‹ Traité élémentaire des réactifs, leurs préparations, leurs emplois spéciaux et leur application à l'analyse. Supplément contenant les nouvelles recherchesChapitre 16 sur 19 · ARTICLE VIL · texte numérisé non relu

ARTICLE VIL

DU SANG

SES CARACTÈRES, SES PROPRIÉTÉS; MOYENS DE RECONNAITRE LES TACHES PRODÜITES PAR CE LIQUIDE,

Les médecins-légistes, les phai'maciens-chimistes, sont souvent consultés par la justice pour reconnaître : i" si des taches qui ont été trouvées sur des instruments en fer, en acier , en bois , ont été causées par du sang ; 2° si des taches donnant à des tissus la couleur rose , brune ou rouge-brun, sont des taches de sang; mais rien n’indique l’époque à laquelle furent faites les premières recherches qui ont eu pour but d’éclairer cette belle question médico-légale, question qui depuis a été un sujet de controverse utile en ce sens, que l’on a acquis une expérience qui peut être mise à profit dans une foule de questions à résoudre.

En consultant les documents imprimés, on voit: i*" que, dès 1823, M. Orfiia avait , dans une de ses leçons à la Faculté de médecine , traité cette question; 2" que M. Lassaigiie, en 3825, s’en était occupé, mais qu’il renonça à publier ses travaux ; 3» que nous fîmes connaître la même année par une lecture faite à l’Académie royale de médecine les essais chimiques (jtie nous avions faits poui- établir la différence qui existe entre le fer oxidé par l'eau et le fer oxidé par le sang.

Depuis , divers auteurs se sont occupés soitdu même sujet.

l34 SUPPLEMENT AU TRAITÉ DES RÉACTIFS.

soit (le faits qui s’y rapportent, et ils ont agrandi le cercle de nos connaissances.

Si l’on remonte aux recherches primitives faites sur le sang, on peut voir que (|uelques unes de ces recherches ont été appliquées depuis à l’examen de la question, considérée sous le point de vue médico-légal; on voit ;

1“ Que Leuwcnoeck et Ilarisoëker se sont occupés de la structure des particules du sang, et qu’ils y ont reconnu une structure globuleuse dont Boerhaave s’occupa par la suite ;

2“ Que Lemery signala la présence du fer dans le sang , dont on peut tirer quelque parti, et que Menghini détermina la proportion du fer dans ce litpiide (i);

5° Que Fourcroy fit connaître l’action du tannin sur le sang.

Des recherches niicrosco^ncjues.

Les recherches microscopiques faites sur le sang ont signalé l’existence de globules dans ce liquide. Cette existence, qui a été niée par plusieurs auteurs, a été démontiée d’une manière positive par Leuvvenoeck , Hartsoëker ; l’aspect particulier qu’ils présentent a été déterminé pai- Hevvson , Ma.gny, Weiss, Meig.Poii, Sprengel , Gruithuisen , Home, Rudolphi , Prévost ci Dumas; enfin, on a cherché à déterminer leui- gi‘osseur , leur volume, leurs propi iélés physiques, leur nature chimique, la proportion de ces globules

(i) Nous ne voulons point pailer d.ins ce travail des auteurs qui ont exainioé le satif; sous d’autres points de vue, nous auiions trop à faire, et il faudrait cilet les travaux de Riiyscli , de Haies, de Hoffman , de Lanprish , de Ctieyne, de Swencke , de G.uibius, de Rouelle, de Hrwson , de Bucquet, deDehaen, de Cygna, de Lavoisier, de Meuiier, deGodwin, de Deyénx et Parmentier, de Fourcroy, etc., etc.

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dans une quantité donnée de sang , leur formation , leur état de vitalité.

La grosseur de ces globules a été le sujet d’opinions diverses. ]Malpi{]lii admettait cliez le môme animal trois ordres de globules. Schmidt n’admettait qu'une seule classe de corpuscules quehiuel'ois inégaux entre eux. Kirmer dit avoir observe que les globules du sang artéiael sont plus petits que les {ilobules du sang veineux. On a dit aussi : i® que la taille de l’animal n’influe pas sur le volume des globules, mais qu’il existait dans un corps une gi’andc différence scion les classes et selon les geni-es; 2" que dans plusieurs mammifères ils étaient plus petits que chez l'homme, que souvent ils sont aussi volumineux , et que l arement ils le sont davantage; 3° que le volume des globules aux diflércnts âges de la vie ne paraît pas changer. Hewson n’était pas de cctavis, il croyait que les glohules étaient plus volumineux dans le sang des jeunes animaux.

Le volume des globules a été examiné, et plusieurs auteurs, Jarni, Euler, Tabar, Haies, Schreiber, Senac, Meister, Haller, Weiss, Autenrieth , Blumenbàch et Burdach , Sprengel, Budolphi, Home, Prévost et Dumas ont indique ces mesures; mais les mesures données pour le diamètre ne SOI t pas les mêmes, elles varient de 1/1700 de pouce à 1/3, Goo. 3LM. Prévost et Dumas ont porté cette mesure à i/55o de millimètre (i).

La forme des globules a été, comme nous l’avons dit , le sujet de recherches; on a trouvé (ju’examinés hors du corps

(i) MM. Prévost et Dunifis out trouvé, i® que les globules du sang de rhomnie, du chien, c’a lapin, du cochon , du hérisson, du cochon d’Inde et du muscadin , sont égaux en diamètre; 2“ que les globules du sang de bœuf, de mouton, d’oreillard, de cheval, de mnlet sont aussi égaux en diamètre.

l36 SUPPLÉMENT AU TRAITE DES RÉACTIFS.

les "lobules sont ronds chez les mommifères , lenticulaires et elliptiques chez les oiseaux et chez les animaux vertébrés à sau{ï froid , qu’ils varient de forme chez les poissons, qu’ils sont tout-ù-fait plats chez les batraciens.

On a dit: que ces globules sont formés d’une enveloppe soluble dans l’eau, et d’un noyau insoluble dans ce liquide; 2® que les globules forment la partie colorante du sang; 3“ qu’ils sont plus ou moins transparents , très mous , lorsque le sang s’arrête dans les vaisseaux ou qu’il en est sorti , qu’alors ils se résolvent en liquide et se collent les uns avec les autres; 4° que le noyau est formé de fibrine.

Si l’on consulte ce qu’a dit Sprengel de la proportion des globules dans le sang , il y aurait 9,000,000 de vésicules sur une surface d’un pouce carré; on dit qu’on a observé que la quantité de ces globules diminuait chez les animaux qui avaient jeuaé, le sang étant alors plus séreux.

La formation des globules ne se rapportant pas à notre sujet, nous renverrons, pour ce qui a été dit à ce sujet, à un ouvrage publié par MM. Prévost et Dumas sur le développement du cœur (^Bulletin des Sciences médicales, 7" cahier, p. 218). Nous ne nous occupci’ons pas non ])!us de la vitalité des globules du sang qui a été le sujet des travaux dus à Heidmann, Treviranus , Schmidt, Schuiz , Turpiu.

