I .a racine de fougère mâle ( poljrpodium Jilismas
Le semen contra ou semences de Yartemisia contra aut santonica.
De la Saignée.
Je m'abstiendrais de parler de la saignée (i) dans la première période de la fièvre muqueuse , si je uy étais forcé par les malheurs quelle n’occasionne que trop souvent dans les épidémies. L’abus journalier de ce moyen, précieux selon les circonstances , me force de le mettre au nombre de certains autres que l’ignorance ou la mauvaise foi
(0 La saignée par les sangsues est, dans Lien des cas, aussi préjudiciable que celle par la lancette. Les sangsues ne conviennent que dans des phlegtnasies locales très-intenses.
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ont trop consacrés. Le peuple de toutes les classes ne lui sacrifie que trop souvent ce qu’il a de plus cher.
Est-il concevable que la saignée , rangée parmi les débililans du premier ordre, ait pu être conseillée dans le traitement de la fièvre muqueuse caractérisée par la faiblesse de la fibre ? La saignée, en affaiblissant noire économie, n'amènet-elle pas les symptômes d’adynamie et d’ataxie, au lieu de les arrêter, comme le prétend le docteur Broussais? Un médecin observateur doit -il se laisser entraîner ou abuser par la rougeur du visage, l’injection de la conjonctive/’ Doit-il ignorer que celle phlegmasie ne soit souvent passive et ne provienne du relâchement des vaisseaux lym phatiques qui se laissent pénétrer par les molécules sanguines déviant alors par le défaut du ton des capillaires? Le saignement de nez et l’hémoptisie, qui ont lieu en pareille circonstance, doiventils en imposer ? Élevons-nous donc avec force et courage contre cette pratique barbare de faire couler, par une fausse théorie, cette liqueur salutaire. Le sang doit être conservé, puisque jamais on n’en pèrd qu’au détriment de la constitution. Notre vie est dans le sang (i), et notre santé dans sa libre circulation ou sa qualité. Pourquoi donc quelques modernes font-ils beaucoup plus saigner
(i) Anima carnis in sanguine est. Moïse In Levilic. Le même sentiment fait dire h Virgile : Purpuream vomit ille animant.
que ne le faisaient les médecins Grecs? Pourquoi les vieillards mêmes ne sont-ils pas exempts de cette méthode qui, selon Biolan (i), ne devrait jamais être pratiquée, ou que très rarement, sur des hommes au de-là de quarante ans ?
Puisqu’il est reconnu que les fréquentes saignées font perdre l’énergie vitale, quelles altèrent les forces digestives , qu’elles affaiblissent les organes de la respiration, et quelles portent atteinte à la vie, c est en vain qu'on se flatterait que les aliniens réparent promptement la perte du sang.
Chez les sujets d’une faible constitution et dont les humeurs sont appauvries; chez ceux épuisés par le travail, et sur tout les indigens, les saignées sont dangereuses dans les maladies épidémiques , parce qu’elles empêchent les sueurs, les crachats et les selles critiques (2), et quelles entraînent après elles le cortège effrayant des symptômes adynamiques et ataxiques. Dans les péripneumonies gaslro-adynamiques, elles produisent la gangrène des poumons. Dans les fièvres mucoso ou gaslroadynamiques, elles Occasionnent le délire , le coma , les éruptions pourprées ou miliaires , les dé-
(1) Jean Riolan , d’Amiens, mort en t6o5, fût nn des pins zélés défenseurs de la doctrine d Hippocrate contre les chimistes. Nous avons de lui divers ouvrages de médecine et d’anatomie recueillis en 1610. Riolan était très-lettré ; il écrivait et parlait avec une grande facilité. Ses livres sont encore consultés aujourd’hui.
