III. — Soins a donner au microscope
Le microscope est un instrument délicat et qui demande des soins minutieux si l’on veut lui conserver toutes ses qualités primitives.
11 est donc important de chercher à le préserver de tout accident, et surtout de le mettre à l’abri des atteintes de la poussière.
11 sera absolument indispensable de nettoyer avec soin le microscope tout entier, au moyen d’un vieux linge et d'un pinceau, après en avoir fait usage et avant de l’enfermer dans sa boîte.
Boîtes. Cloches de verre. — Mais on conservera encore mieux un microscope en le plaçant sous une cloche de verre; nous recommanderons seulement de faire porter cette cloche sur un morceau de drap épais, ou mieux encore de velours; on obtiendra ainsi une fermeture complète, qui le mettra absolument à l’abri de la poussière qui pénètre toujours dans les boîtes, même les mieux fermées. Un autre avantage de ce système est de laisser le microscope toujours prêt; il n’y a plus de montage ni de démontage à faire, opération qtii amène toujours une usure plus rapide des différentes parties de l’instrument.
Dans l’im comme dans l’autre cas, il sera prudent d’enlever les objectifs pour les conserver dans des boîtes spéciales : s’il était nécessaire de laisser un objectif adapté au tube du microscope, il faudrait également laisser en place l’oculaire ; sans cette précaution, la poussière pourrait entrer dans le tube et se déposer sur la lentille supérieure de l’objectif.
Quelque soin que l’on puisse prendre d’un microscope, il est toujours indispensable de lui faire subir un nettoyage avant toute observation.
Nettoyage des lentilles. — Les lentilles, et principalement les objectifs, étant les parties les plus essentielles du microscope, on ne saurait en prendre trop de soin; on ne devra jamais les laisser
traîner sur la table de travail, mais les renfermer dans leur boite anrès en avoir fait usage. Il suffit, en général, de nettoyer les verres extérieurs; cette opération peut s’effectuer de la manière suivante :
« On prend un linge très fin, de la mousseline ou de la toile fine usée ; on en recouvré la pulpe du pouce de la main gauche; puis, saisissant l’objectif de la main droite, on pose doucement la lentille inférieure sur le linge et l’on fait tourner l’objectif en appuyant légèrement. Si l’on prenait de trop gros linges, et si l’on appuyait trop fort en essuyant, on risquerait de rayer la lentille et de détériorer l’objectif. Lorsque la lentille inférieure de l’objectif est souillée de matière grasse, ou encore, comme cela arrive souvent, par les vernis employés dans les préparations, au lieu d’employer un linge sec, on humecte ce linge d’une goutte d’alcool, et bon débarrasse ainsi l’objectif de toute impureté. Il faut avoir soin, toutefois, de n’employer qu’une faible quantité d’alcool, de peur que ce liquide, venant à pénétrer dans l’objectif, dissolve le vernis qui sert à souder les deux verres de crown et de flint dont est formée la lentille. Si la lentille supérieure de l’objectif paraît souillée de poussière, on se contentera de la brosser légèrement avec un pinceau f1). »
Le nettoyage au pinceau est souvent suffisant; ce pinceau doit être en martre ou en petit gris, et il est nécessaire de le dégraisser par un lavage à l’éther, puis à l’alcool; enfin il convient de le conserver à l’abri de la poussière en l’enfermant dans un tube de verre. Le bouchon qui ferme ce tube portera une petite tige en bois de grosseur voulue pour entrer à frottement dans la plume qui sert de monture au pinceau; le tube sera assez long pour loger le pinceau ainsi fixé au bouchon, sans toucher à l’extrémité.
Dans aucun cas il ne faut nettoyer les lentilles avec une peau de chamois; celle-ci est toujours imbibée de matières grasses, et elle salit beaucoup plus qu’elle ne nettoye.
Si l’on aperçoit de la poussière entre les surfaces intérieures des
(’) Beauregard et Galippe, op. cit., p. 24.
Trutat. — Microscope.