L’emploi du microscope pour déterminer la naUire du sang et (àii e reconnaître si du sang existant sur un corps est dît à un homme ou à un animal, a été le sujet de controverses; des savants établissaient que l’on pouvait se servir de cet instrument pour décider la question , et que l’emploi du microscope, à Genève , avait permis de se prononcer dans un cas de médecine légale , et de décider que du sang soumis à l’expérience et considéré comme du sang d’homme, était du sang (le bœuf; d’autres établissaient le contraire. La question fut tranchée |>ar la personne à qui l’on attribuait l’applica-

DU SANG

(ion du microscope, en médecine légale: elle déclara que jamais elle n'avait eu à s’occuper do taches de sang. Celle déclaration donna lieu à une polémique; mais nous n’en parlerons pas ici. Noire bul n’esl pas de rappeler des discussions qui doivenl être oubliées par les auleurs qui y onl pris pari, mais d’élucider la queslion.

Appelé par les iribunaux à diverses reprises pour examiner des lâches, reconnaître si elles étaient dues à du sang, j’aidû faire el j’ai lùit des recherches en m’aidant du microscope ; mais les soins apportés à ces expériences, les diverses manières d’agir mises en usage n’ont pu me permetire de saisir de ces laits, des caractères qui puissent permettre de se prononcer dans des (|ueslions d’une si haute gravité.

On doit donc conclure que l’examen microscopique du sang qui peut présenter des faits curieux ne peut être utile jusqu’à présent dans des cas de médecine légale. L’opinion que nous émettons peut être adoptée, car elle est sanctionnée par les expériences de Dumas , par les écrits d’Orlila et par les observations de Raspail.

Examen du sang.

Le chimiste n’est pas souvent appelé pour reconnaître le sang à l’état liquide; les caractères tranchés de ce fluide dans ce cas le lui feraient facilement distinguer, car on connaît la couleur particulière de ce fluide, son odeur, sa saveur pariïcuiiere , sa solidilicaiion , sa séparation en caillot et en sérum. Si on ajoute à cela la propriété qu’il a d’être coagulé par la ()luparl des acides, celle d’être liquéfié par les alcalis, on verra qu’il est difficile de le confondre avec d’autres produits liquides de nature animale; mais le chimiste est parliculièrement appelé pour reconnaîti'e le sang desséché, les taches supj)oséos laites par ce liquide. C’est de ces produits que nous allons nous occuper.

l38 SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES RÉACTIFS.

Du sang desséché sur divers objets.

Le sang desséché, selon qu’il a été répandu en plus ou moins {jrande quanlllé , selon la pénélrabiiiié des objets , présente des dilTéi ences qui méritent d’être exaniinées.

Nous avons reconnu r i” que du sang répandu sur du bois, et qui s’y étau desséché, se présentait sous forme d’écailles luisanies d’un asfiect noirâtre à la pai tie supérieure, qui se trouvait en contact avec l’air, et d’une couleur brune terne à la partie adhérenie au bois ; quel(|ue(’üis on remar(|uait que la partie des écailles qui était exposée à l’air était luisante sur les bords seulement, et ternes dans la partie moyenne. Ces écailles séparées et écrasées sur un papier fournissent une poudre d’un brun rougeâtre qui, mouillée avec une petite quantité d’eau, prennent une coulcui’ de sang; mais celte couleui- n’est pas vive, elle est terne et d’une couleur brune rougeâtre. Le mélange, résultat de l’eau et du sang, est comme muqueux; il laisse sur le papier une tache qui lui donne de la solidité, et qiiel(|uefois du brilltmi, comme si le papier avait été gommé. Du sang desséché sur tki bois dans une étuve présentait aussi ces caractères; mais comme le caillot était très épais, on remarquait dans le milieu des espèces de lames, qui, examinées à la loupe, présentaient, dans quelques parties, des points de couleur rouge de sang.

2'’ Que (les taches de sang faites sur ilu drap se présentaient de diverses manières : les unes, qui avaient pénétié le tissu, étaient brunes et présentaient dans quehiues points du brillant, dans d’atitres des parties ternes. Nous avons quelquefois vu des taches dont le milieu terne était cerné d’une auréole formée du sang même (jui avait formé la tache, et qui , au lieu d’être terne, était d’un brillant très vif.

Les écailles détachéesjdu drap se réduisaient en poudre de

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couleur brune, poudre qui avec de l’eau fournissait une matière plus ou moins liquide, selon la quaniiié d’eau ajoutée, mais muqueuse; celle matière tachait le papier comme le ferait le sanfj, en roujqebrun.

5“ Que les lâches sur la soie que nous avons été à même d’examiner n’avaient pas pénétré le lissu; elles étaient brillantes sur toute la surface, on pouvait facilement enlever le sang desséché qui fournissait une poudi’e de couleur brune rougeâtre, donnant par l’eau les caractères que nous avons indiqués plus haut.

4° Que les taches sur les tissus de fil , la toile, le calicot, pénètrent le plus souvent ces tissus. Ces taches sont presque toujours ternes, de couleur brune, lorsqu’elles sont d’une certaine dimension; on remarquait quelques unes des parties qui étaient brillantes. Nous avons quelquefois reconnu dans de ces taches des pai-iies saillantes qui étaient formées par un caillot. Ces taches varient pour la couleur; nous en avons vu de couleur rosée, d’autres brun-clair ; nous en avons aussi examiné d’une couleur brune très foncée.

5" Que les taches de sang provenant de la dessiccation de ce liquide sur du fer, le fer étant poli, se présentaient sous forme d’écailles brillantes à la pai'lie su|)éricure. Ces écailles, qui souvent s’enlèvent avec l'a.cdiié, présenientalors les mêmes caractères que le sang desséché sur d’autres corps.

G° Que les taches de sang formées par la dessiccation du sang sur le cuivre présentent des caractères analogues. Nous avons été à même dans une affaire, l’affaire Blache, d’examiner de semblables taches , et nous avons reconnu que le cuivre n’avait subi aucune altération sensible par son contact avec le sang.

Examen du sang desséché.

Si l’on doit opérer sur du sang desséché et se présentant

l4o SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES RÉACTIFS.

SOUS lii (orme d’écailles , on agfit de la manière suivante : on prend les écailles, on les place selon f|a’elles sont plus ou moins volumineuses dans un tissu qui varie pour la largeur des mailles.

Si l’on a affaire à des écailles très petites et presque pulvérulentes, on les place dans de la mousseline claire; on en forme un nouet que l’on suspend dans un verre rempli d’eau distillée, de façon que le nouet, tout en trempant dans le liquide, soit placé à la partie supérieure du vase, de sorte qu’on puisse examiner le fond de ce vase et ce qui s’y passe.

Si on a affaire à des écailles plus grosses , à des caillots de sang desséché, on les place dans un morceau de tulle, on forme un nouet que l’on fait plonger dans l’eau, comme nous l’avons dit. Si l’on examine ce qui arrive, bientôt on voit que la matière colorante du sang se dissout dans l’eau , et comme cette matière colorante et l’albumine sont solubles et fournissent un liquide plus dense que l’eau distillée , on voit celte solution descendre sous forme de stries qui se ramassent au fond du vase à expérience, forment une couche d’un liquide, qui est plus ou moins coloré eu rose, en rouge de sang ou en rouge brun , selon que la quantité d’écailles formées par le sang , et qui est mise en expérience , est plus ou moins considérable.

