CHAPITRE III
différentes manœuvres, et d’atteindre le maximum d’effet utile qui se produit sous une incidence de 30° environ,
Souvent une obliquité moindre est suffisante, elle peut alors se donner latéralement; suivant le grossissement employé, on a recours au miroir plan ou au miroir concave, comme pour l’éclairage central.
« Un vice capital inhérent à ce mode d’éclairage consiste surtout en ce que ce n’est plus la surface entière de l’objectif qui agit pour la formation de l’image, mais seulement un de ses bords d’autant moins étendu que l’obliquité des rayons est plus considérable : aussi ne doit-on user que dans les limites aussi étroites que possible de ce système, qui n’est d’ailleurs utile que dans quelques cas.
« Il est indispensable, quand on fait usage de la lumière oblique, d’orienter l’objet par rapport à l’incidence des rayons, de telle façon que les détails que l’on étudie projettent une ombre dans une direction déterminée.
« Les microscopes à platine rotative sont, dans ce cas, d’usage fort commode et presque indispensable. On peut, il est vrai, avec un peu d’habitude, faire tourner la préparation à la main jusqu’à ce que l’on ait trouvé la position la plus avantageuse; mais ce moyen, toujours incertain, ne devra être employé que lorsqu'il sera impossible de faire autrement I1). »
Éclairage à fond noir. — 11 existe encore une autre méthode pour produire un effet d’éclairage oblique, c’est celui que donne le petit appareil que nous avons décrit page 63 sous le nom d 'appareil à fond noir. Celui-ci se place dans le tube porte-diaphragme, le sommet dirigé vers le miroir. En projetant dans l’axe de l’appareil un faisceau lumineux, on obtient un éclairage oblique dans toutes les directions. Quand on observe un objet convenablement choisi, carapace de diatomées par exemple, on croirait avoir affaire à un éclairage en dessus, comme celui que donne le miroir de Lieberkuhn, avec cette différence, cependant, que la lumière est d’une intensité bien supérieure.
I1) Moitessier, op. cit., p. 78.
De l'emploi de la lumière polarisée. — La lumière polarisée produit des effets de coloration remarquable en traversant certaines substances : l’émail des dents, les muscles, l’épiderme, les cheveux et surtout les cristaux. Dans d’autres cas, elle amène des effets d’ombre et de lumière tout particuliers, dans les fécules par exemple.
On peut, à l’aide de ces effets delà lumière polarisée, distinguer entre eux certains corps, et l’importance de cette méthode est telle, qu’il est bon d’avoir à la fois, sur la table de travail, deux microscopes, dont l’un est muni d’un appareil de polarisation.
Dans ces dernières années, l’emploi de la lumière polarisée est devenue d’une importance capitale pour la détermination des substances minérales; aussi consacrerons-nous un chapitre tout entier à ce sujet; nous ne parlerons en ce moment que de l’emploi de la lumière polarisée en général.
Nous avons décrit ( p. 65 ) les différents systèmes employés aujourd’hui; leur emploi est des plus simple.
Le polarisateur se place au-dessous de la platine du microscope dans le porte-diaphragme à tube. L’analyseur se place tantôt audessus de l’objectif, dans le tube même, tantôt au-dessus de l’oculaire, et c’est là le système le plus employé et le plus commode.
Avant de mettre en place l’analyseur, il convient de fixer la préparation sur la platine et de la mettre au point; mais celle-ci ne sera plus exacte après l’adjonction de l’analyseur; il sera donc nécessaire de la modifier : un léger mouvement de la vis micrométrique suffira le plus ordinairement. On fait alors tourner l’analyseur sur son axe, en observant les effets de coloration ou d’extinction de lumière qui se produisent. Lorsque les deux prismes se trouvent placés à angle droit, le champ du microscope devient complètement noir: c’est le point d'extinction; le plus souvent c’est également la position dans laquelle les colorations atteignent le maximum d’intensité.
