‹ Traité élémentaire des réactifs, leurs préparations, leurs emplois spéciaux et leur application à l'analyse. Supplément contenant les nouvelles recherchesChapitre 11 sur 19 · PAR LES PRÉPARATIONS CUIVREUSES · texte numérisé non relu

PAR LES PRÉPARATIONS CUIVREUSES

I. Un travail dû à M. Orfila , et qui est relatif à l’empoisonnement par les préparations cuivreuses , est d’une liante importance; il porte sur les questions suivantes au nombre de quatre.

Peut-on déceler des atomes d’un sel cuivreux mélangé ou combiné avec une forte proportion de matière organique?

Il résulte d’expériences nombreuses cl variées (condition qui, en pareille matière, peut seule donner quelque valeur aux assertions) qu’il est possible de déceler des atomes d’un sel cuivreux mélangé ou combiné avec une grande quantité de matières organiques par suite d’un empoisonnement, en faisant bouillir pendant quelques heures la masse suspecte avec de l’eau distillée, et en traitant ensuite le décocté par l’un des deux procédés dont suit la description :

1“ Carbonisation par l’ acide azolicjue. — On fait évajiorer le décodé jusqu’à succité dans une capsule de porcelaine, puis on carbonise le résidu en le chauffant avec de l’acide azotique distillé sur de l’azote d’argent, et marquant 4i° à l’aréomètre de Baumé. On fait bouillir pendant une heure le charbon obtenu avec de l’acide chlorhydri(|ue pur et concentré , additionné de quelques gouttes d’acide azotique; après quoi on étend la liqueur d’eau distillée, et on la fait bouillir avec de l’eau régale pour la décolorer; on réitère ce traitement jusqu’à ce que la liqueur soit devenue presque lout-à-fait incolore , ou du moins qu’elle n’ait plus qu’une teinte jaune-clair ; alors on fait évaporer, on dissout le résidu bien desséché dans l'eau distillée acidulée par une ou

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(leux gouttes d’acide cliloiiiydricjuo , cl on filtre. Le liquide obtenu renl’crnie du cuivre; car dans l’espace de vingt-quatre heures au plus, il laisse dciposer ce métal sur une lame de fer; si on le soumet à faction d’un couiant de gaz acide sull'hydrique lavé , il fournit du sulfure de cuivre mélangé de soufre et de matière organique, et ce produit recueilli, lavé , desséché à une douce chaleur, puis chaufle avec de l’acide azotique concentré , se change en sulfate de cuivre dont il est facile de constater la présence à l’aide de l’ammoniaque, du cyanure jaune de potassium et de fer, de la lame de fer, etc.

Trademenl par iazoïaïc de potasse. — On mélange le décodé aqueux avec une suflisante quantité d’azotate de potasse cristallisé et bien pur; on fait évaporer à siccité et on brille le résidu par petites portions , dans un creuset de porcelaine neuf préalablement chauffé au rouge. Celte combustion opérée, on relire le creuset du feu, et lorsque la matière commence à se solidifier, on verse de l’eau distillée, par gouttes seulement, afin de la délayer et de pouvoir la retirer du vase; on introduit la liqueur qui en résulte dans un verre à expérience, et on l’abandonne à elle-même. Au bout d’un certain temps , on sépare par décantation le dépôt en général pur et abondant qui s’est rassemblé au fond du verre, on le lave avec de l’eau distillée, on le chauffe dans une capsule de porcelaine pour le bien dessécher, puis on le fait bouillir avec de l’acide chlorhydrique pur, et après l’avoir étendu d’eau distillée on filtre. Le pi-oduit est saturé par un excès (l’ammoniacjue liquide, porté à l’ébullition, et filtré de nouveau. Ce soluté évaporé jusqu’à siccité, puis repris par une petite quantité d’eau et additionnée d’une goutte d’acidc chlorhydrique, laisse déposer dans l’espace de quehjues heures une couche cuivreuse sur une lame de fer.

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En outre il pourrait se faire qu’une certaine quantité de bi-oxide de cuivre fût restée adhérente aux parois du creuset; il est indispensable de laver celui-ci avec de l’acide chlorhydrique pur, étendu de son volume d’eau distillée, et de chauffer jusqu’à la température de l’ébullition; on traite le soluté obtenu comme il vient d’ètre dit.

Il convient d’ailleurs de ne jamais employer le procédé dont il s’agit sans' être préalablement assuré que le creuset et l’azotate de potasse qu’on doit employer ne fournissent point de cuivre.

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