Si l’on examine celte liqueur colorée , ou voit qu’elle présente les caractères de la dissolution du sang dans l’eau , caractères que nous décrirons plus loin.

Nous avons dû examiner le laps de temps nécessaire pour épuiser les écailles de toute la matière colorante eide l’albumine, et nous avons vu que de ces écailles laissées en contact avec l’eau pendant vingt-quatre heures cédaient encore à l’eau après ce laps de temps de la matière colorante; il est bon cependant de faire observer (pie la plus grande partie

UU SANG

(le cette matière est d’abord enlevée par l’eau, mais que le caillot retient ensuite assez foi tomeni les dei nièi'cs portions d’albumine et de matière colorante.

Si au bout de vingt-quatre heures on ouvre le nouet, on voit que les écailles ont augmenté de volume, et on trouve alors un caillot composé de fibrine qui retient et de l’albumine et de la matière colorante. Ce caillot, trituré dans un petit mortier d’agate avec de l’eau distillée, fournit un liquide coloré en brun , et un dépôt qui se précipite au fond du vase, et qui est formé de fibrine; mais cette fibrine est en grande partie altérée, elle a perdu une partie de ses caractères.

Examen de l’eau qui a dissous l’albumine et la matière colorante du sang desséché.

L’eau provenant du traitement du sang desséché, et qui était, soit sous la forme d’écailles, soit sous celle de caillot, soit encore sous des formes diverses lorsque ce liquide desséché a formé des taches sur divers tissus , présente les caractères suivants :

Elle est plus ou moins colorée selon la quantité de sang qui l’a fournie; elle est, lorsque le sang est en petite quantité, d’une couleur rouge tirant sur le rose; avec une plus grande quantité elle va jusqu’à la couleur rouge brun.

Soumise à l’action de la chaleur dans un tube de verre fermé à Tune de ses extrémités , on voit d’abord la liqueur se troubler; portée à l’ébullition, il y a formation d’un coagulum , coagulum d’une couleur gris verdâtre , sans trace de coloration en rose ou en rouge; le liquide qui surnage est incolore ou légèrement coloré en jaune verdâtre.

Ce coagulum , traité par la solution de potasse à l’alcool se dissout rapidement ; la liqueur acquiert une couleur rouge

\l\‘l SUPPLÉMENT AU TRAIlÉ DES RÉACTIFS, brune l()i (|u’elle est vue -par rcfiaclion, el verte vue par réflexion. Si la dissolution de sanj; était trop éteialue pour que le coajîuluin (’ùl très sens ble , la li(pieur se trouble seulement et elle prend une teinte opaline , mais elle reprend , par l’addilion d’une seule {joutte de solution do potasse, de lu limpidité. Lu liqueur a alors une teinte rougeâtre ou verdâtre, selon qu'on la rc{}ai(le par réflexion ou |)ar réfraction. Si l’on traite alors la dissolution potassirpie par le chlore et par l’acide hydrochlorique , il y a (’ormatioii de flocons blancs de matière animale coagulée qui se précipitent.

Quel(|ues savants ont pensé (|u’on pouvait confondre les taches de sang avec des taches dues à des inélarges d’albumine et de matières colorantes; mais cette opinion a été combattue par divers articles publiés dans les journaux scienlitiques par Vau(|uebn , par 31M. Orlila , Melli , etc.

Nous avons voulu faire des essais, et à cet elTet nous avons préparé des liqueurs albumineuses ayam la même coloration et la même consisiance que celle de l’eau rongie par du sang; nous avons fait réagir sur ces liipieurs dilTerenls produits. Nous allons consigner ici les résultats qi e nous avons obtenus et qui confirment ceux obtenus par Vauquelin, 313J. Orfila et Melli. Voici ces résultats :

Action de la chaleur.

Veau colorée par le sancj est légèrement trouble; sa couleur d’un rouge brunâtre. Le coagulum qu’on obtient par la chaleur a une couleur gris verdâtre; la liijiieur n'est pas colorée ou elle l’est en jaune verdâtre ; par la potasse elle prend la couleur brune vue par rérractiou , verte vue par réflexion.

L’eau colorée par la cochenille et qui contient de ralbumine est limpide , elle a une couleur rouge de vin ; exposée à l’ac-

Dü SANG.

lion (le la chaleur, elle fournit un coa{îulum , mais la liqueur * dans laquelle se trouve ce coaguluni n’est pas décolorée”; par la potasse elle prend une couleur lilas.

L’eau colorée par du bois de Brésil ou de Fcrnambouc , contenant de ralbumine, est d’nne couleur roii{jc, elle est limpide; par l’action delà chaleur elle fournit uncoagulum, mais elle ne se décolore pas par la potasse, elle prend une couleur rouge de vin.

L’eau colorée par la garance et contenant de l’albumine est d’une couleur bi unûire se rapprocbanl le plus de l’eau colorée par le sang. Elle fournit par la chaleur un coagulum, mais elle ne se décolore pas; elle fournit par la potasse une couleur lie de vin.

Action de l’éther.

L’eau colorée par le sang, mise en contact avec l’élher, fournit un coagulum qui s’élève et reste pour la plus grande partie en suspension avec la couche éihérée ; ce coagulum est gris rosâtre; la couleur à la partie inférieure a une couleur rosée. '

L'eau colorée par la cochenille et contenant de l’albumine donne avec l’ediei- un coagulum de couleur rosée (p;i se dépose au fond du flacon. La liqueur surnageante est limpide et incolore.

L’eau colorée par le bois de Brésil et contenant de l’albumine donne avec l’éther un coagulum rouge qui se piécipite au fond du flacon. La liqueur surnageante est limpide et colorée en jaune d’or.

L’eàu colorée par la garance et contenant de ralbumine mêlée avec l’élher fournil un coagulum (|ui se précipite au fond du liacon. Le rujuide surnageant est limpide et coloré en jaune paille. Ces quatre liquides sont restés plusieurs joui-s dans cet état.

l44 SUPPLÉMENT AU TRAITE DES RÉACTIFS.

Action de l’acide su/flujdrujue.

L’eau colorée par le sang prend avec l’acide hydrosulfiirique une couleur verdâtre. Le liquide devient louche.

L’eau colorée avec la cochenille (i) prend une couleur lilas.

L’eau colorée par le bois de Brésil prend une couleur jaune-orangé; enfin elle se décolore (2).

L’eau colorée par la garance prend une couleur brune. La liqueur se trouble.

Action de l’acide nitrique.

L’eau colorée par le sang, traitée par l’acide nitrique , four-, nit un coagulum gris-rosé.

L’eau colorée par la cochenille un coagulum et un liquide couleur de chair.

L’eau colorée par le bois de Brésil se coagule. La liqueui' prend la couleur d’acajou clair.

L’eau colorée par la garance fournit un coagulum. La liqueur a une couleur jaune.

Action de l’ ammoniaque.

L’eau colorée par le sang avec l’ammoniaque ne change pas sensiblement; l’eau coloi’ée par la cochenille se colore en cerise-foncé; celle par le bois de Brésil, en rouge œillet; celle avec la garance se fonce et brunit.

(1) Nous cesserons ici J’ajouler chaque fois et contenant de l’albumine ; il est bien entendu que tous ces liquides essayés contenaient ce principe , mais nous voulons éviter des répétitions.

