‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 98 sur 119 · De ne point fréquenter les maisons infectées · texte numérisé non relu

De ne point fréquenter les maisons infectées

2. ° De renouveler souvent l'air de leurs appartenions du côté opposé au foyer de la contagion. ( Il est d’observation que l’air infecté des plus mauvaises odeurs ne donne pas toujours des maladies contagieuses ; tandis que celui qui paraît le plus pur , renferme quelquefois un poison mortel ) :

5.° Les exercices modérés, au grand air et loin des marais , parce qu’eu augmentant , par le mouvement, l’action vitale de la peau, on a moins à craindre l’infection; d’ailleurs, les exercices, en précipitant le passage des alimens, les empêchent de tourmenter , par un trop long séjour , la sensibilité des membranes muqueuses; il est aussi reconnu qu’un trop long repos, l’excès du sommeil, sont nuisibles eu ce que les fonctions de nos organes souffrent beaucoup de leur inaction :

5o 8 PROPHYLACTIQUE S.

4 i-° D entretenir l’âme dans un état continuel de fermeté et de sécurité; car, les passions violentes causent de grands troubles dans les systèmes nerveux, circulatoire, respiratoire, digestif et secrétoire ; et j ai toujours remarqué que les personnes, sur lesquelles la crainte n’avait aucune prise, échappaient le plus souvent à la contagion ;

5. ° De ne rien toucher de ce qui peut avoir été mis en contact avec les malades ;

6. ° De ne point sortir à jeun , sur - tout lorsque l’air est humide :

7.0 De fumer ou de mâcher du tabac ou des plantes aromatiques qui excitent les organes salivaires et qui, par leur tonicité, crispent les vaisseaux absorbans capillaires :

8.° I es alimens nutritifs assaisonnés avec oignon, ail, raifort, poivre, girofle, muscade, moutarde, qui, en stimulant les organes digestifs, entretiennent les forces de l’estomac et qui , sans vertu spécifique, contribuent cependant à défendre les parties de notre organisme des atteintes des principes délétères disséminés dans l’air ambiant.

y.0 Les boissons toniques : parmi elles le vin tient le premier rang; cette liqueur est nutritive, bienfaisante , amie de l’estomac et fortifiante lorsqu’elle est prise modérément.

Le cidre fort, la bicre la plus généreuse, ne le remplacent que faiblement. Le café convient aux personnes d’un tempérament lymphatique ou grasses.

prophylactiques. 5og

Les liqueurs fermentées et les acides sont avantageux dans celte circonstance pour arrêter, selon l’opinion des Humoristes , les fermentations intestines de nos humeurs et corriger la bile tendante à la putréfaction, ou, d'après les Solidi stes , pour donner du ton a nos organes et nous fortifier contre les influences auxquelles il n est pas toujours possible de se soustraire.

On doit corriger l’insalubrité des eaux par l'ébullition et le vinaigre, parce que, comme le dit fort bien le docteur Pringle , si les maladies épidémiques, qui faisaient autrefois des ravages dont les tableaux, d’après l’histoirè, sont efirayans, deviennent rares aujourd hui , on le doit à une plus grande consommation de vin, de bière, de café, de thé et de sucre :

io.° De ne point se faire saigner: de ne pas prendre de purgatifs ni autres remèdes dits de précaution, car toute espèce d'évacuans, par leur vertu débilitante , disposent toujours aux maladies : en effet, que de malheurs en sont la suite!

x i.° La plus grande propx*eté ; changer fréquemment de linge et d habits, qu’il faut avoir soin d’exposer a l’air et aux fumigations acides.

i a.0 De se baigner dans de l’eau froide quand les vents du sud soufflent, ou de se laver avec de l’eau froide à laquelle on ajoute du vinaigre : i3. De ne point passer brusquement du chaud au froid; de se prémunir contre les pluies et les coups de soleil; de ne point s’exposer au serein,

5lO PROPHYLACTIQUES,

parce que ce météore raéplij tique , formé par la condensation des vapeurs qui s’élèvent de la surface des marais pendant la chaleur du jour, nuit à la vitalité de nos organes ; ces exhalaisons suivent la direction des, vents, portent souvent au loin , et même sur les lieux élevés , leur action délétère, tandis que les villages des vallées n’en sont pas atteints.

Ainsi, les personnes qui ne se laissent point intimider, qui font usage d’une nourriture saine et abondante, qui sont propres, qui ne font point d’excès dans aucun genre, et qui portent un exutoire tel que séton, vésicatoire ou cautère, sont le plus à l'abri de l’infection dans le cours des maladies épidémiques.

§ III

Des moyens préservatifs tour les individus qui

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