POIDS DES OBSERVATIONS
19. Plus les circonstances qui accompagnent une observation (méthode, instruments, personnel, temps disponible, état météorologique de l'atmosphère, etc.) concourent à la rendre bonne, c'est-à-dire à la rapprocher davantage de la vérité, plus elle méritera notre confiance, et aura
du poids dans nos déductions logiques. On comprend d'ailleurs que deux observations ou deux séries d'observations puissent ne pas être également bonnes : comment donc les comparer entre elles sous le rapport de la précision ? Nous aurons recours au critérium suivant. Un système d'observations, toutes également bonnes, mérite évidemment d'autant plus de confiance pour les conséquences que nous voulons en tirer, qu'il en embrasse un plus grand nombre. Nous avons vu, en effet, que l'erreur à craindre sur le résultat est égale à
et que, par conséquent, elle diminue en raison inverse du nombre des observations. On voit ainsi que l'on peut représenter le degré de confiance que mérite une observation par le nombre d'observations d'une précision constante requises pour obtenir la précision de l'observation que l'on considère. Par suite, le poids d'une observation qui a fourni la valeur x = K est le nombre d'observations d'égale précision qui donnerait lieu à la même erreur que l'on aurait à craindre sur le résultat x = A.
Ainsi, par exemple, une observation vaudra comme 5, une autre comme 9 \ cela signifie que la bonté de la première observation est équivalente à 5 observations et la seconde à 9 observations d'un précision donnée a. On pourra donc admettre que le poids d'une observation peut être représenté par le nombre d^ observations toutes d^ égale précision propres à fournir la quantité cherchée avec une précision égale à celle d'aune seule observation^ c'est-à-dire, plus clairement, propres à fournir un résultat moyen, passible de la même erreur probable que le résultat de la seule observation.