DU PEU PH Y G US OU POMP1IOL1X
la mort survient par suite de ces complications. Les phlegmasies des membranes muqueuses, celles surtout de la muqueuse gaslro intestinale, sont les plus communes, à tel point que Gilibert lésa regardées comme constituant un des éléments du pemphygus.
A l’ouverture des cadavres on a dit avoir trouvé des bulles sur quelques muqueuses , telles que celles de la vulve , de la bouche et du pharynx; mais le plus souvent ces parties sont pâles; plus souvent on trouve la muqueuse intestinale ramollie, quelquefois ulcérée. On a constaté plusieurs fois la dégénérescence graisseuse du foie Ilictl , Cazenave) , et le sang a été trouvé semblable , pour l’aspect , à de la groseille mal prise et foncée en couleur (Gilibert).
Diagnostic. — Le pemphygus est facile à reconnaître. Nous verrons plus tard en quoi il diffère du rupia , de l’ccthyma et de l’impétigo. Les bulles qui accompagnent l’érysipèle ne seront pas prises pour un pemphygus véritable , si on fait attention à la nature de l’exanthème qui les accompagne. Il est inutile de rappeler ici combien le pemphygus diffère de l’herpès; cependant ou a vu des cas où les bulles du pemphygus, qui sont en géijéral grosses et isolées, sont petites, rapprochées, et s’accompagnent d’un peu de rougeur érythémateuse , de telle sorte qu’il serait alors assez difficile de distinguer d’abord la maladie d’une plaque d’herpès, s’il n’existait pas presque toujours sur quelque autre point des bulles, avec les caractères propres au pemphygus.
Pronostic. — Le pemphygus aigu a toujours une heureuse terminaison, à moins de quelque complication. Mais le pemphygus chronique annonce presque toujours un mauvais état de la constitution. Peu grave par lui-même, il le devient en raison des affections viscérales qui viennent le compliquer, et qui se développent d’autant plus facilement que les individus sont déjà plus affaiblis par l’âge et les privations.
Etiologie. — On ignore à peu près complètement les causes du pemphygus. Quoiqu’il ne soit spécial à aucun pays, on le dit pourtant plus commun en Allemagne, en Angleterre et en France. Il paraît que celle maladie se remarque plus souvent chez l’homme que chez la femme. A l’état aigu, il affecte spécialement les sujets jeunes, il n’est même pas rare de l’observer chez les enfants nouveau-nés. Daus ces cas, les bulles siègent ordinairement à la plante des pieds et à la paume des mains; elles contiennent un liquide séro-purulent , et sont entourées d’une auréole violacée. Quelques observateurs, >1. le professeur Paul Dubois en particulier, ont pensé que cette éruption pemphygoïde, chez les nouveaux-nés, se liait constamment à une infection syphilitique de la mère. Mais celte opinion n’est pas encore justifiée par un nombre de faits suffisant.
Enfin le pemphygus chronique affecte plus spécialement les vieillards et les sujets affaiblis par des maladies chroniques, par la misère, la dé-
DLS INFLAMMATIONS.
bauche et les privations. Le pemphygus n’est pas contagieux ; on l’a vu régner épidémiquement.
Traitement. — Le pemphygus aigu cède , eu général , facilement à l’emploi de boissons acidulés délayantes, de quelques bains lièdes, des lotions narcotiques. La saignée est rarement indiquée. Si le pemphygus est chronique, on essaie les bains alcalins; si le sujet est affaibli, ou d’une constitution détériorée, on aura recours aux toniques, aux ferrugineux, aux analeptiques; enfin les complications seront combattues par des moyens appropriés.
DU RUPIA.
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On nomme rupia (de ordure ) une affection caractérisée par [El
l’éruption de bulles isolées, aplaties, remplies d’un liquide d’abord i séreux, puis purulent ou sanguinolent , qui se concrète, et forme des croûtes noirâtres, épaisses, auxquelles succèdent des ulcérations plus d; ou moins profondes. di
Symptômes , divisions. — On a distingué trois espèces de rupia , ne j!, le différant entre elles que par l’étendue et l’intensité de l’éruption : ce sont les rupia simplex, proeminens et escarrotica.
Dans le rupia simplex en voit se développer, sans inflammation préa- jj af labîe de la peau , des bulles ayant pour la plupart le volume d’une pièce d’un franc, aplaties, qui , comme je l’ai déjà dit, sont remplies d’un liquide séreux. Celui-ci devient bientôt puriforme et sanguinolent ; il se concrète et forme des croûtes noirâtres ou brunes, rugueuses , plus épaisses au centre, et se continuant par leur circonférence avec l’épiderme, qui est légèrement soulevé. Si on le détache, on trouve sous elles des ulcérations qui se cicatrisent promptement, qui d’autres fois ' t se recouvrent de nouvelles croûtes. Enfin , la cicatrisation terminée, la peau conserve pendant longtemps une teinte d’un rouge livide. Le rupia simplex siège presque exclusivement aux membres inférieurs , plus rarement au tronc ou aux membres supérieurs.
Le rupia proeminens débute par une inflammation circonscrite de la peau, sur laquelle la bulle se développe. Celte forme diffère encore de la précédente par l’étendue plus grande des bulles, par l’épaisseur et l’aspect de la croûte, qui est d’un brun noirâtre, rugueuse , inégale, et qu’on a comparée avec raison à l’écaille de l’huître et à celle de ces mollusques univalves nommés lepas ou patelles. Cette croûte adhère souvent intimement au derme; et quand on la sépare, on trouve une solution de continuité qui rappelle assez les ulcérations atoniquesou de mauvaise nature , et dont la cicatrisation se fait parfois attendre assez longtemps.
Enfin la troisième variété du rupia a été appelé escarrotica par >ViI-
INFLA MM AXIONS PUSTULEUSES.
lan , et correspond à l’affection décrite par d’autres sous le nom de pemphygus gangrenosus. On ne l’observe que chez les enfants , depuis la naissance jusqu’à la première dentition; il commence par des taches livides et saillantes sur lesquelles se développent des bulles irrégulières , remplies d’un liquide noirâtre, et entourées d’une aréole violacée. Ces bulles, en se déchirant, laissent voir des ulcérations douloureuses, fongueuses, saignantes, et fournissant une suppuration fétide.
