‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 44 sur 119 · S É PI D K M I E S · texte numérisé non relu

S É PI D K M I E S

leurs changent en continues les fièvres intermittentes.

Symptômes : Chaque accès , dépendant toujours d’une alfection du système nerveux, offre trois clafs :

i. Le froid avec extension des membres, frissons, bâillement (effet de la gêne de la respiration ), peau décolorée, faiblesse cl petitesse du pouls, anxiété, nausées ou vomissement, urines pâles.

2.0 La chaleur de tout le corps avec soif ardente, respiration grande, pouls faible, douleurs à la tête, au dos et aux membres, souvent délire.

5.° Lue sueur abondante après la chaleur qui termine l’accès ; alors les urines sont épaisses et déposent un sédiment.

Les causes de périodicité , déterminant la récidive de la congestion des organes internes contre laquelle les forces vitales réagissent, et qui disparaît quand l’action circulatoire et sécrétoire de la surface du corps se rétablit , sont inconnues.

Dans la muqueuse intermittente ( chez les sujets faibles où prédomine le système lymphatique), visage pâle hors des accès, langue blafarde, bouche pâteuse, exercice très pénible, membres douloureux, sueur abondante à la fin de l’accès.

Dans la bilieuse ou gastrique ( qui se montre chez les sujets d’un tempérament bilieux), trèsvive céphalalgie frontale , conjonctive et tour du

EX particulier.

ucz et des lèvres jaunes, bouche amère, soif ardente, douleur à l’épigastre.

Division des Fièvres intermittentes.

Les différences d’intermissions fiyit distinguée ces fièvres en :

Quotidienne (i) : Accès chaque jour, à la même heure , régnant le plus souvent au printemps ;

Tierce : Accès de deux jours l’un ( c'est la plus facile à guérir); elle attaque principalement les individus qui sont dans la force de l’âge;

Variété : Double-tierce, accès alternativement inégaux, tous les jours;

Quarte : Deux accès en quatre jours : les deux intermédiaires ne présentent point de symptômes fébriles. Elle est fréquente sous une température froide et humide; ici, horripilation ou frisson subit de la totalité de la peau.

Variété: Double-quarte, en quatre jours, un seul sans fièvre;

Quintcuie : Second accès le cinquième jour.

On appelle vernales celles qui commencent en

(i) Je dois observer que les diflërens types sous lesquels lu fièvre intermittente se présente , ne sont, aux veux des vrais médecins, que des varie'tés dune même espèce, déterminc'cs par les localite's, la tempe'rature de l’air, les constitutions, les habitudes et le régime individuels. Il est sans doute certaines combinaisons inappereues et diverses circonstances qui donnent lieu aux maladies endémiques.

.2f)0 Ë P I n é MIES

février et continuent en mars, avril et mai; automnales celles qui paraissent en août, septembre ou octobre, et elles sont plus fâcheuses que les premières.

Dans les pays humides et froids, les intermittentes quotidienne et quarte sont plus ordinaires que celles des autres types.

Terminaison heureuse, et en très -peu de temps, lorsque le pouls est fort, que les urines sont trèscohnées, qu’il y a moiteur à la peau, et que le ventre est libre sans inflammation locale. Le danger, dans la fièvre tierce , est plus grand pendant la chaleur que dans le froid fébrile.

La fièvre tierce n’est point dangereuse, à moins quelle ne dégénère en continue de mauvais caractère. C’est un bon signe quand une fièvre quarte devient tierce , parce qu'il y a moins à cfaindre les maladies chroniques. Lorsqu’une quotidienne devient tierce , il y a moins à redouter une continue,

Traitement : Dans le froid, légère infusion de camomille, de bourrache ou de fleurs de tilleul ou de sureau; point de stimulans ni de saignée. On favorise le vomissement spontané par de l’eau tiède ; s’il est trop fréquent et avec anxiété , on donne l’anti-émétique de Rivère, (un demi-gros à un gros de potasse carbonatée , dans suffisante quantité d’eau de mélisse simple que I on fait prendre au malade, et de suite une cuillerée de jus de citron ).

La chaleur demande des boissons acidulées ou rafraîchissantes, et que l’on trompe la soif exces-

EN PARTICULIER. sGl

sive avec des fruits acides pour ne pas surcharger l’estomac.

Lorsque la sueur est établie, infusion de fleurs de tilleul tiède.

Dans l’intermission ou apyrexie , comme il y a toujours embarras gastrique plus ou moins grand, les vomitifs sont préférables aux purgatifs.

