DE L’HERPÈS
A. V ar télés de siège.
1° Herpès labialis. — On sait qu’à la suite des fièvres éphémères , catarrhales et de quelques maladies aiguës, comme la pneumonie, ou bien encore à la suite de l’impression du froid et du contact de certaines substances irritantes , etc. , il se développe sur les lèvres , autour de la bouche , des groupes plus ou moins nombreux de vésicules. Cette éruption n’occupe ordinairement qu’une des lèvres, et même une partie do l’une d’elles; rarement elle gagne les joues, le nez et le menton. Les vésicules peuvent se développer exclusivement sur la peau des lèvres ou sur leur bord libre; mais le plus souvent elles existent au point de jonction de la muqueuse labiale et de la peau.
L’herpès labialis apparaît tantôt d’emblée , d’autres fois il est précédé pendant quelques heures de rougeur et de tuméfaction , de chaleur brûlante. Bientôt on voit poindre des vésicules; le liquide, d’abord transparent , devient trouble au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures, et dès le quatrième ou cinquième jour, les vésicules, dont les plus grosses ont à peine le volume d’un pois, se rompent , et il se forme quelques croûtes jaunâtres. Cette éruption est souvent critique; elle n’exige presque jamais de traitement. Cependant si elle s’accompagnait de chaleur et de douleurs trop vives, on ferait quelques lotions avec de l’eau fraîche , à laquelle on ajoutera quelques gouttes de sous-acétate de plomb liquide.
2. Herpès prœpulialis. — Des vésicules d’herpès se développent fréquemment sur la peau ou la muqueuse du prépuce; elles sont tantôt spontanées, d’autres fois précédées par des taches rouges de la largeur d’une pièce de 50 centimes ou de 1 franc. La marche de l’affection varie suivant le siège qu’elle occupe: si les vésicules se développent sur la surface cutanée , le liquide se trouble rapidement; les vésicules se flétrissent au bout de trois, quatre ou cinq jours; enfin il se forme de petites squames ou une exsudation , et tout est terminé après un septénaire. Les vésicules qui siègent sur la muqueuse excitent des cuissons plus fortes; leur développement s’accompagne de chaleur et d’un purit très incommode ; elles sont extrêmement ténues. Vers le quatrième jour le liquide se trouble , l’épithélium se rompt et laisse à nu une petite excoriation rosée et superficelle , ou bien ayant un fond blanchâtre et des bords un peu saillants, et dont la cicatrisation peut se faire attendre pendant sept ou huit jours. Bielta quelquefois observé l’herpès præputialis à l’état chronique: il y a alors des éruptions successives qui finissent par rendre la peau du prépuce rude, ratatinée, indurée; celle-ci enfin se gerce, se fendille par les moindres tractions qu’on opère sur elle.
Diagnostic. — Au début, lorsqu’il existe deux ou trois vésicules dé-
DliS INFLAMMATIONS.
veloppées sur une base enflammée , et qui sont le siège de cuisson et de purit , il est impossible de dire si c’est un herpès ou un chancre syphilitique qui commence ; mais le doute disparaît bientôt; en effet, l’ulcération syphilitique est remarquable par sa profondeur, par la couenne blanche qui recouvre sa surface et par ses bords indurés et relevés, tandis que l’ulcération herpétique offre des conditions tout opposées. Enfin s’il n’existe plus que des squames , on ne pourra croire à une syphilide , car celle-ci produit des croûtes épaisses , dures et noirâtres.
Etiologie. — L’herpès du prépuce n’affecte guère que les adultes et les jeunes gens; le défaut* de propreté, le coït avec des femmes sales, des frottements contre des vêtements grossiers , sont les causes principales de la maladie.
Traitement. — On lavera le prépuce avec une décoction de guimauve additionnée de quelques gouttes d’extrait de saturne; lorsqu’il existe une ulcération, on la recouvrira de charpie râpée. L’herpès chronique exige des lotions alcalines, des bains de vapeur alcalins, sulfureux, et quelques laxatifs; on s’opposera au resserrement du prépuce. L’opération du phimosis ou la circoncision pourront devenir quelquefois nécessaires.
B. Variétés de forme.
1° Zona ou zoster . — L’herpès zoster ou zona est caractérisé par des groupes plus ou moins nombreux de vésicules , siégeant sur une base enflammée et occupant seulement une des moitiés du corps
Symptômes. — Le zona a souvent des prodromes, tels que malaise, accablement , troubles divers des organes digestifs. Bientôt toute la peau où l’éruption va se faire devient , dans les douze ou vingt-quatre heures qui précèdent celle-ci, le siège de cuissons, de picotements et de brûlure. L’éruption , commençant par des taches rouges irrégulières , offre les caractères de l’herpès : ce sont, en effet, des groupes en général discrets, et parfois confluents , de vésicules aplaties et violacées, siégeant sur un point enflammé et séparées par des portions de peau saine. Cette éruption est toujours bornée à une moitié du corps; on l’observe, eu général , sur le ventre, puis sur la poitrine, où elle forme une demiceinture de 3 à 5 centimètres de large; moins souvent elle siège aux membres, plus rarement encore au cou ou sur une moitié de la face et du cuir chevelu. La maladie occupe plus souvent le côté droit que le côté gauche, et cela dans le rapport de 19 à 1, d’après MM. Cazenave et Schedel, et dans celui de 37 à 16, suivant M. Rayer. Les vésicules, dont quelques unes acquièrent le volume d’une lentille ou d’un gros pois , deviennent opalines au bout de cinq à six jours et la rougeur diminue. Parmi les vésicules, les unes se flétrissent par l’absorption du liquide, d’autres se déchirent , laissent à nu le corps muqueux excorié et sup-