DE L’HERPÈS
parent ; enfin, dans la plupart des cas, des croûtes jaunâtres minces se forment. Lorsque celles-ci tombent, on trouve la peau brunâtre , violacée; quelquefois elles laissent des excoriations, ou plutôt des ulcérations qui se cicatrisent assez lentement, en laissant des marques indélébiles ; enfin, chez des vieillards débilités, on a quelquefois vu la peau , siège de l’éruption , être frappée de gangrène. L’éruption des groupes de vésicules s’étant faite successivement, souvent à plusieurs jours de distance , il s’ensuit qu’on peut voir sur le même sujet la matadie parvenue à ses différentes phases. La durée du zona varie entre un et trois septénaires; il ne passe jamais à l’état chronique.
Cette maladie ne s’accompagne jamais d’accidents graves. Dans la période la plus aiguë, les malades sont tourmentés par des élancements, une cuisson, une chaleur, une brûlure dans les parties affectées; les souffrances sont quelquefois assez graves pour empêcher complètement le sommeil. Souvent alors il y a un appareil fébrile médiocre , de l’inappétence, de la soif, de la constipation, ou un peu de dévoiement; enfin, pendant la convalescence, quelques malades se plaignent d’éprouver des élancements douloureux dans les points que l’éruption a occupés; ces douleurs , qui quelquefois persistent indéfiniment , semblent dépendre d’une névralgie des nerfs intercostaux.
Diagnostic . — Le caractère vésiculcux de la maladie, les vésicules disposées par groupes , siégeant exclusivement sur une moitié du corps , forment une réunion de caractères qui n’appartiennent qu’au zona.
Pronostic. — Le zona n’est presque jamais grave, excepté pourtant dans les cas très rares où la maladie est suivie de gangrène.
Etiologie. — Le zona affecte plus souvent les hommes, les sujets jeunes et dont la peau est blanche ; il est plus fréquent dans les saisons chaudes et humides; on l’a vu quelquefois régner épidémiquement.
Traitement. — Le repos , les bains tièdes , les boissons acidulés , les préparations d’opium si la cuisson empêche le sommeil , sont les seuls moyens qu’il convient généralement d’employer. On s’abstiendra d’appliquer aucun topique et surtout des cataplasmes, car ils favorisent les ulcérations. On a conseillé la cautérisation des vésicules avec le nitrate d’argent; mais cette méthode n’a aucun avantage, et surtout elle n’abrège pas la durée de la maladie. Si des ulcérations succèdent à la chute des croûtes, on les panse avec du cérat opiacé ou de saturne; enfin les douleurs névralgiques qui persistent pendant la convalescence cèdent toujours à l’emploi d’un vésicatoire.
2° Herpès circinatus. — L’herpès circinatus est caractérisé par des vésicules très petites, siégeant sur un fond rouge et formant des anneaux ou des cercles complets dont le centre est intact.
Symptômes. — Une rougeur, pouvant n’avoir que l’étendue d’une pièce d’un franc , ayant d’autres fois 5 ou 6 centimètres de diamètre ,
DES INFLAMMATIONS
de forme ronde ou ovale, moins foncée au centre qu’à la périphérie, constitue le premier degré de la maladie. Bientôt la circonférence se garnit de vésicules très petites et globuleuses; le liquide que celles-ci contiennent, d’abord transparent, se trouble ensuite; la dessiccation s’opère plus tard; enfin les croûtes tombent. La maladie est alors terminée, et il ne reste plus qu’une rougeur vive qui disparaît lentement. Le centre de l’anneau où pourtant on ne voit jamais de vésicules, mais qui a été le siège d’une rougeur plus ou moins vive, s’exfolie quelquefois.
L’herpès circinatus est une affection très bénigne, ne produisant qu’un peu de cuisson et de purit; sa durée moyenne est de huit à dix jours; cependant, s’il existe un grand nombre d’anneaux , et s’ils seront développés successivement , la maladie peut se prolonger pendant deux ou trois septénaires.
Diagnostic. — Le diagnostic ne peut présenter, en général, aucune difficulté sérieuse. Nous verrons plus tard que si l’aspect de l’éruption herpétique, à certaines périodes, lui donne un peu de ressemblance avec la lèpre , le lichen circonscriptus et le porrigo scutulata , cependant il y a dans les caractères extérieurs de ces affections assez de dissemblances pour qu’un œil attentif les distingue aisément.
Etiologie. — L’herpès circinatus affecte surtout les enfants et les jeunes personnes; les filles blondes dont la peau est fine et blanche y sont très sujettes. Les anneaux herpétiques peuvent se développer sur toutes les parties du corps; mais on les voit surtout sur les joues et le menton.
Traitement. — Des lotions alcalines ou légèrement astringentes avec l’alun, le sulfate de zinc et le sous-acétate de plomb sont le seul traitement qu’il convient d’opposer à cette légère affection.
3° Herpès phlycténodes. — On donne le nom d’herpès phlycténoïdes, phlycténodes ou miliaire à une éruption de vésicules agglomérées en plus ou moins grand nombre sur une surface enflammée, disposée par plaques plus ou moins irrégulières.
