‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 97 sur 119 · La position des habitations · texte numérisé non relu

La position des habitations

Les villes et les villages doivent, quand à la salubrité, être établis, autant que possible, sur un sol éloigné des marais, au nord-ouest, à mi-côte, abrité des vents sud-ouest, nord-ouest, et près d’une eau courante , quand les localités le permettent. Mais il s’en faut que, pour rétablissement des habitations, on se comorme h ces préceptes consacrés par le temps et l'observation. Le plus souvent l’intérêt préside seul à ces élablissemens;

5o4 P R O P II Y T, A C T I Q U E fi,

car, dès que les fondateurs y trouvent leur profit, que leur importe la salubrité. Les sources d’eau potable devraient être entourées de barrières pour empêcher les lessiveuses de les détériorer ; et les usines des tanneurs, des teinturiers, devraient être établies sur une eau courante et au dessous des habitations.

Les qualités physiques de l’air, les positions des lieux, le régime, les professions, les exercices, agissent sur les fonctions organiques qu’elles modifient très - sensiblement, et influencent même le tempérament qui dépend toujours de la prédominance d’un appareil organique sur les autres.

La lumière que le soleil lance ou qu’il met en mouvement, étant aussi utile a l'homme que l’air, soit par son influence propre, soit par le calorique quelle dégage des corps, doit faire établir les rues et construire les maisons à 1 est.

•Dans les communes ou les brouillards sont fréquens, les rues doivent être larges, les maisons entretenues proprement, et les fenêtres et les portes à Y est et au sud. Dans les villages bas et humides où les rues sont étroites , creuses et boueuses, les habitans ont le visage pâle et bouffi, le ventre gonflé , les jambes enflées et couvertes quelquefois d’ulcères interminables.

11 est très difficile de sanifier parfaitement les habitations des indigens dans les villages où le sol est très-productif j en effet, la cherté du terrain est cause que les habitans s’entassent- dans des

PROPHYLACTIQUES. 5o5

appartenions très - resserrés. Comme on ne peut point parer à ces incouvéniens , il faut recourir aux moyens les plus propres à diminuer le plus grand nombre d’accidcus produits par ces encom-

bremens.

Ces moyens sont, a mon avis :

1. °De ne laisser construire, dans les villages et hameaux, aucune maison dont le rez de-chaussée serait au dessous du niveau du sol de la rue, parce que dans les temps pluvieux le plancher des appartemens conserve une humidité d’autant plus nuisible à la santé, que l’air se trouve rarementrenouvelé par le défaut de fenêtres ou leur peu d’ouverture.

2. ° D’éloigner des maisons les roussies contenant des fumiers infects qu il faudrait déposer dans les endroits opposés au vent le plus ordinaire.

5.° D’établir les cimetières dans un lieu écarté, de manière que les vents les plus dominans passent sur les habitations avant d’arriver au cimetière; et d’entourer celui-ci d’arbres qui, en absorbant les gaz azote, hydrogène et acide carbonique, versent en échange, dans l’air, de l’oxigène.

4-° D’obliger les particuliers d'enterrer à une grande distance des villages, et h certaine profondeur, les corps d’animaux morts de maladie.

5.° De faire ouvrir de larges croisées et des portes, sur-tout dans les appartenions où l’on couche, pour y faciliter le renouvellement et la libre circulation de l’ajr.

5oG PROPHYLACTIQUES.

G." De donner de 1 écoulement aux eaux pluviales, pour n’cn point laisser de stagnantes - de faire enlever les boues trop abondantes et de soigner le cailloutage des rues.

7.0 De faire rouir le chanvre ou le lin dans des mares ou des ruisseaux éloignés des villages, et sous les vents dominans.

8.° De diminuer le nombre des mares en creusant beaucoup celles jugées indispensables , et de les éloigner un peu des habitations ; par ce moyen , on aurait toujours de l’eau en cas d’incendie, et pour les bestiaux dans les plus grandes sécheresses , dont le manque occasionne souvent des pertes considérables.

g.0 De forcer les cultivateurs qui auraient du blé germé ou de mauvaise qualité, par quelque cause que ce fut , à l’enterrer, ce qui vaudrait mieux que de le faire manger par des animaux qui pourraient eux-mêmes en être incommodés.

io.° De faire boire aux ouvriers, dans les chaleurs de l'été, de l’eau vinaigrée, à défaut de cidre et de bière, parce que j’ai remarqué, chez beaucoup d’entr’eux, des affections chroniques par suite de l’usage , pour toute boisson , de l’eau contenant en dissolution des sels calcaires.

n.° De représenter aux campagnards les dangers de l’abus de l’eau - de - vie ; car, s’ils étaient sobres de celte liqueur et s’ils avaient soin de se prémunir contre les intempéries de l’air, sur tout de l’humidité, ils parviendraient toujours à un âge très-avancé;.

PROPHYLACTIQUES. 5c>7

Au surplus, ceux qui voudront avoir des connaissances plus approfondies sur 1 hygiène publique et privée, pourront consulter les intéressans travaux de l’illustre professeur H allé , consignés dans la partie médicale de l’Encyclopédie méthodique.

§ II

Moyens préservatifs pour les personnes qui habitent UN LIEU OU REGNE UNE EPIDEMIE ET QUI NE SONT POINT OBLIGEES HE SECOURIR LES MALADES.

Il faut recommander à ces personnes :

Page 1