(2) Les couleurs primitives avec quelques modifications réapparaissent par suite de l’exposition à l’air.

DT! sawt;

Aciion (lu chlore.

L’eau colorée ])ar le saruj avec le chlore se colore en vert; avec un excès de chlore, il y a décoloration. La liqueur avec la cochenille se décoloi e , avec le bois do Brésil prend une couleur jaune , avec la garance une couleur rouge-jaune. En dosant les (luantités de chlore ajouté on peut avoir des colorations d’une manière marquée (1).

On peut encore , à l’aide de la noix de galle , de l’acide hydrochlorique et d’autres réactifs , obtenir des différences dans les précipités et dans la coloration des liqueurs; mais les réactions indiquées, la manière dont l’eau chargée de sang se conduit lorsqu’on î’expuse à l’action de la chaleur, suffisent pour démontrer qu’il y a impossibilité de se tromper et de confondre des taches (|ui seraient le résultat d’un mélange d’albumine et de matière colorante avec des taches de sai/g; ajoutons encore que ces taches laissent sur les objets qu’elles ont tachés de la bbrine que l’on doit examiner et (pie l’on peut séparer des objets salis, apriîs qu’ils ont séjourné dans l’eau et qu’on a séparé de ces taches les principes solubles, l’albumine et la matière colorante.

Des lâches de sang sur les éloffes.

Les taches de sang se présentent sous des aspects et sous des colorations différentes , selon la nature du sang, celle des étoffes, du tissu. On a essayé de diviser ces taches en plusieurs séries ; ainsi on les a classées :

(i) M. Persoz avait indiqué un caiactèie qui eût élé du la jdiis haute importance relativement aux taches de sang. Selon ce savant, ces taches ne sont pas décolorées par l’acide chlorcux on hypochloreux , elles rjoircissent au contraire, tandis que les autres taches disparaissent. f.'^Des expériences que nous avons faites ne nous ont pas donné le résultat annoncé par M. Persoz.

l46 SUPPLléMENT AU TRAITÉ DES REACTIFS.

1° En taches résultant de L’imbibition du smig pur et riche en fibrine;

9° En taches foiinées par du sang mêlé de sérum , et gui sont causées par une plaie en même temps que le sang s'écoule ( i ) ;

5® En taches produites pur du sang très riche en fibrine , sur un tissu imperméable.

On a donné à ces lâches les caractères suivants.

Premier genre de taches : les taches sont rouges , les bords en sont nets , sans changement de couleur.

Deuxième genre de taches : teinte rouge moins foncée, centre moins coloré que la circonférence, qui, à son pourtour, présente deux nuances différentes. La première, très rouge, plus concentrique , est formée par l’accumulation de la matière colorante; la seconde, excentrique, d’un gris rougeâtre , est le résultat de l’imbibition du tissu par le sérum du sang, imbibilion qui s’est étendue au-delà de la limite qu’a atteinte la fibrine essentiellement unie avec la matière colorante rouge.

Troisième genre de taches ; elles se présentent sous forme d’un enduit luisant, coloré, analogue à ceux qu’on observe sur les corps imperméables aux liquides.

Nous avons examiné un grand nombre de taches de sang qui avaient été faites à dessein , ou qui résultaient de causes accidentelles. D’après cet examen , nous ne sommes pas d’accord avec la classification qui vient d’être exposée, et nous serions porté à croire que si l’on voulait classifier ces taches d’après les caractères difléreniiels qu’elles présentent à l’aspect, on pourrait faire un grand nombre d’espèces; ainsi nous avons vu des taches qui avaient tourné à la couleur brun-verdâtre, d’autres qui avaient une teinte brune terne

(i) Ces taches peuveut, dit-on, être formées de prime abord par du sang appelé vulgairement très pauvre.

DU saing.

dans diverses parties, luisantes dans d’autres ^ quelques unes dont la teinte n’était pas unifoi'nie dans toutes les parties; d’autres enfin qui variaient, pour rinicnsité, de la couleur rou^je à la couleur brune.

Taches de sang sur les inslruments tranchants , sur du bois ,

de la pierre , etc .

Ces taches peuvent se présenter sous divers aspects, selon la cause de sa présence; quelquefois le sanj»- y existe à l’état de gouttelettes, d’autres fois à l’état de taches faites par essuienient.

Queh|uefois les {joutteleties sont l ondes; d’autres fois, lorsqu’elles proviennent de jaillissenient , elles sont allongées, réunies plusieurs ensemble ; d’auii'es Ibis les objets sont tachés, et on ne peut déterminer la foi nic de la tache : c’est ce qui nous est arrivé lorsque nous avons été chargé d’opérer sur de petites branches de bois qui avaient été tachées , et sur de la mousse qui fut examii:ée lors de l’assassinat d’un garde champêtre , mousse qui fut reconnue avoir été tachée par du sang. Le sang qui a taciié le bois pénètre (jiielquefois le ligneux dans une assez grande profondeur; c’est ce que nous avons observé* avec Barruel dans l’affaire Martin.

MM. Olliviei* d’Angers et Pillon ont reconnu que les taches faites par du sang, )° sur le bois d’une commode, bois qui avait une couleur brune; 2" sur un papier fond bleu pale à dessins; 5" sur une table de nuit en noyer; 4° sur une clnaninée peinte en noir ; 5" sur des chaises en chêne et en merisier, n’étaient point perceptibles au jour, et (|u’onne pouvait les apercevoir (|u’à la lumière. Nous avons constaté avec Barruel , lo que, poui* apercevoir des taches de sang sur des vêtements colorés, il fallait les placer sous des points de vue différents , et que des taches qui n’étaient pas visibles le vête-

i4B supplément au traité des réactifs.

inciii éiarii exaiuiiu! en l'aco l’étaient le vêtement étant re- {>ai'(Jc (Je c(jté; 2” que (luelquefois la poussière donnait à ces laclios un aspect diflérent.

On a dit qu’on pouvait, à l’aide d’un papier mouillé, reconnaître si une tache était due à du sanjj, le papier se colorant en rou{je;ce serait une erreur, car nous avons vu des taciics produites par de la peinture à la colle, qui avaient une coiiieur rou{j[e due à l’oxide de fer, donner cette coloration au papier; des recherches ultérieures démontrèrent (jue ces taches n’étaient pas dues à du sang, mais à de l’oxide de fer argileux. L’expert aurait donc tort de se prononcer sur la nature d’une tache d’apia'îs cet ess.ii , et avant d'avoir fait d’autres expériences qui puissent lui permettre de juger et de ne pas être induit en erreur. ^

Si on agit sur une tache de sang existant sui- nu tissu quelconque, on détache la portion tachée avec soin; si la tache est grande, on la divise en plusieurs fragments ayant la forme de petites lanières, on réunit tous les morceaux provenant de la tache , en chapelet, à l’aide d’un fil , on les introduit dans un tube de verre fermé à l’une de ses extrémités. (Voir la ligure ci-jointe) (1).

