CHAPITRE V
biles, tandis que la platine et l’objectif peuvent se mouvoir autour de Taxe optique de l’instrument. Comme nous le verrons plus loin, ce mode de construction permet de maintenir exactement au centre optique du microscope un point déterminé de la préparation fixée sur la platine, le sommet d’un cristal, par exemple ; et de lui faire subir un mouvement de rotation sans qu’il y ait déplacement de ce point, condition essentielle pour obtenir des mesures angulaires exactes.
Une platine fixe porte à sa partie postérieure un appendice sur lequel est solidement installée une sorte de potence; celle-ci soutient un tube, entrant librement dans le tube porte-objectif. L’extrémité du tube fixe reçoit un oculaire muni d’un réticule en croix (fil d’araignée), et à sa partie inférieure, l’analyseur; la longueur de ce tube fixe est calculée de façon à porter l’analyseur à une très petite distance de l’objectif.
La colonne à mouvement lent est fixée à une platine à tourbillon, de même construction que dans les microscopes ordinaires.
Les objectifs se changent rapidement au moyen d’un adaptateur B (*), et sans qu’il soit nécessaire de recourir au pas de vis.
La platine est munie de coulisses mobiles dans deux sens perpendiculaires l’un à l’autre; deux boutons molettés ED commandent ces différents mouvements ; cet appareil permet de ramener d’une manière précise, au centre de l’instrument, un point quelconque de la préparation.
Enfin une division circulaire, gravée sur le pourtour de la platine mobile, permet, à l’aide d'un vernier fixé à la platine inférieure, d’effectuer des mesures d’angle.
En A une coulisse mobile permet d'enlever à volonté l'analyseur et de le remplacer par d’autres combinaisons.
Les autres parties du microscope n’offrent rien de particulier.
Dans ce modèle, le centrage est obtenu mécaniquement par le constructeur ; cependant, malgré toute la précision apportée à cette opération, il convient de corriger une légère déviation que
( 1 ) Voir page 193.
DE l’emploi du microscope composé. 265
produisent les niçois. Le tube N, dans lequel se place le polarisateur est mobile autour de son axe, et il peut être centré d’une manière exacte au moyen des deux vis butantes CC'. En outre. M. Nachet est arrivé au résultat désiré, à l’aide d'une double lame de crown en forme de prisme â angle très aigu, placée dans l’axe optique du microscope. Moyennant cette précaution , dès qu’une partie de la préparation est vue au point de croisement des fils de l’oculaire, elle ne peut plus s’en écarter lors du mouvement de la platine rotative.
Tel qu'il est construit par M. Nachet, cet instrument donne des résultats aussi parfaits que possible; aussi est-ce lui qui est employé journellement dans les laboratoires de la Sorbonne, du Collège de France et du Muséum.
Microscope goniom étriqué de Vérick. — Cet instrument (fig. 162) est construit d’après un système différent : ici le centrage de l’appareil est obtenu par le déplacement du tube porteoculaire ainsi que l’a indiqué le professeur Rosembusch. A cet effet, le tube principal porte deux boutons C et D au moyen desquels il est facile de ramener exactement dans l’axe le point de croisement des fils de l’oculaire. Ce réglage doit être effectué pour chaque objectif, et ordinairement quelques tâtonnements donnent facilement un centrage exact.
La platine rotative est divisée comme dans le modèle Nachet, et la lecture se fait au moyen d’un vernier fixe : deux coulisses à angle droit, également commandées par deux boutons molettés permettent de ramener au centre la préparation.
Les objectifs sont montés sur un extracteur à levier; il suffit pour enlever un objectif d’abaisser le levier G et d’amener à soi l'objectif.
Enfin un valet à étrier retient exactement la préparation à la place voulue.
Ce microscope est d’une très grande solidité, il n'a à redouter aucun décentrage, puisque celui-ci est réglé par l’observateur; M. Vérick a mis ce modèle dans le commerce depuis peu, mais
nous croyons qu’il aura un entier succès, à cause du soin extrême apporté par le constructeur à son exécution.
Fig. 162.
Modèle Bertrand ( 1 ) . — Le microscope qu’a fait construire i ) M. Bertiand, dont le nom est bien connu par ses savants travaux en miné-
Fig. 163.