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CHAPITRE III

ments rendait difficile une bonne observation : de là une sorte de défiance qui a longtemps plané sur les recherches de ce genre, et principalement sur les dessins publiés par les micrographes.

Aujourd’hui une mauvaise observation ne peut provenir que d’un manque d’habileté, car les objectifs sont fabriqués avec une telle perfection qu’ils ne peuvent laisser aucune incertitude sur les images qu’ils donnent.

Mais, comme nous l’avons déjà dit, il faut encore que l’observateur sache interpréter les images que lui donne le microscope . une erreur, une fausse interprétation, est donc possible de ce chef. La chambre claire ne peut porter remède à cet état de choses, et tout dessin fait à l'aide de cet ingénieux appareil n’a en réalité de valeur que par la signature qu’il porte; il ne peut éliminer le parti pris, l’idée théorique de l’observateur ; en résumé, la certitude que portent avec eux les dessins micrographiques est toute relative et n’a aucun caractère absolu d’authenticité.

La photographie, au contraire, écarte d’un seul trait toutes ces causes d’erreur, en se substituant à la main de l’observateur; elle appose son cachet d’absolue vérité, et par cela même elle a une importance de premier ordre.

A côté de cette qualité si remarquable, la photographie est à même de fournir au micrographe des moyens d’étude extrêmement utiles : en quelques instants, elle peut produire un dessin quelque compliqué qu’il soit, et qui aurait demandé de longues heures de travail au plus habile dessinateur; enfin en reproduisant une préparation sur une plaque transparente, elle permet de mettre sous les yeux d’un nombreux auditoire le sujet même d’une démonstration, ce qui serait presque impossible à faire sans cela.

Voilà en quelques mots les ressources considérables que le micrographe peut trouver dans l’emploi de la photographie ; mais à côté de ces incontestables qualités, il est convenable de signaler tout de suite les défauts, les inconvénients de cette méthode, et d’avouer que dans certains cas la photographie est inhabile à remplacer le crayon du dessinateur.

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o Le microscope ne montre très exactement que les objets et leurs dispositions qui se trouvent situés dans un plan mathématique parallèle à la coupe transversale des lentilles, et l’observateur est obligé de procéder pour les voir nettement/ en mettant successivement au point chacun de ces plans différents. Il résulte de là que les objets qui sont au-dessus ou au-dessous de ce plan, dont par conséquent les contours ne sont pas nettement visibles, sont projetés et représentés ensemble sur un même plan, c’est-àdire à la surface de la plaque photographique. Là, ils sont superposés de façon que ceux qui n’étaient pas au foyer de l’objectif masquent la reproduction de ceux qui s’y trouvaient I1). »

Cette objection formulée cependant par un de nos plus habiles micrographes n’a peut-être pas une portée aussi grande qu’on pourrait le croire. En effet, la photographie fait usage d’objectifs à plus long foyer que le microscope d’observation ; car, n’étant plus limitée par la longueur d’un tube qui ne peut dépasser 0m,25, elle obtient le degré d’amplification nécessaire en recueillant l’image à une distance suffisante; mais les objectifs faibles ont cette qualité essentielle, en ce cas, de posséder une profondeur de foyer assez grande pour donner des images nettes d’objets situés dans des plans différents.

D’un autre côté, il faut bien avouer que la photographie a le grave inconvénient de tout représenter : les corpuscules étrangers à la préparation sont photographiés en même temps qu’elle, et quelquefois ils masquent des détails importants du sujet principal. Toutes les préparations ne peuvent donc être utilement reproduites par la photographie, elles doivent être d’une réussite complète, tout particulièrement choisies et colorées.

Dans tous les cas, les épreuves microphotographiques seront extrêmement utiles au dessinateur, car il sera facile alors de rétablir dans leur état normal les parties de l’image qui laisseraient à désirer; de rendre net un contour trop peu accusé, d’éliminer tout ce qui est inutile.

(’) Robin, op. cit p. 509.

Les appareils de photomicrographie sont déjà assez nombreux, et chacune des formes adoptées par les divers auteurs, possède des qualités différentes et quelquefois toutes spéciales. Nous ne pouvons entreprendre de les décrire tous, et nous renverrons le lecteur aux ouvrages spéciaux; nous nous contenterons de résumer rapidement ce qu’il importe le plus de connaître et des appareils et des manipulations (1).

Tantôt on fait usage d’un microscope vertical , tantôt d’un microscope horizontal : cette dernière disposition est la plus commode au point de vue photographique et la plus employée; la première cependant est indispensable dans certains cas : préparations dans des liquides, emploi de la lumière polarisée. Enfin une troisième méthode combine ces deux dispositions et rend horizontale, au moyen d’un prisme à réflexion totale, l’image donnée par un microscope vertical.

