DE LA LARYNGITE STRIDULEUSE
riété (le la laryngite simple; elle est surtout caractérisée par des accidents de suffocation souvent formidables , et qui reviennent par accès.
La laryngite slriduleuse n’est autre que le pseudo-croup ou faux croup de quelques auteurs; c’est à elle aussi qu’il faut rapporter un grand nombre de faits consignés dans les recueils scientifiques , sous les noms d'asthme aigu ou spasmodique , d'asthme de Millar , de catarrhe suffocant, de spasme de la glotte. Cette maladie a été surtout bien étudiée par Wichmann, sous le nom d'asthme spasmodique; plus récemment elle l’a été en France par MM. Bretonneau, Guersant, Killiet et Barthez.
Symptômes , marche , durée. — La laryngite striduleuse est remarquable par son début ordinairement brusque; d’autres fois on commence par remarquer , pendant quelques jours, les signes d’une légère inflammation catarrhale du larynx. Cependant bientôt les accidents propres à la maladie se déclarent; ils surviennent communément pendant la nuit; le malade est réveillé brusquement par une toux sèche , sifflante, sonore ou rauque, et simulant parfois l’aboiement d’un jeune chien. En même temps la respiration est accélérée, haute, entrecoupée; l’air, pénétrant dans le larynx , fait entendre un sifflement aigu , rauque ou plus ou moins sonore; le malade, inquiet, effrayé, s’agite, et, s’il le peut, pousse quelques cris; sa voix est enrouée, mais très distincte; on a très rarement observé l’aphonie. L’examen du pharynx ne fait découvrir aucune fausse membrane, et les ganglions cervicaux ne sont pas engorgés. Au milieu de ces accès si pénibles, la face se congestionne, les lèvres bleuissent , l’anxiété est extrême : de temps en temps il existe de petites rémissions pendant lesquelles les malades poussent des cris plaintifs. Cependant, après un temps variable, mais qui dépasse rarement une heure, les accidents se calment , la toux cesse , la respiration perd sa fréquence, les symptômes d’asphyxie se dissipent. Mais les malades, après une secousse aussi violente, restent pâles, affaissés. Si l’accès a eu lieu au milieu du jour , il est le plus souvent beaucoup moins fort : aussi il n’est pas rare qu’aussitôt passé, les enfants reprennent leurs jeux et leur gaieté jusqu’à ce qu’un nouvel accès se déclare. Il n’est pas ordinaire qu’il n’y en ait qu’un ; le plus souvent en effet on en compte plusieurs clans l’espace de vingt-quatre heures; mais, comme l’observe M. Guersant, leur violence va en décroissant à mesure qu’ils se reproduisent. Lorsqu’il y en a ainsi plusieurs, les malades conservent dans leur intervalle de l'enrouement , un peu de chaleur et de sensibilité au larynx, et quelquefois il existe aussi un léger mouvement fébrile. Enfin, à mesure que les quintes s’éloignent et diminuent , la toux devient humide , catarrhale et les malades finissent par avoir un simple rhume qui se termine après quelques jours , ou , au plus tard , après un ou deux septénaires.
DES INFLAMMATIONS
Terminaisons . — La laryngite striduleuse , lorsqu’elle est simple , a presque toujours une heureuse issue. MM. Guersant et Bretonneau n’ont vu succomber aucun enfant par suite de cette maladie : aussi n’ontils pu dire quels sont ses caractères anatomiques. Il est quelques malades pourtant qui sont emportés par les complications , comme une angine couenneuse, et surtout par une pneumonie; mais dans ces cas l’examen du larynx n’a pu expliquer les symptômes graves observés pendant la vie du côté de cet organe, car on n’y trouve qu’une rougeur érythémateuse avec peu ou point de gonflement. Il existe pourtant dans la science quelques cas de pseudo-croup devenus mortels par eux-mêmes : on trouve ces faits rares dans les écrits de Wichmanu , de Mi lia r , de Vieusseux et de Lobstein.
Diagnostic. — La laryngite striduleuse ressemble surtout au croup , avec lequel elle a été longtemps confondue ; mais nous ferons connaître leur diagnostic différentiel quand nous traiterons de cette dernière affection. La forme grave, suffocante, de la laryngite simple, se rapproche, dans ses moments d’exacerbation, de la laryngite striduleuse. Mais celleci diffère de la première par l’instantanéité des accès, survenant au milieu de la santé, et par des symptômes locaux extrêmement légers; tandis que dans la forme grave de la laryngite simple la gêne de la respiration et la suffocation arrivent par degrés. D’ailleurs tous les symptômes locaux, tels que la douleur, la toux, l’altération de la voix, et en outre la fièvre , sont beaucoup plus considérables dans cette dernière.
Pronostic. — Quoique pouvant avoir dans certains cas une issue funeste, nous croyons pourtant que la laryngite striduleuse est généralement plus effrayante qu’elle n’ëst grave.
Etiologie. — La laryngite striduleuse est une affection spéciale à la première enfance ; rare avant deux ans , elle ne survient presque jamais après la septième ou huitième anuée. Cetle fréquence s’explique par l’étroitesse relative du larynx à cet âge , et c’est à cette organisation primitive qu’il faut attribuer la fréquence de la maladie dans certaines familles. Il est aussi des enfants qui en sont plus particulièrement atteints ; chez eux la maladie se reproduit trois , cinq ou six fois avant qu’ils soient arrivés à la puberté. Les garçons y semblent plus prédisposés que L*s filles. D’après M. Guersant, cette maladie attaquerait principalement les enfants de la classe aisée. Elle paraît sévir surtout pendant la saison froide. On ignore l’influence de la constitution, des tempéraments, de l’hérédité sur sa production. La maladie se déclare presque toujours après l’impression du froid.
Traitement. — M. Guersant a prouvé que dans la laryngite striduleuse il fallait généralement se borner à faire une médecine peu active, telle enfin que nous l’avons conseillée ^pour la laryngite aiguë simple et peu intense. Cependant, si l’oppression se prolongeait et deve-