partie aiiiérieure du tube lui anneau brun très prononcé d’arsenic
» 15' Expérience. — La meme expérience, répétée sur 1 centimètre cube de dissolution arsenicale ; a encore
donné un anneau sensible.
» Le procédé de Marsh , employé avec la disposition indiquée par MM, Liébig et Berzélius et re[)roduite avec quelques modifications par MM. Kœppelin et Kampmann, de Colmar, rend donc sensibles de petites quantités d’arsenic qui ne suffisent pas pour produire des taches ; il doit être préféré au procédé ordinaire.
» IG'- Expérience. — Le zinc et l’acide sulfurique pur que nous avons employés dans toutes nos opérations ne renfermaient pas d’arsenic, au moins en quantité assez considérable pour être manifesté par le procédé de Marsh , comme le démontrent suffisamment les expériences négatives qui se trouvent parmi colles que nous venons de citer. Nous avons voulu nous assurer si , en opérant sur des quantités de métal et d’acide beaucoup plus grandes que celles que l’on emploie dans les opérations ordinaires , on ne parviendrait pas à isoler une petite quantité d'arsenic. Pour cela, on a placé dans un grand flacon 500 grammes de zinc en lames, et l’on a dissous ce zinc complètement , mais lentement, par l’acide sulfurique étendu. Le gaz qui s’est dégagé a été conduit dans un tube chauffé au rouge. L’appareil était disposé du reste de la manière indiquée (l4' expérience;. On n’a aucune tache arsenicale sensible. Le zinc a été complètement dissous; il ne restait plus que le petit résidu noir que l’on obtient toujours en dissolvant le zinc dans l’acide sulfurique étendu. Ce résidu n’a pas été examiné.
>> Nous ne rapporterons pas plusieurs expériences que nous avons faites sur des chiens empoisonnés par l’acide arsénieux. Ces expériences ont donné des résultats semblables à ceux que M. Orfila avait déjà obtenus devant vos Commis-
HAPl'ORT SllK l’emploi DE l’aPPAREIL DE MARSH. ÏOl
saires , et qui ont été décrits plus haut (expériences de l’Ecole de Médecine.)
» Les expériences suivantes ont été entreprises pour essayer le procédé de carbonisation par l’acide sulfurique proposé par MM. Danger etFlandin.
» 17'= Expérience. — 2 milligrammes d’acide arsénieux ont été ajoutés à 200 grammes de chair musculaire placés dans une capsule de porcelaine ; on a versé dessus 25 grammes d'acide sulfurique concentré , puis on a chauffé : la matière animale s’est dissoute en peu de temps. On a poussé l’évaporation jusqu’à ce que la matière se réduisît en un charbon paraissant presque sec , en ayant soin de remuer continuellement avec une baguette de verre. Ce charbon a été traité par 25 grammes d’acide nitrique, qui a donné lieu à des vapeurs rutilantes; on a évaporé de nouveau, puis repris plusieurs fois par l’eau bouillante. Les liqueurs filtrées étaient très limpides et à peine colorées : elles ont donné dans l’appareil de Marsh un anneau métallique d’arsenic.
» 18“= Expérience. — La même expérience, répétée sur 500 grammes de mou de boeuf, auxquels on avait ajouté 2 milligrammes d’acide arsénieux , et que l’on a traité par 80 grammes d’acide sulfurique, a donné un anneau miroitant aussi éclatant que dans l’expérience précédente.
19" Expérience. — 200 grammes de foie de bœuf, additionnés de 1 milligramme d’acide arsénieux , carbonisés de la même manière, ont donné un anneau d’arsenic encore bien caractérisé.
» 20” Expérience. — Nous avons voulu nous assurer si le procédé de carbonisation par l’acide sulfurique donnait une perte notable de l’arsenic renfermé dans la matière animale. Pour cela , nous avons fait une carbonisation en vase clos , en recueillant les produits qui passaient à la distillation. 100 grammes de chair musculaire avec 2 milligrammes d’acide arsénieux , ont été placés dans une cornue tubulée mu-
nie de son récipient , puis on a ajouté 20 grammes d’acide sulfurique concentré ; on a chauffé jusqu’à ce que la matière fût chai bonnée, et môme jusqu’à ce que le charbon parût à peu près sec ; la liqueur acide qui était passée à la distillation, a été traitée dans un appareil de Marsh ; elle a fourni une petite couronne brune extrêmement faible, au bout du tube chauffé. Le charbon de la cornue a donné au contraire une couronne métallique bien caractérisée.