Quand les évacuans ont débarrassé le tube intestinal, il faut recourir aux fébrifuges tels que le quinquina associé au muriale d ammoniaque et au sulfate de fer.

Mais avant d'arrêter une fièvre d'accès, il faut considérer le climat, l’âge, le sexe, la forcé individuelle, les affections antérieures du malade, son tempérament, sa manière de vivre, la saison, la constitution médicale régnante et la précédente.

Lorsque le quinquina a coupé brusquement la fièvre, et que le malade est souffrant, il faut recommencer le traitement par les vomitifs et les purgatifs, sur-tout si la turgescence gastrique sc manifeste très-sensiblement.

Le docteur Grant proposant, lorsque la périodicité ne tient plus qu’à l’affection des nerfs, de prendre des araignées dans de la gelée de groseilles - pour couper la fièvre, ne peut être justifié que par la commotion qui. doit nécessairement résulter de l’emploi d’insectes aussi dégoûlans. Ce que je dis ici des araignées peut s appliquer à d’autres moyens aussi répugnans ( tels qu’urine d’adolescent, vermines dans du vin blanc, etc.), dont on rencontre journellement d'officieux prôneurs.

EPIDEMIES

UÜ2

§ II

Température chaude et humide.

Cette constitution atmosphérique produit continue ;

la fièvre 1 , . ( simple j

, | rémittente

Bilieuse

ou

adynamie

compliquée d < .

( ataxie ;

gastrique I ( P^us ou moins simple ;

intermittente < adynamique ;

( ataxique.

Fièvre Bilieuse ou Gastrique Continue.

L’exposition de celle maladie se trouve dans la première division de ce chapitre ( page 167 ).

Fièvre Bilieuse ou Gastrique Rémittente.

Caractères : Paroxysmes se succédant si promptement qu’il n’y a jamais d’apyrexie complète.

Les époques des rémissions sont très-irrégulières et d’une durée indéterminée ; les plus courtes, ou peu marquées , sont dangereuses.

Causes ; Pays chauds et humides 5 lieux bas, marécageux, en été ; faiblesse des individus; malpropreté des habitations; mauvaises nourritures.

en PARTICULIER. 263

Quoique produite ordinairement par des miasmes des marais, la fièvre gastrique rémittente peut devenir contagieuse et ensuite épidémique.

Symptômes. Dans les pays chauds , la rémission a lieu souvent dès le second jour ; et dans les pays froids , en été , les 4-e> et 8,"

Dans les pays chauds , en sc compliquant presque toujours d'adynamie et d’ataxie, elle achève son cours le 5.°*ouG.e jour; et dans les pays froids , la crise n’arrive que le i2.e ou 14e- Quelquefois un délire violent se manifeste et emporte le malade dès le i,er paroxysme, avec les symptômes les plus intenses d’ataxie et d’adynamie ou atonie.

On remarque à l’ouverture du cadavre, le plus ordinairement, une congestion sanguine dans le foie, des injections de même nature dans les voies digestives par faiblesse et altérations du cerveau.

Traitement. Malgré les congestions passives, point de saignée. Éviter les causes d’excitations les plus légères, telles que la lumière, le bruit, le mouvement, une vive chaleur. Air souvent renouvelé; légère couverture; changement de linge; vomitif dans le principe ; minora lif dans le cas de constipation , point de drastiques. Opiacés nuisibles dans le cas de délire ; affusions d’eau froide sur la tète , au moment de 1 intensité du paroxysme; lorsque la céphalalgie est considérable elle désir violent; ou si la faiblesse est excessive , aspersions avec eau froide et vinaigre, ou lotions, pour convertir les rémissions en intermissions; petites doses de

264 EPIDEMIES

préparations d’antimoine pour déterminer la transpiration.

S’il y a vomissement; anti-émétique de Rivière, vésicatoire à l’épigastre.

Lorsque l’abattement est extrême, le pouls faible, ondoyant, et qu’il existe insensibilité et coma; vésicatoires, sinapismes. Si le vomissement est violent , plus de boisson, seulement humecter la bouche; et pour soutenir le malade, lavemens avec bouillon.

Quand il s’établit une rémission parfaite, un peu de vin, bouillons, gelées, quinquina en substance, à petites doses, avec quelques gouttes d’acide sulfurique affaibli. S’il produit des nausées, on le donne en décoction, en infusion. S'il purge, on y ajoute dix gouttes de teinture d’opium, ou du cachou. Dans les pays froids, il faut, pour administrer le quinquina, une rémission parfaite; alors on le donue, a la dose d’une demi-once, tout d’une Ibis : on en continue long-temps l’usage pour prévenir les rechutes.

