‹ Traité élémentaire des réactifs, leurs préparations, leurs emplois spéciaux et leur application à l'analyse. Supplément contenant les nouvelles recherchesChapitre 17 sur 19 · ARTICLE VIII · texte numérisé non relu

ARTICLE VIII

Déjà un grand nombre de praticiens se sont occupés de l’étude du sperme et des taches spermatiques; mais le mémoire le plus remarquable sur ce sujet est celui dont nous donnons un extrait.

M. Bayard, après avoir fait connaître les expériences qui ont été faites sur le sperme par divers auteurs, indique, i“ la marche qu’il s’est tracée, fait connaître les résultats de ses observations sur l’action de l’eau , de la salive , de l’urine, du sang, du lait , de diverses solutions salines sur le sperme; 2° dé ce qu’il a observé en étudiant le sperme , le mucus vaginal, avant et après le coït, ces matières étant disposées sur des tissus et sur des lames de verre.

Nous laisserons parler M. Bayard, qui a fait connaître l’action des divers liquides sur les matières spermatiques.

Examen du sperme.

L’examen du sperme recueilli entre des lames de verre aussitôt après l’éjaculation , et de celui qui avait été réuni en assez grande quantité dans une capsule , pour qu’il s’y conservât liquide pendant dix heures environ, m’a amené à l’emploi de procédés que je détaillerai ci-après.

.le ferai observer qu’entre les lames de verre les zoospermes conservent la vie et les mouvements tant que le mucus dans le({uel ils nagent reste fluide , et qu'à mesure qu’il se rei'roidil et se desséclic, ces animalcules perdent la faculté (le se mouvoir et n’exercent plus (jue des oscillations vibratoires qui cessent elles-jnêmes aussitôt après l’agglu-

linalion complète du mucus, ce qui a lieu au bout de deux à trois heures.

Je n’ai pas besoin de faire remarquer que les animalcules sont toujours visibles entre des lames de verre , parce qu’au moment où ils y ont été interposés, le mucus s’est i-épandu en une couche excessivement mince, dont l’aggluiinaiion ne nuit en rien à la vue {voij. hg. 4)- Dans une capsule où la liqueur spermatique était assez abondante pour se conserver fluide pendant dix heures environ, Jusqu’au dernier instant j’ai pu constater la vie et les mouvements des zoospermes.

Partant de ces observations, je me suis attaché particulièrement à reconnaître l’action de plusieurs liquides de l’économie d’un certain nombre d’agents chimiques sur le sperme desséché, afin de distinguer ceux qui , sans altérer les zoospermes , les dégagent le plus promptement et le plus complètement de la matière muco-glutineuse, deceuxqui,au contraire, altèrent la forme deces animalcules ou lesdétruisent.

Je me suis servi pour ces essais du sperme dans lequel j’avais reconnu pendant dix heures les mouvements des animalcules; ce sperme avait été abandonné à l’air libre et s’était desséché dans la capsule.

Dans la partie centrale de la capsule , le sperme est d’une couleur jaunâtre , tandis que, dans les autres points , sa teinte est grisâtre ; il est très sec , et si on veut le détacher, on l’obtient sous la forme de poussière.

J’ai été curieux de soumettre cette poussière séminale à l’examen microscopique , en employant un grossissement de trois cent cinquante fois environ. Quelques animalcules, très reconnaissables à leur forme, étaient libres et entièrement dégagés des matières muqueuses; mais la plupart en étaient entourés dans une assez grande épaisseur pour que ces corps fussent à demi opaques, et l’on ne distinguait alors que très difficilement ce qui y était contenu (fig. i).

l66 SUPPLÉMENT AU TKAITÉ DES REACTIFS.

Action de l'eau diaUllée.

Une gouUe d’eau distillée étant vei’sée sur celte poussière séminale, après quelques minutes de macération, le sperme se {'onfle, se dissémine dans le liquide, et au microscope on voit un grand nombre de zoospermes libres au milieu de corps irréguliers transparents. Si on chauffe légèrement, ces corps, en se dissolvant, laissent apercevoir des zoospermes emprisonnés (voy. fig. 2).

Je ne saurais mieux comparer les fragments de mucus glu- .inriix qu’à ces glaçons formés par le froid , et qui ont enveloppé toutes les substances que l’eau tenait en suspension; comme ces derniers , ils se dissolvent par la chaleur et abandonneiii les corps étrangers qui y étaient emprisonnés.

Cette dissolution n’est pas toutefois assez complète pour qu’il ne reste pas de fi'agments du mucus; mais ils sont transparents, et c’est au milieu d’eux que l’on aperçoit les animalcules; on reconnaît aussi les monades prostatiques, qui ont une forme globideuse, sans queue. Leur volume est infiniment plus considérable que celui des zoospermes, dont on les distingue aisément.

Action de l’eau commune.

L’eau commune agit à froid et à chaud comme l’eau distillée; les expériences (|ue j’ai faites sur l’eau de rivière et i’eaii de puits m’ont permis de constater des différences assez notables lorsque les qualités de l’eau variaient. Ainsi , par exemple, l’alcalinité de l’eau activait la dissolution du mucus.

Une lemai'que généi'ale, et qui doit faire préférer l’eau distillée, c’est (pie i’eau commune tient en suspension un grand nombre de substances qui se déposent entre les lames de verre et nuisent à l’examen microscopique.

Action de la salive.

