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CHAPITRE V

térieur; alors la croix noire présente au centre une large zone obscure.

Certains sphérolithes en partie colloïdes, en partie cristallisés, contiennent de petits cristaux , à contours insaisissables même sous les plus forts grossissements; ceux-ci viennent modifier l’action des parties colloïdes comprimées sur la lumière polarisée , et souvent cette action secondaire devient dominante : alors les contours des ombres sont plus nettement accusés, et les parties claires se colorent légèrement. '

Dans les sphérolithes cristallisés, les petits cristaux individualisés forment toute la masse du globule. Ceux-ci peuvent tendre à s'orienter dans un même sens, souvent déterminé par quelques débris anciens d’un minéral similaire voisin. Le plus souvent la substance cristalline qui compose le sphérolitlie se dispose en arborisations à centres multiples. Enfin ces mêmes éléments peuvent se disposer en cristaux coniques juxtaposés.

Polychroïsme. — Les substances minérales réduites en lames minces acquièrent quelquefois une transparence telle, que la couleur propre du minéral disparaît; mais dans certains cas la couleur que prennent les lames minces diffère totalement de celle du minéral pris en masse; tel est le cas du fer chromé. Ces relations de coloration sont les seules qui se produisent dans les corps amorphes : le verre, Lopale, etc., et dans les masses cristallines appartenant au système régulier ; en effet ni les unes ni les autres n’agissent sur la lumière polarisée.

Mais au contraire toutes les substances cristallines appartenant aux autres systèmes produisent des effets de coloration tout particuliers lorsqu’on les examine en lumière polarisée; il se produit alors des zones de couleurs différentes : polychroïsme. Ces variations de couleur sont très différentes d’une substance à l’autre, même pour des espèces très voisines; elles constituent ainsi d’excellents moyens de spécification.

« La hornblende est presque toujours fortement polychroïque, l’augite l’est à peine; par suite, quand un fragment de l’un de ces

DE l’emploi du microscope composé. 297

deux minéraux se présente dans une coupe de roche, le diagnostic en peut être fait, lors même que le fragment en question est dépourvu de contours cristallins et ne présente aucun caractère net de structure ( 1 ) . »

Il est bon de prémunir l’observateur de ce fait que, dans beaucoup de substances, les effets de polychroïsme ne se produisent que dans des lamelles d’une certaine épaisseur : épidote, andalousite; enfin la plupart des espèces polychroïques sont de couleur foncée.

1° On peut produire ces effets de coloration en faisant tourner soit le polarisateur, soit la lamelle, après avoir supprimé l’analyseur. « La meilleure manière de réaliser l’expérience consiste à employer comme polarisateur un nicol placé de telle façon que la direction de la petite diagonale de la base coïncide avec le plan d’incidence des rayons lumineux sur le miroir du microscope. On laisse le polarisateur fixe, et l’on fait tourner la plaque rotative, en ayant soin que le cristal examiné se trouve au centre de rotation.

2° On peut encore faire tourner l’analyseur, en enlevant préalablement le polarisateur et en maintenant la préparation fixe; la mobilité très grande de l’oculaire analyseur que l’on emploie dans ce cas et l’immobilité du minéral en observation rendent le dichroïsme facile à constater; mais ce procédé implique une cause d’erreur grave ; car le miroir réflecteur polarise la lumière incidente, surtout quand le Soleil s’abaisse à l'horizon, et alors les phénomènes d’interférence se superposent à ceux du polychroïsme.

3° Si au contraire on enlève l’analyseur et qu’on fasse tourner le polarisateur en laissant la préparation immobile, ce qui est très pratique, il se produit des variations d’intensité dans le faisceau de lumière blanche émergeant du polarisateur, par suite de la polarisation partielle due au miroir dans une direction constante, et du mouvement imprimé au plan de la section principale du polarisateur (2). »

De la lumière polarisée convergente. — Lorsqu’on examine

O) Fouqué et Lévy, op, cit ., p. 99.

(2) Fouqué et Lévy, op. cit., p. 98.

au moyen de la lumière polarisée convergente des lamelles d'une substance biréfringente, on voit se produire des figures d’interférence toutes particulières, dont la forme varie suivant la direction de la section et la nature du cristal.

« Dans les cristaux à un axe, les lamelles, taillées perpendiculairement à l’axe optique unique, fournissent une série d’anneaux concentriques traversés par une croix noire lorsque les niçois sont croisés ( fig . 166) , par une croix blanche lorsqu’ils sont parallèles {fig. 167).

Fig. 16G. Fig. 167.

Dans les cristaux à deux axes, la croix est remplacée par une courbe à une seule branche.

Enfin lorsque la lamelle est perpendiculaire à la bissectrice, il se produit des lemniscates concentriques dont les deux foyers sont déterminés par l’écartement des axes optiques. En outre, lorsque les niçois sont croisés et que le plan des axes optiques coïncide avec les sections principales, il existe une croix noire passant par ces plans principaux (fig. 168). Elle se transforme en deux branches d’hyperbole, lorsqu’on tourne la préparation par rapport aux niçois [fig. 169 (*)].

Les dispositions adoptées par M. Bertrand dans son grand microscope permettent de mettre facilement en évidence ces

F) Fouqué et Lévy, op. cit., p. 101.

divers phénomènes. Il est important d’augmenter la convergence des rayons en ajoutant au-dessus de l’objectif une lentille achromatique ; on ramène ainsi au foyer de l’oculaire un plus grand nombre de rayons à grande divergence, émanant de l’objectif. Il faut presque toujours recourir aux objectifs à immersion, et le plus souvent on ne peut observer que le centre de la figure d’interférence.

« Dans les minéraux à un axe optique, taillés à peu près perpendiculairement à cet axe, on aperçoit une croix noire faiblement

Fig. 168. Fig. 169.

estompée, qui reste fixe dans les plans principaux des niçois croisés lorsqu’on fait tourner la préparation; cette croix se disloque, quand on introduit entre l’œil et la préparation une lame de mica quart d’onde.

« Avec les cristaux à deux axes, en faisant tourner la préparation, on saisit le passage d’ombres balayantes, à droite et à gauche , qui remplacent la croix noire des substances à un axe j1). »

Quelquefois cependant cette méthode ne donne pas des résultats suffisamment nets , et il est bon dans ce cas de faire usage de la lame de quartz compensateur de Biot.

« La plaque à examiner ayant son plan d’axe à 45° du plan de

D Fouqué et Lévy, op. cit.. p. 105.

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