On ajoute ensuite de l’eau distillée. 11 faut que les vases employés soient assez larges pour (pie les débris de linpe tachés ne soient point compi imés entre eux. Au boTH d’un temps plus ou

(i) Ces tubes, et tous ceux utiles dans les .tnalyses chituicjues, se trouvent clicz Dinocourt, quai Saint-Michel, 7,

DU SANG. 1 49

moins long , selon que la tache est plus ou moins ancienne, on voit, si on examine la marche de l’opération, i“ (|ue la matière colorante du sang dissoute forme Vies sfics plus pesantes que l’eau distillée; ces stries vont pi-cndre place au fond du tube en déplaçant une certaine (|uantité d’eau distillée; en se réunissant elles donnent naissance à un liquide coloré qui est composée d'eau , d’albumine et de matière colorante; 2" que le tissu se décolore, mais senleuicni en partie; 3" que si l’on enlève le linge contenu dans le tube et qu’on l’examine, on voit qu’il existe sur la partie tachée, et qui est plus ou moins décolorée, une couche d’une matière adhérente au tissu, de la fibrine, que l’on peut enlever soit avec la lame d’un scalpel, soit avec celle d’une lancette.

La fibrine ainsi détachée est molle, soluble dans la potasse; elle fournit une dissolution qui, traitée et saturée par l’acide hydrochlorique et additionnée de chlore , donne naissance à des flocons de matière animale coagulée qui ont une belle couleur blanche.

Le liquide provenant de la macération , et qui s’est déposé à la jjartie inférieure du tube, est coloré; l’intensité de la coloration est plus ou moins grande. Si la quantité de sang existant sur la tache est peu considérable, la liqueur est rosée; si elle est plus considérable, elle est plus foncée, et elle est d'une couleur rouge-brun.

Ce liquide, soumis à l’action de la chaleur, commence à changer de couleur: de rose ou de rouge qu’il était il devient grisâtre; à la température de 100° il se décolore et il laisse déposer des flocons.

Si l’on sépare le liquide des flocons qui se sont déposés et qu’on traite le coagulum par la potasse, on obtient une liqueur colorée en vert lorsqu’elle est vue par réflexion , et en rou(je-brun lorsqu’elle est vue par réfraction. Ces colorations

l5o SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES REACTIFS.

sont plus ou moins iiUeiises, selon que le liquide était plus ou moins coloré. Si au li(|uide iraiié par la potasse on ajoute de l’acide hydroclilorique et du chlore, on obtient on précipité blanchâtre floconneux de matière animale coagulée.

On lit dans la plupaiT des auteurs que les taches faites sui' les tissus, et mises eu contact avec l’eau, cèdent à ce liquide l’albumine et la matière colorante , et que les tissus sont décolorés. En examinant de plus près ces opérations, nous avons l econnu :

i“ Que, quel que soit le séjour dans l’eau de ces tissus, la décoloration ne se fait que pariiellement; en effet, des tissus laissés dans l’eau pendant plusieurs jours, en changeant l’eau , ne l'oLii'nissaieni plus rien à ce li(|uide, plus tard ils subissaient la fermentalion putride et exhalaient une odeur infecte.

a° Que ces tissus traités par une eau légèrement alcaline, donnaient à la partie inférieure du vase où l’on opérait le traitement une liqueur analogue à celle obtenue du ti'aitement du coagulum du sang par la potasse , c’est-à-dire qu’elle avait la couleur rerte vue par l éflexion , et rouge brunâtre vue par réfraction.

5® Que l'on peut profiter de ce caractère lorsqu’on n’a que de petites taches à examiner, qu’on doit d’abord traiter par l’eau, puis par l’eau alcaline; que l’eau alcaline obtenue en second lieu donne par l’acide hydrochloi ique et le chlore des flocons do matière animale.

Nous avons en outre remarqué les mêmes faits en agissant 1° sur un caillot de sang desséché qui, malgré un laps de temps consi(iéi'able , n’a pas cédé toute sa matière colorante à l’eau ; 2® sur du fer l ouillé par le sang qui a d’abord cédé uiH! partie de la matière c(»lorante à l’eau, puis une autre partie à l’eau alcaline.

Ces essais ont été lépétés, non seulement sur un grand

Dü SANG.

nombre de tissus tachés que j’avais en ma possession, mais sur diflerents tissus tachés de sanjj (jui m’ont été donnés par M. le docteur Bayard, et notamment i” sur de la soie noire tachée par du sang humain ; 2° sur de la toile à blouse tachée par du sang humain ; 5° sur de la toile blanche tachée par du sang humain ; 4“ sur du mérinos taché par du sang d’homme; 5“ sur de la toile de coton tachée par du sang de bœuf; 6” sur de la toile imprimée tachée par du sang humain; 7“ sur de l’indienne imprimée tachée par du sang; 8° sur du molleton taché par du sang; 9° sur du satin de soie taché par du sang.

Ces nouvelles remarques pourront être utilisées dans des cas de médecine légale, dans des cas oit des linges tachés de sang auraient été mis en contact avec l’eau pour être lavés dans le but de faire disparaître les taches. Déjà, il y a quelques années , nous avions été consulté par un de nos collègues de province dans un cas semblable , mais nous ne pûmes alors nous prononcer. Le linge soumis à son examen avait macéré dans l’eau ; nous avions observé qu’une partie seulement de la tache avait disparu par le contact prolongé de ce liquide , mais nous n’eûmes point alors l’idée de recourir à l’emploi d’une liqueur alcaline.

Si l’on agit sur une tache existant sur l’extrémité, la partie supérieure de la lame d’un poignard, d’un rasoir, d’un couteau, d’une lame de ciseau, etc., on suspend la lame de manière à ce que la partie tachée puisse plonger dans une très petite quantité d’eau. Si la lame est tachée de sang, on voit bientôt des stries descendre à la partie inférieure du tube et former un amas de liquide coloré. Si l’on veut n’agir que sur ce liquide coloré, on l’enlève à l’aide d’une pipette, on le chauffe et on emploie les réactifs, comme nous l’avons dit en parlant des taches enlevées sur les étoffes diverses.

On a indiqué, pour les taches faites sur les lames métal-

i52 supplément al traité des réactifs.

lifjiies, de faire un petit bassin avec de la cire , et cernant la tache, et de mettre de l’eau dans la caviié formée par la cire. Nous avons été une seule fois à nième de mettre en pratique ce moyen , qui nous a réussi ; le liquide lut ensuite essayé par les réactifs. Nous aimons cej)endaiil mieux opérer dans un tube de verre, par la raison qu’il est plus facile d'examiner la manière dont la tache se compoi'te avec l’eau.

On a indiqué l’emploi de ce moyen pour examiner des taches de sang sur du pavé , du marbre , une chaise ; nous no pensons pas qu’il doive toujours avoir la préférence sur le grattage du produit sali ; car nous avons remar{|ué que sur quehpies pierres l’eau s’introduisait dans les pores et qu’on perdait une partie du produit : nous pensons que dans ces cas on doit, pour le pavé, la pierre , le marbre, et surtout pour les pierres poreuses , employer le grtittage. Si le sang est sur le bois d’une chaise, il faut enlever ce bois; si c'est la paille de la chaise qui est tachée , on enlève celle paille avec des ciseaux et on la met en contact avec de l’eau dans un tube. Si l’objet est d’une grande valeur, ou si l’on n’a pas à craindre la pénétration du liquide , on peut alors faire un petit bassin avec de la cire (i).

