alimens solides.

Lorsqu'à l’adynamie se joignent des symptômes nerveux ou ataxiques ( presque toujours funestes), 011 prescrit des potions et boissons antispasmodiques. Dans ces dernières ou fait entrer de l’éther.

25o Épidémies

(lu camphre cl du musc. Les purgatifs sont ici trèsdangereux de même que les aslringens qui causent ou augmentent, le météorisme et occasionnent des métastases sur les poumons ou sur les articulations.

Les hains, employés avec précaution, sont avantageux, ainsi que les sinapismes et les vésicatoires appliqués de très bonne heure.

Comme cette dysenterie est très-contagieuse, il faut séparer promptement les malades de ceux qui sont sains; les changer souvent de linge; enterrer les déjections; faire des fumigations.

La convalescence, qui est trcs-longue, demande la continuation des toniques.

Page 1