CHAPITRE III
rapprocher les lentilles de l’objectif en tournant la correction de droite à gauche; si, au contraire, on utilise la lumière directe, il faut agir en sens inverse et tourner la correction de gauche à droite.
Une observation importante, c’est que, pour éviter de peser sur la préparation et de la briser, et aussi pour maintenir l’objet au foyer, il faut, en même temps que l’on fait marcher la correction dans un sens, faire mouvoir la vis de rappel, soit de droite à gauche, soit de gauche à droite.
Maintenant que le but est atteint, que l’opération est terminée, vous n’avez plus qu’à hausser le tube, à essuyer la préparation et surtout à sécher avec le plus grand soin la lentille au moyen d’un mouchoir de batiste bien usé. Ces détails peuvent paraître minutieux, mais ils sont absolument nécessaires à observer dans la pratique.
De la mesure des grossissements. — On connaît plusieurs méthodes pour déterminer le pouvoir amplifiant d’un microscope ; nous nous contenterons d’en décrire deux : l’une, qui utilise le micromètre objectif et la chambre claire ; l’autre, qui emploie le micromètre oculaire.
Mesure par la chambre claire. — On place sur la platine du microscope un micromètre objectif ( 0m, 001 divisé en 100 parties) et l’on met soigneusement au point les traits de l’échelle micrométrique. Au-dessus de l’oculaire on met en place la chambre claire, et on projette l’image du micromètre sur une feuille de papier, posée exactement à 0m, 25 au-dessous de la face supérieure de l’oculaire. On trace alors au crayon sur ce papier un certain nombre de lignes du micromètre, 10 par exemple ; on obtient ainsi un dessin représentant des centièmes de millimètre, amplifiés par le microscope; on mesure alors exactement l’écartement qui existe entre chaque ligne; si une division occupe l’espace de 0ra, 01, le grossissement sera de 1000, puisque chaque division du micromètre est égale à 7— de millimètre.
En résumé, le rapport de la longueur donnée par le dessin obtenu par la chambre claire, à -j-j-y (division du micromètre), est
DE l’emploi du microscope composé. 221
l’expression du grossissement; dans l’exemple précédent, ce rapport était Lj1.
Mais il est bon de savoir que cette méthode donne des chiffres peu exacts et en général trop élevés; cependant c’est elle qu’emploient le plus habituellement les opticiens, et qui leur sert à dresser les tableaux qui accompagnent les microscopes.
Mesure par le micromètre oculaire. — La mesure du grossissement par le micromètre oculaire donne des résultats beaucoup plus certains; et c’est elle qui doit être employée lorsqu’on tient à opérer avec exactitude.
Il faut, avant toute chose, mettre exactement au point les divisions du micromètre. A cet effet, la lentille supérieure de l'oculaire est élevée ou abaissée jusqu’à ce que l’œil au-dessus de la lentille supérieure aperçoive nettement les divisions du micromètre; ce point trouvé, 1a, lentille est maintenue dans la position voulue en serrant le collier.
Si l’on place ensuite le micromètre objectif sur la platine, il suffira de compter combien chaque division de ce micromètre occupe de divisions du micromètre oculaire. Comme les premiers représentent des centièmes de millimètre, si une division du micromètre oculaire recouvre 7 divisions du micromètre objectif, c’est qu’elle est grossie 7 fois; on pourra donc exprimer ainsi cette opération :
le grossissement est donc de 700 fois.
Mesure clés objets microscopiques. — La mesure des objets microscopiques s’obtient par des méthodes analogues à celles qui permettent de calculer le pouvoir amplifiant des microscopes.
La première méthode consiste à tracer tout d’abord, au rqoyen de la chambre claire, les divisions du micromètre objectif projetées sur une feuille de papier placée au niveau du pied du microscope. On remplace le micromètre par la préparation à mesurer, et l’on voit l’image de celle-ci se superposer aux traits dessinés sur le
papier; mais comme la préparation est exactement à la même place qu’occupait le micromètre, on peut mesurer les différentes parties de cette préparation d’après le nombre de divisions que cette image occupe sur le dessin du micromètre.