Symptômes. — Dans les points où l’éruption doit se développer, on voit d’abord se former un certain nombre de petits points rouges presque imperceptibles , groupés et très rapprochés entre eux. Le lendemain , cette surface plus ou moins irrégulière , et variant pour l’étendue entre celle d’une pièce de deux francs et celle de la paume de la main, est recouverte de vésicules dures , très petites pour la plupart ; quelques unes cependant acquièrent le volume d’un pois. Parfaitement transparentes à leur début , elles se troublent rapidement; et souvent douze ou vingtquatre heures après leur formation , le liquide qu’elles contiennent est déjà lactescent. Vers le troisième jour , l’éruption se flétrit , au huitième elle est tout-à-fait affaissée; on trouve en outre des croules, et çà et là quelques ulcérations superficielles. Enfin, du douzième au quinzième
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jour , quelquefois plus tôt , quelquefois plus tard , la guérison est complète , et il ne reste plus de l’éruption qu’une coloration rougeâtre de la peau qui disparaît lentement. L’herpès phlycténodes ne produit en général que la douleur prurigineuse ou la cuisson qui accompagne presque toutes les éruptions herpétiques. Cependant, s’il existe un grand nombre de plaques, et si celles-ci sont très étendues, on peut observer de la fièvre ou un état de malaise , et divers dérangements des organes digestifs , accidents qu’on observe quelquefois pendant un ou deux jours comme prodromes.
Diagnostic. — La réunion de vésicules nombreuses sur une surface enflammée , disposée par plaques , caractérise assez la maladie pour qu’on ne puisse jamais la confondre avec aucune autre affection vésiculeuse ou bulleuse.
Etiologie. — Les causes de la maladie sont très obscures; cependant l’herpès phlycténodes , plus fréquent dans les climats chauds , affecte surtout les jeunes gens. On a dit qu’il se développait souvent à la suite d’une insolation prolongée, de veilles ou d’excès dans le régime.
Traitement. — II est rare que la fièvre soit assez intense pour exiger l’emploi de la saignée: en général , des boissons délayantes et acidulés , quelques bains, des lotions narcotiques et émollientes, et plus tard a'calines et résolutives, sont les seuls remèdes à opposer à une maladie qui est toujours bénigne.
l\° Herpès iris. C’est une forme très rare de la maladie, et que Batmann a le premier indiquée. Elle consiste dans de petits groupes de vésicules entourées de quatre anneaux concentriques, érythémateux, de nuances différentes, ce qui fait que les malades comparent quelquefois leur éruption à de petites cocardes.
L’herpès iris occupe de préférence les parties saillantes , comme les malléoles , ou bien la face , les mains , le coude , les pieds , les doigts , le cou. La maladie débute par de petites taches circulaires formées par des zones de couleurs différentes; dès le deuxième jour, il se forme, en outre de ces taches, une vésicule bientôt entourée de vésicules plus petites qu’elle. Après deux ou trois jours, la vésicule centrale est aplatie, son liquide est trouble ; on distingue bien alors quatre anneaux érythémateux ; le plus interne est d’un rouge brun, le second d’un blanc jaunâtre , le troisième d’un rouge foncé, enfin le dernier a une teinte rosée qui se confond peu à peu avec la couleur de la peau ; cependant ces nuances ne sont pas toujours aussi distinctes. Chacun de ces anneaux peut se couvrir de vésicules, mais celles-ci se développent surtout sur le premier. L’herpès iris se termine par desquamation vers le dixième ou douzième jour.
Les causes de l’herpès iris sont inconnues; on paraît l’avoir surtout
DLS INFLAMMATIONS.
observé sur les sujets jeunes et blonds. Le traitement de l’herpès circinatus lui est applicable.
de l’eczéma.
Synonymie. — Dailre squameuse humide, dartre vive , gale c'pidc'miquc , etc., vient de txÇtw , effervesco.
Le mot eczéma , employé par quelques auteurs anciens pour désigner des inflammations phlvcténoïdes légères , a été consacré par Willan à dénommer un des genres des affections vésiculeuses, caractérisé par l’éruption de vésicules très petites agglomérées en grand nombre sur des surfaces généralement larges et irrégulières, vésicules dont les unes disparaissent par la résorption du liquide, dont le plus grand nombre se déchirent, et sont suivies d’excoriations superficielles, d’une exhalation séro-purulente , et de la formation de squames ou de furfure.
Depuis Biett l’eczéma a été divisé en aigu et en chronique. L’eczéma aigu présente lui- même trois variétés principales qui sont : l’eczéma simplex , rubrum et impetiginodes.
1° Eczéma simplex. — Cette forme apparaît ordinairement sans prodromes. Les malades éprouvent seulement un prurit plus ou moins incommode sur un point où la peau conserve sa couleur ordinaire , mais où l’on ne tarde pas à distinguer un grand nombre de vésicules très petites, très rapprochées entre elles, offrant un aspect brillant à cause de la sérosité transparente quelles contiennent. 11 faut, parfois , s’armer d’une loupe pour pouvoir les distinguer. Bientôt le liquide se trouble, prend une teinte laiteuse ; tantôt il est résorbé , d’autres fois il s’épanche par la rupture de la vésicule. Dans le premier cas, il en résulte une desquamation insensible de l’épiderme; dans le second on voit se former de petites squames qui se détachent et ne laissent aucune trace sur la peau. Le prurit est le seul symptôme incommode qu’on observe. On ne remarque le plus souvent aucun trouble dans la santé générale , excepté pourtant dans les cas où l’eczéma est très étendu , et occupe d’emblée ou successivement presque toutes la surface du corps, comme Biett l’a vu plusieurs fois chez de jeunes enfants. Il en résulte alors de la fièvre, de la soif, de l’agitation, de l’insomnie et des troubles divers du côté des organes digestifs. L’eczéma simplex parcourt ces différentes phases en six ou sept jours; mais comme il se forme généralement plusieurs éruptions successives, il s’ensuit que la maladie se prolonge pendant deux ou trois septénaires, et même davantage.
2° Eczéma rubrum. — Cette forme , plus intense que la précédente, a souvent des prodromes. La peau sur laquelle l’éruption se fait est le siège de chaleur, d’un prurit intense et d’une rougeur plus ou moins vive; les vésicules qui hérissent sa surface sont excessivement petites;