On a aussi indicpié, pour les objets mobile., présentant une grande surface, de les mettre en contact avec une petite ([uantité d’eau sur une plaque de verre ou de porcelaine

Si on a affaire à de la rouille et qu’on suppose qu’elle provient du sang, on l’enlève à l’aide d’un instrument, on prend les parties enlevées , on les place dans un linge lin , on fait un nouetet on suspend ce nouet dans un petit tube fermé à une de ses extrémités ; si la rouille a été formée par du sang ,

(i) Nous venons d’opérer sur ta cl'osse d’un fusil ricliemenl gravée: le petit bassin façonné avec de la cire a permis de dissoudre le sang sans altérer le bois du fusil.

DU SATÎG.

on voit bientôt les stries rougeâtres se former et se réunir au fond du vase pour former un liquide coloré. Lorsqu’on a séparé cette rouille de toute la matière colorante et de la matière animale (i), on peut pai- l’acide hydroclilorique dissoudre le fer et obieiii:- une dissolution jaune précipitant en bleu par le prussiaie de potasse , en brun par l’ammoniaque , en noir par la noix de galle , etc.

Il faut, lorsqu’on agit sur une lame de fer ou d’acier, ne pas la laisser trop long-temps en contact avec l’eau; dans ce cas , elle s’oxiderait , se recouvrirait de taches , ce qui changerait la nature de la tache primitive existant sur l’instrument.

Il faut autant que possible , quand on veut séparer l’eau colorée en petite quantité, ne pas employer de fdtre, mais l’enlever au moyen d’une pipette pour la soumettre à l’essai; si cependant elle était trouble, on doit se servir d’un très petit filtre fait avec le papier à filtrer de Berzélius, qui relient très peu de liquide.

Si on agit sur du bois taché de sang, on enlève d’abord la tache, on voit si le sang a pénétré ce bois; dans ce cas on enlève la partie pénétrée , on traite séparément le sang détaché , puis le bois , par l’eau qui se colore; ce liquide est ensuite examiné comme nous l’avons dit précédemment.

Quelquefois une lame de fer peut être tachée par du sang et la tache recouverte d’huile; cette modification donne lieu à une coloration différente de la tache; mais on peut par l’eau obtenir la matière colorante et agir comme on le fait sur le liquide obtenu d’une autre tache. Nous avons démontré ce fait |)ar des expériences faites à Bourbonne-les-Bains en 1 858, [Voir \e Juiiriiul de Chimie médicale , l. 4» 2'' série, p. 5 18.) L’huile, dans ces cas, n’empêche pas le sang de se

(i) Il faut faire réagir une solution alcaline.

l54 SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES RÉACTIFS.

dissoudre dan;; l’eau, ei la fibrine reste et est visible sur la lame du couteau (i) .

Des recherches coiupai'aiives ont été iàiles sur le sang d’homiiie et de poisson , sur le sanjj de punaises j mais les essais qui ressortent de ces expériences méritent d’être de nouveau répétés , et déjà nous savons qu’on s’en occupe.

Voici ce qui résulte de l’examen du sang de poisson ;

M. Morin, de Rouen , a examiné le sang de poisson , et de cet examen il a établi que ces taches contiennent une huile grasse de couleur brune ayant l’odeur du poisson;

2° Une autre matière grasse d’une odeur rance et qui n’est pas acide ;

5* Une substance animale possédant les propriétés de l’osmazome ;

4" De l’acétate de soude, du chlorure de sodium et du phosphate de chaux ;

5° Un principe colorant rouge distinct de la matière colorante du sang des mammilères, dont le Ier est un des éléments ;

6° De l’albumine très soluble dans les alcalis et dans les acides; cette albumine se rapproche du mucus par cette dernière propriété;

7“ Que les taches produites sur les vêtements par le sang de poisson ne peuvent être confondues avec celles qui résultent de Tapplicaiion du sang des mammileres par la nature de sa matière colorante et de sa fibrine.

Les caractères qui peuvent aider à faire reconnaître les taches du sang de poisson, sont : i° leur odeur, qui ne se dissipe pas à l’air, ainsi que nous nous en sommes assuré

(i) Ces expériences furent faites à la suite de recherches que nous avions faites avec M. Barruel , et qui claieut relatives à l'affaire de Lesage et Soufflard.

DU SANG

après quelques mois ; 2° l’otleur de poisson salé, de harengs, que l’on reconnaît dans la liqueur de macération d( s lâches lorsqu’elle a été chaiiflée ; 5” l’aspect {îi is-hrunàtre de ces taches, qui passent au vert après un laps de temps plus ou moins considérable.

Des taches qui peuvent être confondues avec le sany.

Quelques taches peuvent être conl'ondues, par les personnes qui ont |)eu d’habiiude, avec les taches laites par le sang-. Ces taches sont des taches de rouille, quelques taches dues à de la peinture en détrempe , à de la peinture à l’huile, à de la couleur avec laquelle on peint les carreaux des appartements, des taches produiies par des sucs végétaux. Ces taches se présentent sous des aspects diflérenls; il serait impossible de décrire ici les observations que nous avons laites à ce sujet.

Les taches de rouille, si le tissu a subi le lavage, ne cèdent lien à l’eau; mais, traitées par l’acide hydrochlorique affaibli , elles se décolorent en fournissant une solution de fer de couleur jaune , solution qui donne , avec les réaclifs déjà indiqués, les caractères qui appartiennent aux solutions de fer.

Les taches dues à diverses préparations de fer, et qui sont supportées par des tissus qui n’ont pas été lavés, donnent quelquefois à l’eau une apparence de trouble en laissant déposer une poudre d’un jaune rougeâtre. Si on liltre la liqueur sur un petit cari-é de papier Berzélius , on voit qu’elle n’est pas colorée, qu’exposée à l’action de la chaleur, elle ne se trouble pas, qu’elle ne fournit pas de coagulum, enfin qu’elle ne présente aucun changement. Si on traite le résidu par l’acide hydrochlorique, on voit qu’il se dissout en fournissant une dissolution de sel de fer.

l56 SUPPLÉMENT AU TRAITE DES RÉACTIFS.

Les taches de peinture à la détrempe et colorées par de l’ocre cèdent à l’eau une matière animale; mais la matière colorante se précipite, la liqueur filtrée et séparée ne sc trouble pas par la chaleur, le résidu, traité par l’acide Iiydrochlorique , fournit une solution de fer.

Les taches dues à la couleur avec laquelle on peint les carreaux, taches que nous avons été à même d’examiner avec M. E. Barruel , puisqu’il en existait sur le pantalon de Soufflard , soumis à notre investigation, ont donné, i» par l’eau une couleur verdâtre due à la malpropreté du pantalon , mais la liqueur chauffée ne se troublait pas et ne fournissait pas de coagulum; 2° par l’alcool à 56“ bouillant une solution qui contenait une matière grasse qui se précipitait par refroidissement et qui fut reconnue pour faire partie de la cire, une autre matière grasse qui resta en dissolution dans l’alcool.

Les taches lavées à l’eau , après avoir été épuisées par l’alcool bouillant , fournirent une poudre rouge qui fut reconnue pour être de l’ocre rouge qui se dissolvit en grande partie dans l’acide hydrochloi-ique en fournissant une dissolution jouissant de toutes les propriétés des solutions de fér.