» Cette expérience montre que, dans la carbonisation par l’acide sulfurique , une petite portion seulement de l’acide arsénieux se perd ; il est même probable que cette petite quantité provient, en grande partie , des projections de matière, que l’on n’évite jamais d’une manière absolue pendant la carbonisation. Il pourrait cependant arriver qu’en desséchant trop fortement le résidu , on éprouvât une perte beaucoup plus notable ; mais on évite complètement cet inconvénient en faisant la carbonisation , non pas dans une capsule découverte, mais dans une cornue de verre munie de sou récipient. Le charbon qui leste dans la cornue doit être traité par un peu d’acide nitrique après avoir été bien broyé, desséché de nouveau, puis traité par de l’eau bouillante à laquelle on ajoute le liquide qui a passé à la distillation et qui a été recueilli dans le récipient (1).
» La carbonisation par l’acide sulfurique réussit d’ailleurs très facilement , sans embarras ; on évite complètement les projections de matière pendant l’évaporation , en ne plaçant pas les charbons immédiatement au-dessous du fond de la cornue.
Il) Si la substance à carboniser reuferiuait neaucoup de chlorures, il serait à craindre que l’arsenic fût eutrainc, pendant la dccoiuposilion, par l'acide suli'urique; mais ou le retiendra complètement en faisant lu carbonisation dans une cornue munie d’un récipieut , dont les parois ont été préalablement mouillées avec de l’eau.
RAPPORT SUR l’emploi DE l’ APPAREIL DE MARSH. I 03
Expériences pour rechercher l'arsenic dajis le corps de l'homme
à l'état normal.
» 2r Expérience. — 1 kilogramme de cliair musculaire a été carbonisé par l’acide nitrique; le charbon obtenu a été traité par l’eau bouillante ; la liqueur essayée dans un appareil de Marsh n’a donné aucun dépôt au bout du tube chauffé.
» 2'2® Expérience. — 500 grammes de chair musculaire, carbonisés par l'acide sulfurique , n’ont également rien donné.
» 23' Expérience. — 500 grammes de chair musculaire ont été carbonisés par l’acide nitrique ; le charbon repris par l’eau. A la liqueur filtrée sursaturée d’ammoniaque, on a ajouté du sous-acétate de plomb, qui a donné un précipité que l’on a séparé de la liqueur; ce précipité a été décomposé à chaud par de l’acide sulfurique: la liqueur un peu étendue, placée dans un petit appareil de Marsh, n’a donné aucune tache.
» 24” Expérience. — 1 kilogramme d’os humains ont été calcinés au noir sur une grille au-dessus du charbon. Ils ont été ensuite réduits en poudre et mis à digérer pendant huit jours avec de l’acide sulfurique concentré. On a étendu d’eau, faitchauffer , puis filtré pour séparer le dépôt de sulfate de chaux. La liqueur a été évaporée complètement à sec ; le résidu traité par un peu d’acide nitrique , puis repris par l’eau. La liqueur n’a donné absolument aucune tache dans l’appareil de Marsh.
’> 25' Expérience. — La même expérience faite sur 1 kilo gramme d'os , mais plus fortement calcinés , n’a donné au cun résultat.
» Les expériences 24 et 25 ne prouvent pas, comme nou? l’avons dit plus haut, qu’il n’existe pas d’arsenic dans les os de l’homme; car cet arsenic, s’il existait , se serait très pro-
lO^ SUl'HLEMENT AU TRAITK DES RRACTIKS.
bablemc'iU déga^jé à l’étal métallique pendant la calcination des us. C’est dans la vue de décider la question que nous avons entrepris les expériences suivantes.
» ^0'' Exj)éricnce. — 500 {ji amrnes d’os ont été mis à digérer dans de l’acide chlorhydrique pur, étendu de quatre fois son volume d’eau. La liqueur a été tenue à 40 ’ environ pour faciliter la dissolution. Quand le phosphate de chaux a été complètement dissous , nous avons mis à part la gélatine. La dissolution chlorhydrique étendue d’eau a été décomposée par l’acide sulfurique , qui a précipité la presque totalité de la chaux à l’état de sulfate. On a repris par l’eau bouillante, filtré et lavé à plusieurs reprises le dépôt. Les liqueurs ont été évaporées à sec; le résidu traité par un peu d’acide nitrique, desséché de nouveau, puis repris par l’eau, n’a rien donné avec l’appareil de Marsh.