Le sperme desséché, en contact avec la salive, s’y gonfle, s’y dissémine avec plus de promptitude que dans l’eau distillée; au microscope, le mucus est divisé en fragments transparents que l’on voit se dissoudre en partie s'i l’on chauffe légèrement; les zoospermes sont apparents, mais il y en a très peu de libres; ils sont entourés par le mucus.

Je n’ai pas remarqué que la salive exerçât sur les zoospermes morts l’action singulière notée par M. le docteur Donné sur les animalcules vivants ; leur corps ne se contournait pas sur lui-même , de manière à ce que la queue formât une espèce de nœud ou d’œillet ; dans toutes ces expéi iences , la queue conservait la direction qu’elle avait au moment du contact de la salive.

Action de l’urine.

La dissémination du sperme se fait plus rapidement dans l’urine que dans la salive; les fragments du mucus s’y divisent davantage , ils sont plus transparents ; les monades prostatiques sont libres et visibles en grand nombre; la chaleur augmente un peu l’action dissolvante; les zoospermes sont très visibles et dégagés presque totalement de la matièi’e muco-glutineuse. Si on laisse refroidir les lames do veia e , au bout de quelques minutes on verra se former des cristallisations des dilférents sels de l’urine , ce qui n’empëohe pas de reconnaître les zoospeianes.

Action du sany.

On sait que le sang , loin d’exercer mie action délétère sur les zoospermes, paraît leur conserver la vie : aussi ri’ai-je

i68 supplément au traité des réactifs.

eu d'autre but dans ces recherches que de constater si la présence du sang nuisait à l’examen niicroscopifiue ; j’ai reconnu que l’on distinguait parfaitement les zoospermes au milieu des globules sanguins; i! suffisait d’ajouter une goutte d’eau distillée et agiter un peu les lames de verre , pour que dans ces mouvements on reconnût les zoospermes entiers.

Aclion du lait.

Je me suis servi du lait de femme , et j’ai observé que le sperme desséché, mis en contact avec le lait , s’y gonflait très peu , ne s’y disséminait pas , ce qui s’explique fort bien par la multiplicité des globules de lait. 3Iais aussitôt que l’on ajoute une goutte d’eau distillée, le mucus glutineux du sperme se divise assez promptement , les monades protastiques apparaissent , puis les zoospermes , qui se distinguent par leur queue allongée.

Action de l’alcool.

L’alcool pur fait contracter le mucus glutineux du sperme , et on n’aperçoit pas les traces de zoospermes; si l’on ajoute de l’alcool à une dissolution de sperme dans l’eau distillée , le même phénomène n’a pas lieu , et aussitôt que l’on a chauffé légèrement, on voit les fragments de mucus se diviser, devenir transparents, et les zoospermes se dégager. J’ai fait de nombreux essais pour déterminer l’action de l’alcool , et j’ai constaté qu’une goutte d’alcool pour dix gouttes d’eau était la proportion qui activait le plus la division et la transparence des fragments muco-gélatineux. Cette action dissolvante de l’alcool ne doit pas étonner, elle a été indiquée par M. Orfila, qui dit dans son mémoire (page 472): «Mis dans de l’alcool à 38 degrés , pendant vingt-quatre heures.

le linge taché de sperme ne se désempèse pas , et la liqueur ne précipite pas dans l’eau; cependant l’alcool dissout une petite quantité de matière, car, en l’évaporant jusqu’à siccité, on obtient un léger résidu. »

On observe ce qui est indiqué par M. Orfila , lorsque après avoir imbibé d’alcool le linge taché de sperme, on l’abandonne à lui-méme ; mais si , après avoir ajouté de l’eau distillée, on chaufl'e légèrement, le linge taché perdra sa roideur, et il n’en reprendra qu’une moindre après l’évaporation complète de l’eau distillée. Si on soumet à l’examen microscopique le liquide de la dissolution , et particulièrement celui (jui s’est réuni dans la partie la plus déclive de la capsule, on en retrouvera les animalcules speimiatiques. On comprendra que les procédés chimiques seuls ne peuvent contredire de pareils résultats.

Action de la soude et de quelques uns de ses sels.

Réfléchissant que la soude existe à l’état de sel en dissolution dans les humeurs de l’économie, et que c’est sans doute à sa présence qu’est dû leur état alcalin, j’ai fait et répété beaucoup d’expériences avec cette substance, soit pure, soit à l’état de sous-carbonate et de sous-phosphate.

A l’état pur, la solution de soude détermine la contraction, la crispation du mucus gluiineux,et l’on n’aperçoit pas de zoospermes; les monades prostatiques sont libres et paraissent plus volumineuses que dans la dissolution d’eau distillée ou que dans l’urine.

Si à une dissolution spermatique par l’eau distillée et légèrement chauffée on ajoute de la soude, du sous-phosphate ou du sous-carbonate de soude, on voit le mucus se dissoudre rapidement , les zoospermes et les monades prostatiques apparaître ; mais si l’on n’a pas mis une proportion

l-yo SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES RÉACTIFS.

convenable de ces réactifs, au bout de ([uelques heures on ne retrouve plus de /oospermes , tandis que les monades prosiaticjues sont visibles.

Après beaucoup de tâtonnements , la proportion qui m’a paru produire le meilleur effet est celle de 1/20 de la solution concentrée, c’est-à-dire une goutte de solution de soude (sous-carbonate) pour vingt gouttes d’eau distillée.

3Ialgré les difficultés que l’on rencontre dans l’emploi de ce réactif, je pense que l’on ne doit pas le rejeter , car son action est rapide et très avantageuse si la proportion est bien gardée.