Les taches de peinture à i’iiuile, lorsqu’elles sont anciennes, ne cèdent rien a l'eau; un peut , par un traitement prolongé à l’aide de l’alcool à 56° bouillant ou de l’éther, séparer une partie des matières gi as :es qui les constituent.

Les taches formées par les sucs des végétaux n’ont pas encore été assez bien examinées, nous nous en occupons actuellement.

On a aussi signalé, comme 'jouvant être confondues avec les taches de sang, les taches de citrate de fer, taches qui résultent de l’action du jus de citron sur une lame de fer; de ces taches furent une fois reconnues sur tm couteau. Ces ta-

DU SANG

chos peuvent, selon les auteurs , présenter divers caractères ; ou clics sont épaisses, d’un liruu foncé, un peu luisantes, ressemblant par l’aspccl à des taches de sang : ces pre- • mières taches sont dues à ce qu’une goutte de suc de citron est tombée sur une lame de fer et a subi l’évaporation ; ou bien elles sont minces , de couleur plus ou moins foncée , elles adhèrent fortement au métal : dans ce dernier cas, elles pourraient provenir du frottement, ou de ce qu’on aurait coupé un citron.

L’objet taché mis en contact avec l’eau donne lieu à une coloration du liquide en jaune; la liqueur est acide, elle ne change pas de couleur pai’ l’action de la chaleur; traitée par la uoix de galle, elle se colore en violet; avec la prussiate de potasse, elle prend la couleur bleue. Ces taches, avec l’acide hydrochlorique, se dissolvent et donnent lieu à un liquide de couleur jaune, à une solution de fer, ce qui n’a pas lieu avec les taches de sane sur le fer.

Dès 1825, nous lûmes à l’Académie royale de médecine une notice sur des essais chimiques destinés à établir une différence entre les caractères que présente le fer oxidé par l’eau et le fer oxidé |)ar le sang. (Loir le Journal de Chimie médicale, i’’® série, t. D'.-)

Parmi les caractères ([uc nous avions observés , nous faisions remarquer, 1'’ que le fer oxidé par le sang, en bouillant avec l’eau , donnait de la viscosité à ce li(|uide; 2“ que ce fer, traité par l’acide hydrochloriciue , par l’acide sulfurique , donnait lieu , avec le premier de ces acides , à un dégagement d’acide hydrosulfurique, et avec tous les deux à une dissolution de fer, mais qu’il restait un résidu formé de matière animale; 5" que le fer oxidé par l’eau, comme le fer oxidé par lesatig, donnait de l’ammoniaque par les alcalis,et quececal actère ne pouvait aider à déterminer si du fer avait été oxidé pur de l’eau ou par du sany. Ces essais venaient à l’appui

l58 SUPPLEMENT AU TRAITÉ DES RÉACTIFS.

(les expériences ei des résiiltais obtenus par Ausiin et par VaiKjiielin.

Du principe odorant du sang.

Le principe odorant du sang a été signalé par les physiologistes, qui le considéraient comme un élément des plus importants de ce liquide. Fourcroy, dans son Système des connaissances chimiques, après avoir indiqué que quelques physiciens modernes avaient regardé ce principe comme un gaz particulier, fait connaître les essais tentés par Deyeux et par Parmentier pour isoler ce principe, indique les caractères qu’ils lui avaient assignés; enfin, il s’exprime ainsi : «Quoique je n’admette pas un principe particulier dans l’osdeur du sang, il n’est pas inoins important de savoir que «celte odeur est un des eai’actères les plus prononcés et une »des différences les plus saillantes que l’on trouve dans ce » liquide vital considéré à différentes circonstances.

» L’odeur du sang est fiiible dans l’enfance et dans la i> femme, elle devient plus forte dans la puberté, au moment » oîi la liqueur séminale se forme abondamment cl se ra- » masse dans ses réservoirs: elle a dès lors quelque chose » de fort, d’àcre et même de fétide. Le sang des eunuques » en est dépourvu, ainsi que celui des vieillards: aussi » queUiues pliysiologisles ont-ils cru que l’odeur du sang et » des chairs auxquelles elle se communique était due à la * vapeur spermatique qui se volatilisait, se répandait dans » l’éponge cellulaire du coi'ps et en pénétrait toutes les ré- V gions. Bordeu a bien traité ce sujet remarciuable comme J un d(3s signes de la cachexie spermatique dans son analyse » du sang. ?

L’odeur du sang fut plus tard le sujet de recherches chimiques , et Barruel , que la science vient de perdre tout ré-

DU SANG

cemment, ayant développé celte odeur par l’acide sulfurique, crut , d’après la différence des odeurs des divers sangs , que ce mode de faire pourrait servii- non seulement à faire distinguer le sang humain du sang des animaux, mais encore le sang de l’homme de celui de la femme.

En effet ce chimiste avait dit, 1“ t que le sang d’homme » fournit une forte odeur de sueur d’homme qu’il est difficile > de confondre avec d’autres odeurs (1); a» que le sang de la » femme donne une odeur analogue et beaucoup moins forte » de sueur de femme (2); i S** que le sang de bœuf fournit une odeur de bouverie ou de bouse de vache; 4“ fjue le sang de cheval donne une forte odeur de sueur de cheval ou de crotin ; 5“ que celui du mouton laisse dégager une vive odeur de laine imprégnée de suint; 6“ que celui de mouton fournit une odeur analogue à celle de brebis, et de plus l’odeur du bouc; 7° que celui du chien répand l’odeur de la transpiration du chien; 8“ que le sang de cochon donne une odeur désagréable de porcherie; 9° que le sang de rat fournit une odeur désagréable de rat; 10" que le sang des canards, dindes, poules, pigeons, fournit une odeur particulière à chacun do ces animaux; 11“ que le sang de grenouille fournit une odeur prononcée de joncs marécageux ; 1 2“ que le sang de carpe fournil un principe odorant,

(i) L’odeur de sueur d’homiiie est cependant différente selon l’individu; on peut s’en convaincre en pi-cnaut des clieinises qui ont été portées par diverses personnes : coupant un fragiiieiit du tissu sous les parties qui ont touché les aisselles, chauffant doucement sur une plaque de mica à l’aide de la llaïuiue d’nue lampe à l’alcool, on apercevra des différences qui noos ont paru pou\oir être saisies [lar l’organe de l’odorat. Les morceaux sur lesquels nous avons expérimenté provenaient de chemises de personnes peu fortunées,

I 2J II y a là encore une différence très sensible, il y a des femmes dont la sueur a été caractérisée par l’odeur dite de souris.

iGo SUPPLÉMENT AU TKAITlî DES KÉACTIFS,

avant l’oclcur du mucus qui revèi le corps des poissons d’eau douce.

lîarruel avait en outre établi, i" que le principe odorant dans le sang' est à l’état de combinaison , ce (jui est en désaccord avec l’opinion émise par Fourcroy ; 2° que le principe odorant a plus d'intensité dans le sang de l’individu mâle que dans celui de l’individu du sexe féminin; 5" que l’acide sulfurique est le meilleur moyen pour mettre le principe odorant en liberté.