» La gélatine carbonisée par l’acide nitrique a fourni une liqueur qui, traitée à part dans un appareil de Marsh, n’a donné absolument aucune tache.
27'’ Expérience. — La même expérience a été faite avec 1 kilogramme d’os. On a seulement carbonisé la gélatine par l’acide sulfurique. Le résultat a été négatif, comme dans la 26'' expérience.
28® Expérience. — 500 grammes d’os ont été traités de la même manière; mais, au lieu d’essayer à part la liqueur provenant de la carbonisation de la gélatine, et celle provenant de la di.'isolution chlorhydrique des os , nous avons réuni ces d^ux liqueui’s et nous les avons traitées dans le même appareil de Marsh : elles n’ont produit aucune tache.
» 29’’ Expérience. — Même expérience répétée sur 1 kilogramme d’os, et même résultat.
n 30* Expérience — On a ajouté à 500 grammes d’os, 2 milligrammes d’acide arsénieux , et on les a soumis au même traitement. Les liqueurs ont donné des taches arsenicales nombreuses.
» Sur ces entrefaites , MM. Danger eî Flandin ayant annoncé à l’Académie qu’ils n’avaient pas trouvé d’arsenic
HAPPOllT SUR l/iaiPLOl DE l’apPAKEIL DE MARSH, l OO
dans le corps de l'homme à l’état normal , vos Commissaires ont prié ces messieurs de répéter sous leurs yeux l’expérience décrite dans leur Mémoire, en changeant seulement un peu la disposition de l’appareil.
» ,31® Expérience. — 1 kilogramme d’os ont été placés dans une cornue de porcelaine disposée dans un fourneau à réverbère. Le col de cette cornue communique avec un large tube de porcelaine chauffé au blanc, qui communique luimême avec un récipient tubulé refroidi avec de l’eau. A la seconde tubulure de ce récipient est adapté un tube qui amène les gaz dans un second tube de porcelaine plus étroit et chauffé dans un fourneau à réverbère. Le gaz se rend de là dans un flacon laveur, où il traverse une petite couche d’eau et est amené enfin dans un grand fiacon , où on le brûle au milieu d’un courant d’air.
» Les tubes de porcelaine étant portés au rouge, on chauffe doucement la cornue et l’on produit une distillation ménagée que l’on règle d’après l’étendue de la flamme qui brûle à l’extrémité de l’appareil. L’opération a demandé sept ou huit heures. La cornue a été chauffée à la fin jusqu’au blanc.
J) Le résidu de la cornue a été décomposé par l’acide sulfurique; les dépôts de charbon qui s’étaient formés dans le col de la cornue, dans les tubes de porcelaine et dans les récipients, ont été bouillis avec de l’eau régale et évaporés ainsi que l’eau condensée dans les flacons de l’appareil. Toutes ces liqueurs ont été réunies au liquide qui provenait du traitement du résidu des os resté dans la cornue : elles n’ont pas donné la moindre tache avec l’appareil do Marsh.
1) I.es expériences précédentes rendaient peu probable l’existence de l’arsenic dans le bouillon de bœuf. Nous avons cependant fait une expérience directe pour décider cette question.
Expérience. — 2 litres de bouillon ont été évaporés, le résidu carbonisé par l’acide sulfurique et l’acide nitrique : ils n’ont rien donné dans l’appareil de Marsh.
33® Expérience. • — Du bic ot plusieurs autres graines , provenant de semences chaulées à l’acide arsénieux , et envoyés à l'un de nous par la Société d’Agricidiure de Joigny (Yonne), ont été soumis à l’analyse dans la vue d’y reconnaître l’arsenic; mais aucune de ces graines n’en a fourni une quantité sensible.
Conclusions.
» Les expériences qui précèdent nous permettent de présenter les conclusions suivantes ;
n loLe procédé de Marsh rend facilement sensible Toiïïirrn d’acide arsénieux existant dans une liqueur; des taches commencent mémo à paraître avec une liqueur renfermant environ. (Expériences 1, 2, 3, 4.)
» 2" Les taches ne se montrent pas mieux avec une grande quantité qu’avec une petite quantité de liqueur employée dans l’appareil de Marsh : bien entendu que l’on suppose dans les deux cas la même quantité proportionelle d’acide arsénieux. Mais elles se forment pendant plus long-temps dans le premier cas que dans le second. Il résulte de là qu’il y a avantage à concentrer les liqueurs arsenicales et à opérer sur un petit volume’de liquide : on obtient ainsi des taches beaucoup plus intenses. (Expériences 1,2,3, 4,5, 6, 7.)