Action de la potasse.

J’ai fait usage de la solution du sous-carbonate de potasse dans la même proportion que la soude , j’ai obtenu les mêmes effets; je me bornerai donc à les mentionner, sans en donner tous les détails, qui rappelleraient ce que j’ai dit précédemment.

Action de l’ ammoniaque.

L’ammoniaque pure a la même action sur le sperme que l’alcool pur ou de la soude |)ure ; mais si on se contente de l’ajouter à une dissolution par l’eau distillée, légèrement chauffée, on obtient des résultats concluants.

Par le contact de l’ammoniaque, le mucus se dissout avec rapidité; les zoospermes ne sont pas altérés, et on les aperçoit assez long-ienqis; mais, au bout de vingt-quatre ou trente-six heures, si on examine les lames de verre entre lesquelles on a opéré la dissoliition , on lie letrouve plus de zoospermes. L’ammoniaque, en se volatilisant, a promptement desséché la lame deveri'e, ou bien cet alcali a détruit lès animalcidés; toujours èst-il qu’on ne les aperçoit plus.

La proportion dans Ia(|uelle peut être employé ce réactif m’a demandé beaucoup d’essais. Je me suis fixé à i/iG environ de la solution concentrée', une (jouiie d’ammoniaque pour seize poulies de dissolution , et, je le répète, quoique en conservant cette proportion , je ne retrouvais pas de traces de zoospermes au bout de quarante huit heures.

L’action de rammonia(|ue, en raison de sa rapidité, doit être préférée à celle des réactifs déjà étudiés, lorsque les recherches auxquelles on se livre doivent être faites en peu d’heures. Cet agent chimique dissout parfaitement le sang; on ne devra pas oublier son emploi lorsque l’on voudra en dégager la dissolution spermatique soumise aux observations.

En résumant toutes les observations précédentes, l’on voit : 1“ que l’eau distillée ou l’eau commune dissolvent une partie de la matière spermatique, et que, en chauffant légèrement la macération , on augmente la division des fragments du mucus et leur transparence, et qu’ainsi on rend visibles les zoospermes; 2“ que les animalcules spermatiques deviennent nuisibles dans la salive et dans l’urine, et que ces liquides ne les allèrent pas; qu’il en est de même du sang et du lait; 5" que l’alcool , la soude , la potasse, l’ammoniaciue, concentrés, loin de dissoudre le mucus et de dégager les zoospermes, y déterminent une contraction très marquée et détruisent les animalcules; que ces réactifs, employés en quantité convenable et ajoutés à la macération spermatique, ont une action dissolvante très remarquable par laquelle les zoospermes sont rendus apparents.

Pour éviter la confusion dans l’exposé de mes recherches, je n’ai parlé précédemment que de l’action de divers liquides sur du sperme desséché; mais le but que je me suis proposé est de constater que l’on peut tirer partie des observations microscopiques pour reconnaître les taches spermatiques desséchées sur du linge.

Si l’on examine avec soin un linge taché par du sperme et desséché , on y reconnaîtra facilement les caractères notés par tous les observateurs, et qui sont les suivants:

Les taches sont minces, de couleur grisâtre ou d’un roux jaunâtre, quelquefois peu apparentes, et dans certaines circonstances d’un aspect gommeux, brillant. Au toucher ces taches sont roides , le linge est empesé comme s’il avait été amidonné. Une remarque très importante à faire, c’est que ces caractères s’observent le plus ordinairement à la surface qui a été humectée par le sperme, et, si le linge est épais, la surface opposée à la tache ne présente aucun changement de couleur.

Lorsqu’on met macérer pendant quelques heures dans l’eau distillée froide les lambeaux ainsi tachés , on les voit s’humecter dans toute leur étendue , ce qui n’a pas lieu pour les taches de graisse; le linge perd sa coloration et se désempèse, le liquide se trouble très légèrement , si le sperme n’est pas en quantité un peu notable ; des fibres se détachent du linge et se déposent au fond de la capsule avec de petits flocons. Une odeur spermatique est exhalée si l’on agit sur des lambeaux étendus, sinon il est difficile de l’apprécier.

Pendant cette macération , il faut avoir soin de ne pas presser le linge taché avec un tube de verre ou tout autre corps, et de ne pas le délayer dans l’eau, car il arriverait alors inévitablement ce qui a été noté par M. Orfila : les animalctiles seraient tellement désunis dans plusieurs points de leur corps, (jifils ne seraient pas appréciables. Si, au contraire , on a pris la précauiion de ne pas froisser le linge, il suffit d’aspirer avec une pipette quelques gouttes de la macération , en choisissant de préférence la partie la plus déclive de la capsule, et de les soumettre entre deux lames de verre à l’examen microscopique ; on reconnaîtra la présence de (luelques zouspermes libres, et d’un grand nombre em-

prisonnés dans des IVagfiiicnls do mucus {jUitineux. C’estalois qu’en employant une douce chaleur, et i'un des réactifs, tels que l’alcool, le phosphate de soude, la potasse ou l’ammoniaque , on opérera la dissolution plus complète du mucus , et que l’on dégagera un plus grand nombre de zoospermes.

Ces zoospermes , on les reconnaîtra toujours à leur forme particulière, qui est à peu près celle d’un têtard. Les globules nombreux que l’on apercevra dans le ^liquide de la dissolution sont des monades prostatiques , qui sont toujours dépourvues de queue et qui sont d’un volume bien plus considérable.