Diagnostic. — Nous verrons plus tard combien le rupia ressemble à l’ecthyma , puisque quelques auteurs les considèrent comme des variétés d’une meme affection. Le rupia diffère du pemphygus en ce que les bulles renferment rarement une sérosité transparente. Le liquide contenu est en effet primitivement presque toujours rougeâtre ou opaque. Enfin les ulcérations, et surtout l’aspect des cr ûtes, établissent des différences suffisantes entre les deux affections.
Pronostic. — Le rupia n’offre par lui-même aucun danger; cependant le rupia escarrotica , qui affecte les enfants jeunes, peut entraîner des accidents; d’ailleurs le pronostic sera établi d’après l’état des forces, le nombre et l’étendue des ulcérations.
Etiologie. — Le rupia est une maladie qu’on n’observe guère que chez les enfants ou les vieillards, et généralement chez des individus affaiblis et cachectiques.
Traitement. — La première indication consiste à soutenir et à relever les forces, et à améliorer la constitution des sujets. On provoquera la chute des croûtes par des cataplasmes et des bains; puis les ulcérations seront lavées avec des liqueurs détersives chlorurées, pansées avec des digestifs. Enfin souvent il faudra modifier la vitalité des surfaces par la cautérisation. Biett employait encore avec succès la pommade de profo et de deuto-iodure de mercure.
INFLABîMÀTIOMS PUSTULEUSES.
On donne le nom de pustules à de petites tumeurs circonscrites , ayant un diamètre de 1 à 7 millimètres , et formées par l’épanchement d’un fluide purulent qui soulève l’épiderme. Ce liquide peut être résorbé; le plus souvent il se concrète sous forme de croûtes, dont plusieurs offrent des caractères particuliers. Enfin le derme au niveau duquel la pustule s’est développée peut être induré ou ulcéré, et il en résulte souvent alors des taches ou des cicatrices indélébiles.
Les inflammations pustuleuses sont au nombre de sept; ce sont : la variole et la vaccine, l’acné, la couperose, le mentagre, l’impétigo, l’ecthyma et le favus. Nous ne traiterons ici que des cinq dernières, car nous avons déjà tracé l’histoire de la vaccine et de la variole, et nous
DÛS INFLAMMATIONS
comptons parler des pustules produites par le virus syphilitique à l’occasion des affections virulentes. Les maladies pustuleuses sont, les unes aiguës, les autres chroniques. Dans les premières , les pustules sont généralement plus grosses et leur base est enflammée : Willan les a nommées phlyzacües ; les autres, au contraire, sont plus petites, et nulle inflammation n’existe à leur circonférence : le même auteur les appelle psydraciées.
de l’acné.
Le mot acné (de oavy>, vigueur ) , employa par Aétius et par Sauvages, a été consacré par Willan et par Bielt pour désigner une phlegmasic des follicules sébacés , caractérisée par des pustules peu étendues, séparées les unes des autres, environnées d’une aréole rosée ou livide, plus ou moins dures à leur base, répandues sur les joues, le nez, le front , et quelquefois sur le cou et le tronc.
Divisions. — Les dermatologistes ont distingué plusieurs espèces d’acné, qui sont l’acné simplex , inclura ta , rosacea et sebacea.
Symptômes. — 1° Acné simplex.. — Dans l’acné simplex , on observe d’abord un certain nombre de points rouges et durs qui augmentent peu à peu de volume et deviennent pustuleux après quatre ou huit jours, et quelquefois plus tard. Une fois formées, ces pustules sont acuminées; leur base est entourée d’une aréole rouge; elles ne s’accompagnent d’aucun trouble dans la santé ; souvent même elles ne produisent aucun symptôme local, si ce n’est parfois un léger prurit. Leur nombre varie : il peut n’en exister que deux ou trois ; d’autres fois toute la face ou tout le dos en sont couverts. Bientôt apparaît à leur centre un point jaunâtre; la dessiccation s’opère; une croûte se produit, et lorsqu’elle tombe, il reste un point rougeâtre, quelquefois une cicatricuie blanchâtre et indélébile.
Il faut rapprocher de l’acné simplex la forme que Willan nomme punctata , à cause des petits points noirs qu’on observe et qui dépendent de l’accumulation de la matière sébacée dans les follicules de la peau. Enfin Biett a proposé de rapprocher encore de l’acné dont nous parlons, l’inflammation simple du follicule produisant une exagération de la sécrétion , qui tantôt s’écoule au-dehors , et donne à la peau un aspect huileux , et tantôt est retenu dans le follicule , qu’elle distend : c’est V acné sebacea.
2° Dans Y acné indurata , les pustules sont plus volumineuses, plus nombreuses et plus rapprochées que précédemment; elles sont irrégulières, conoïdes, violacées, indolentes; la peau est indurée dans toute son épaisseur; la suppuration s’établit lentement; enfin lorsque la croûte qui s’est formée tombe , on trouve à sa place une induration du derme,
DIL L ACM'.
occupant parfois aussi le tissu cellulaire subjaccnt, on bien enfin il existe une teinte livide avec une dépression qui n’est autre qu’une cicatrice en général indélébile.
3° U acné rosacea , ou la couperose des gens du monde , est la forme qu’on remarque, surtout chez les femmes, à l’époque dite critique. Elle est caractérisée par des pustules acuminées, peu élevées, discrètes . et entre lesquelles la peau présente une coloration rouge avec induration. Comme dans les formes précédentes, il n’existe aucun symptôme général, et le plus souvent même aucune douleur. Ces tumeurs peuvent rester stationnaires pendant une ou plusieurs semaines; dans tous les cas, la suppuration s’y fait avec lenteur; des éruptions successives ont lieu le plus souvent, et la peau, qui est ainsi le siège habituel d’une congestion, finit par rester uniformément injectée; bientôt elle perd sa souplesse, s’hvpertrophie , s’indure, présente des inégalités et des espèces de mamelons : c’est ce qu’on observe, par exemple, fréquemment sur les joues, et surtout sur le nez, qui peut alors doubler ou tripler de volume , ce qui donne à la physionomie un aspect repoussant.