» 3” II est de la plus haute importance, quand on cherche à produire des taches au moyen de l’appareil de Marsh, d’interposer sur le passage du gaz un tube de 3 décimètres au moins de long, rempli d’amiante, ou, à son défaut , de coton, pour retenir les gouttelettes de la dissolution qui sont toujours entraînées mécaniquement par le gaz; autrement on est exposé à obtenir des taches d’oxisulfure de zinc qui présentent souvent l’aspect des taches arsenicales. (Expérience 1.)
» 4" Le procédé proposé par M. Lassaigne peut donner de bons résultats. Il consiste à faire passer le gaz hydrogène arsenical à travers une dissolution bien neutre de nitrate d’argent; à décomposer ensuite la liqueur par l’acide chlor-
RAPPORT SUR l’emploi DE l’aPPAREIL DE MARSH, 1 O7
hydrique ; à l’évaporer pour chasser les acides , puis à essayer sur le résidu les réaciions do l’arsenic. 11 est surtout commode pour faire passer dans une petite quantité de liqueur une portion très minime d’arsenic qui existe dans un grand volume de liquide que l’on ne peut pas concentrer par évaporation, et permettre, par conséquent, en traitant la nouvelle liqueur arsenicale concentrée dans un très petit appareil de Marsh , d’obtenir des taches beaucoup mieux caractérisées. 11 faut seulement bien se garder do conclure à la présence de l’arsenic, de ce que la dissolution de nitrate d’argent se trouble , et de ce qu elle donne un dépôt pendant le passage du gaz, ce dépôt pouvant avoir lieu par des gaz non arsenicaux, mélangés à l'hydrogène , et même par l’hydrogène seul, si l’on opère sous l'influence de la lumière. ( Expériences 8 , 9 , 10 , 11.)
B On peut remplacer la dissolution de nitrate d’argent par une dissolution de chlore ou par celle d’un chlorure alcalin. ( Expériences 12 , 13. )
» 5° La disposition indiquée par MM. Berzélius et Liébig, et leproduiie avec plusieurs modifications utiles par MM. Kœppelin etlvampmann, de Colmar, rend sensibles des quantités d’arsenic qui ne se manifestent pas, ou seulement d’une manière douteuse , par les taches. Cette disposition présente ensuite l’avantage de condenser l’arsenic d’une manière beaucoup plus complète : seulement il arrivera souvent que l’arsenic se trouvera mélangé de sulfure d'arsenic, ce qui pourra altérer sa couleur, surtout si la substance arsenicale existe en petite quantité.
a C’est à cette dernière disposition que vos Commissaires donnent la préférence pour isoler l’arsenic ; ils pensent que l’appareil doit être disposé de la manière suivante :
« lin flacon à col droit A, à large ouverture , est fermé par un bouchon percé de deux trous. Par le premier de ces trous on fait descendre jusqu’au fond du flacon un tube droit B de 1 centimètre de diamètre, et dans l’autre on engage un tube de plus petit diamètre C recourbé à angle
108 SUIMM.ÉMEN'r AU TRAITÉ l>JiS REACTIFS.
droit. Ce lube s'engage dans un autre tube plus large 1), de 3 décimètres environ de longueur, rempli d’amiante. Un tube en verre peu fusible, de 2 à 3 millimètres de diamètre intérieur, est adapté à l’autre extrémité du tube d’amiante.
Ce tube, qui doit avoir plusieurs décimètres de longueur, est effilé à son extrémité F ; il est enveloppé d’une feuille de clinquant sur une longueur d’environ 1 décimètre.
» Le flacon A est choisi de manière à pouvoir contenir toute la liqueur à essayer , et .à laisser encore un vide du cinquième environ de la capacité totale. On devra se rappeler cependant qu’il est important que le volume du liquide ne soit pas trop considérable, si l’on a à traiter une liqueur qui ne renferme que des traces de matière arsenicale. ( Expériences 1 , 2 , 3 , 4 , 5 , 6 , 7. )
Le tube de dégagement C est terminé en biseau à l’extrémité qui plonge dans le flacon, et il porte une petite boule en un point quelconque de la branche verticale. Cette disposition n’est pas indispensable , mais elle est commode , parce qu’elle condense et fait retomber dans le flacon presque toute l’eau entraînée, qui est en quantité assez considérable quand le liquide s’est échauffé par la réaction.
