I. — Emploi de la loupe
Utilité de la loupe. — Lorsque l'on dissèque une fleur, un insecte, ou bien encore un animal de petite taille, les organes que l’on veut étudier ne peuvent être bien distingués à la vue simple, et l'on est obligé de faire usage de verres grossissants, de loupes qui amplifient plus ou moins les objets.
Le naturaliste ne peut se passer un instant de la loupe, il en fait un usage continuel, quelle que soit la branche qu’il étudie : Zoologie, Botanique ou Géologie.
C'est en effet avec la loupe qu’il peut déterminer les caractères spécifiques des insectes, des plantes, les formes des petits cristaux, etc., etc. En histologie, elle sert à l’examen préliminaire des tissus, et elle est fort utile pour observer préalablement une injection ; elle permet d’étudier la distribution générale des capillaires ; elle sert encore à l’anatomiste pour reconnaître les orifices glandulaires à la surface des membranes, les filets nerveux, etc.
Amplification. — L’effet d’amplification de la loupe provient de ce fait, que grâce aux courbures de ses surfaces il devient possible de voir distinctement un objet placé à une très faible distance de l’œil : 0m, 01, 0m, 02, par exemple, alors qu’il faudrait
l’éloigner d’une distance de 0m,22 environ pour atteindre le point de la vision distincte.
La loupe rend l'angle visuel beaucoup plus grand; elle réunit les rayons extrêmes, les fait converger de telle sorte qu’ils peuvent pénétrer en bien plus grand nombre dans la pupille. Ces deux conditions, situation rapprochée de l’œil, entre-croisement des rayons sous un angle plus ouvert, font à la fois paraître l’objet plus grand et percevoir plus nettement les plus petits détails.
Emploi de la loupe à main levée. — Lorsqu’il s’agit simplement d’examiner la surface d’un objet, la loupe peut s’employer à main levée : elle se tient alors de la main droite, tandis que la main gauche supporte l’objet à examiner. La loupe doit être placée très près de l’œil, et l’objet de l’autre côté au foyer de la lentille.
On reconnaît que l’objet est au point voulu, au foyer, lorsqu'il donne une image nette, et il suffit pour arriver à ce résultat d’éloigner plus ou moins l’objet de la lentille.
En résumé, pour voir nettement un objet sous le grossissement le plus fort qu’une loupe puisse donner , il faut le placer entre le foyer et la lentille très près de ce dernier, l’œil de l’observateur étant à son tour au delà et très près de la lentille. Il est bon d’ajouter qu’en même temps que la loupe amplifie , elle éclaire plus vivement les objets.
Les myopes obtiennent de bien meilleurs effets des loupes que les presbytes; ceux-ci, en effet, sont obligés pour obtenir une image nette de rapprocher beaucoup l’objet de la lentille, et parce fait, l’angle visuel est augmenté, ainsi que la grandeur de l’image.
Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit des diffé-
rentes montures de loupes à main ( voir page 8); le plus ordi-
nairement on fait usage delà loupe à deux bouts (fig. 132 ), et dans ce modèle la petite lentille donne un grossissement double de la plus grande.
Les montures désignées dans le commerce sous le nom de biloupe et de triloupe {fig. 133) permettent de superposer des
Fig. 133.
lentilles de foyer différent et d’augmenter ainsi la série des grossissements que l’on obtenait en employant séparément chaque lentille.
Enfin nous devons dire que les amplifications les plus fortes que l’on puisse utiliser par cette méthode sont celles que donnent la loupe de Coddington et celle de Prazmowski; cette dernière s’emploie absolument comme une loupe ordinaire et permet d’arriver à une amplification de 30 et même de 40 diamètres.
Emploi des porte-loupes. — Lorsque l’examen à la loupe doit être accompagné d’une dissection, l’instrument ne peut plus être employé simplement tenu à la main, et il faut de toute nécessité faire usage d’un support.
Nous ne parlerons que pour mémoire du moyen employé par les horlogers et les graveurs, et qui consiste à enchâsser entre la
joue et l’arcade sourcilière, un tube en corne polie, dans lequel se trouve fixée une loupe. Cette méthode demande une grande habitude et amène toujours une fatigue considérable des muscles de la face.
Un système plus commode, mais fort simple, consiste à enchâsser cette môme forme de loupe en corne dans une monture de bésicles (lunettes à lire) à verres ronds; les verres étant enlevés, on peut à volonté placer la loupe en face de l’œil droit ou de l'œil gauche. Dans certains cas, cette méthode est fort utile, lorsqu’il s’agit, par exemple, d’examiner rapidement un certain nombre d’objets pour faire un triage.
Mais lorsque l’observateur doit faire une dissection sous la loupe, il convient de recourir à des supports plus perfectionnés : porte-loupes de Strauss, de Oosson, de Ivunckel d’Herculais ou de Lacaze-Duthiers.
Porte-loupe de Strauss. — 11 a le grand avantage de permettre de disséquer sur de larges surfaces, car la loupe (fïg: 134) se
trouve reportée, par les tiges articulées, loin du pied de l’appareil. Les différentes lentilles se changent très facilement, car elles
sont maintenues en place par une tige entrant à frottement dans un tube fendu J ; celle-ci peut en même temps tourner sur son axe et se placer dans tous les angles voulus. Enfin par le mouvement de la crémaillère F on obtient facilement une mise au point fort exacte. Toutes les parties de ce porte-loupe peuvent se démonter et tenir ainsi fort peu de place.
Porte-loupe de Cosson ( fig . 9, p. 15). — Celui-ci est peu volumineux et facile à déplacer; les articulations de la tige permettent d’amener la loupe sur le point à examiner, et la crémaillère permet une mise au foyer très exacte.
Porte-loupe de Kunckel d’IIerculais (fig. 135). — 11 diffère des
Fig. 135.
fri
précédents par le mode d’attaclie des loupes : un collier brisé porte deux mâchoires sinueuses, entre lesquelles peuvent se placer des lentilles de dimensions différentes; les unes, loupes ordinaires montées en corne, prennent place en L, tandis qu’une encoche plus petite O permet de fixer, soit des doublets, soit des objectifs faibles de microscope. Une vis de serrage ramène les