Premier proeédé pour reconnaître la présence des animalcules spermatiques sur les linges ou les étoffes tachés par le sperme et desséchés.

Il faut placer dans une capsule de verre (1) les lambeaux de linge ou d’étoffe tachés, en ayant soin, comme je l’ai déjà recommandé, de ne pas les presser ou les froisser, et encore moins de désunir leur tissu; on doit les arroser d’eau distillée et laisser macérer pendant plusieurs heures, puis chauffer légèrement au-dessus de la flamme d’une lampe à alcool , en ayant soin de ne pas porter le liquide jusqu’à l’ébullition.

On divise la liqueur obtenue en plusieurs parties , et l’on agit sur chacune avec l’alcool , la soude ou la potasse ~ , l’ammoniaque Après quelques minutes de repos, il se ferme un dépôt au fond de chaque capsule ; il faut en aspirer avec une pipette quelques gouttes et les placer entre

(ij Uq verre de montre est préférable à toute autre capsule desubslauca différente, parce que la transparence du verre permet d’examiner an microscope le dépôt qui se forme après la dessiccation ; de plus , les verres de montre s’échauffent très promptement. Une cuvette de verre serait encore plus utile, car sa surface plane rendrait l’examen plus facile.

1'74 supplément au traité des réactifs.

deux lames de verre que l’on pose sur le porie-objet du microscope, en employant un {jrossissemeni de trois cent cinquante à six cents fois.

On observera qu’entre les lames de verre il y a des taches d’aspect graisseux : ce sont ces taches (ju’il faut observer avec soin , et l’on y trouvera des zoospermes , ce qui n’empêchera pas cependant que dans les autres pointes des lames de verre on n’aperçoive une multitude de corpuscules suspendus dans le liquide, et peut-être même quelques zoospermes libres. On peut verser sur une lame de verre quelques gouttes de liquide ainsi préparé, et laisser évaporer après la dessiccation complète. Si on soumet à l’examen microscopique le dépôt qui s’esi formé, ou reconnaît avec facilité les zoospermes. En opérant ainsi avec une seule lame de verre, les objets que l’on regarde sont éclairés beaucoup plus vivement, ce qui est très avantageux lorsqu’on emploie la chambre claire pour dessiner.

Deuxième procédé.

Le mode d’analyse exposé précédemment me semblait défectueux sous plusieurs rapports, et forcé que j’étais par les conditions du concours de déposer mon manuscrit avant le 1®' janvier iSSq , je dus me borner à exposer le premier procédé. Je ne renonçai pas cependant à faire de nouvelles recherches.

J’avais remarqué qu’en faisant l’analyse chimique des linges tachés de sperme, le liquide de macération devenait, par la filtration , limpide et transparent, de trouble et opalin qu’il était auparavant, et que ce changement était dû , comme on le conçoit facilement , au dépôt sur le filtre de tontes les matières animales ou étrangères non dissoutes dans l’eau. Je fis aussitôt l’application de cette remarque aux recherches

EXAMEN MICnoSCOPIQlIE DES TACHES DE SPERME. 1 ^5 microscopiques, el j’examinai les matières ainsi déposés sur le filtre; je distinguai une multitude d’animalcules spermatiques entiers, conq:)lets pour la plupart, mais enveloppés du mucus ou de corps étrangers. A l’aide de la chaleur et de quelques uns des réactifs déjà cités , je parvins à dégager les zoospermes, que j’obtins ainsi complets el isolés.

On sait que les animalcules spermatiques , en raison de leur poids spécifique , se réunissent toujours au fond des vases dans lesquels est contenu le liquide qui les tient en suspension ; il est donc naturel qu’ils se déposent sur le filtre. Je me suis assuré que les animalcules spermatiques sont arrêtés par une simple feuille de papier joseph, fait déjà reconnu , je crois , par MM. Prévost el Dumas.

Mode d’analyse. — i" Détacher avec des ciseaux et enlever avec soin une portion des taches présumées spermatiques; ne pas froisser le tissu et le placer dans un verre à expériences.

2® Faire baigner dans l’eau distillée le tissu taché , et laisser macérer pendant vingt-quatre heures.

3» Au bout de ce temps , filtrer ce premier liquide, placer le tissu taché et déjà macéré dans une capsule de porcelaine, l'arroser d’eau distillée et chauffer à la flamme d’une lampe à l’alcool, jusqu’à ce que le liquide ait acquis une température de X 6o à X 7^ degrés centigrades. — Filtrer ce filtre. — Enfin, traiter le tissu taché par l’eau alcoolisée ou par l’eau ammoniacée, et filtrer la liqueur étendue.

4“ Lorsque la filtration est terminée, couper le papier des filtres à un pouce de l’extrémité, et le renverser sur un verre de montre, ou, ce qui est préférable, sur une cuvette en verre plane, humecter le filtre ainsi renversé avec de l’eau alcoolisée ou de l’eau ammoniacée qui dissolvent le mucus et détachent entièrement le dépôt. Si de la matière grasse

I’j6 SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES REACTIFS.

se trouve mêlée , on emploie quelques gouttes d’eau éihérée.

L’examen au microscope de la capsule ou de la cuvette de verre plane fait reconnaître Jes animalcules spermatiques entiers, sans brisures de la queue , et isolés du mucus.

J’ai fait déjà d’assez nombreuses applications de ce mode d’examen, particulièrement dans onze expertises judiciaires dont j’ai été chargé depuis le mois de février, conjointement avec MM. les docteurs Ollivier (d’Angers), Moreau, Chevallier. L’examen microscopique a chaque fois présenté des résultats certains.

