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DE LA LUMIÈRE

L’action cîc la lumière sur beaucoup de corps a la plus grande analogie avec celle du calorique ; ses effets ainsi que la propriété particulière à cet agent de se changer en chaleur lorsque ses rayons sont rassemblés au moyen d’un verre lenticulaire, etc. , ont fait regarder ces deux fluides comme deux modifications l’un de l’autre ; nous adopterons ce système, et sans consigner ici les phénomènes à l’aide desquels les physiciens ont cherché à démontrer cette hypothèse ou l’hypothèse contraire, qui faisait de la lumière et delà chaleur deux fluides distincts; nous nous bornerons à rapporter les effets généraux de la lumière.

Un rayon de lumière peut déterminer la combinaison d’un volume de chlore à un volume d’hydrogène , et former de l’acide hydrochlorique , la combinaison a lieu rapidement et avec détonation ; cette expérience exige des précautions, car elle n’est pas sans danger. On opère la même combinaison sans craindre aucun accident en exposant le mélange des gaz fila lumière diffuse. En quelques jours l’union des gaz est effectuée.

La lumière décompose l’acide nitrique , et le convertit en acide nitreux et en oxigène ; elle réduit les oxides d’argent et d’or, décompose une partie des sels d’or , d’argent et de mercure, détruit instantanément une partie de la matière colorante des toiles; si au sortir d’un bain on les expose à ses rayons. Le chlore produit à chaud un effet analogue, plus rapide, et avec d’autant plus d’énergie, qu’il pénètre dans tous les sens à-la- fois. La lumière détruit en quelques heures la couleur rose du car-

TRAITÉ DES REACTIFS.

thame que l’on applique ordinairement sur la soie ; en général elle altère ou détruit toutes les matières colorante» appliquées sur divers corps ; elle est nécessaire à la coloration de toutes les plantes vivantes. En effet, les végétaux privés de la lumière restent sans couleur, ou se décolorent lorsque déjà ils étaient colorés ; la lumière a aussi une action très-sensible sur l’économie animale; les hommes et les animaux sont sujets à des maladies dont l’absence de la lumière est la seule cause.

Kasteleyn a remarqué que les fleurs ammoniacales martiales ( muriate d* ammoniaque et de fer), exposées aux rayons du soleil prennent une couleur orangée trèsfoncée, couleur qu’elles perdent ensuite par l’absence des rayons lumineux; mais on peut la leur conserver en les enfermant dans une fiole. Ces variations dans les couleurs ont été regardées par ce chimiste comme dues aux états différens d’oxidation du fer contenu dans cette préparation.

Chacun sait qu’on est parvenu à produire une lumière artificielle très-vive par la combustion de diverses substances et notamment du suif, de l’huile, de la cire; dans ces derniers temps on s’est beaucoup occupé des moyens les plus économiques de produire ainsi la lumière artificiellement, soit en combinant entr’eux quelquesunes des substances dont nous venons de parler, soit en les décomposant, ou en exposant de même à une haute température de la houille dans des appareils susceptibles de fournir des quantités considérables de gaz hydrogène percarburé, gaz light 3 etc., etc. (i). M. Dalton a décou-

(i) Afin de s’assurer de la quantité de gaz (pie Ces établissemeas

TRAITÉ DES RÉACTIFS. üg

rert dernièrement un nouveau gaz qui contient deux foi* autant de carbone que ce dernier, il le nomme hydrogène lupercarburé, sonpouvoir éclairant est très-considérable.

Pour juger du mérite des divers procédés d’éclairage, et distinguer ceux qui sont réellement économiques , il importe surtout de mesurer la quantité de la lumière que chacun d’eux peut procurer à prix égal. On obtiendra facilement cette donnée, en connaissant l’intensité delà lumière de chaque point lumineux ; pour y parvenir on rapporte à un point lumineux d’une intensité connue, tous ceux qu’on veut évaluer, et en général on est convenu pour ce point de départ, deprendre un bec d’un quinquet d \4r garni.

Pour comparer la lumière de ce quinquet avec celle d’un autre, ou en général deux lumières entr’elles, il suffit d’éclairer isolément et sous la même incidence, avec chaque lumière, deux disques égaux d’un papier très-blanc; on regarde à-la-fois les deux disques, s’ils sont également éclairés , les lumières sont égales, dans le cas contraire, il faut éloigner la plus forte des deux lumières jusqu’à ce que les deux disques paraissent éclairés également; les intensités de ces lumières seront alors entr’elles comme les carrés des distances des lumières aux disques. Ainsi, la distance d’une des lumières à l’un des disques étant double de celle de l’autre lumière à l’autre disque, l’intensité de la première sera quatre fois plus grande que celle de la seconde.

fournissent journellement à ceux quis’abonnent à ces modes d’éclairage, on a imaginé des instrumens à l’aide desquels on peut mesurer avec précision la quantité de gaz qui passe par un coa* duit dans un temps donné.

5o TRAITÉ DES RÉACTIFS.

Celte illumination partielle et comparative s'obtient plus commodément en éclairant une seule feuille cle papier, ou tout autre corps mat et bon réflecteur avec les deux lumières, et interposant au devant un petit cylindre implanté verticalement ou un petit disque ; les ombres indiquent les points isolément éclairés, il faut donc rendre ces ombres d’une intensité égale en variant les distances des corps lumineux aux corps opaques ; on peut mesurer ensuite ces distances, et on en tire la conclusion indiquée ci-dessus de la même manière.

Les teintes des ombres varient suivant les couleurs différentes des lumières que l’on essaie , mais il est toujours possible d’amener à une intensité égale (i).

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