Diagnostic. — Le diagnostic de l’acné est facile ; nous verrons plus tard à l’aide de quels caractères on pourra la distinguer de l’ecthyma, du lichen agrius, des syphilides tuberculeuses et du lupus, qui sont les seules maladies avec lesquelles on pourrait la confondre.
Pronostic. — Quoique l’acné ne compromette point l’existence, cependant il est deux formes de la maladie ( Y acné indur ata et rosacea) qui constituent une affection fort incommode, car elles résistent longtemps aux moyens thérapeutiques. De plus, l’acné rosacea finit par altérer les traits de la face.
Etiologie.— L’acné n’affecte presque jamais lesenfants. Les autres âges ne sont pas également sujets aux diverses variétés de la maladie : ainsi, les acnés simplex , punctata et sebacea , sont spéciales aux adolescents. La forme indnrata survient dans la jeunesse, et la rosacea n’affecte guère que les adultes. Les femmes paraissent être plus sujettes à la maladie que les hommes. On peut dire , en règle générale, que l’acné coïncide généralement avec une constitution robuste. On a prétendu qu’elle se rattachait souvent à quelque lésion viscérale du ventre (foie , intestins, estomac) ou à des irrégularités dans l’écoulement menstruel, ce qui n’est pas démontré. On a encore regardé comme des causes actives de l’acné, les excès de table, les excès alcooliques, les mets épicés , la malpropreté, les affections morales, l’abus des cosmétiques. Mais toutes ces causes, qui peuvent avoir de l’influence pour la production des acnés indnrata et rosacea , n’en ont aucune pourcelle de l’acné simplex, qui survient uniquement par suite des révolutions organiques qui se produisent vers l’âge de la puberté. L’acné peut survenir sous l’influence d’une disposition héréditaire. C’est à tort qu’on a dit qu’elle
DES INFLAMMATIONS
était contagieuse; qu’elle pouvait, par exemple, se transmettre par les rasoirs contaminés , ou par des baisers.
Traitement. — Le traitement varie suivant les formes de la maladie et l’état constitutionnel du sujet. S’il n’y a que quelques pustules d’acné simplex , on n’a rien à faire ni à conseiller; mais si l’éruption est abondante, ou si elle est permanente par suite des éruptions successives qui ont lieu, on proscrira les liqueurs excitantes et alcooliques, on conseillera un régime doux, végétal, des bains tièdes , des boissons délayantes, quelques laxatifs, des lotions sur les parties malades avec des mucilages de gomme, de coing, avec du lait , etc. Enfin, s’il existe un état pléthorique, ou s’il y a un dérangement dans les fonctions menstruelles, on prescrira les moyens efficaces pour combattre ces états morbides.
Dans l’acné indurata, les émissions sanguines générales et locales sont plus souvent indiquées; mais il faut bientôt recourir aux moyens propres à favoriser la résolution de l’engorgement en donnant à la maladie une forme plus aiguë; c’est dans ce but qu’on conseille les lotions avec les eaux distillées de lavande et de sauge , aiguisées avec un peu d’alcool; une légère solution de sublimé (25 à 30 centigrammes pour 10 grammes d’eau) avec ou sans addition d’alcool ou d’une substance émulsive (liqueur de Gowland); les eaux minérales sulfureuses (Aix, Barèges , Enghien } , dont les malades boiront. On donnera encore des pommades au calomel , ou au protochlorure ammoniacal de mercure , ou bien encore à l’iodure de soufre (60 à 120 centigrammes pour 32 grammes d’axonge). Dans le même but, on a conseillé l’emploi des douches de vapeur aqueuses, sulfureuses, aromatiques, etc. Enfin, on a encore proposé de changer la vitalité des parties par l’application d’un vésicatoire, ou en cautérisant les pustules; mais ce dernier moyen a paru dangereux, car son emploi a été quelquefois suivi d’ulcérations et ' de cicatrices difformes. Ces divers moyens seront employés avec prudence; il faudrait les suspendre s’ils produisaient une excitation locale trop vive, et les remplacer par des émollients pour les reprendre plus tard; d’ailleurs il faudra aider leur action par un régime convenable, par des boissons acidulés tempérantes, et par l’emploi de quelques purgatifs. On a reconnu depuis longtemps l’impuissance presque complète de l’art contre l’acné rosacea , à laquelle il faut se borner d’opposer des révulsifs , des saignées déplétives , un régime doux , végétal ; on n’emploiera pas de topiques, car ils aggravent le plus souvent la maladie.
DE LA MEM’ACîlîE.
DE LA MENTAGRE.
Synonymie. — Sycosis menti, vnrus menUtgra d'Alibert (de mentum, menton, et oîypa, prise, ou aypiow, j’irrite , j’exaspère).
La mentagre , ou sycosîs , est caractérisée par l’éruption successive de petites pustules acuminées, à peu près semblables à celles de l’acné, et qui se développent sur le menton , sur la lèvre inférieure, les régions sous-maxillaires et les parties latérales de la face.
