II. — Partie mécanique
La partie mécanique du microscope composé est loin d’avoir une importance égale à celle de la partie optique ; mais cependant elle demande à être traitée avec précision , car les moindres imperfections dans le centrage de l’instrument, la plus petite irrégularité dans les glissements des parties mobiles annulent en grande partie les qualités que peuvent avoir les lentilles et rendent impossible toute observation délicate.
Il est rare maintenant de rencontrer des microscopes sans précision suffisante, lorsqu’ils sortent d’un atelier sérieux; cependant il est toujours utile d’examiner successivement les diverses parties des microscopes et de se rendre compte de leurs qualités ou de leurs défauts.
D’une manière générale, nous dirons que les meilleurs microscopes sont les plus simples et les plus solides : c’est là une double qualité que possèdent les instruments français, contrairement à ceux d’outre-Manche, dans lesquels se trouvent accumulées à plaisir des complications souvent inutiles.
Nous allons passer successivement en revue les différentes
parties mécaniques du microscope : pied, platine et diaphragmes, miroir éclaireur, tube porte-lentilles, appareil de mise au point.
Du pied. — Dans les premiers microscopes, le pied avait la forme d’une colonne creuse ou tambour ( fig . 25) fixée sur un disque en métal et dans laquelle une large ouverture laissait arriver la lumière sur un miroir éclaireur fixé à l'intérieur de cette sorte de niche. Mais cette disposition rendait impossible
Fig. 25. v
l’éclairage; latéral aussi est-elle complètement abandonnée et n’en parlons-nous que pour mémoire.
La forme du pied varie avec les constructeurs et avec leurs divers modèles ; il est constitué par une base carrée, ronde, annulaire ou en fer à cheval, sur laquelle est solidement fixée une colonne verticale, simple ou double. La base du pied doit être d’un poids suffisant pour donner à tout l’instrument une grande stabilité; elle est tantôt en fonte, tantôt en laiton; mais lorsqu’on veut augmenter suffisamment son poids sans exagérer son volume,
MICROSCOPES COMPOSÉS
cette base est alourdie par une masse de plomb coulée à l’intérieur. Dans le microscope de M. de Lacaze-Duthiers (fig. 26), la stabi-
Fig. 20.
lit é du pied est obtenue par un tout autre moyen; celui-ci est formé par un anneau en cuivre, autour duquel viennent s’articuler à charnière trois appendices, qui peuvent à volonté se replier contie 1 anneau ou au contraire s’ouvrir et former une sorte de trépied à grand diamètre.
Enfin cet anneau est double et permet de faire tourner l’instrument sur son axe, disposition qui remplace la platine à tour-