PRÉPARATIONS MICROSCOPIQUES
laines circonstances encore indélerininées, la réaction s'opère très-difficilement ou même pas du tout; alors, pour la provoquer, on a recours à l'acide sulfuriquc, que Ion ajoute en très-petite quantité.
L'éther et le chloroforme servent à indiquer la présence des corps gras et à les dissoudre; le chloroforme est d'un emploi- plus facile, parce qu'il s'évapore moins rapidement.
On emploie la solution de carmin pour colorer et rendre par cela même plus apparents certains éléments anatomiques et plus particulièrement l'élément cellulaire. On a eu surtout recours à ce liquide pour les préparations du tissu nerveux. Des coupes fraîches des parties grises des centres nerveux ou bien des lamelles de ce tissu durci par l'acide chromique ou l'alcool, plongées dans la solution de carmin pendant six, douze, vingt-quatre heures, s'imprègnent de la matière colorante et deviennent uniformément rouges. Si on les traite ensuite par l'acide acétique, la matière colorante se fixe principalement dans les cellules et les cylindres d'axe des fibres nerveuses. Les fibres musculaires lisses, les cellules plasmatiques et les cellules épilhéliales en général oflrent, sous ce rapport, la même réaction que les cellules nerveuses. On a avancé à tort que les noyaux seuls ont la propriété de fixer la couleur à l'exclusion des cellules; si les noyaux paraissent plus rouges, c'est que naturellement ils sont plus foncés; on observe dans ce cas le même efîét produit par la peinture en teinte plate sur un dessin lithographique.
Depuis quelque temps on emploie en Allemagne le ni-
irate dargenl pour certaines recherches de slrucLurc. Cette substance a la propriété de colorer en brun la substance conjonctive du tissu et de respecter les cellules, dont elle ne lait que tracer les contours en passant dans les interstices qui les séparent. C'est au moyen de ce réactif que Recklinghausen , de Berlin, a cherché à établir que les capillaires lymphatiques sont revêtus d'un épithélium. Les quelques essais que j'ai faits avec cette substance m'ont prouvé qu'elle rendra de grands services entre des mains habiles (voir à ce sujet un article de M. Cornil , dans les Archives générales de médecine, février 4863, p. 514).
Enfin , je dirai que les injections destinées aux études microscopiques doivent être faites avec des matières trèspures. La couleur à l'huile des peintres, délayée dans de l'essence de térébenthine, m'a parfaitement réussi pour certains organes (foie, rein, intestins, muqueuse linguale). On peut également employer la colle de poisson, que Ton colore soit avec le carmin, soit avec le jaune de chrome ou bien encore avéc l'encre de Chine. Du reste, les matières à injection sont très-variées, et si l'on veut avoir à ce sujet des détails précis, il faut consulter le livre de l'habile anatomiste de Yienne, Ilyrtl, intitulé: llandluch der praktischen Zergliederungskunst. Vienne 1860.
L'instrument qui me paraît encore être jusqu à présent le plus commode pour les injections, est la seringue de nos amphithéâtres.
Préparations et conservations des pièces. Il faut avoir à sa disposition les substances suivantes :
Eau sucrée ,