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symptômes d’adynamie existaient à un très-liaut degré ; mais aucun ne fui atteint de l'accident dont je viens de parler.
Dans Je plus grand nombre , l’épidémie conservait toujours le caractère de lièvre mucoso bilieuse et vermineuse avec quelques symptômes légers d’adynamie cl d ataxie.
Malheureusement les mêmes causes subsistant toujours, lépidémie de lié tuile, qui avait cessé entièrement à la lin de décembre, reparut dans les derniers jours de février, toujours dans la classe indigente, avec les mêmes caractères.
La première fois, la maladie avait commencé par attaquer la partie élevée du village, tenant au camp de Jules-César; et en dernier lieu, elle s élait établie dans la partie basse, voisine des prairies qui étaient alors inondées par le débordement de la Somme. 11 était a craindre que, malgré nos soins, on ne pût arrêter ce fléau que lorsque les eaux auraient disparu, d’autant plus que l’atmosphère humide et froide contre laquelle nous 11’avons point d’armes, jointe tant à la misère et à la mal - propreté des liabitans, qu’à la mauvaise qualité de leurs alimens , n’était pas propre h nous rassurer sur une prompte terminaison. Dans vingt individus que j’ai visités, cette fièvre mucoso-bilieuse se montrait compliquée d’adynamie ou d'ataxie. Un grand nombre était tourmenté de douleurs rhumatismales fixes ou erratiques. Chez deux d cuir eux, il y eut complication péripneumouique.
58o HIAT ADTES ÉPIDÉMIQUES
Avant ma visite du 5 mars, un jeune homme âgé de 20 ans, au i5.e jour d’une fièvre mucoso putride, était mort : il avait été saigné deux fuis par un officier de santé du voisinage qui ignorait la nature de la maladie et 11e connaissait pas le traitement convenable.
Je fis appeler de suite M. Michaut, de Longpré, que je chargeai de suivre strictement les instructions que je lui donnai pour remplir les indications qui pouvaient se présenter. De soixante-seize individus attaqués depuis celte époque jusqu'à la fin d’avril, il en est mort deux, dont un avait été traité par un chirurgien voisin , qui s’est permis aussi d’employer inconsidérément la saignée, et l’autre par M. Michaut , appelé , le 6.e jour de l’invasion, par les parens qui avaient eu la sottise d’administrer, probablement sans avis, une forte dose d émétique. Ce moyen, ayant occasionné un grand vomissement de sang, a rendu la maladie mortelle.
Fleury.
Ce village, du canton de Conly et à six lieues sud ouest d’Amiens, est situé sur la rive gauche de la rivière de Selle, dans une vallée ouverte au nord et au midi oii domine un bois d’une grande étendue, environné, à Y est et à 1 ouest, de belles prairies bien plantées; le sol est généralement caillouteux et crayeux. On y voyait encore, il y a deux
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ans, un vieux château ou Henri IV séjourna lorsqu'il fit le siège d’Amiens pris par les Espagnols.
Ce pays est sain ; les vieillards, assez nombreux dans une population de 58o habilans, ne se rappelaient pas d’y avoir vu de maladie épidémique. Les maladies sporadiques qui y régnent le plus ordinairement sont des fièvres bilieuses la plupart intermittentes.
La maladie pour laquelle j'ai été envoyé le 3o octobre 1816, était avec raison regardée comme contagieuse, puisqu’elle a attaqué successivement , depuis la mi-août qu’elle a paru , des individus qui ont porté des secours aux malades et qui habitaient les mêmes lieux. Elle a pris naissance chez une femme indigente, morte au i5.e jour de l’invasion. La femme qui l’a ensevelie fut atteinte de l’infection et la communiqua à une autre âgée de 60 ans, morte au 8.0 jour, à une femme âgée de 4 2 ans, morte au i2.e jour, et enfin à celle dont il sera bientôt parlé.
J’ai cru en x'econnailre la cause première dans la température froide et humide de l’air et dans les mauvais ali mens.
Les quatorze personnes que j’ai visitées m’ont toutes présenté les caractères d’une fièvre muqueuse putride vermineuse, compliquée, chez quelques unes, d'éruption miliaire ou pourprée, chez d’autres, de la diarrhée et de la surdité. Deux, au 7.° et S.1 jour, ont éprouvé une hémorrhagie nasale, présage d’une heureuse terminaison qui s’est effectuée quelques jours après.
u”2 MALADIES ÉPIDÉMIQUES
Mais quel speclacle affreux m’a offert la maison de François Louelle, l'un des plus indigens de la commune! Je trouvai, dans un premier appartement, la femme Louelte, âgée de ans, qui elail au 6o.‘ jour de la maladie, à peine convalescente, et ses deux plus jeunes filles. Dans un second attenant au premier, une lampe appendue a la porte, allumée par une antique et respectable coutume, annonçait par sa flamme lugubre la destruction : en effet, François Fouette, âgé de 46 ans, venait d’expirer au Q.e jour de la maladie ; cl, à la tête du lit mortuaire, étaient les deux filles aînées , l’une âgée de 17 ans, et l’autre de 19. Le délire affreux dans lequel se trouvaient ces deux infortunées leur laissait ignorer la perte cruelle qu’elles avaient faite. Leur retour à la santé aurait été, sans doute, bien pénible et douloureux, si elles n’avaient trouvé des consolations dans les regrets qu ont manifestés , et les pleurs qu’ont versées, sur la tombe de leur père , les habitans de Fleury par l’intérêt qu’ils portaient a cet homme respectable dont la conduite régulière et l’assiduité au travail, en le mettant à même de faire subsister sa nombreuse famille, lui avaient mérité l’estime générale.
La mortalité effrayante de cette épidémie, eu égard au petit nombre de malades, me fit prendre les mesures convenables contre la contagion. J’appelai de suite M. Barbier fils, officier de santé résidant a Conty. En lui confiant le traitement je lui recommandai :
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i.° De faire vomir dans l'invasion, puisque chez toutes les personnes attaquées l’embarras gastrique existait ;
2.0 Dans le cas de constipation , d’entretenir la liberté du ventre a l’aide de l’eau miellée, ou du petit - lait aiguisé avec le tartre stibié ou le sel d epsom ;
5.° L’application des vésicatoires aux jambes, ■dans le cas d’aberration mentale , et de ne point les laisser suppurer lorsqu'il y aurait trop de faiblesse ;
4.0 Pour boissons, l’oxicrat, le petit cidre, la tisane de pommes, la tisane d’orge, la décoction de coraline ;
5. ° Dans le cas de faiblesse, d’ajouter aux boissons un peu de vin d'absinthe ou de gentiane;
6. ° De ne point saigner dans le principe, parce que la saignée exaspère les symptômes d'adynamie et d’ataxie ;
7.0 De ne point purger dans le cours de la maladie et dans la convalescence, parce que les évacuans, en augmentant la 'faiblesse , produisent souvent la mort dans le premier cas, et donnent lieu a des rechutes daus le second ;
8.° De prescrire, dans la convalescence, du vin de quinquina ou d’absinthe, suivant l'exigence des cas;