Barruel ayant dans les premiers moments pi oposéde faire usage de ce mode de traitement du sang dans les cas de médecine légale pour distinguer le sang , et les juin naux ayant rendu compte de ce travail, il en résulta une foule de reclierches et d’observations; les questions de savoir si du sancj répandu sur des tissus émit du sang d’homme , de femme, d’animaux, furent posées par M M. les ju^es d’instruction , et ne furent pas résolues la plupart du temps par les experts, qui motivèrent la cause de la non-résolution des questions posées.

Les recherches faites sur la manière de voir de Barruel sont dues : 1° à M. Raspail , qui établit que tous les nez ne pourraient servir de réactifs, que le sang pourrait être mêlé à des matières étrangères qui modilicraieiit le principe aromatique du sang; 2“ à M. Couerbe , qui avait reconnu que beaucoup d’autres fluides des animaux dégageaient, par l’acide sulfui i(iue , un principe odorant semblable à ci lui fourni par le sang : tels sont le lait, le blanc et le jaune d’œuf, le sperme, la salive, l’ni'inc; 3“ à Wcdekind , qui a fait connaître ejue le sang n’exhale pas toujours l’odeur de la transpiration, et que cette odeur peut varier selon certaines circonstances; 4“ ‘t Ehrards , qui tout en convenant que le sang a une odeur particulière , dit que lorsqu’il a fallu comparer ces odeurs les unes aux autres, les opinions ont varié, et que

nu SANG.

les faits ne présentaient pas le defjré de certitude qu’il faut avoir en médecine légale ; 5“ à Mei k , qui a trouvé que le sang de la femme donnait un principe analogue par l’odeur à l’acide hydrocyanique, que celui de l’homme avait une odeur analogue à celle de la chair fraîche (i), mais qu’une matière muqueuse mêlée de bile et qui avait été vomie par un garçon , s’était comportée, pour l’odeur, comme le sang de l’homme ; 6“ à M. Leuret , qui fit connaître que Barruel s’était lui-même trompé dans un cas en prenant du sang d’homme pour du sang de femme. Il fout cependant dire que sur les échantillons de sang qui lui avaient été envoyés, il reconnut le sang de cheval et celui de bœuf (2).

Outre les observations que nous venons de citer, il en est d’autres qui sont dues à M. Soubeiran et à M. Denis. Ces savants, tout en se trouvant d’accord sur quelques points avec Barruel, établissent que l’odeur dégagée du sang de l’homme n’est pas toujours plus prononcée que celle fournie par le sang de la femme. (Voir le -/onmn/ de Pharmacie, tome XV, p. 447 > et les Annales d’ liyfjiène publique , tome v,

L’importance de la question nous avait aussi porté à foire divers essais, soit seul , soit en nous aidant du concours de plusieurs élèves en pharmacie et de jeunes médecins , MM. Souchard , Colman , Alexis Arthaud , etc. Nous fûmes forcés dans un bon nombre de cas de reconnaître qu’il serait impossible de se prononcer et d’acquérir celte conviction

(1) Nous n'avons jamais trouvé de sang d’homme ayant cette odeur,

(2) Un fait tout récent vient de démontrer avec quelle réserve on doit se prononcer dans les cas de chimie judiciaire. MM. Rccamier et Perrot nous ayant fait remettre de l’urine d’une femme malade et qu’on venait d’opérer, l’examen de cette urine nous y a fait reconnaître nne matière qui avait l’odeur de la matière spermatiqtie, et qui jouissait en outre de quelques propriétés de cetie inaiière. L’odeur de sperme était des plus sensibles.

i62 supplément A.U TRAITÉ DES RÉACTIFS, intime qu’ii faut avoir lorsqu’on s’occupe de recherches clîimico-Iégales : aussi, dans un grand nombre de cas, je refusai de me prononcer, et dans les rapports où la question m’avait été posée, je donnai les raisons qui me portaient à m’abstenir.

D’autres expériences que j’avais faites avaient encore compliqué la question : du sang d’homme avait été répandu largement par moi, sur des débris d’habillement pris , i“surun pantalon d’un homme gavant des ficjeons à la Vallée (marché à la volaille); 2” sur un pantalon appartenant à un palefrenier; sur un pantalon appartenant à un marchand de chiens; 4" sur la veste qui servait à un bouvier. L’examen des liquides obtenus avec ces vêtements , à l’aide de l’acide sulfurique et de l’organe de l’odorat, fournit des résultats tels, que nous ne pûmes percevoir l’odeur de la sueur d’homme, mais nous obtînmes l’odeur de bouse . de crottin, de chenil, etc., que nous développions aussi dans de l’eau dans laquelle on avait lait macérer une partie de vêlements semblables à ceux employés dans l’expérience (1).

Barruel , dans des recherches que nous fîmes en commun avec lui par ordre de MM. les juges d’instruction , se trouva dans la même position , et il ne répondit pas à la question ; d’ailleurs , avant de mourir, Barruel avait changé de manière de voir; ce fait est démontré, 1° par le passage suivant d’un rapport dans l’affaire d’assassinat Rodolphe et Gilbert, rapport dû à Barruel, à MM. Ossian Henry et Chevallier.

Elles avaient donc été produites par du sang; « mais nous » ne saurions nous prononcer sur sa nature et dire si c’était ou

(i)Noas avons vu, lors de ces essais , qu’on pouvait, eu soumettant à la distillation le sang mêlé à de l'acide sulfurique, obtenir une eau aromatique ayant une odeur analogue à celle développée par cet acide.

DU SANG

» non du sang (le bœul'. Dans l’état acluel de nos connais- Dsances, on ne saurait décider si des taches de sang pro- »duites sont dues à du sang d’homme, de bœuf ou de tout B autre animal ; et (lueUjue curieux ciu’aient été les résultats » obtenus il y a plusieurs années, pour décider cette (lues- Blion, on est forcé de reconnaître (jue, pour avoir des pré- Bsomptions , il'faut opérer sur du sang frais et sur des (]uan- » liiés de matières plus considérables tiue celles soumises par »de simples taches déposées sur du linge et taché depuis » quelque temps, (i 6 novembre iSôj.) »

2° Par l’explication donnée par M. Barruel fils, avec lequel nous étions expert dans l’affaire Lesage et Soufflard. Voici cette^ explication (voir le Droit du 1 4 mars iSSp) : « Mon père a émis sur ce point (sur le moyen de distinguer »le sang de l’homme de celui des animaux) une opinion qui » a donné lieu à une vive controverse; il a fait à cel égard » de grandes et précieuses rechei-ches , mais il ne s’est prosnoncé qu’avec la plus grande réserve. L’opération (la re- » connaissance de l’arôme du sang) est possible scientifique- Bment parlant, mais elle ne saurait avoir lieu qu’alors que z>le sang est récent, qu’il existe en quantité assez considérable »et sur du linge ou des vêtements propres; d’ailleurs l’opi- » nion émise par mon père a été combattue par plus de vingt s chimistes, et si elle peut être soutenue dans l’intérêt de la Dscience, elle ne saurait servir de base dans une action cri- »minelle. Dans des circonstances aussi graves, il faut donner » des résultats certains, et l’opération ( la recherche de l’arôme »du sang sur la redingote de Lesage) n’en pouvait dans au- »cun cas présenter de cette nature.»

Ernest Barruel avait aussi , dans sa réponse , établi que son père une seule fois, dans l’affaire Belland , avait fait l’application de l’exarnen de l’arôme du sang.

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