Il est fort commode de dessiner à l’avance une série de tableaux représentant les échelles micrométriques obtenues avec les diverses combinaisons d’objectifs et d’oculaires dont se compose le microscope.
Il suffira dès lors, pour effectuer une mesure, de projeter l’image de la préparation à l’aide de la chambre claire, sur le dessin exécuté avec la même combinaison de lentilles: le calcul se fera en divisant la valeur de ces divisions par le grossissement réel des objectifs employés.
Une autre méthode consiste à faire usage du micromètre oculaire; celui-ci est réglé comme nous l’avons indiqué précédemment, puis la préparation exactement mise au point.
On compte combien de divisions du micromètre occupe le corps à examiner. Supposons que ce diamètre soit égal à 1 division du micromètre : on remplace alors la préparation par le micromètre objectif, et les divisions du micromètre oculaire viennent se superposer à celles du micromètre objectif; on note exactement à combien de divisions du micromètre oculaire correspond une division du micromètre objectif ; par exemple : 1 division du micromètre objectif correspondant à 2 divisions du micromètre oculaire, celui-ci étant divisé en centièmes de millimètre, l’objet aura 0,02 de millimètre de diamètre.
11 sera bon d’établir à l’avance des tableaux dans lesquels sera calculée la valeur des divisions du micromètre oculaire pour chaque objectif : il suffira alors de multiplier la longueur correspondante à l’objectif employé par le nombre de divisions qu’occupe l’objet.
Mais toutes ces opérations demandent des calculs encore longs ; aussi un habile micrographe, M. Malassez, a-t-il combiné une méthode qui permet de les éviter.
« L’oculaire micrométrique étant placé dans le microscope avec
DE l’emploi du microscope composé. 223
le tube fermé, on regarde un micromètre objectif, et l'on tire en même temps, et très lentement, le tube rentrant du microscope. L’oculaire s’éloignant de l’objectif, l’image s’amplifie, et les divisions du micromètre oculaire recouvrent un nombre de plus en plus petit de divisions du micromètre objectif. Il arrivera nécessairement un point où une division du micromètre oculaire recouvrira juste un nombre entier de divisions du micromètre objectif.
« Pour apprécier très exactement ce point, il ne faudrait pas observer une seule division du micromètre oculaire, ce qui serait s’exposer à de graves erreurs ; mais, considérant l’échelle tout entière, la faire correspondre à un nombre de divisions du micromètre objectif tel, que ce nombre divisé par le nombre de divisions de toute l’échelle micrométrique de l’oculaire donne un nombre entier.
« Si, par exemple, l’échelle du micromètre oculaire est divisée en 100, si les divisions du micromètre objectif valent 10 [x (10 millièmes de millimètre), il faudra faire en sorte que toute l’échelle de l’oculaire recouvre 10, 20, 30,... divisions du micromètre objectif; bref, un nombre rond, soit 20 divisions. Chaque division du micromètre objectif valant 10^., les 20 divisions vaudront 200 (x; les 100 divisions du micromètre oculaire correspondant à une longueur de 200 (j- au foyer de l’objectif, une division de ce même micromètre correspondra à une longueur de 2[x. Avec 30, 40 divisions, on aurait 3;x, 4g; toujours des nombres entiers.
« Afin de retrouver le point précis où ces coïncidences ont lieu, je trace un trait sur le tube rentrant du microscope, j’inscris audessus de ce trait la valeur de la division du micromètre oculaire (en chiffres arabes), et je note le numéro de l’objectif employé (en chiffres romains). Cette graduation doit être faite avec les principaux objectifs, afin d’avoir, pour une division du micromètre oculaire, un certain nombre de valeurs différentes répondant à tous les besoins de la micrométrie.
« Dès lors, rien de plus simple ni de plus rapide que la mesure d une longueur microscopique quelconque. Prenez un objectif convenable, tirez le tube rentrant jusqu’au niveau du trait correspon-