Première série d’expériences.

îl ne suffisait pas de constater la présence des animalcules spermatiques dans les taches de sperme desséché sur du linge, et mêlé du mucus vaginal qui s’écoule pendant ou après l’acte du coït.

Je suis parvenu à me procurer de ces linges recueillis avec soin , et je me suis livré aux recherches qui font l’objet de cette seconde partie.

A. Examen de linges tachés par du mucus vaginal simple desséché.

Ces linges avaient servi à essuyer les parties génitales d’une femme bien portante, n’ayant aucun écoulement, et (jui n’avait pas exercé l’acte du coït depuis plus de quinze jours {voy. iig. 5).

On observe sur ces linges des taches roussûtres et légèrement jaunâtres , plus colorées sur les deux surfaces que sur celle qui est opposée ; le tissu n’est pas empesé , mais au toucher il offre un peu de roideur et semble gonflé. Des lambeaux sont mis à macérer dans l’eau distillée , du papier l)leu de tournesol est plongé dans cette macération, et il rou-

EXAMliN JIlCROSCOPIQlJi; DES TACHES DE SPERME, l'j'] git un peu , mais très faiblement ; on peut cependant constater de Tacidilé.

Examiné au microscope entre deux lames de verre , ce liquide paraît composé d’un grand nombre de corps irréguliers, dont je n’ai pas pu reconnaître exactement la forme ovalaire décrite par M. Donné (page 17, Recherches sur la nature du mucus); mais j’ai parfaitement constaté qu’ils présentaient l’aspect de petites écailles; j’ai observé en outre bon nombre de corpuscules colorés en roussàtre qui n’afléciaient pas de forme régulière. Il n’y avait aucune espèce d’animalcules; j’en ai acquis la certitude en soumettant ce liquide à l’action des divers agents chimiques déjà cités, qui dissolvaient le mucus, altéraient la forme des écailles, mais ne laissaient apparaître aucun, corps analogue aux zoospermes ou aux monades prostatiques.

B. Examen de linges tachés par du sperme.

Ces linges avaient essuyé les parties génitales et la verge d’un homme aussitôt après l’acte du coït.

On remarquait des taches grisâtres empesées, circonscrites ; ces taches découpées, et mises dans une capsule , ont été traitées selon tes procédés indiqués, et soumises à l’action des divers réactifs; l’examen microscopique a fait reconnaître un grand nombre de zoospermes et une multitude de monades prostatiques.

C. Examen de linges taches par du mucus vaginal après l’acte du cüii.

Ces linges ont été imbibés de mucus vaginal peu après l’acte du coït. Dans ces expériences comme dans toutes celles qui sont rapportées dans ce mémoire, les linges étaient secs lorsque l’examen a été fait.

Le linge présente une teinte légèrement jaunâtre dans les

l'jS SUPPLÉMENT AU TKAITÉ DES RÉACTIFS.

points tachés; il est ferme, empesé, et présente les caractères d’un linge speianaiisé.

Les dissolutions tiennent en suspension des zoospermes et des monades prostatiques; maison y reconnaît ces papules, ces écailles observées dans le mucus vaginal simple , et qui sont la plupart adhérentes au mucus glutineux spermatique.

D. Examen de linges tachés par du mucus vaginal recueilli huit heures

après l’acte du coït.

Il me parut intéressant de rechercher pendant combien d’heures, après l’acte du coït, les animalcules spermatiques se retrouvaient encore dans le mucus vaginal ; je me procurai de ce mucus qui avait été recueilli chez um- femme huit heures après l’acte du coït , sans qu’il y eût eu de lotion faite aux parties génitales.

Le linge était taché en jaune verdâtre , et était ferme, sans offrir de rudesse au toucher.

A l’examen microscopique , j’observai un très grand nombre de corpuscules colorés , suspendus au milieu du mucus vaginal , caractéi isé par ses écailles ; et là je retrouvai les zoospermes entiers et les monades pi ostatiques plus ou moins englués de matière plastique.

Deuxieme série d’ expériences.

Pour vérifier les expériences faites dans la série précédente, je me suis procuré, mais recueillis entre deux lames de verre , ces mêmes liquides dont furent mouiliés en même tenq)s les linges. On sait (lu’enire les lames de verre , on peut conserver pendant un grand nombre d’années les animalcules qui y ont été interposés. En me fournissant des points de comparaison, par l’examen de ce qui serait ren-

fermé entre les lames de verre, j’ai conlirmé l’exactilude de mes premières expériences.

Je ne rapporterai pas ici les détails de ces expéi ieiices , car ce serait répéter ce cpie j’ai déjà exposé lon^jiiemeni.

J’ai examiné successivement cl comparativement :

Des linges tachés par du mucus vaginal simple.

Le mucus vaginal recueilli entre des lames de verre. ( Voy. fig. 5.)

Des linges tachés par du sperme.

Le sperme recueilli entre des lames de verre. (F. fig. 4-)

Le mucus vaginal , ajirès l’acte du coit recueilli sur des linges.

Ce mucus entre des lames de verre.

Les linges tachés par le mucus vaginal , huit heures après le coït.

Ce même mucus entre des lames de verre. {Voy. fig. 8.)

Dans toutes ces expériences , j’ai reconnu la présence d’animalcules spermaiicpies dans les liquides de dissolution, en même temps que j’en apercevais entre les lames de verre conservées.

