DES ANGINES GUTTURALE ET PHARYNGÉE
produites par une cause placée au-dessus du poumon ou de l’estomac. Mais aujourd’hui celte expression n’est guère usitée que pour dénommer les phlegmasies des membranes muqueuses comprises entre l'arrière-bouche , le cardia et l’origine des bronches.
Les angines ont reçu des noms particuliers suivant leur siège spécial et leur mode de terminaison , leur nature et l’espèce d’altération qui les constitue. Les principales sont: les angines gutturale, tonsillaire , pharyngée, œsophagienne, laryngée, trachéale, œdémateuse, et pseudo - membraneuse ; la plupart de ces angines existent à l’état aigu ou chronique; d’autres ont une marche toujours aiguë. Nous ne devrons nous occuper ici que des angines qui occupent le pharynx ou l’œsophage, renvoyant l’étude des autres quand nous traiterons des phlegmasies de l’arbre aérien.
DE L’ANGINE GUTTURALE ET DE l’aNGINE PHARYNGEE AIGUES.
Dans l’angine gutturale, l’inflammation occupe la muqueuse qui tapisse l’isthme du gosier, le voile du palais, ses piliers, la luette, ainsi que les amygdales.
Symptômes de l'angine gutturale. — Survenant ordinairement sans prodromes, les malades. éprouvent dès le début un peu de douleur, et un sentiment de sécheresse dans la gorge ; la déglutition est difficile, et la voix offre souvent un timbre nasonné. Si, plaçant le malade en face d’une croisée ou d’une lumière, on lui fait ouvrir la bouche pour voir les parties affectées, on trouve celles-ci à peine tuméfiées; mais la membrane muqueuse est rouge, luisante et sèche; plus lard elle est baignée par un mucus filant, qui parfois se condense et forme une couche grisâtre surtout sur les amygdales. Quelques malades - éprouvent un besoin presque continuel d’avaler, et qui est expliqué surtout par le gonflement et l’allongement de la luette qui vient chatouiller la base de la langue, et détermine quelquefois aussi des nausées et des vomissements. Dans la plupart des cas, les malades ont un goût fade et amer, et presque toujours leur haleine est désagréable ou fétide. L’appétit est rarement intact ; le plus souvent il est diminué ou perdu; il existe de la soif, de la constipation ou de la diarrhée; enfin si l’inflammation est vive , il survient un appareil fébrile ayant presque toujours fort peu d’intensité. Après s’être accrus pendant un, deux ou trois jours, les accidents diminuent bientôt d’intensité, et la maladie se termine par résolution. On cite pourtant quelques cas assez rares où la suppuration s’est formée dans la luette ou le voile du palais, ce j qu’on reconnaît au volume de ces parties, et à leur coloration bleuâtre ou blanchâtre ; d’ailleurs eu portant sur elle l’extrémité du doigt , on sent la fluctuation , et cette simple pression suffit souvent pour pro-
DES INFLAMMATIONS
voquer la rupture du petit abcès. D’autres fois celle-ci s’opère par des efforts de vomissements et de toux.
Symptômes de V angine pharyngée. — Comme son nom l’indique, dans l’angine pharyngée , l’inflammation occupe la membrane muqueuse du pharynx; mais les symptômes sont différents , suivant que la phlegmasie affecte cette portion supérieure du pharynx qu’on voit lorsqu’on ouvre la bouche, ou bien la partie inférieure de cet organe, et qui est inaccessible à la vue. Dans le premier cas, il y a un sentiment d’ardeur, de cuisson et de sécheresse dans la gorge ;la muqueuse est rouge, sèche, luisante ou tapissée par un mucus grisâtre, très adhérent. La déglutition est moins pénible que dans l’angine gutturale ; on n’observe pas non plus, comme dans celle-ci , ni le nasonnement ni le besoin d’avaler. Mais les malades sont tourmentés par une toux gutturale , qui finit par provoquer, après quelques efforts, l’expulsion d’un mucus tenace qui tapisse la paroi postérieure du pharynx.
Lorsque l’inflammation occupe la partie inférieure du pharynx , les malades rapportent la difficulté et la douleur qu’ils éprouvent en avalant au niveau de l’ouverture supérieure du larynx. Il semble à quelques uns que le bol alimentaire subit dans ce point un temps d’arrêt. Les mouvements imprimés au larynx, ou la pression sur les parties latérales du cou, augmentent souvent les souffrances. L’inspection de la gorge , même en déprimant fortement la langue , ne peut laisser apercevoir les parties affectées. Cependant , dans quelques cas rares où l’inflammation se propage à l’épiglotte , on parvient , en déprimant fortement la base de la langue, à apercevoir cet organe , qui est d’un rouge intense, et qui ressemble par sa couleur et son volume à une cerise offrant à son centre une dépression longitudinale.
L’angine pharyngée excite rarement de la fièvre ; elle se termine toujours par résolution, après une durée qui varie de un jour jusqu’à plusieurs semaines; d’autres fois elle passe à l’état chronique. Ses récidives sont très fréquentes.
Diagnostic. — Les symptômes, et surtout l’inspection des parties , permettront toujours de reconnaître les angines gutturale et pharyngée. Chez les enfants naissants, il faut éviter pourtant de prendre pour une inflammation la rougeur naturelle de la gorge, qui existe souvent chez eux pendant les dix ou douze premiers jours; mais on la distingue de celle qui est inflammatoire, parce qu’elle n’excite jamais de fièvre, et qu’elle ne s’accompagne d’aucune gêne appréciable dans la déglutition.
Pronostic. — Le pronostic n’est jamais grave.
Etiologie. — Les angines pharyngées et gutturales sont surtout communes chez les enfants et les jeunes gens; elles sont fréquentes au printemps ; elles sont souvent provoquées par l’action des vapeurs irritantes, par le contact de corps trop chauds ou trop froids. Mais leurs causes les
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plus communes sont les perturbations atmosphériques et le refroidissement du corps : aussi régnent-elles souvent épidémiquement.
Traitement. — L’usage de boissons douces, de gargarismes émollients, de quelques pédiluves irritants , et d’un laxatif, sont les seuls moyens actifs de traitement à opposer à l’angine gutturale et pharyngée. Il est inutile de dire que ces moyens devront être secondés par le repos au milieu d’une tempéralnre uniforme, et par la diète, s’il y avait de la fièvre. Daîis ce dernier cas , une saignée pourrait même être utile. Enfin, on combattra par une médication appropriée les complications qui pourraient exister. La plus fréquente est un embarras gastrique, qui nécessitera l’emploi d’un vomitif. On a encore préconisé, dès la période la plus aiguë, les astringents, notamment de l’alun; mais nous parlerons de l’usage de ces médicaments quand nous traiterons de l’amygdalite.