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CHAPITRE V

M. Bertrand permet d’effectuer des mesures d'une précision extrême; il diffère des modèles précédents dans plusieurs de ses parties.

Le bouton moletté qui commande la vis micrométrique r ( fig . 163) porte un cadran divisé qui permet de mesurer exactement la marche do l’objectif, condition nécessaire pour obtenir certaines mesures d’angle.

Le mouvement rapide se fait par une crémaillère R.

La platine tournante porte des divisions, la platine fixe un vernier ; un bouton T, qui traverse la colonne du microscope, actionne la platine tournante au moyen d’un pignon, et permet ainsi d’obtenir une rotation plus précise peut-être que la manoeuvre à la main que nécessite le microscope de Vérick.

La platine supérieure est mobile , suivant deux directions rectangulaires, ce qui permet de ramener dans l’axe de l’appareil le cristal qui s’en serait écarté par suite de la rotation autour de l’axe du goniomètre.

E, éclaireur formé de trois lentilles, mobiles par une crémaillère au moyen du bouton B ; celui-ci pouvant se remplacer par un polariseur, la crémaillère permet alors d’amener le point de convergence des rayons incidents exactement au point où se trouve la lame à examiner ; et l’on peut ainsi observer les phénomènes optiques en lumière convergente dans des lames excessivement petites.

La platine mobile peut enfin recevoir un goniomètre particulier (fig. 164 et 165) qui permet de mesurer l’écartement des axes optiques dans l’air ou dans le liquide : ce goniomètre se fixe sur la platine comme il est indiqué sur la figure.

Une pince porte la préparation et peut librement tourner dans une longue douille; un demi-cercle divisé G permet, au moyen d’un index porté par la tige de la pince, de mesurer l’inclinaison donnée à la préparation.

ralogie, est le directeur du Comptoir minéralogique, rue de Tournon ; son microscope n’est pas absolument dans le commerce, mais il est possible d’obtenir de ce constructeur quelques instruments de commande.

Deux butoirs v, v' permettent de déplacer légèrement l’objectif et de rectifier le centrage. Une fente ménagée au-dessus de l’ob-

Fig. 1G4.

jectif permet de glisser une lame de mica quart d’onde ou une lame prismatique de quartz pour observer le caractère positif ou négatif des cristaux à un ou à deux axes optiques. En ce point peut

Fig. 165.

— zu

également se placer une pièce portant une lentille achromatique et pouvant glisser de façon à observer les préparations en lumière parallèle ou en lumière convergente. Cette pièce peut s’élever ou s’abaisser au moyen d’une crémaillère mise en mouvement par le pignon P.

L’analyseur peut se placer au-dessus de l’oculaire ou au-dessus de l’objectif.

Outre un oculaire à réticule, M. Bertrand fait adjoindre à son microscope un objectif spécialement construit pour la photographie; grâce à certaines corrections dans les lentilles, M. Bertrand obtient d’excellentes épreuves photographiques, sans qu’il

soit nécessaire de faire usage d’un objectif photographique, comme l’indique le docteur Fayell.

Il est à regretter que cet excellent instrument ne soit pas dans le commerce d’une manière complète; mais, comme nous bavons déjà indiqué en note, il est possible d’obtenir quelques instruments de M. Bertrand.

Des objectifs nécessaires dans les recherches minéralogiques. — Dans des descriptions qui précèdent, il n’a pas été question des objectifs; effectivement, ceux-ci n’ont pas besoin de qualités spéciales, et tout ce que nous avons dit sur cette question est entièrement applicable en cette circonstance (J).

Un seul point est important à connaître : quelle doit être la force des objectifs?

Les grossissements les plus employés varient de 60 à 200 diamètres. Les faibles amplifications servent tout d’abord à étudier l’aspect général de la préparation ; le champ est alors d’une étendue suffisante pour donner une idée exacte de la manière d’être, de la combinaison des éléments d’une roche, et cela par une observation directe et non par une opération de l’esprit qui recomposerait en un seul tout les diverses parties étudiées successivement.

Plus rarement on a recours à des grossissements de 400 et de 600 diamètres; au delà on peut dire d’une manière générale que l’on n’augmente en rien l’observation ; l’image pourra bien être agrandie, mais elle ne dira rien de plus. Il existe cependant quelques cas spéciaux où il est nécessaire d’user de grossissements de 1500 et 2000 diamètres, mais ils sont fort rares.

Des oculaires à, réticule. — Dans toutes les mesures d’angle, il est de toute nécessité de faire usage d'un oculaire muni de deux fils d’araignée en croix, le centre de ce réticule coïncidant exactement avec le centre optique du microscope.

p) Voir page 32 et suiv.

Mise en place des fils du réticule. — L/extrême délicatesse des fils d’araignée employés pour former le réticule de l’oculaire rend cette partie de l’instrument très fragile; aussi arrive-t-il assez souvent qu’une secousse un peu forte amène leur rupture, et l’observateur se trouve alors dans l’impossibilité d’effectuer la moindre mesure. Il est donc important de connaître la méthode à employer pour parer à cet accident, et éviter ainsi le temps perdu qu’occasionnerait l'envoi de l’oculaire chez le constructeur. Cette opération très longue et réellement difficile pour celui qui ne connaîtrait pas le moclus operandi devient, au contraire, assez facile, si l’on suit la marche que nous allons décrire et que nous devons à l’obligeance de M. Fabre, de l’Observatoire de Toulouse.

Tous les fils d’araignée ne sont pas également bons, et les seuls vraiment convenables sont ceux que Ton peut enlever du cocon de l’araignée; ceux-ci sont infiniment plus résistants que ceux des toiles; enfin ils sont plus faciles à saisir. La première de toutes les conditions est donc de se procurer de ces cocons d’araignée, et voici à ce sujet quelques indications : la grosse araignée noire (Tegenaria domestica ) file un gros cocon de soie blanche entourée d’une sorte d’enveloppe de soie brune; celui-là est lesté avec des débris de toute sorte et attaché au-dessous de la toile.

Les Lycosies portent leur cocon attaché au-dessous du corps.

En général, c’est à la première de ces deux espèces que l’on a recours, et nous n’avons pas à indiquer où l’on doit rechercher les toiles d’araignée.

Les cocons une fois récoltés, il est bon de les débarrasser des œufs qu’ils contiennent, opération qui se fait en ouvrant le sac de soie; les œufs agglutinés se trouvent au milieu. Cette précaution n’a d’autre but que d’éviter l’ennui de trouver une armée de petites araignées dans les boîtes où seraient conservés les cocons.

Les instruments nécessaires pour la mise en place des fils d’un réticule sont :

Une pince à bouts très fins (brucelles);

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