Symptômes , marche. — La mentagre est donc une affection essentiellement pustuleuse. Avant que la maladie soit tout-à-fait caractérisée, les malades voient se développer de temps en temps sur le menton et la lèvre inférieure une ou plusieurs pustules , qui ont une durée fort courte. Mais bientôt les éruptions se succèdent à des intervalles plus rapprochés ; elles sont surtout plus abondantes. L’éruption pustuleuse est généralement précédée d’un sentiment de tension ; il y a aussi parfois de la rougeur, de la chaleur et du gonflement. On ne tarde pas à voir sur ces parties un certain nombre de points rouges, qui grossissent, et passent à l’état de pustules au bout d’un, deux ou trois jours; ces tumeurs, disséminées ou confluentes, sont acuminées, et un poil les traverse pour la plupart à leur centre; un pus blanc jaunâtre , concret , les remplit. Après être restées stationnaires pendant cinq ou sept jours, elles se rompent et se dessèchent; une croûte brunâtre se forme, puis tombe après quelques jours , de manière que l’éruption a parcouru ses périodes en dix ou quinze jours ; mais il est rare que de nouvelles éruptions ne se succèdent pas les unes aux autres. Ces inflammations incessantes finissent par altérer la peau, qui s’épaissit; des indurations tuberculeuses, très difficiles à résoudre, du volume d’une aveline, s’y développent; le tissu cellulaire peut lui-même s’enflammer, et des abcès peuvent en être la conséquence , enfin les bulbes des poils finissent par être détruits sur plusieurs points. Lorsque la maladie se termine par la guérison , les éruptions sont moins fréquentes et moins nombreuses ; les tubercules se résolvent ; enfin , des pustules cessent de se développer. Cependant la peau conserve encore pendant un temps plus ou moins long une coloration violacée, et souvent même une exfoliation épidermique se fait de temps en temps à sa surface. La mentagre a une durée indéterminée et toujours longue. Enfin après avoir été une fois guérie , elle récidive avec une extrême facilité.
Diagnostic . — Le sycosis est généralement facile à recoi-nulre; on ne pourra le confondre qu’avec l’impétigo figura ta , les pustules ou les tubercules syphilitiques; mais on verra quand nous traiterons de ces maladies, que le diagnostic différentiel pourra être presque toujours établi avec précision. Il est impossible de confondre le sycosis avec des fu-
DLS INFLAMMATIONS.
rondes qui ont un bourbillon, ni avec l’ecthyma; car, nousailons le dire bientôt , les pustules de celui-ci sont plus larges , leur base est enflammée . ses croûtes sont plus épaisses, plus adhérentes et plus étendues.
Pronostic. — La mentagre ne compromet jamais l’existence ; mais vent une maladie dégoûtante, incommode, et dont il est le plus souc’est impossible de prédire la durée.
Etiologie. — La mentagre n’affecte guère que les hommes adultes ou les jeunes gens. Ceux qui ont beaucoup de barbe, ceux qui sont doués d’un tempérament sanguin et bilieux, semblent y être plus exposés. On a dit que 1a malpropreté , que les professions qui exposent ceux qui les exercent à la chabur d’un foyer ardent, y prédisposaient beaucoup ; cependant , trop souvent cette affection se remarque dans la classe aisée de la société. On a encore accusé les excès de table ; toutefois les écarts de régime peuvent bien aggraver la maladie quand elle existe, mais il est douteux qu’ils la produisent. Le plus souvent, en effet, le sycosis tient à un état constitutionnel. Quelques faits font craindre que la maladie ne puisse quelquefois devenir contagieuse. On dit qu’elle a pu être transmise par des rasoirs contaminés.
Traitement. — Le traitement que nous avons conseillé pour l’acné indurata est entièrement applicable à la mentagre ; nous ajouterons pourtant que comme celle-ci est constamment aggravée par les frottements du rasoir, on devra couper la barbe avec des ciseaux courbés sur la pointe , ou bien même la laisser croître; nous avons vu cette seule précaution suffire pour triompher complètement de la maladie. Mais la guérison n’était le plus souvent que momentanée, et les pustules ne tardaient pas à reparaître dès que la peau était soumise de nouveau à l’irritation du rasoir. Dans ce cas, il faut chercher à modifier profondément la nutrition : ainsi nous avons vu des sycosis rebelles, ayant momentanément cédé à diverses médications, disparaître tout-àfait à la suite d’un traitement mercuriel, quoique très certainement :a maladie n’eût point alors une origine syphilitique.
nu POKHIGO.
Le mot de porrigo servait à désigner autrefois soit des ulcères, soit diverses affections crustacées du cuir chevelu; aujourd’hui ce mot ne s’applique qu’à une éruption de pustules psgdr icices contagieuses, siégeant spécialement sur le cuir chevelu , mais pouvant aussi se montrer sur d’autres parties du corps.
Willan a décrit six affections comme étant des variétés du porrigo ; mais en les examinant avec soin , il est facile de se convaincre que ce célèbre pathologiste avait rapproché des maladies très différentes sous le rapport de la lésion primitive. Aussi Bielt, et plus tard MM. Lazenavo
DU PORRKJO.
et Scliedel n’ont-ils reconnu dans le genre porrigo que deux espèces * fondamentales , qui sont , le favus ou porrigo favosa ou lupinosa , et le porrigo scululata.
Dans la pathologie cutanée, le nom de favus sert à désigner une éruption de très petites pustules qui se concrètent rapidement, et forment des croûtes adhérentes d’un jaune pâle ou sale, offrant une dépression centrale, ce qui leur donne une certaine ressemblance avec les alvéoles d’une ruche à miel (de là le nom de favus) ; ou avec les semences du lupin
I (c’est le porrigo lupinosa). Enfin, lorsque l’éruption , au lieu d’être discrète , se groupe de manière à former des écussons ou des anneaux réguliers, la maladie est appelée porrigo scululata. Si le mot de teigne pouvait encore être usité, il faudrait le réserver pour désigner seulement la maladie que je viens de définir.