J’ai voulu m’assurer pendant combien d’heures les animalcules spermatiques adhéraient aux parois du vagin , lors même que les lotions avaient été faites avec de l’eau simple. J’en ai reconnu dans le liquide vaginal soixante douze heures après l’acte du coït, mais l’on n’en apercevait plus quatre heures après, si la femme avait fait des lotions avec de l’eau aromatisée d’eau de Cologne; il est probable (|ue dans ce dernier cas, la matière glutineuse qui entourait les zoospermes et les tenait accolés sur les parois du vagin à son entrée , était dissoute par l’action de l’alcool, et (|ue les animalcules étaient entraînés par le liquide qui avait sei vi à faire les lotions.

l8o SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES REACTIFS.

Troisième série d’expériences.

Examen de linges tachés par du sperme depuis deux mois.

Ce linge est en tissu de lin , très fin et très blanc; les taches sont grisâtres, empesées; l’étoffe est plissée, et ces plis offrent Iteaucoup de roideur au toucher.

Après avoir fait macérer un lambeau de ce linge dans l’eau distillée et l’avoir soumis aux divers modes d’analyses , on aperçoit dans les dissolutions un grand nombre de monades prostatiques et de zoospermes; quelques uns des animalcules ont été brisés , et l’on en voit même qui ne sont pas entièrement désunis.

Examen de liages tachés par du sperme depuis un et deux ans.

J'ai fait des expériences sur cinq de ces linges; deux sont en tissu de lin, les trois autres sont en tissu de coton; ils sont tous très empesés, fortement colorés en jaune; l’un d’entre eux est rugueux au toucher, il fait éprouver la sensation des granulations.

Le liquide de simple macération a une (einte légèrement opaline; des flocons blanchâtres tenus pendant quelque temps en suspension , ainsi qu’une sorte de poussière fine et granulée , se déposent au fond de la capsule.

Au microscope , on aperçoit des corpuscules colorés et de formes irrégulières, de la matière glutineuse peu transparenio et des monades prostatiques.

1/emplüi de l’alcool, du phosphate de soude, accélère la dissolution , et l’on distingue un assez grand nombre de zoospermes entiers ou brisés, et quehjiies uns dont la (lueiie est contournée circulairemeni; les monades prostatiques sont très apparentes.

Une des lames de verre qui avait été humectée avec la

EXAMIvN MICUOSCOPIQÜE DES TACHES DE SPERME. l8l solution se dessécha à l’air libre, et je fus assez surpris de reconnaître au microscope des cristaux de phosphate de soude et d’ammoniaque en pyramides à quatre faces et sommet tronqué ; je répétai l’expérience en abandonnant à l’air libre une simple macération d’un de ces lin^jes, et les cristaux se reproduisirent. Je fus alors convaincu que ce sel existait ici en état de dissolution , lors de l’éjaculation spermatique.

Ce n’est pas seulement sur des linjjes , mais sur des étoffes très différentes par leur nature et leur coloration que l’on peut avoir à rechercher des taches de sperme , aussi m’a-t-il paru important de les étudier lorsqu’elles sont desséchées sur des tissus de toile, de coton, de laine, de soie.

J’ai indiqué précédemment les caractères physiques des taches de sperme desséché sur des tissus de toile et de coton, soit écrits, soit blancs. Je ne reviendrai pas sur les détails déjà rapportés, mais je crois utile d’exposer quelques unes des remarques que j’ai faites sur ces tissus teints de diverses couleurs.

Examen du coutil blanc en tll taché par du sperme.

Ce tissu, de couleur bleue, est brillant, lustré, il est souple, quoique ferme dans presque son étendue; on remarque quelques parties de l’étoffe qui sont ternies par un enduit desséché, blanchâtre; dans ces points, le tissu est comme empesé , et n’offre pas la souplesse observée dans les parties voisines.

La macération fait perdre au coutil la couleur terne qu’il présentait dans les points tachés; des fibrilles ainsi que d’autres corpuscules se déposent au fond de la capsule; le liquide a une teinte bleuâtre ; traité par l’alcool , il ne change pas de couleur, et on y reconnaît des animalcules spermati{|ues.

Si l’on agit avoe, l’ammoniaque, ce réactif altère la colora-

i82 SUPPLÉMENl AU TRAITÉ DES RÉACTIFS.

lion (les brins de Hl, sans nuire toutefois aux recherches micros(opir|ues.

On (lisiin{j;ue aisément les brins de fil ou même leurs fibrilles des animalcules spernialaïues , car le volume de ces derniers est infiniment moindre ; les brins de fil sont droits, transparents, colorés comme le tissu, ils ont l’aspect extérieui’ d’un tronc d’arbre avec son écorce. (Voij. fig. 6.)

Examen d’une toile perse tachée de sperme.

Celle étoffe, à fond rose, chargée de petits points et de Heurs de toutes couleurs, ne présente aucune tache appréciable ; mais dans certaines parties elle est ferme , comme empesée, tandis qu’elle a beaucoup de souplesse dans les parties voisines.

Plusieurs lambeaux sont enlevés dans les portions les plus fermes de l’étoffe; la macération et l’élévation modérée de la température du liquide n’altèrent [tas les couleurs de l’étoffe, mais elle perd sa roideur, se dégomme pour ainsi dire, et un dépôt opalin se forme au fond de la capsule; une goutte d’alcool fait frémir le liquide, (jui reprend sa transparence.

Par l’examen niicroscopique , on distingue très nettement des animalcules spermatiques complets; les brins de fil, divei'sement colorés, se reconnaissent par leur volume et leur aspect particulier.