(2) Dum morbi consistant et virent, meelius est quiclem liaberc. Hipp.
voiemcns colliqualifs , les soubresauts des tendons^ les convulsions, etc. Dans le délire, les ventouses sèches, les vésicatoires, les lotions fraîches sur la tête, les bains de pieds, les lavemens , sont bien préférables à la saignée : car si elle ne lue pas tout-à-coup le malade dans les fièvres aiguës, elle donne lieu à des convalescences longues et pénibles et occasionne souvent des dégénérescences ou des accidens gravesi
Conséquemment, ne cessons point de dire qu’on n’a jamais trop de sang ; ne nous laissons pas éblouir par le bien momentané que procure son évacuation dans quelques circonstances. Le calme quelle produit est souvent trompeur et quelquefois suivi d’un sommeil éternel. Aussi, que de reproches ont à se faire ces médecins qui, dans le principe de toute maladie, répandent le sang inconsidérément, même lorsque l’embarras gastrique est très - prononcé , cl cela pour faciliter, disent ils, l’action des évacuans qu'ils emploient secondairement ! Que de générations ont été détruites par la saignée , et combien le sont encore tous les jours !
Pour préconiser la saignée , c’est à tort qu’on s’appuierait de l’exemple de Botal qui la prônait avec extravagance, et de Sydenham qui, maigre la constitution des sujets et le climat de l’Angleterre, la faisait pratiquer, même dans les affections muqueuses. L’expérience journalière prouve a l’observateur que l’Hippocrate Anglais a grossi les
accidens du défaut des saignées, même dans les phlegmasies les plus intenses. En effet, remarquet-on aussi souvent que le prétendent les partisans aveugles de la doctrine de ce grand maître, dont les services qu il a rendus à la science ne doivent cependant pas faire respecter les erreurs, remarque-t-on, dis-je, ces plirénésies dues à l'effervescence du sang, ces suffocations, ces oppressions produites par le défaut de circulation ou la surabondance de sang ?
La saignée, je le répète, est contre-indiquée toutes les E>is que dans le début d’une maladie le pouls est faible, peu fébrile, qu’il y a une alternative irrégulière de frisson , de chaleur et de relâchement , que le pouls n’est pas aussi élevé que dans l’état naturel, et qu’il y a nausées, vomissement, sueur symptomatique ou diarrhée, lièvre intermittente irrégulière.
Quoiqu’on en puisse dire, il me paraît démontré que dans les fièvres muqueuses ou gastriques compliquées d’adynamie et d’ataxie ( après les évacuans toujours nécessités par l’embarras du tube intestinal ), les toniques, les stimulans et les irri tans, comme dérivatifs ou révulsifs, sont les seuls moyens qui puissent être mis raisonnablement en usage pour leur traitement. Cependant, rien de plus Commun que de voir conseiller et pratiquer la saignée en pareille circonstance. Indigné de l’opiniâ-. treté de certains docteurs qui, par système ou par amour-propre, lie voulant pas se rendre à l’évi-
dence, cherchent à se fasciner les yeux, je me jais un devojr de ni élever contre une des pratiques les plus meurtrières adoptée par défaut de raisonnement, ou par toute autre cause.
Les chirurgiens des campagnes, partisans, sans Je savoir, de la doctrine du docteur Broussais (1), non seulement ne se bornent point à torturer leurs malades par des purgatifs, mais ils perpétuent encore l’usage des saignées si rarement utiles, presque jamais nécessaires et souvent funestes. C’est en vain que, pour appuyer la saignée, on se vanterait de quelques succès. Suffit il quelle n’ait point assassiné, pour qu’elle ne soit pas nuisible? En cela, je partage l’opinion des Fernel, des Baillou. Galien, quoique partisan de la saignée , pesait toutes les circonstances avant d’employer ce moyen. Arête et d’autres médecins de l’antiquité saignaient rarement dans les premiers jours des maladies aiguës, quand aucune partie n’était menacée d’une vraie inflammation. Celse et Galien ont prodigué la saignée beaucoup plus qu’ Hippocrate. Galien dit avoir tiré, dans un jour, jusqu’à 54 onces de sang pour couper la gorge à la fièvre.
(1) Ce docteur, attribuant dans les maladies aiguës la faiblesse à l’effet de l’oppression sanguine, soutient que la saignée est efficace. Selon lui, vingt-quatre heuresde prolongation di; mouvement fébrile détruisent plus de force qu une saignée ou deux. En calmant l’irritation on ménage, dit-ilj des forces aux malades : Risum teneatis , anuci.
