‹ Traité élémentaire du microscopeChapitre 22 sur 105 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

billon, dont nous parlerons plus loin; nous dirons alors quelles sont les considérations qui ont amené le savant anatomiste à cette modification.

D’une manière générale, la forme en fer à cheval est la meilleure (fig. 27), car elle permet d’abaisser la platine, en laissant un

Fig. 27.

espace suffisant pour loger le miroir ; et cet abaissement de la platine est extrêmement utile dans les dissections.

La colonne placée sur la base peut être d’une seule pièce, et

MICROSCOPES COMPOSÉS

c’est ce qui constitue les microscopes droits ; ou elle est brisée par une articulation à charnière, ce qui permet d’incliner le corps du microscope tout entier : on dit alors les microscopes inclinants. Dans les modèles à deux colonnes (fig. 27), la rotation se fait autour d’un axe transversal. Ces deux méthodes donnent l’une et l’autre de bons résultats; cependant la suspension sur axe est peut-être plus précise et moins sujette aux dérangements.

L’inclinaison n’est pas une qualité indispensable, et dans les , travaux de recherches elle est rarement employée; elle présente en effet de sérieux inconvénients dans les observations de corps baignés dans un liquide, surtout lorsque ceux-ci ne sont pas maintenus par un couvre-objet. Mais l’inclinaison est fort commode d dans ‘certaines circonstances; elle diminue beaucoup la fatigue qui résulte de la position forcée que nécessite le microscope droit.

Le pied du microscope doit être garni sur sa face inférieure d’une épaisseur de cuir; cette précaution augmente la stabilité en empêchant l’instrument de glisser sur la table, surtout lorsque celle-ci est garnie d’une glace, comme nous l’indiquerons plus tard.

De la platine. — La colonne fixée à la base du pied porte à sa partie supérieure une tablette ou platine destinée à soutenir les objets soumis à l’observation.

La platine des premiers microscopes était mobile, et la mise au point s’obtenait en faisant monter et descendre la préparation et son support. Cette disposition, défectueuse en tous points, manquait à la fois de précision et de solidité. La plus légère pression exercée sur la platine changeait la mise au point; il était donc impossible d’effectuer la moindre dissection. Aujourd’hui la platine est fixe, et on lui donne toujours une épaisseur suffisante pour rendre toute flexion impossible ; enfin elle est abaissée de telle sorte que la base de la main, appuyée sur la table, peut encore permettre aux doigts d’opérer une dissection avec des aiguilles emmanchées ou des scalpels. La meilleure disposition imaginée à cet effet est celle que nous avons signalée dans le microscope de

M. de Lacaze-Duthiers {fig. 26); en diminuant l’épaisseur de la base, tout l’instrument a été abaissé, et la platine se trouve ainsi à la hauteur convenable pour les dissections.

La platine est faite, en général, de laiton noirci; mais dans les instruments plus soignés, elle porte un verre rodé; et ce perfectionnement permet l'emploi des réactifs sans crainte d’attaquer la platine métallique. Dans ces dernières années, certains opticiens allemands recouvrent la platine de leurs microscopes d’une plaque d’ébonite, et cette substance paraît remplacer avec avantage la plaque de verre.

La plupart du temps, les observations microscopiques se font sur des objets transparents; aussi la platine est-elle percée d’un trou pour donner passage au faisceau lumineux que le miroir éclaireur doit projeter dans l’axe de l’appareil.

Diaphragmes. — Cette ouverture ne doit pas être toujours de même diamètre; et d’une manière générale sa grandeur est liée au pouvoir grossissant des objectifs; les plus forts demandant les ouvertures les plus réduites. Pour obtenir ce résultat, on fait usage de plaques métalliques percées de trous, ce qui constitue les diaphragmes. La forme la plus simple consiste en un disque de laiton noirci mobile autour d’un axe, et portant une série d’ouvertures de diamètres différents et qui peuvent se présenter à tour de rôle devant l’ouverture de la platine et se centrer dans l’axe du microscope.

Cette disposition très suffisante pour les grossissements moyens ne peut plus être employée avec les objectifs puissants. En effet la plaque tournante est forcément placée au-dessous de la platine, et quoique entaillée dans son épaisseur elle n’en reste pas moins placée à une certaine distance de la préparation : de là une assez grande déperdition de lumière, surtout lorsque l'ouverture est très petite; il importe alors de ramener le diaphragme le plus près possible du porte-objet : les diaphragmes à tube permettent de réaliser cet effet.

Ceux-ci sont formés d’un tube de laiton ouvert à une extrémité

MICROSCOPES COMPOSÉS

et fermé à l’autre par une plaque percée au centre : ce tube peut entrer à frottement dans l’ouverture centrale de la platine, et ils peuvent alors arriver à toucher le porte-objet. Cette méthode, la plus simple, est rarement employée, car elle oblige à conserver aux parois de l’ouverture toute l’épaisseur de la platine, ce qui empêche l’emploi complet de la lumière oblique. Il a donc été nécessaire de faire porter le tube diaphragme par une pièce spéciale mobile et facile à enlever.

, Les microscopes de Prazmowski, ceux de Vérick sont munis d’un porte-diaphragme à coulisse : au-dessous de la platine deux coulisses à biseau donnent passage à une plaque métallique, percée à son milieu d’une ouverture de diamètre égal à celle

> de la platine, et munie d’un tube dans lequel peuvent glisser à frottement les tubes diaphragmes. Il est facile de comprendre la manoeuvre de cette combinaison : lorsque le tube porte-diaphragme est arrivé en face de l’ouverture de la platine, on fait monter le diaphragme au niveau voulu, et il est facile de l’amener au contactdu porte-objet; de plus, un arrêt soigneusement ajusté maintient toujours dans l’axe du microscope l’ouverture du diaphragme; enfin un bouton sert à mettre en place la coulisse, et chaque tubediaphragme est muni d’une couronne molettée qui facilite beaucoup la manœuvre de cette pièce.

Ce système est susceptible d’une grande précision, il se dérange rarement, et il a le précieux avantage de conserver un centrage rigoureux; mais sa mise en place est un peu longue; aussi certains constructeurs ont cherché à le modifier dans ce but : tel est le modèle de Nachet.

« M. Nachet fixe sous la platine {ftg. 28) un levier qui tourne autour de l’une de ses extrémités, de manière à pouvoir venir placer son autre extrémité sous kouverture de cette platine ou se développer en avant ou sur le côté, comme l’indique la figure. Ce levier porte un collier ou coulant dans lequel on peut glisser à frottement, de bas en haut, un tube couronné à son bord inférieur par un cordon moletté. Ce tube est ouvert à ses deux extrémités. C’est lui que les rayons lumineux vont traverser, lorsqu’il

Page 1