Dans la convalescence; toniques, promenades en voiture, abandon des lieux humides, ablutions, frictions.

ITT.

Fièvre Gastrique ou Muqueuse Rémittente A DYNAMIQUE.

Caractères et Symptômes : Ceux de la fièvre muqueuse ou gastrique continue avec des retours

réguliers ou irréguliers d’accès, et complication d’adynamie.

Causes : Miasmes des marais en suspension dans l’air, sous l'influence d’une température chaude et humide.

Traitement : Quand l’adynamie n’est pas trèsprononcée , émétique dans le principe, pour évacuer l’estomac et secouer l’organisme. La saignée est mortelle dans cette maladie. Un vin généreux par cuillerée, les toniques amers, les stimulaus, produisent d’heureux effets.

S’il existe une diarrhée très-abondante ; infusion aromatique, opium à petites doses, sinapismes ou vésicatoire sur le ventre.

Dans le cas d’hémorrhagie nasale , de taches livides sur la peau , de petitesse extrême du pouls ; musc, éther sulfurique, bouillon avec jaune d’œuf, et , par dessus , une cuillerée de vin vieux.

Fièvre Bilieuse ou G astro - Ataxique Remit-

texte , vulgairement rémittente pernicieuse.

Caractères. Fièvre gastrique continue avec accès et compliquée d ataxie ou de malignité.

Causes. Les mêmes que dans les rémittentes adynamiques.

Symptômes • Ceux de la gastrique ataxique continue avec des retours réguliers et irréguliers d’accès sous les types quotidien, tierce, double -tierce.

quarte, marqués par des accès anomaux, tels que coma , cardialgîe, choléra morbus , syncopes , froid glacial , aphonie. Une mort prompte est presque toujours l’effet de cette insidieuse complication , si on n’emploie de suite le quinquina qui la rend alors moins dangereuse que la fièvre ataxique continue.

Traitement : Dès que la chaleur fébrile est diminuée , il est instant d’employer le quinquina a haute dose comme dans les fièvres intermittentes pernicieuses, et de le continuer dans la convalescence pour prévenir les rechutes. Bouillons, vin généreux,

Fièvre Gastrique-ïntermittente.

Dans les pays chauds , client opiniâtre, de longue durée et donne lieu a des affections chroniques.

Causes : L’humidité jointe au froid ou à un excès de chaleur qui mettent le corps dans la dispositipn de les contracter , sur -tout dans les lieux où se trouvent des eaux stagnantes. Les effluves agissent sur l’estomac et les premières voies dont ils dérangent les fonctions. Souvent, sous 1 influence des causes les plus légères , on voit un accès de fièvre intermittente débuter par un abattement des forces vitales et la mort survenir aussitôt, sans congestion sanguine au cerveau ni à la poitrine. L issue est douteuse quand les accès sont longs , violens et

en particulier, 2G7

compliqués d’une profonde anxiété et du délire.

Traitement: Vomitif dans le froid; et, après son action , boissons chaudes délayantes , pédiluves , fomentations aux pieds, cordiaux, diaphorétiques, Quelques-uns conseillent trente gouttes de teintuie d’opium, et si la chaleur 11e survient pas, 10 ou 1 5 minutes après , donner 1 2 à 20 gouttes ( Go gouttes dans l’espace d’une heure ).

L’application du tourniquet pendant le froid à un bras et a la cuisse du côté opposé, a, dit-on, réussi.

La période du chaud peut se prévenir par un gros d’éther sulfurique, au moment de l’invasion. 11 faut répéter ce moyen lors de l’accès suivant.

S’il y a complication de toux , de douleur de côté et même délire; vésicatoires.

Lorsque les jambes sont froides et que le pouls est très-petit; sinapismes dans l’apyrexie. Aucun moyen , pour couper la fièvre , n’est préférable , après les évacuations nécessaires , au quinquina. En vain, lui opposcrait-on le cuivre ammoniacal, le sulfate de fer, l’arséniale de potasse, la racine de valériane , etc. Il s’administre à fortes doses dans 1 intermission , en substance, décoction, infusion, extrait avec quelques gouttes d'acide sulfurique.

