‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interneChapitre 124 sur 140 · ŒDÈME DES POUMONS · texte numérisé non relu

ŒDÈME DES POUMONS

Je définis, avec Laënnec, l 'œdème des poumons une infiltration de sérosité dans le tissu pulmonaire, portée à un degré tel que l’organe de vient notablement moins perméable à l’air.

Historique. — Celle lésion, quoique très fréquente, n’a guère fixé l’attention des médecins que vers le milieu du siècle dernier; toutefois ce fut Laënnec qui , le premier, en précisa bien les caractères anatomiques , et indiqua les signes propres à la faire reconnaître.

Caractères anatomiques. — L’œdème envahit rarement tout un poumon ; il est borné, le plus souvent, à son lobe inférieur; les parties de l’organe ainsi infiltrées ont à l’extérieur une teinte d’un gris pâle ou d’un jaune fauve pâle; le poumon, plus dense, plus lourd, moins crépitant, moins élastique, ne s’affaisse pas quand on le presse; il conserve l’impression du doigt, comme dans l’œdème sous-cutané. Lorsqu’on l’incise , il en ruisselle une plus ou moins grande quantité de sérosité, plus ou moins incolore et peu spumeuse. Cette partie du poumon paraît contenir moins de sang que de coutume; le tissu de l’organe est cohérent ; cependant il paraît parfois plus friable , ce qui tient à une sorte de macération opérée par le fluide épanché. Mais il suffit le plus sou\ent d’exprimer le poumon de la sérosité qui le pénètre pour lui rendre à peu près sa consistance normale ; on reconnaît d’ailleurs facilement encore la structure celluleuse propre à l’organe. 11 est rare de rencontrer au centre des parties œdémateuses des noyaux apoplectiques ou des hépatisations. Laënnec pense que, dans l’œdème pulmonaire, une partie de la sérosité est épanchée dans les cellules, et que l’autre infiltre leurs parois; mais ce dernier fait est loin encore d’être prouvé. L’inspection anatomique porte plutôt à penser que la plus grande partie de la sérosité infiltre le tissu cellulaire qui sépare les vésicules entre elles. L’œdème des poumons gagne quelquefois aussi les anciennes adhérences de la plèvre, qui, en raison de leur laxité , offrent souvent un aspect gélatineux ; cette même apparence peut se rencontrer sur le poumon lui-même lorsque l’œdème envahit le bord tranchant de l’organe et que la quantité de sérosité épanchée est très considérable.

Symptômes. — L’œdème des poumons n’a que. des signes fort équivoques; il n’existe communément ni douleurs ni gêne bien notable dans la respiration. Laënnec signale pourtant un peu de dyspnée, de la

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