Symptômes , marche. — Le favus affecte presque toujours le cuir chevelu; il se propage souvent à la face, quelquefois sur le tronc, et même sur les membres; mais ce dernier fait est excessivement rare. Dans ces derniers temps , MM. Baudeloque et Gibert ont nié que le favus fût une affection pustuleuse , et ont prétendu qu’elle était constituée dès le début par une croûte sèche qui elle -même serait le produit d’une altération de sécrétion du follicule pileux. Cependant cette opinion est contredite par les recherches de Willan et Hartmann , par celles de MM. Rayer, Biett, Cazenave, Schedel et Letenncur qui admettent l'existence des pustules. Celles-ci , sous forme de points jaunes , sont très petites, elles dépassent à peine le niveau de la peau ; les unes, situées entre les cheveux avec la base desquels elles n’ont aucune connexion intime , disparaissent sans laisser de trace le deuxième ou troisième jour de leur existence , tandis que les autres, traversées par un ou deux cheveux et situés à leur base , se concrètent constamment et forment une dépression centrale qui n’est parfois visible qu’à la loupe, mais qu’on distingue bien à l’œil nu dès le cinquième ou sixième jour, dès que la croûte a acquis un certain volume. Celle-ci s’accroît lentement; un plus ou moins grand nombre de croûtes peuvent finir par se réunir à leur circonférence ; tout le cuir chevelu peut même être recouvert par une incrustation d’un jaune fauve, offrant à sa surface une foule de dépressions en godet , et dont chacune d’elles correspond à la pustule primitive. Ce travail morbide s’accompagne constamment d’un prurit violent, et qui devient intolérable lorsque, par suite du défaut de soins, des poux en grand nombre pullulent sous les croûtes. La peau voisine est alors tendue, enflammée, et le plus souvent les ganglions cervicaux et sous- maxillaires s’engorgent. Les malades exhalent une odeur nauséabonde ou fétide , et analogue à celle de l’urine de chat ; les croûtes des favus peuvent se détacher, et laissent alors à nu une surface excoriée , érodée , douloureuse qui , dit-on , ne se recouvre pas de nouvelles
DES INFLAMMATIONS
concrétions , à moins que d’autres pustules ne se développent. D’ailleurs les croûtes peuvent rester adhérentes à la peau pendant plusieurs mois et même pendant plusieurs années. Dans ce cas elles se dessèchent , se brisent, s’usent à leur surface ou se séparent par fragments; enfin chez ces malades les cheveux tombent et se laissent arracher par la moindre traction; la peau finit même par être dégarnie entièrement. Celte alopécie persiste souvent toute la \ie; d’autres fois les cheveux repaussenl, mais ils sont minces et lanugineux. Enfin l’inflammation du derme peut finir par se propager au tissu cellulaire et jusqu’aux os.
Durée , terminaison. — La maladie a une durée longue , indéterminée. Lorsqu’elle persiste plusieurs années, la nutrition générale est en souffrance; les enfants restent débiles, leur intelligence comme leur corps semblent arrêtés dans leur développement régulier. Lorsque le malade guérit, le cuir chevelu conserve pendant plus ou moins longtemps une coloration rougeâtre : souvent il est le siège de cicatrices irrégulières; enfin il y a une alopécie partielle ou générale , et quand les cheveux repoussent, il est rare qu’ils reprennent leur vigueur première.
Le porrigo scululata (teigne nummulaire ou en anneau), quoique constituant une affection identique à la précédente , en diffère néanmoins par la disposition des croûtes e[ des pustules. Ces dernières, qui sont aussi très petites, se développent sur une plaque circulaire érythémateuse, et sont agglomérées en nombre beaucoup plus considérable à la circonférence qu’au centre. Déprimées comme les pustules et les croûtes des favus, elles sont disposées en anneau; et si plusieurs groupes se réunissent, on peut presque toujours discerner leur point de jonction par une ligne circulaire qui permet ainsi de déterminer la forme première de l’éruption. Lorsque le porrigo scutulala occupe une grande surface , on ne voit pas de dépression en godet, mais les croûtes sèches et friables se séparent par fragments semblables à du mortier ou à du plâtre sali.
Diagnostic. — L’éruption de petites pustules , l’existence de croûtes sèches, jaunes et creusées en godet , ne permettent de confondre le favus avec aucune autre affection. Les deux variétés du porrigo seront distinguées entre elles d’après la disposition des croûtes. Si elles sont discrètes, ou bien si , étant réunies , elles n’affectent aucune forme régulière , on diagnostique un favus; tandis que l’agglomération des croûtes, leur disposition régulière en anneau et la possibilité, lorsque plusieurs de ces plaques se sont réunies, de déterminer la forme primitive de chacune d’elles caractériseront le porrigo scutulala. Celui-ci offre pourtant quelque ressemblance avec l’impétigo figurata : nous en parlerons plus tard (voir Impétigo).
Pronostic. — Le porrigo est une affection grave en raison de sa du-
DU PORRIGO.
rée longue. Le favus est plus fâcheux que l’autre variété, qui est moins opiniâtre et n’est pas suivie aussi fréquemment d’alopécie.
Ktiolofjic. — Le porrigo peut affecter tous les âges; mais on l’observe spécialement dans l’enfance et la jeunesse. Son développement spontané est rare dans la classe aisée ; c’est une maladie presque spéciale à la classe pauvre, et qui reconnaît pour cause toutes les circonstances cacaples de détériorer la constitution , comme la misère, les privations, l’habitation de lieux malsains. Les individus d’un tempérament lymphatique sont plus souvent atteints par la maladie. Le favus et le porrigo scutulata sont essentiellement contagieux: la maladie peut se transmettre d’un individu à un autre par le contact immédiat ou par des objets ayant servi à la toilette des malades (linges, éponges, peignes, brosses, etc.) Enfin, sur le malade lui-même le porrigo ne se montre souvent sur certaines parties comme aux membres que par suite d’une inoculation directe.