Elxameu des étoffes de coton tachées par du sperme.

L’une de ces étoffes , en croisé de coton de couleur bleue, offre une teinte plus vive dans les parties qui ont été tachées ; les taches sont blanchàtrt's , bi'illantes , gommées, i-oides au toucher.

L’addition de l’alcool à la macération suffit pour faire apparaître distinctement les zoospermes et les monades prostatiques.

EXAMEN MICROSCOPIQUE DES TACHES DE SPERME. l83

Les autres réactifs ont ici la même action que dans toutes les expériences que nous avons d('jà rapportées.

Celte étoffe en croisé a cela de pariicailier qu’elle se compose de cpielques brins tic fil pour la trame, et de coton pour le reste du tissu. {Voy. fig. 7.)

A l’examen microscopique , on distinjjue très bien la nature différente de ces substances. Le fil a les caractères que j’ai déjà décrits : il est droit , roide , brisé comme en éclats à ses extrémités , et a l’aspect d’un tronc d’arbre. Le coton est contourné sur lui-méme, tordu pour ainsi dire, uni; ses extrémités sont brisées net; de plus, dans le liquide il y a une multitude de petites fibrilles , ce qui ne s’observe pas dans la macération du tissu de fil.

Quelle que soit la couleur des brins de coton , on observe toujours celte forme contournée qui est sans doute le résultat du mode de filature.

Je ne rappoi’terai pas toutes les expériences (jue j’ai laites sur les étoffes de colon de diverses couleurs; les nuances ne nuisent en rien à la constatation des animalcules spermatiques.

Examen des tissus de laine tachés par du sperme.

Examen d’un morceau de flauelle blanche taché par du sperme.

' On n’aperçoit aucun chan(jement de couleur sur cette étoffe , et les taches ne sont appréciable? qu’au toucher; au lieu de sentir le velouté, les doigts éprouvent une sensation de sécheresse rugueuse; en outre , dans ces points la flanelle a de la roideur.

Ces taches, traitées selon les procédés indiqués, fournissent à l’examen microscopitiue des zoospermes, des monades, et une multitude de corpuscules colorés.

Les brins de laine se reconnaissent à leur forme canalicu-

l84 SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES REACTIFS.

lée; quelques uns n’ont pas exactement le même diamètre dans toute leur longueur, leur surface est comme ridée; au total, les brins de laine ont beaucoup d’analogie avec les cheveux, sauf que leur volume est deux à trois fois moins considérable. {Voy. fig. 10.)

J’ai obtenu des résultats aussi satisfaisants en examinant du drap de diverses couleurs et des étoffes mêlées de laine et de soie.

Examen des taches de sperme desséchées sur des tissus de soie.

J’étais parvenu à me procurer des ëtoflès de soie tachées par du sperme ou par du mucus vaginal après l’acte du coït ; je vais rapporter quelques unes des expériences que j’ai faites à ce sujet.

Examen d’une étoffe de soie dite foulard, de couleur violette et rouge.

Il existe sur une des faces de cette étoffe des taches d’un aspect grisâtre, très brillantes, dont on ne voit aucune trace à la surface opposée; le tissu est roide et empesé dans les parties tachées.

Ces taches ont été mises dans de l’eau distillée que l’on a chauffée ti ès légèrement ; la liqueur est de couleur violette. Quelques brins de soie se sont détachés et ont gagné le fond de la capsule, ainsi que des flocons, restés pendant quelque temps en suspension.

J.’ammoniaque , le phosphate de soude, l’alcool, déterminent également la dissolution du mucus spermatique , et les zoospermes apparaissent.

0.! ne peut confondre les filaments de soie avec ceux de coton ou de fil, car ils ressemblent à des tubes transparents, ayant le même diamètre dans toute leur longueur ; mais ils ne sont pas canaliculés, et ont un volume sept à huit fois moins considérable que les cheveux. {Voy. fig. 9.)

J’ai examine successivement du salin, du velours, (jui avaient été lâchés par du sperme ou par du mucus vaginal après l’acte du coït; je suis toujours parvenu à constater la présence des animalcules spermatiques.

Je ferai observer que si l’on veut examiner du velours ainsi taché, on devra le laissée macérer très long-temps et éviter qu’il ne se roule sur lui-même, car on éprouverait plus do dilficullés à dissoudre la matière spermatique. L’emploi du phosphate de soude , ainsi que celui de l’alcool , m’a toujours parlai lement réussi.

Résumé des principaux faits contenus dans le mémoire.

1“ Les animalcules spermatiques conservent la vie et les mouvements tant que le mucus dans lequel ils nagent reste fluide et tiède. J’en ai observé de vivants pendant dix heures ; ils meurent et restent emprisonnés aussitôt que le mucus est agglutiné.

2" Le sperme desséché se gonfle , se dissémine , et se divise dans l’eau commune froide; il se dissout un peu en chauffant légèrement le liquide de la macération , et l’on aperçoit au microscope les animalcules spermatiques caractérisés par une longue (lueue.

3° Le sperme desséché se dissout dans la salive ainsi que dans l’urine , et les animalcules ne sont pas altérés.

4° Le sperme desséché ne se dissout dans le sang ou dans le lait, que si l’on a étendu ces liquides de quelques gouttes d’eau distillée.

5® L’alcool, la solution de soude, de potasse, ou l’ammoniaque concentrés , ne dissolvent pas le mucus spermatique; ils en déterminent la contraction et détruisent les animalcules. Ces réactifs ont au contraire une action dissolvante très remarquable , s’ils sont étendus d’eau distillée

l86 SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES RÉACTIFS.