On peut augmenter encore les effets de coloration en plaçant entre l’oculaire et l’analyseur des lames minces de gypse ( chaux sulfatée), taillées parallèlement à l’axe. On fabrique très aisément
ces lames minces en clivant un morceau de gypse aussi pur que possible : les plus utiles sont celles dont l’épaisseur donne le rouge intense. 11 faut orienter ces lames en les faisant tourner autour de l’axe optique de l’appareil jusqu’au moment où elles produisent l’effet cherché.
Lorsque le champ du microscope reste obscur, malgré les mouvements de rotation imprimés à la préparation, les prismes étant croisés, on a la preuve que la substance examinée n’agit pas sur la lumière polarisée : son action est au contraire nettement manifeste lorsqu’il devient visible et se colore de teintes vives.
Ces recherches doivent toujours être faites au moyen de préparations très transparentes : le baume de Canada, la glycérine sont alors d’excellents véhicules.
Enfin il faut éviter avec soin, pendant ces observations, toute lumière directe, en plaçant un écran en avant de la platine ; sans cette précaution, très simple, il serait difficile de distinguer les colorations très faibles que produisent les corps dans lesquels la double réfraction est peu prononcée.
Choix des grossissements. — 11 est presque toujours nécessaire d’examiner une préparation avec des objectifs de forces différentes, depuis les plus faibles jusqu’aux plus puissants.
Les objectifs à long foyer, donnant des amplifications de 20, 40, 60 diamètres au plus, seront employés pour l’examen des injections des glandes, ou des coupes de tiges végétales, des insectes entiers. Les objectifs plus forts, grossissant de 100 à 300 fois, serviront à étudier les os, les dents, les poils, les bulbes pileux, les culs-desac glandulaires, les fibres musculaires, les vaisseaux, les fibres et les trachées végétales, les grains de pollen, etc.
Les grossissements de 600 et 800 diamètres seront habituelle-
ment employés en anatomie générale; et il est indispensable d’arriver à ces fortes amplifications pour étudier avec fruit les fibres primitives des muscles, les cellules et les tubes nerveux, les cellules de la moelle des os, les globules du sang, du pus, etc., etc. C’est en effet par l’emploi des forts grossissements que l’on peut
de l’emploi du microscope COMPOSÉ. 209
arriver à distinguer nettement les différences de forme, de volume des éléments anatomiques, tandis qu’avec les objectifs faibles tous ces éléments se ressemblent et paraissent tous être de même espèce.
Mais avant d’arriver à faire usage de ces fortes amplifications, il est nécessaire d’examiner tout d’abord l’ensemble d’une préparation avec un objectif faible, et dont le champ est plus étendu ; on prend ainsi une idée générale de la préparation et l’on arrive sans difficulté h placer au centre les points intéressants à étudier plus complètement sous des grossissements plus forts, etc.
, Il est donc important d’observer une même préparation avec des objectifs de forces différentes, et ces changements de lentilles obligeaient à une manœuvre longue et délicate; aussi les micrographes avaient-ils l’habitude d'employer à la fois deux microscopes : l’un muni d’un objectif faible, l’autre d’un objectif fort. Mais cette méthode avait le grave inconvénient de nécessiter une nouvelle recherche du point à examiner.
Aujourd’hui, deux sortes d’appareils permettent un changement rapide d’objectif, ce sont les extracteurs et les revolvers.
Extracteur. — Nous avons décrit plus haut l’extracteur construit par M. Nachet, ainsi que sa manœuvre qui est des plus simple.
Revolver. — Ce petit appareil permet d’opérer rapidement ce changement, mais son emploi demande quelques précautions.
Les deux objectifs étant vissés sur le revolver (flg, 144), on exa-
Fig. 144.
mine d’abord si les montures des lentilles sont de hauteur égale-, Trutat. — Microscope. \ 4
æjSg
mj § . #
fi