Traitement. — A part les cas où il convient de soutenir ou de relever les forces, de fortifier la constitution des malades, on peut dire que le traitement du porrigo est tout-à-fait local. Il faut avant tout tenir les malades très propres, leur couper les cheveux , les raser, si c’est possible, et déterminer la chute des croûtes en les ramollissant par des lotions, ou mieux encore, par l’application de cataplasmes émollients et très humides. Les croûtes tombées, on lavera fréquemment le cuir chevelu avec de l’eau alcaline, de l’eau savonneuse, par exemple. Cependant il est rare que la maladie cède à ces moyens simples : aussi les auteurs se sont-ils de tout temps évertués pour chercher quelque remède efficace. Presque tous veulent qif’on détruise les cheveux. On sait que pendant longtemps la tête des teigneux fut recouverte d’une calotte de poix rendue très agglutinative ; après trois ou quatre jours d’applicat'on , ou la retirait brusquement et à contre-poil , puis on réappliquait un autre emplâtre, et ce supplice , qui a coûté la vie à beaucoup d’enfants , était ainsi répété pendant un ou plusieurs mois de suite. Aujourd’hui ce moyen barbare n’est plus usité, et pour produire la chute des cheveux on a recours à diverses poudres ou pommades épilatoires. C’est ainsi qu’on peut se servir d’une pommade faite avec A à 8 grammes de sous-carbonate de potasse ou de soude pour 32 gammes d’axonge, et dont on oint les parties malades deux ou trois fois par jour; ou bien on les lave avec la solution de sulfate de potasse (A à 5 grammes pour 500 grammes d’eau). Tout le monde connaît la juste célébrité dont jouissent la poudre et la pommade épilaloires des frères Mahon. Quoique ce soit encore un arcane, cependant tout porte à penser que la préparation usitée par ces messieurs n’est probablement qu’un mélange de' chaux éteinte et presque carbonatée, de sous-carbonate de potasse et do charbon. Quoi qu’il en soit, on fera tomber les cheveux par une
DES INFLAMMATIONS
pommade épilaloire, et les croûtes par des cataplasmes; puis ou lavera les surfaces avec une solution alcaline ou acide (A grammes acide muriatique pour 500 grammes d’eau), avec une eau sulfureuse ou bien avec une solution de sels de zinc , de cuivre , de plomb, de nitrate d’argent. Enfin on incorpore ces substances dans des pommades que d’autres font au calomel et à l’iodure de soufre, etc. Quoi qu’il en soit, il est rare que le traitement triomphe de la maladie avant deux ou trois mois.
Sièrje de la maladie et explication des principaux phénomènes. — Pendant longtemps -on a généralement admis, avec Underwood et Duncan, que les porrigo favosa et scululala siégeaient dans les bulbes des cheveux. Cependant Sauvages, Murray, Mahon, considérèrent la maladie comme étant une altération des follicules sébacés. Enfin , d’après M. Letenneur, qui a écrit une bonne thèse sur ce sujet, le favus se développerait dans le goulot du follicule pileux, et non dans le corps meme de ce dernier, qui serait ordinairement intact. La facilité avec laquelle on arrache les cheveux et l’alopécie consécutive ne sont pas , comme on l’a prétendu, une preuve d’une altération du bulbe, car nous croyons, avec M. Letenneur, que le peu de résistance des cheveux dépend de ce que leurs liens naturels sont détruits depuis que la croûte faveuse a dilaté le follicule , et que l’épiderme s’est détaché. Le meme médecin explique l’alopécie, non par la destruction des bulbes, mais par l’oblitération de l’orifice du canal pilifère, et par la formation de cicatrices. Il est impossible de dire ce qui produit la dépression des croûtes en godet; l’explication que M. Baudelocque a donnée de ce phénomène n’est pas d’accord avec les données anatomiques.
DE L’ECTHYMA.
Le mot ecthyma sert à désigner une phlegmasie cutanée caractérisée par des pustules phlyzaciées. arrondies, d’un volume assez considérable, ordinairement discrètes, à base rouge et enflammée, auxquelles succède une croûte brunâtre plus ou moins épaisse , et qui elle-même est remplacée plus tard par une tache rougeâtre ou par une petite cicatrice (l).
Symptômes. — L’ecthyma offre quelques prodromes dans les cas seulement où l’éruption doit être tout -à-coup nombreuse. Mais le plus souvent les pustules naissant successivement, on n’observe aucun symptôme prodromique. ha maladie débute par des points rouges, durs, saillants, circonscrits, offrant dès le deuxième jour une couleur blanche, en raison du pus qu’ils contiennent. Au troisième et au quatrième jour*, la pustule est bien établie; sa base est dure, d’un rouge vif ou
(1) De *<0v«tv, rompre avec fureur, ou de r.Ovyiaw, j'exliale , a souvent été cmp!oyé, surtout par les Latins, cou, me synonyme de pustules.
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livide. Vers le septième , la tumeur s’ouvre ; le pus se concrète sous forme de croûte jaune , brune ou verdâtre, qui se sépare du dixième au quinzième jour. En général, l’éruption parcourt ses périodes sans exciter de réaction fébrile. 11 existe pourtant assez souvent du malaise et de l’anorexie; mais il y a communément des douleurs lancinantes dans la partie malade ; celles-ci sont assez vives lorsque plusieurs pustules sont confluentes, et dans ces cas il est commun d’observer un engorgement douloureux des ganglions lymphatiques voisins.
Tels sont les caractères et la marche de l’ecthyma qu’on peut appeler aigu; mais il est rare que la maladie suive cette marche, car presque toujours des groupes de pustules naissent successivement pendant plusieurs mois de suite , ce qui caractérise l’ecthyma chronique , qui est la forme habituelle de la maladie. Chacune de ces éruptions s’accompagne des mêmes phénomènes que nous avons précédemment énumérés. Cette forme de l’ecthyma présente quelques particul arités, suivant l’état constitutionnel des malades. Lorsqu’elle affecte des enfants affaiblis, mal nourris , les pustules sont très inégales entre elles pour le volume : les unes suppurent et se couvrent de croûtes; les autres diminuent peu à peu, et offrent plusieurs desquamations successives; quelques unes , enfin, sont suivies d’ulcérations profondes ( E . infantile de Willan). Chez les vieillards débiles ouïes sujets adonnés à la débauche, l’ecthyma se présente également sous un aspect insolite : ainsi la peau est d’un rouge livide ; la pustule est noirâtre , à cause du sang qu’elle contient; la croûte a la même coloration, elle se forme plus lentement , peut rester adhérente à la peau pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Lorsqu’elle 4ombe , elle laisse souvent à nu une ulcération de mauvaise nature, et dont la cicatrisation est longue et difficile ( E . cachecticum de Willan).
L’ecthyma peut se montrer sur presque tous les points de la peau ; mais on l’observe surtout aux membres, aux épaules, aux fesses, au cou , à la poitrine. Il est rare de le rencontrer à la tête. Les pustules peuvent envahir successivement plusieurs régions; mais communément elles sont bornées à une seule partie, comme à un membre, par exemple.
