‹ Traité élémentaire du microscopeChapitre 60 sur 105 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

objectifs, il ne faut essayer de les dévisser et de les nettoyer soimême que si l’on est un peu de la partie; autrement il vaut mieux confier l’objectif à un opticien.

Si l’on tenait cependant à effectuer cette opération, il faudrait dévisser les lentilles avec le plus grand soin, et s’assurer, au remontage, que les pas de vis sont serrés exactement au même degré, afin de replacer les lentilles à la distance voulue. Pour obtenir ce résultat avec certitude, on peut établir une ligne de repère portant sur les deux parties de l’objectif, et il sera alors facile au serrage de remettre exactement au point primitif les deux moitiés de l’objectif.

Les oculaires peuvent se démonter avec moins de précautions ; les lentilles se nettoient très facilement en les enlevant de leurs montures.

Le miroir demande plus d’attention ; le verre étamé est d’une très faible épaisseur, et par conséquent très fragile; il faut donc user de beaucoup de ménagements en le nettoyant.

« Malgré tous les soins donnés au microscope, il devient indispensable de nettoyer à fond, detemps'en temps, sa partie optique, attendu qu’il se forme sur les lentilles et les oculaires une sorte de couche graisseuse qui assombrit considérablement l’image. Les instruments dont on ne s’est pas servi depuis plusieurs années portent, presque toujours, cette couche de matière adhérente. On peut être sans inquiétude sur le résultat du nettoyage, car il est tout à fait inoffensif pour les verres, si l’on se sert d’un bon pinceau et d’une étoffe très fine et molle humectée d’alcool et d’ammoniaque alternativement (l). »

Nettoyage de la partie mécanique. — Après chaque observation et avant de remettre le microscope dans sa boîte ou mieux sous une cloche, il convient d’essuyer avec soin toutes les parties métalliques. Un vieux torchon en toile, très usé, doit encore être préféré à une peau de daim. Chaque pièce sera essuyée, frottée dans le sens du polissage; et cette simple opération fera dispa-

I1) RoBriv, op. cit., p. 402.

raître, presque toujours, les taches produites par le contact des doigts.

Il faudra toujours éviter d’humecter le linge avec de l’alcool, ou avec de l’huile, qui altérerait et enlèverait même la couche de vernis qui recouvre toutes les parties brillantes du microscope.

Les parties noires ( oxydées) supportent très bien au contraire un nettoyage à l’huile; mais il est très important d’enlever par un frottage prolongé tout excès de corps gras; ici une peau de daim sera excellente à employer.

« Après un usage un peu prolongé, il arrive souvent que le glissement du tube dans le canon du microscope s’opère avec difficulté. Au lieu d’un mouvement doux et moelleux on n’obtient plus qu’un mouvement dur et saccadé; on risque alors, n’étant plus bien maître du glissement, d’écraser les préparations et, par suite, aussi de détériorer l’objectif. Pour rendre au tube son mouvement normal, il suffit, après l’avoir tiré hors du canon, de l’essuyer avec un linge bien sec, de manière à le débarrasser complètement d’une sorte d’enduit noirâtre qui le recouvre. Lorsque la surface est redevenue polie, on l’enduit très légèrement d’huile de pied de bœuf au moyen d’un linge imprégné de cette substance, enfin on l’essuie encore au moyen d’un linge sec. La face interne du canon est également nettoyée, et, ces précautions prises, le glissement s'effectue avec facilité I1). »

Malgré tous ces soins, après plusieurs années de séjour dans le laboratoire, un instrument a besoin d’un nettoyage à fond; les cuivres polis ont besoin d’être vernis de nouveau, et il faut de toute nécessité le faire passer entre les mains du constructeur.

Remarque. — Nous ne saurions trop insister sur l’importance extrême qu’il y a à entretenir avec le plus grand soin le micro- ’ scope et ses accessoires. En général, on peut être assuré qu’un instrument sale dénote un mauvais observateur ; même dans un laboratoire de Chimie, où les causes de détérioration sont plus

(’) Beauregard et Galippe, op. cit., p. 25.

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