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DE L* ANÉMIE

de tous les organes, ainsi que par le mode de succession et la marche de tous les symptômes.

Pronostic. — Si l’anémie n’est pas produite et entretenue par une maladie incurable , son pronostic n’offrira rien de grave, à l’exception pourtant des cas où la faiblesse est excessive et les syncopes fréquentes.

Causes. — L’anémie affecte surtout les jeunes sujets, les femmes et les filles plus fréquemment que les hommes; les individus lymphatiques y sont plutôt prédisposés que ceux appartenant aux autres tempéraments. La maladie est souvent l’effet de causes débilitantes, telles que des peines morales, une alimentation grossière, insuffisante, un séjour prolongé dans des lieux bas, humides , non aérés et privés de lumière. Ce sont ces conditions réunies qui expliquent le développement de la maladie sur un grand nombre d’individus à la fois ; c’est ce qu’on a vu au commencement de ce siècle chez les mineurs d’Anzin , et dans le siècle dernier chez ceux de Schemnitz en Hongrie. Les hémorrhagies traumatiques ou spontanées sont les causes les plus directes de l’anémie. Celle-ci est surtout la suite des hémorrhagies intestinales, des gastrarrhies et des métrorrhagies. L’abus des saignées dans le traitement des maladies , une diète prolongée , ont le même effet.

Nous avons dit que l’anémie pouvait dépendre de causes organiques; c’est ainsi que des lésions viscérales graves , et spécialement les tubercules pulmonaires et intestinaux, la maladie de Bright, la cirrhose, certains cancers, par suite de la modification profonde qu’ils impriment à la nutrition , peuvent commencer par produire l’anémie. Il en est de même des fièvres intermittentes prolongées et de l’exposition aux émanations saturnines.

Traitement. — Pour traiter convenablement l’anémie , il faut commencer par éloigner les causes qui ont déterminé la maladie. Ainsi, lorsqu’il existe une hémorrhagie, il faut s’en rendre maître, et si l’anémie dépend des mauvaises conditions hygiéniques, il faut changer celles-ci. On s’occupera ensuite de réparer le sang, d’augmenter sa masse et la proportion de ses principes vivifiants. On y parviendra par l’emploi d’un régime analeptique, qu’on devra graduer et proportionner aux forces de l’estomac. Les malades habiteront un lieu sec , aéré , exposé au soleil. Les fonctions de la peau seront excitées par le massage, les frictions sèches, aromatiques, par les bains de mer, les bains sulfureux et ferrugineux. On a conseillé aussi l’usage à l’intérieur de plusieurs médicaments, tous pris dans la classe des toniques, tels que le quinquina, la gentiane, la gomme kino, l’écorce de chêne, les vins généreux. Mais les préparations ferrugineuses sont, après le régime , le moyen le plus efficace pour combattre l’anémie. On emploie surtout la limaille, le fer réduit par l’hydrogène, le sous-carbonate (1 à A grammes par jour) ou le lactate. Dans ces derniers temps , on a beaucoup vanté les pilules de Vallet, qui

ne sont autre qu’un mélange de: sulfate de fer cristallisé pur 500 grammes, carbonate de soude 580 grammes, miel 300 grammes, sirop de sucre quantité suffisante; on fait des pilules de 2 décigrammes, et on en prend de 2 à 10 par jour. Beaucoup préfèrent les pilules du docteur Blaud , formées par un mélange par parties égales de sulfate de fer et de sous-carbonate de potasse, (ana. 10 grammes, gomme adragant quantité suffisante; diviser en 50 pilules; en prendre de 1 à 30 par jour).

Les ferrugineux ne remédient pas seulement à l’ctat anémique ; mais ils constituent encore le traitement le plus efficace à opposer aux accidents nerveux, et notamment aux douleurs névralgiques de la tête et aux crampes d’estomac. Les hémorrhagies passives qui surviennent quelquefois pourront bien indiquer l’emploi momentané de quelques autres agents; mais les ferrugineux peuvent seuls en prévenir le retour, en remédiant à l’état du sang qui les produit. Il faut, autant que faire se pourra, ne point saigner les sujets anémiques; on s’en abstiendra surtout pour combattre les accidents dépendant de l’anémie elle-même ; et si quelque phlegmasie grave venait à en indiquer l’emploi , ou devrait le faire avec mesure , et en proportion avec les forces du sujet.

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