Diagnostic. — L’eclhyma ne peut être confondu avec l’acné ou le sycosis, même lorsque les pustules ont une base dure et rouge ; car dans ces deux dernières maladies les pustules sont plus petites, leur marche est lente, l’induration de la base persiste plus ou moins longtemps ; tandis que les pustules de l’ecthyma sont plus larges , plus superficielles , et ne sont jamais accompagnées d’indurations; enfin les croûtes ellesmêmes ont un aspect différent. Il est facile de distinguer l’ecihyma du rupia simplex ; mais nous avons vu que quelquefois la bulle était purulente ou contenait un sang noirâtre, comme dans l eclhyma cachecticum. Cependant même alors il sera encore possible de saisir le caractère
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bulleux, el si on n’y parvenait pas, l’aspect des croûtes semblables aux écailles d’huitres et les ulcérations profondes permettraient de reconnaî- trela véritable nature de la maladie. Les pustules de la variole, de la vao cine et du favus diffèrent de l’eclhyma par leur forme ombiliquée , leur marche et leur caractère contagieux. Enfin nous dirons plus tard comment on distingue l’ecthyma de l’impétigo et des pustules syphilitiques.
Pronostic. — L’ecthyma n’offre par lui -même aucune gravité; il n’est fâcheux qu’en raison de l’état de faiblesse, de cachexie, avec lequel il coïncide souvent , et des complications intestinales qui arrivent surtout chez les vieillards et les enfants.
Etiologie. — Il paraît que l’ecthyma affecte surtout les hommes, les i sujets débilités portant quelque lésion viscérale, les individus misérables et malpropres, ceux adonnés à l’ivrognerie, ou qui exercent des professions qui mettent la peau en contact avec des substances irritantes. Enfin l’ecthyma complique souvent diverses maladies de la peau, et sur- I tout la variole et la gale.
Traitement. — Des boissons délayantes, des lotions émollientes , des bains tièdes, quelques laxatifs, sont les seuls moyens à opposer à l’ecthyma simple aigu. Mais si la maladie se prolonge, il faut modifier l’état constitutionnel: ainsi, les malades étant ordinairement malingres, affaiblis, cacochymes, il faut ranimer leurs forces par une hygiène convenable , par l’emploi des bains de mer, par les amers , les toniques et les ferrugineux. Les ulcérations qui succèdent à la chute des croûtes peuvent être assez enflammées pour nécessiter 'une médication tonique émolliente; mais plus communément l’ulcère est atonique, et il convient alors de raviver sa surface par les lotions stimulant^ , les digestifs, ou par la cautérisation
de l'impétigo.
Synonymie. — Dartre crustacée, mélitagre d’Alibert.
L’impétigo est une maladie non contagieuse caractérisée par l’éruption de petites pustules psydraciées , agglomérées ou discrètes, et qui , en se desséchant, forment des croûtes jaunes, rugueuses et épaisses.
Divisions. — La disposition des pustules a fait admettre deux variétés principales d’impétigo. Ainsi, lorsque les pustules sont agglomérées sur une surface plus ou moins circonscrite et à laquelle on peut assigner une forme quelconque circulaire , ovale , Willan donne à l’impétigo le nom de figuratu , tandis que , lorsque les pustules éparses n’affectent aucune forme régulière , l’impétigo est dit sparsa ; ces dmx variétés peuvent exister à l’état aigu ou à l’état chronique. Enfin, à l’exemple de Biett, de M. Gaze n ave et Schedel, etc , nous rapporterons à l’impétigo les ma-
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ladies décrites par Willaa sous les noms de porrigo larmlis et porrigo gramdata , que d’autres ont confondues sous le nom générique de teigne , expression qui n’est plus usitée dans notre langage actuel.
Symptômes. — V impétigo figurata occupe ordinairement les joues; on l’observe moins souvent sur les membres , et plus rarement encore sur le tronc. Il survient communément sans prodromes. On voit un ou plusieurs points de la peau devenir rouges et le siège d’une chaleur et d’un prurit incommodes ; bientôt il se développe sur ces plaques un plus ou moins grand nombre de pustules petites, peu saillantes, qui , en trente-six, quarante-huit ou soixante-douze heures au plus lard, s’ouvrent et versent un liquide purulent qui forme des croûtes jaunes, très friables, demi-transparentes, et qu’on a comparées au suc gommeux de quelques arbres ou à du miel desséché. A la circonférence de ces croûtes , qui envahissent parfois une partie du visage, on trouve généralement encore quelques pustules intactes. C’est d’ailleurs par le développement de pustules à la circonférence des croûtes qu’on voit la maladie, d’abord limitée, occuper plus tard un grand espace. L’impétigo reste ainsi stationnaire pendant un temps qui varie entre deux et quatre semaines; alors le prurit et la chaleur sont moindres, les croûtes tombent, et la portion de peau qu’elles laissent à nu est tantôt rouge , luisante et tendue, d’autres fois excoriée et gercée. Ces surfaces fournissent un suintement abondant qui devient la source de nouvelles concrétions, ou bien la croûte reste, mais au-dessous d’elle se forme une ulcération rongeante qui détruit la peau et laisse en guérissant une cicatrice difforme (imp. rodens). Ceci ne se voit guère que dans l’impétigo du nez. Dans d’autres cas, une éruption de nouvelles pustules se fait sur les surfaces malades et s’accompagne des symptômes locaux qui ont marqué la première éruption. La maladie a passé alors à l’état chronique; le derme enflammé finit alors par acquérir une épaisseur plus ou moins considérable. L’impétigo figurata qui siège aux membres et au tronc présente les memes caractères que celui de la face, les plaques sont seulement plus larges; c’est ce qui a lieu surtout pour celles qui se développent sur les membres inférieurs. Ici, en effet, on voit parfois des croûtes assez étendues pour envelopper le membre de toutes parts. Celles-ci ont alors une dureté très grande, elles sont d’un brun jaunâtre foncé (imp. scabida de Willan). Dans ces cas, les mouvements du membre sont difficiles et douloureux, A y a un prurit insupportable , de l’œdème ; les ongles tombent , et si des portions de croûte se séparent, elles sont bientôt remplacées par la concrétion du fluide exhalé.
