‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interneChapitre 60 sur 140 · DE LA LARYNGITE STRIDULEUSE · texte numérisé non relu

DE LA LARYNGITE STRIDULEUSE

nait excessive, et si en outre il existait de la fièvre , on devrait recourir à une émission sanguine. Il ne faut pas oublier encore que dans la laryngite striduleuse , la fièvre , si elle est intense , est presque toujours symptomatique de quelque phlegmasie intercurrente , et spécialement d’une pneumonie. Cependant, dans le traitement de la laryngite striduleuse, il faut tenir compte de l’élément nerveux , qui semble même prédominer alors : aussi prescrira- t-on avec avantage pendant les accès les révulsifs, les rubéfiants et les antispasmodiques. L’assa-fœtida en lavements, à la dose de 8 à 10 grammes, paraît avoir été fréquemment utile dans les cas dont je parle. Les bains tièdes pourront également être avantageux. Cependant il est des circonstances où il faut employer une médication beaucoup plus active. Lorsque, par exemple, la laryngite striduleuse coïncide avec l’angine couenneuse, comme il y a alors plus de chances qu’il existe un croup plutôt qu’une laryngite striduleuse , on doit, dans le doute , employer les moyens propres à combattre la maladie la plus grave. Si on s’est trompé, la médication ne pourra avoir d’autre résultat fâcheux que d’affaiblir inutilement les malades, et d’allonger peut-être la convalescence. Cependant, malgré ces inconvénients, la prudence veut qu’on agisse comme je viens de le dire.

Nature. — Quoique les recherches nécroscopiques ne nous aient rien appris sur la nature de la laryngite striduleuse, nous croyons pourtant que, en ayant égard aux symptômes et à la marche de l’affection , il est difficile de ne pas reconnaître une phlegmasie légère du larynx , caractérisée surtout par de l’enrouement, des picotements et de la toux, phlegmasie qui s’accompagne en outre d’un élément nerveux , produisant probablement un spasme de la glotte : c’est ce qui explique la forme des accès et leur caractère intermittent. Convenons pourtant que l’intervention d’un élément nerveux n’est peut-être pas indispensable pour expliquer le phénomène de l’intermittence ; car on pourrait supposer qu’une congestion passagère, un enchifrènement de la glotte , comme le pense M. Bretonneau , peut momentanément rétrécir son calibre , de même que nous voyons l’enchifrènement des narines cesser et augmenter plusieurs fois dans la même heure par le seul fait d’un changement de température , et sans qu’il soit besoin d’invoquer un trouble nerveux. Cependant il nous semble qu’on explique difficilement par le boursouflement de la muqueuse l’invasion subite des accès : aussi persistons-nous à croire que, pour l’intelligence des symptômes, il convient de faire intervenir un élément nerveux comine essentiel.

Page 1