(laiis (les proporlions variables pour chacun d’eux, et que nous avons indiquées.

6» Pour reconnaître les lacluis spermatiques desséchées sur du linge et tirer parti des observations microscopicjues , il faut avoir soin de ne j)as froisser et désunir les lambeaux mis à macérer. En filtrant les liquides de macération et en examinant les dépôts restés sur les filtres , on constate la présence des animalcules isolés du mucus, complets et sans brisures.

7“ On peut facilement constater la présence des zoospermes dans le mucus vaginal recueilli après l’acte du coït entre des lames de verre ou desséchés sur des linges.

8" Chez les femmes qui ne sont pas affectées d’écoulements morbides par les parties sexuelles, j’ai toujours pu retrouver sur les linges et sur les lames de vei re qui ont essuyé les parois du vagin des animalcules spermatiques , huit , dix et même soixante-douze heures après l’acte du coït.

9® Sur des linges tachés par du sperme desséché sur du linge depuis deux mois, un an et près de trois ans, j’ai reconnu des zoospermes à longue queue entiers et complets.

10“ La nature et la coloration des tissus tachés par le sperme ne nuisent pas à l’analyse microscopique et à la constatation des animalcules; on les retrouve aussi bien sur les étoffes de fil , de coton , que sur celle de laine ou de soie.

11" L’examen microscopique permet de distinguer les caractères très différents que présentent les filaments du lin , du chanvre , de coton, de laine ou de soie.

Explication des fujures.

Fig. 1 . Du sperme humain avait été recueilli dans une

EXAMEN MICROSCOPIQUE DES TACHES DE SPERME. 187 capsule; il s'élail desséché à l’aii* libce. Dans cet élut, j’ai raclé (iuel!|ues poinis de la circonférence el du ceiilre de la capsule; j'ai oblenu une poussière d’un blanc, jauiiàlro, (pii, examinée au microsco|)e avec un ffi ossissemeiu de 000 fois, a présenté celle imape : A sont des frapnienis de matières desséchées et de formes ii réjjulières ; B cette partie était un peu humide, elle s’est écrasée entre les lames de verre. On n’aperçoit la forme d’aucun animalcule.

Fifif. 2. Du sperme, desséché comme le précédent, a été étendu sur une lame de verre et mis à macérer dans quelques gouttes d’eau distillée tiède; au bout de cinq à six heures, celle lame de verre a été recouverte par une seconde. A mucus non compléiement dissous, des animalcules y sont emprisonnés ; B animalcules engagés dans une couclie très mince de mucus.

Fig. 3. La macération précédente a été traitée par l’alcool , le mucus a été dissous par ce réactd , et les animalcules libres et isolés sont ti ès apparents.

Fig. l\. Sperme lecueilli depuis sept mois entre des lames de verre. AAA mucus desséché et réuni sous forme de bande; BB mucus pareillement desséché, mais moins abondant; CGC animalcules spermatiques.

Fig. 6. Mucus vaginal simple, recueilli chez une femme bien portante. AA mucus assez épais, crémeux; BB corps irrégulièrement ovalaires, ayant l’aspect de petites écailles. On n’observe dans ce mucus aucun animalcule, ni aucun corps présentant une forme analogue à celle des zoospermes.

Fig. 6. Un morceau de hnge , tissu de fil, taché par du speinie et du mucus vaginal , aussitôt après l’acte du coït, a été mis à macérer pendant vingt-cjuaire heures dans de l’eau distillée tiède. On a filtré le licjiiide de macération et examiné le dépôt resté sur le libre. AA sont des bi ins de fil de lin; BB animalcules spermatiques, ün peut remarquer

l88 SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES RÉACTIFS.

un grand nombre de corps irréguliers, qui ne sont autres que les écailles vaginales.

Fig. 7. Un morceau de tissu de colon, taché depuis trois ans par du sperme , a été mis à macérer dans l’eau distillée ; la macération filtrée a fourni un dépôt qui était chargé de matière graisseuse. On a .ajouté quelques gouttes d’eau élhérée qui a, dans certains points, complètement dégagé les animalcules spermatiques , et dans d’autres, a rendu •visibles ceux qui étaient encore engagés dans le mucus. AA brins de colon ; BB animalcules spermatiques.

Fig. 8. Mucus vaginal recueilli entre deux lames de verre chez une femme , huit heures après l’acte de coït. L’examen fait reconnaître le mélange du mucus vaginal simple et du mucus glutineux spermatique , AA , qui tient en suspension les animalcules BB.

Fig. 9. Une étoffe de soie tachée de sperme n’avait présenté aucun des caractères de ce liquide par l’analyse chimique, Une portion a été mise à macérer dans l’eau distillée , traitée par l’ammoniaque faible, et l’examen du dépôt resté sur le filtre a donné le résultat suivant ; AA brins de soie; BB animalcules spermatiques; CC mucus non dissous, mais devenu transparent.

Fig. 10. Étoffe de laine traitée par l’alcool et la filtration. AAA sont des brins de laine vus avec un grossissement de 3oo fois; BB animalcules spermatiques grossis d’environ 600 fois.

1^’échelle de de millimèire a été dressée au moyen d’un micromètre, ajusté au microscope dont je me sers dans mes expériences , et qui a été construit par M. Charles Chevallier, connu par la précision de ses instruments d’optique.

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