Éclairage. — Mais avant de décrire ces divers appareils, il convient de traiter la question d’éclairage, car elle est toute différente de ce que nous avons vu jusqu’ici. En effet la lumière diffuse est absolument insuffisante en photographie et il faut avoir recours à la lumière solaire, ou à une source puissante de lumière artificielle.

Lumière du soleil. — Elle serait de beaucoup supérieure à toutes les autres si l’on pouvait toujours être assuré de sa présence; enfin elle a le grand inconvénient d’être mobile. Un simple miroir à double mouvement, tantôt monté sur un pied isolé, tantôt adapté au volet d’une chambre noire, comme dans le microscope solaire (fig. 147) et mu à la main, peut suffire pour ramener dans l’axe des appareils les rayons solaires.

Ilèliostat. — Mais, dans les expériences un peu suivies et qui demandent de la précision, il est de toute nécessité de faire usage

( 1 ) Moitessier, La Photographie appliquée aux recherches micrographiques. Baillière, éditeur. — Girard, La Chambre noire et le Microscope : photomicrographie pratique. Savy, éditeur. — Huberson, Précis de microphotographie. Gauthier-Villars, éditeur.

(1 un hèliostat, miroir mu par un mouvement d’horlogerie qui maintient les rayons lumineux dans une direction constante.

Fig. 147.

Le modèle le plus commode, en même temps que le moins coûteux, est celui de Prazmowski ( flg . 148).

Fig. 148.

f( L’instrument se compose d’un solide mouvement d’horlogerie laisant tourner, avec une vitesse d’un tour en quarante-huit heures, un axe sur lequel on peut établir à frottement le miroir carré qui va être ainsi mis en rotation. Sur la circonférence du tambour contenant ce mouvement, est disposé un cadran portant les heures espacées les unes des autres par un intervalle divisé

de 10' en 10'. Ce tambour est lui-même porté par un support qu'on établit sur une surface horizontale, et qui permet de l'incliner de manière à faire coïncider Taxe du mouvement avec la direction de l’axe du monde dans le lieu où l’on opère.

« Pour orienter l’instrument, après que le mouvement d’horlogerie aura été monté, on le place sur une surface bien horizontale, et, le miroir étant enlevé, on engage à frottement, dans l’axe du mouvement qui la traverse comme une broche, une règle métallique formant diamètre sur le cadran. Cette règle se termine à ses deux extrémités par un appendice perpendiculaire : l'un, plus court, percé d’un petit trou, c’est une pinnule; l’autre, plus long, marqué d’une division représentant l’équation du temps et les déclinaisons du soleil, de dix jours en dix jours, reliées par une ligne continue. Au pied de l’appendice pinnule, la règle est percée d’une fenêtre qui permet d’apercevoir, au travers, les chiffres des heures gravées sur le cadran. Pour mettre l’appareil à l’heure, on fait tourner la règle autour de l’axe, comme l'aiguille d’une montre, jusqu’à ce que le chiffre de l'heure et fraction d’heure à laquelle on opère soit compris dans la fenêtre, et que la division qui la représente sur le cadran coïncide avec un index placé sur le bord de la fenêtre.

« Pour orienter définitivement, on n’a plus alors qu’à faire tourner l’instrument horizontalement sur la table, en l'inclinant plus ou moins sur son support, jusqu’à ce qu’un rayon de soleil, passant par le trou de la pinnule, vienne peindre sur la ligne des déclinaisons placée sur la branche opposée de la règle une petite image du soleil qui tombe exactement sur le point correspondant au jour de l’année.

« Cela fait, l’instrument est orienté; on serre la vis réglant l’inclinaison sur le cercle des latitudes, on enlève la règle, et l’on glisse dans l’axe du mouvement la tige du miroir, qui peut y tourner à frottement sans agir sur le mouvement d’horlogerie, ce qui permet d’amener le rayon réfléchi dans tous les azimuts. On obtient ainsi un rayon horizontal immobile, que l’on peut encore réfléchir sur un autre miroir plan , placé à quelque distance et

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mobile sur son pied, afin de diriger le rayon partout où il en est besoin. »

Lumière électrique. — A défaut de la lumière du soleil, on peut avoir recours à certaines sources de lumière artificielle. Lalumière électrique a une puissance photogénique presque égale à celle du soleil : elle est donc excellente, mais elle nécessite l’emploi d’un régulateur pour maintenir fixe le point lumineux ; les régulateurs de Serrin, de Duboscq sont excellents ; mais lorsque l’on veut restreindre la dépense, la lampe électrique à main de M. Boudreaux {fig. 149), que construit M.Ducretet, est très suffisante, car

Fig. 149.

le déplacement du point lumineux pendant la courte durée de la pose est tout à fait insignifiant.

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