EMPOISONN. PAR PRÉPARATIONS CUIVREUSES
en desséchant le décodé lillré et en le carbonisant par l’acide azotique, ou en le décomposant par l’azotate de potasse.
10° Que même au bout de six heures, à l’aide de l’eau bouillante, on ne dissout pas la totalité du sel cuivreux absorbé, mais on en extrait assez pour mettre son existence hors de doute.
11“ Que l’eau distillée, après une heure d’ébullition, ne dissout aucune trace de cuivre normal contenu dans nos tissus; celui-ci ne peut être séparé en partie que par les acides concentrés, et en totalité par l’incinération, en sorte que l’expert devra conclure qu’une préparation cuivreuse a réellement été ingérée pendant la vie , soit comme poison , soit comme médicament, s’d obtient du cuivre d’un décoctum aqueux préparé en faisant bouillir pendant une heure, avec de l’eau distillée, les viscères ou les muscles d’un individu que l’on soupçonne être mort empoisonné, à moins qn’il ne soit prouvé que cette préparation cuivreuse est arrivée dans les organes par suite d’une imbibilion cadavérique.
1 2„ Qu’il est préférable de soumettre à l’ébullition aqueuse d’abord des viscères du canal digestif, puis les organes abdominaux qui n’ont pas été touchés par ce canal, et d’agir ensuite sur les portions qui ont été en contact avec l’estomac et les intestins; en opérant ainsi, on est assuré de retirer constamment une plus grande quantité de poison de ces dernières, et de recueillir des renseignements propres à faciliter la solution des questions que l’on pourrait être tenté de soulever à l’occasion de l’imbibition.
i5° Que si les recherches médico-légales, au lieu de se porter sur les organes , avaient pour objet les matières alimentaires ou excrémentitielles contenues dans le canal digestif ou les liquides vomis , il faudrait faire bouillir ces matières pendant une heure avec de l’eau distillée , filtrer la liqueur ,
ia clessccliei- et la décomposer par l’acide azotique pur ou par l’azolate de potasse exempt de cuivre; la présence de ce métal dans le produit de la décomposition permettrait d’affirmer qu’une préparation cuivreuse a été prise comme poison ou comme médicament , à moins que le poison n’eùt été injecté dans le canal digestif après la mort. Quoique les sels cuivreux intimement combinés avec des matières organiques ne se dissolvent qu’en petite quantité dans l’eau bouillante, la dissolution, comme je l’ai déjà dit, contient cependant assez de ce méttil pour qu’une lame de fer puisse l’extraire.
i4“ Que si après avoir traité ces matières par l’eau bouillante , on n'avait point trouvé de cuivre , on aurait tort de les soumettre à l’action des acides forts ou à l’incinération dans l’espoir de découvrir le cuivre qui aurait pu empoisonner, parce qu’en supposant même qu’on en obtînt, on ne pourrait pas conclure que ce métal provient d’un sel cuivreux ingéré comme poison ou comme médicament, attendu que plusieurs substances alimentaires contiennent du cuivre normal susceptible d’être décelé par l’incinération; mieux vaudrait alors renoncer à la recherche du cuivre dans ces matières alimentaires et soumettre à l’action de l’eau bouillante le canal digestif, le foie, lu rate, les reins, etc., connue je l’ai déjà dit.
i5“ Que tout en admettant avec M. Devergie que la proportion du cuivre normal contenu dans les intestins de l’homme et de la femme adultes ne dépasse pas 46 milligrammes , je ne saurais adopter avec lui qu’il y ait une certaine importance médico-légale à tenir compte de celte proportion pour décider, à l’aide de l’incinération, si le cuivre obtenu est ou non le cuivre normal , parce que , comme il le dit lui-même, la quantité de cuivre normal trouvée dans le petit nombre d’expériences qu’il a faites sont trop variables pour que l’on puisse considérer le chiffre indiqué comme