» L’appareil étant ainsi disposé, on introduit dans le flacon quelques lames de zinc, une couche d’eau pour fermer l’ouverture du tube do sûreté : enfin on y verse un peu d’acide sulfurique. Le gaz hydrogène qui se dégage chasse l’air du flacon. On porte au rouge le tube dans la pariie qui est enveloppée de clinquant, au moyen de charbons placés sur une grille. Un petit écran empêche le tube de s’échauffer à une distance troj) grande de la partie entourée de charbons. On introduit ensuite le liquide sus[)cct par le tube ouvert au moyen d’un entonnoir effilé, de manière à le faire descendre le long des parois du tube, afin d’éviter que de l’air
KAPPOllT SUll L’p.iMPLOl J)E l’aPPAIIEIL DE IMAIUSH. 1 09
ne soit entraîné dans le flacon. Si le dé^’agenicnt du gaz se ralentit après l’introduction de la liqueur, on ajoute une petite quantité d’acide sulfurique, et l’on fait marcher l’opération lentement et d'une manière aussi régulière que possible.
» Si le gaz renferme'de l’arsenic, celui-ci vient se déposer sous forme d'anneau en avant de la partie chauffée du tube. On peut mettre le feu au gaz qui sort de l’appareil, et essayer de recueillir des taches sur une soucoupe de porcelaine. On en obtient en effet quelquefois , quand on ne chauffe pas une partie assez longue du tube, ou lorsque celui-ci a un trop grand diamètre.
» On peut également recourber le tube et faire plonger son extrémité dans une dissolution de nitiate d'argent, pour condenser au besoin les dernières portions d’arsenic.
» L’arsenic se trouvant déposé dans le, tube sous forme d'anneau , il est facile de constater toutes les propriétés physiques et chimiques qui caiactérisent celte substance. Ainsi 1 on vériflera facilement :
» Premièrement. Sa volatilité;
» Secondement. Son changement en une poudre blanche volatile, l'acide arsénieux, quand on chauffera le tube ouvert aux deux bouts dans une position inclinée;
B Troisièmement. Eu chauffant un peu d’acide nitrique ou d’eau régale dans le lobe , on fera passer l’arsenic à l’état d’acide arsénique très soluble dans l’eau La liqueur, évaporée à sec avec précaution dans une petite capsule de porcelaine, donnera un précipité rouge-brique quand on versera dans la capsule quelques gouttes d’une dissolution bien neutre de nitrate d’argent ;
» Quatrièmement. Après toutes ces épreuves, on peut isoler de nouveau l’arsenic à l’état de métal. Pour cela il suffit d’ajouter une petite quantité de flux noir dans la capsule où I on a fait la précipitation par le nitrate d’argent, de dessécher la matièt-e et de l’introduire dans un petit tube dont
une des extrémités b est effilée, et dont l'ig. 19. ’
^ ^ enferme l’autreextrémitéaàlalampe,
après l’introduction de la matière.
On fait tomber la matière dans la partie évasée et l’on porte celle-ci à une bonne chaleur rouge : l’arsenic passe à l’état métallique et vient former, dans la partie très étroite du tube, un anneau qui présente tous les caractères physiques de l’arsenic, même quand il n’existe que des quantités très petites de cette substance.
» 6“ Il est facile de trouver dans le commerce du zinc et de l’acide sulfurique qui ne manifestent pas d’arsenic dans l’appareil de Marsh, même quand on dissout des quantités considérables de zinc. (Expérience 16.) L’acide sulfurique que nous avons employé était de l’acide purifié par distillation, et le zinc était du zinc laminé en feuilles minces (1).
» Dans tous les cas il est indispensable que l’expert essaie préalablement avec le plus grand soin toutes les substances qu’il doit employer dans ses recherches. Nous pensons même que quelques essais préliminaires ne donnent pas une garantie suffisante, et qu’il est nécessaire que l’expert fasse en même temps, ou immédiatement après l’expérience sur les matières empoisonnées , une expérience toute semblable à blanc, en employant tous les mêmes réactifs et en mêmes quantités que dans l’opération véritable.
» Ainsi, s’il a carbonisé les matières par l’acide sulfurique et par l'acide nitrique, il devra évaporer dans des vases semblables des quantités tout-à-fait égales d’acides, reprendre par le même volume d’eau; en un mot, répéter dans l’expérience de contrôle, sur les réactifs seuls, toutes les opérations qu’il a faites dans l’expérience véritable.