Nous avons déjà dit quelle était la disposition des pustules dans l’impétigo sparsa ; cette variété de la maladie n’affecte guère que les membres; son siège de prédilection est aux jambes. Les pustules suivent la même marche et s’accompagnent des mêmes démangeaisons que dans
DES INFLAMMATIONS
l’impétigo figurata ; plus que celui-ci, la forme précédente a de la tendance à passer à l’état chronique.
L’impétigo, qui quelquefois ne dure que deux ou trois semaines, peut se prolonger pendant plusieurs années consécutives, et finit, s’il est très étendu , par affaiblir la constitution. Lorsque la maladie doit se terminer heureusement , le prurit et la chaleur diminuent, ainsi que le suintement, les croûtes s’amincissent et tombent sans se reproduire, la surface malade se rétrécit, l’engorgement de la peau diminue peu à peu ainsi que sa coloration violacée, qui est le phénomène morbide qui disparaît le dernier.
Il nous reste à faire connaître deux espèces d’impétigo qui n’occupent guère que la tête, et qu’on observe spécialement chez les enfants; je veux parler de l’impétigo larvalis et granulata. Le premier, qui n’est autre chose que la gourme , a reçu son nom de l’espèce de masque qu’il forme sur le visage ( larva masque ) : c’était la teigne muqueuse d’autrefois. Il occupe le front , les joues, le menton des enfants âgés d’un à quatre ans. La peau est rouge et enflammée , les pustules sont discrètes ou confluentes ; elles donnent un écoulement abondant, visqueux , jaunâtre, lorsqu’elles se déchirent , et le liquide , en se concrétant, peut couvrir toute la figure d’une espèce de masque jaunâtre, humide ; il peut s’étendre aussi au tronc et au cuir chevelu sans détruire jamais le bulbe des cheveux. Cette éruption s’accompagne de prurit et souvent de douleur; elle peut suivre une marche aiguë , produire le gonflement des ganglions sous-maxillaires et cervicaux, et s’accompagner de fièvre. Mais le plus souvent la maladie est chronique , les croûtes tombent et se reproduisent plusieurs fois avant de cesser.
La seconde forme d’impétigo a été nommée granulata ( teigne granulée); elle se développe sur le cuir chevelu des enfants de deux à huit ans qu’on ne soigne pas. Elle est caractérisée par des pustules qui fournissent un liquide abondant et qui se concrète. Les croûtes, en se desséchant , adhèrent aux cheveux , et ressemblent assez à des fragments de mortier ou à du plâtre tombé des murs, et sali par l’humidité et la poussière; les cheveux ne sont jamais détruits, ou s’ils tombent, ce n’est qu’une alopécie momentanée. L’impétigo granulé dure rarement plus de deux ou trois mois; il cède souvent en quelques semaines à des soins de propreté.
Diagnostic. — Le caractère pustuleux différencie suffisamment l’impétigo des éruptions herpétiques et eczémateuses. L’éruption qui occupe le menton pourrait être confondue avec la mentagre ; mais si on se rappelle que dans l’impétigo les pustules sont petites et rapprochées, que le suintement est abondant, que les croûtes sont épaisses, jaunes verdâtres et demi-transparentes, qu’il n’existe enfin aucune callosité de la peau , on arrivera à préciser le véritable caractère de la maladie.
DE LLYII’KTIGO.
On distinguera toujours facilement l’impétigo du favus et des syphilides pustuleuses. Quant au porrigo scvtulata , il y a entre lui et V impétigo figurala des différences essentielles, qu’on considère les pustules ou les croûtes. En effet, pour le premier, les pustules sont petites, à peine visibles, la concrétion des liquides est prompte; dans l’impétigo , au contraire , les pustules ont un certain volume, et la croûte ne se forme qu'après quelques jours. Si on considère la concrétion , on trouvera celle-ci plus épaisse dans l’impétigo, se reproduisant facilement lorsqu’elle tombe, et sans qu’il soit besoin d’une éruption nouvelle ; enfin l’impétigo n’est pas contagieux, et ne produit pas l’alopécie.
Pronostic. — Il est le même que pour l’eclhyma.
Etiologie. — L’impétigo survient quelquefois par l’action des substances irritantes sur la peau. Quand il est spontané, on le dit plus fréquent au printemps et à l’automne , chez les sujets lymphatiques ou sanguins, chez les enfants, les vieillards et h l’âge critique des femmes. Enlin, on a regardé les passions tristes, les excès, le mauvais régime, comme favorisant le développement de la maladie. Mais aucune de ces opinions n’est encore justifiée par une observation sévère. Cependant, il est à peu près démontré que l’impétigo affecte plus souvent les enfants pauvres que oeux de la classe aisée. Celte maladie n’est jamais contagieuse.
Traitement. — Dans la forme aiguë de l’impétigo, il faut recourir aux moyens précédemment conseillés pour l’état aigu de l’ecthyma et du sycosis; mais lorsque la maladie est passée à l’état chronique, les préparations sulfureuses en boissons, en bains et en douches seront très utiles. On conseille encore les bains et douches de vapeurs ordinaires. Quand la maladie résiste à ces moyens, quelques personnes veulent qu’on modifie les surfaces par l’application d’un vésicatoire, ou par la cautérisation avec le nitrate d’argent , ou par des onctions avec la pommade de prolonitrate de mercure (120 centigr. pour 32 grammes d’axonge ). Enfin aux impétigo qui s’étaient montrés rebelles à ces moyens, on a opposé les préparations arsenicales, et surtout la solution de Pearson (arséniate de soude 20 centigr. dans 120 grammes d’eau distillée ; en donner de 12 gouttes à l\ grammes et plus par jour).
L’impcligo larvalis (ou la gourme) n’exige en général que des soins de propreté, des lotions fréquentes avec des substances mucilagineuses , des bains, parfois des laxatifs et un exutoire au bras. Il ne faut pas oublier que l’impétigo larvalis est quelquefois un émonctoire utile, et que, par conséquent, on ne doit pas le supprimer trop tôt. Dans l’impétigo granulata , il faut faire tomber les croûtes avec des cataplasmes émollients, et, dès que l’inflammation est calmée, recourir aux lotions et aux pommades alcalines , et quelquefois aux préparations sulfureuses (en doue! es et en lotions).