Je 6uis loin (le partager la folle idée à'Erasistrate, cpii regardait la saignée et les purgatifs comme des moyens odieux et dangereux. Je ne suis pas non plus le partisan du docteur Gay qui , niant l’existence de la pléthore et de l’inflammation, prétend que les fièvres inflammatoires sont idéales et qu’aucune maladie ne demande la saignée , pas même l’apoplexie produite par la surabondance du sang. Malgré tous ses efforts et scs raisonnemens captieux , ce systématique ne pourra jamais contrebalancer la sage pratique du vénérable docteur Porta l, que la confiance du Prince vient d’appeler auprès de sou auguste personne. Le titre d’AROiiATRE n’a jamais été mieux mérité ni plus justement regardé comme le premier de la Médecine française, qu’au moment où il a été conféré à celui dont’ les ouvrages et les nombreux succès lui avaient déjà fait décerner le sceptre du savoir et de l’expérience.
Convenons donc que si la saignée est funeste dans toutes les maladies par faiblesse, et sur- tout dans les épidémies rurales où l’embarras gastrique existe presque toujours , c’est un moyen héroïque dans tous les cas d’exaltation des propriétés vitales, telles que les phlegmasies aiguës chez les sujets d’un tempérament sanguin et d’une forte constitution et chez lesquels un ou plusieurs organes sont opprimés sous le pouvoir d’un excitant à l excès. Elle est salutaire dans les apoplexies san-
guines et toutes les fois qu’il y a, dans un organe quelconque, surabondance du sang, caractérisée par une chaleur extraordinaire , de vives douleurs de la tête et des reins , des lassitudes ; par la plénitude et la dureté du pouls ; par la rougeur du visage, du blanc des yeux et de la langue; et par la chaleur hâbleuse et l’oppression de poitrine.Elle est pernicieuse dans les apoplexies lymphatiques , ou elle produit souvent la mort ou la paralysie. Il faut donc bien se garder de pratiquer inconsidérément la saiguée chez les apoplectiques d’un grand embonpoint dont, par conséquent, les tissus organiques sont très- relâchés : car, au lieu de sauver le malade , comme on se le persuade , la mort arrive plus souvent que quand on a recours a l'émétique joint aux stimulans et aux irrilans. ( Que d'observations je pourrais citer ‘à l’appui de ma proposition ! ) Elle tue dans les indigestions, opinion très - contraire à celle de Bosquillou, partisan outré de la phlébotomie. Elle est dangereuse dans les catarrhes pulmonaires ou elle augmente la turgescence lymphatique. Elle est nuisible le plus souvent dans le temps critique des femmes : elle altère leurs couleurs naturelles, accélère les rides , détruit l’éclat des yeux et en diminue la faculté.
En heurtant de front un préjugé si enraciné , je m’attends à déplaire à bien des gens ; mais, quoiqu’en but à leurs sarcasmes, je soutiendrai imperturbablement qu’il est de l’honneur d’un médecin
observateur de louner contre un système si destructeur de l’espèce humaine, dont je prends la défense autant par conscience que par devoir.
Ne prolongeons pas plus loin celle digression , et revenons au traitement de la i.rc période de la lièvre muqueuse.
Dans le cours de cette période, lorsque la soif est vive et que l’estomac souffre de la trop grande quantité de boissons, on fait sucer des tranches de citron ou d’orange. Les lavpmens simples ou émoiliens, s’il y a constipation, pris le soir, rendent la nuit plus calme : Alvus ducta sœpc suptriores partes resoLvit. Celse.
Contre les douleurs de tête; lotions avec eau. froide ( i ) ou compresses imbibées de vinaigre camphré appliquées sur le front et les tempes, ou cataplasmes avec mie de pain , des baies de genièvre et du vinaigre. Bains de pieds dans de l’eau de savon aiguisée avec de la moutarde ; et sinapismes aux jambes et aux pieds, s’il y a délire.
Des bouillons à l’oseille, des fruits cuits, des crèmes légères de riz composeront toute la nourriture au besoin. S’il n’yr a pas contre-indication, le malade, tant qu’il le peut, doit se lever, se promener, ou au moins rester sur son séant. Si, par sa force morale, il peut résister au délire, les symptômes d’ataxie seront moins graves.
(i) Capiti nihil œque p rodes { atquc aqua frigida. Celse.
4?4 traitement raisonné