(1) Le zinc laminé doit être ])rcféré au zinc en plaques du coumiercc ; le laminage auquel il a été soumis est déjà une garantie de sa pureté. Le zinc laminé doit être préféré au zinc en grenailles, parce qu il présente moins de surface et donne un dégagement d’hydrogène plus facile à régulariser.
RAPPORT SUR l’emploi DE l’aPPAREIL DE MARSH. 1 1 I
)i 7“ Les procédés de carbonisaiion des matières animales • par l’acide nitrique ou le nitrate de potasse peuvent réussir d’une manière complète ; mais il arrive cependant qucUpiefois qu’on n’est pas maître d’empêcher une déflagration 1res vi\c à la fin de l’expérience ; cette déflagration peut donner lieu à une perte notable d’arsenic. La carbonisation par l’aeide sulfurique concentré et le traitement du charbon résultant par l’acide nitrique ou l’eau régale, nous paraît préférable dans un grand nombre de cas. Ce procédé, donné par MM. Danger et Flandin, exige l’emploi d’une quantité beaucoup moindre de réactif ; il est toujours facile à conduire ; quand d est convenablement exécuté, ce procédé ne donne lieu qu’à une perte très faible d’arsenic, comme cela résulte de nos expériences (17, 18, 19 et 20). On évitera toute chance de perte, eti faisant la carbonisation dans une cornue de verre munie de son récipient , comme nous l’avons recommandé plus haut (expérience 20).
B 8° Il est de la plus haute importance que la carbonisation de la matière organique soit complète ; sans cela on obtient non seulement une liqueur qui mousse dans l’appareil de Marsh, mais cette liqueur peut donner des taches qui présentent quelquefois dans leur aspect de la ressemblance avec les taches arsenicales. Ces taches, qui ont été observées d’abord par M. Orfila , et qu’il a désignées sous le nom de taches de crasse (Mémoire sur l’Empoisonnement, page 37), se produisent souvent en grande abondance quand la matière organique n'a été que partiellement détruite. Ces taches , qui proviennent de gaz carbonés, partiellement décomposées dans la flamme, se distinguent du reste facilement, par les réactions chimiques, des taches arsenicales. Mais elles pourraient donner lieu à des méprises très graves, si l’expert se contentait des caractères physiques des taches.
B 9^' Quant à l’arsenic que l’on avait annoncé exister dans le corps de l’homme à l’état normal, toutes les expériences que nous avons faites , tant sur la chair musculaire que sur les os , nous ont donné des résultats négatifs.
SlIPPLKMKJVT ATT TRAITK DÏÏS RT^ACTlFS.
n 10’ La commission, résumant les instructions contenues dans ce rapport, pense que !e procédé de Marsh, appliqué avec toutes les précautions qui ont été indiquées, satisfait aux besoins des recherches médico-légales, dans lesquelles les quantités d’arsenic qu’il s’agit de mettre en évidence sont presque toujours très supérieures à celles que la sensibilité de l’appareil permet de constater. Bien entendu qu’il doit toujours être employé comme moyen de concentrer le métal pour en étudier les caractères chimiques , et qu’on devra considérer comme nulles, ou au moins comme très douteuses, les indications qu'il fournirait, si le dépôt qui s’est formé dans la partie antérieure du tube chauffé ne permettait pas à l’expert, à cause de sa faible épaisseur, de vérifier d’une manière précise les caractères chimiques de l’arsenic.
» iSous ajouterons que, dans le plus grand nombre des cas d’empoisonnement, l’examen des matières vomies ou de celles qui sont restées dans le canal intestinal , convaincra l’expert de la présence du poison, et qu’il n’aura à procéder à la car. bonisation des organes que dans les cas où les premiers essais auraient été infructueux , ou dans ceux très rares où les circonstances présumées de rempoisonnementlui en indiqueraient la nécessité.
» 11" Vos commissaires, prenant en considération l’importance de la question, les efforts que MiVI. Danger et Flandin ont faits pour éclairer l’emploi de l’appareil de Marsh, vous proposent de les remercier pour leurs communications.
» Ils pensent que l’Académie doit également des remeiciemeiUsâ MM. Lassaigne, Kœppelin et Kampmaim pour les modifica'.ions utiles qu’ils ont apportées au procédé de Marsh.»
Les conclusions de ce rapport sont adoptées.
ARTICLE ÏV.