Si le quinquina produit des nausées, des selles copieuses , on lui substitue le (] uas sia amara ou on 1 associe avec de la magnésie, de la teinture d’opium ou des aromates tels que serpentaire de virginie,

aG8 ÉPIDÉMIES

muscade , cancllc , écorce d'orange.

Dans le cas d’ obstruction ; apéritifs joints aux amers ; mercure doux; onguent mercuriel en frictions.

Le dévoiement existe-t-il : grains de rhu-

barbe, et ensuite le quinquina à la dose d’un gros avec un grain d ipécacuanha et quinze gouttes de laudanum.

S’il y a vertiges : excitans diffusibles et vin de • • • quinquina,

Les toniques doués de plus de vertus ( par exemple le quinquina, l’angusture ), dans les fièvres rémittentes et intermittentes qui 11e sont point entretenues par une lésion organique, agissent en produisant sur la membrane muqueuse du tube intestinal, une excitation artificielle qui, par sympathie, se porte à la périphérie du corps et empêche en conséquence un nouvel accès, résultat d’une congestion interne. En effet, le froid ne reparaît plus; il est remplacé par une douce chaleur cutanée.

Les voyages et même les exercices violens, font souvent cesser des fièvres intermittentes rebelles aux médicamens.

YI.

Fièvre Gastrique ou Muqueuse Intermittente Adynamique ou Putride, vulgairement fièvre intermittente -pernicieuse.

Caractères : Réunion des symptômes essentiels des fièvres intermittentes avec ceux de l’adynamie.

Symptômes : Complication , an 6.e accès , d’un état muqueux ou bilieux avec prostration des forces; yeux légèrement abattus; langue extrêmement noire, niais humide; pouls faible, peu consistant, régulier; sueur abondante, répandant une odeur très-aigre.

Traitement Les toniques et les fébrifuges les plus puissans.

Fièvres Gastriques ou Muqueuses Intermittentes AdynamO - Ataxiques , vulgairement

fièvres pernicieuses ou insidieuses.

Caractères ; Fièvres d'accès avec symptômes d’adynamie et d’ataxie les plus intenses.

Causes: Toujours produites par des exhalaisons de marais infects. Quelquefois il arrive que , dans les pays bas et humides et à la (in de l'automne, les purgatifs même légers peuvent, dans la convalescence d’une fièvre muqueuse adynamique , produire , en rechute , une fièvre intermittente pernicieuse.

Symptômes. Accès de fièvre qui souvent croît sous les types quotidien , tierce , double - tierce , quarte , exaspérés par un symptôme dominant , violent et dangereux comme ; choléra- morbus ; flux dysentérique ; douleur atroce à la tête; cardialgie extrême; sueur colliquaüve; délire furieux; douleurs néphrétiques; attaque d’épilepsie; convulsions; horreur des liquides; quelquefois froid

27O EPIDEMIES

glacial ; flux hépatique semblable a de la bavure de chaire. Ces symptômes fâcheux sont l’effet d’une congestion , par suite d’un refoulement des forces vitales ou du sang des parties extérieures sur un viscère important, occasionnée par des miasmes délétères. Terminaison presque toujours funeste après le 3.® ou 4-e accès. Le quinquina , donné à temps, la termine heureusement ou la convertit à l’état de fièvre intermittente ordinaire.

Traitement. : Dans le froid, lorsqu'il y a faiblesse extrême; lotions alcoolisées; potion cordiale par cuillerée. Les convulsions, les gastralgies, les céphalalgies demandent les antispasmodiques. Dans le cas de léthargie : fortes odeurs; sinapismes; linimens avec l’ammoniaque unie àl’huilc d’amandes douces; vésicatoires. Dès que l’iutermission le permet; quinquina à haute dose ( un ou deux gros, de deux en deux heures ) , jusqu’à ce que l’accès ait manqué et le continuer long-temps dans la convalescence , crainte de rechûte. Lorsque l’estomac rejette ce moyen héroïque, on y joint 1 opium. Il reste souvent, dans la convalescence, des [acciclens graves tels que la surdité, le bégaiement, la vue trouble, l’étonnement. On met alors en usage les moyens convenables dont le détail paraîtrait, ici déplacé.

J’engage, au surplus, les jeunes praticiens à lire et à méditer,, avec la plus grande attention, l’excellent ouvrage du docteur Alibert sur les fièvres pernicieuses.

EN particulier.

§ III

Température froide et humide.

Sous une température froide et humide paraissent : i.° La fièvre muqueuse quarte avec engorgement des viscères abdominaux ;

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